20 mars 2011

Si loin, si près, Catherine Leblanc

si_loin_si_pres"-Pierre Gendre va nous inviter ensemble à dîner un de ces soirs.
-Ah bon ? Il ne me l'a pas encore dit, mais j'irai, oui, certainement.
-Moi aussi. Je viendrai avec ma femme, dit-il comme s'il s'en excusait.
Adèle savait que, quand elle le voulait, son visage, ne manifestait pas le moindre tressaillement. Ils entraient dans le même cercle de relations, ils allaient devenir de vieux copains. C'était ce qu'on pouvait espérer de mieux à son âge."

Adèle a 46 ans. Elle a connu la vie de famille avec Luca et son fils Bruno, puis l'ennui, la séparation et enfin l'attrait de la passion avec Siméon (vite quitté). Aujourd'hui, elle habite seule, dans un petit appartement au coeur d'Angers. La solitude imprègne son quotidien. Il est difficile pour cette femme douce et enthousiaste de se réinventer une vie alors que plus personne ne semble avoir besoin d'elle. Bruno est presque adulte et poursuit ses études au loin, son ex-mari l'ignore et réduit leurs relations à peau-de-chagrin. Heureusement, Adèle a ce travail de directrice de collection pour une petite maison d'édition jeunesse, un travail qu'elle adore et qui donne du sens à ses journées. Cependant, et au moment où elle s'y attend le moins, Florence, sa patronne, acculée de dettes la licencie. Ce qui pourrait être une fin devient alors autre chose, une porte ouverte à l'amour, au désordre et à une vie recommencée...

De Catherine Leblanc, j'avais déjà lu Fragments de bleu, recueil de réflexions sur le couple et le temps qui passe, qui m'avait touché. Ici, le propos est différent puisqu'il s'agit d'un roman. Pourtant, il est à nouveau question de l'approche de la cinquantaine, et de ce que cela peut signifier d'isolement pour une femme qui n'est plus en couple justement. J'ai aimé suivre Adèle dans ses acitivités éditoriales, dans ses errances, dans ses doutes et ses questionnements, dans sa découverte d'un nouvel amour personnifié par Etienne le journaliste, tiraillé lui même entre sa famille et son désir récent de liberté.
Si loin, si près n'est pas un roman paré de grands effets, mais c'est un roman qui de par son écriture laisse un sentiment de familiarité. Il raconte l'histoire d'une amie, d'une voisine, d'une personne qui aime sa ville et l'habite. Il reste proche de nous. Je l'ai lu d'une traite, en une soirée, et je peux dire que je l'ai aimé.

bouton3 Editions du Petit Pavé - 16€ - Mars 2011

Le blog de Catherine Leblanc - La lecture de Cathulu

Catherine Leblanc est également auteure de livres pour enfants... J'ai lu dernièrement Viens on va chercher un poème.

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13 mars 2011

mr ashenden agent secret, Somerset Maugham

mr_ashenden"Ashenden avait pour habitude d'affirmer qu'il ne s'ennuyait jamais. C'était l'une de ses convictions personnelles que cela n'arrive qu'aux personnes vides de toute richesse intérieure et que seuls les gens stupides comptent sur le monde extérieur pour les distraire."
Extrait de la nouvelle Giulia Lazzari

Mr Ashenden n'est ici autre que Somerset Maugham lui-même, écrivain de profession devenu agent secret depuis qu'un certain Colonnel R. l'a engagé. Il s'acquitte de sa tâche avec une désinvolture toute britannique et un peu de mépris pour les émotions d'autrui... cependant il n'est pas sans se rendre compte des conséquences de ses missions. Souvent replié dans une chambre d'hôtel, gardant comme couverture cette fonction bien pratique de romancier en quête de quiétude et de personnages, il attend, observe et agit.

L'ensemble des nouvelles nous offre une galerie de portraits assez savoureux et hauts en couleurs, ceux d'une époque révolue où l'on ne voyage qu'en train et où les femmes même intelligentes sont jugées sur leurs toilettes. L'espionnage a ici un goût particulier de réalisme qui fait parfois aussi un peu froid dans le dos car cynisme et patriotisme intransigeant sont de rigueur. J'ai aimé cependant le côté Scherlok Holmes du personnage principal, alliant flegme, compétence et assurance.
Au final, voici une lecture plutôt agréable, au charme certain, quoique un peu désuet.

Somerset Maugham himself explique en préface le contenu de son recueil de nouvelles...
"Ce recueil s'inspire de mon expérience d'agent secret pendant la guerre (celle de 14), mais remaniée au service de la fiction. Car la réalité est un piètre conteur. [...] elle n'a pas le sens de la gradation dramatique et en noie les effets dans des détails oiseux."

bouton3 Pavillons poche - 9.90€ - Février 2011

Un grand merci à BOB pour ce partenariat et aux éditions Robert Laffont pour l'envoi.

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02 mars 2011

Les demeurées, Jeanne Benameur

lesdemeur_es"Elle court.
A la maison, les choses de l'école qui restent encore dans la tête s'en vont vite, chassées par le torchon de la Varienne, comme la buée sur les vitres, la vapeur qui s'échappe du faitout.
Elle est entrée. Elle a poussé la porte. Elle se coule entre les gestes de la mère, ne l'effarouche pas, se glisse, subreptice, dans la maison. Parfois La Varienne l'attend, debout, glacée. Luce va alors jusqu'à elle sans la regarder. Les grandes mains plates descendent sur le petit corps qui ne s'échappe pas. Qui vive ! Luce, à nouveau, reprend sa place à table.
Elle ne sort plus rien de son cartable. Elle le laisse près de la porte. L'école n'existe pas.
Entre la mère et la fille, le pacte. Total."

Une mère que l'on traite d'abrutie, à certains moments tout juste bonne à servir là-bas Madame, dans l'autre maison, et puis une petite fille prénommée Luce en âge d'aller à l'école. Une institutrice, Mademoiselle Solange, douce et têtue, qui veut amener l'enfant à la connaissance. Voilà toute l'histoire des demeurées. Mais rien ne se passe comme prévu. On n'éclate pas comme cela un duo mère-fille dur comme du fer, indestructible...

Je ne vais pas en dire de trop pour celles et ceux qui ne se sont pas encore penchés sur ce petit livre empli de poésie. Pour être honnête, le titre me rebutait, malgré vos avis multiples et enthousiastes. Je ne suis pas spécialement friande des récits mettant en scène des personnes différentes dont l'entourage se plaît à se moquer...  Ici, même si les remarques existent, l'essentiel est ailleurs, dans l'apprentissage des mots, du savoir, dans la place de chacun. J'ai aimé, beaucoup, la façon dont Luce vient à l'écriture. La description de ce moment magique, entre travaux d'aiguille et clarté soudaine, est très fort.

Je n'ai qu'un mot à dire (enfin deux), merci Clara !!

bouton3 Folio - 3€ - Juin 2002

Chez BOB, vous trouverez des liens multiples vers d'autres lectures de ce livre très lu sur la blogosphère.

De l'auteure, j'ai chroniqué également ... Laver les ombres  et Présent ? 
(je croise les doigts maintenant, et tous les orteils ensemble, pour qu'elle vienne réellement bientôt dans ma région comme prévu sur le programme de ma médiathèque - mention "à confirmer" incluse...)

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26 février 2011

Celle que je ne suis pas...

celle_que_je_ne_suis_pas... c'est le premier tome d'une BD qui compte trois volets, de Vanyda (l'auteure de l'excellente trilogie l'Immeuble d'en face). Contrairement à ce que j'avais cru voir alors cette jeune dessinatrice est d'ailleurs bien seule aux commandes de son prénom/pseudo, mea culpa la préface de l'autre BD était bien ambivalente.

Là, je viens de terminer de lire le premier tome, le second est en réservation (Celle que je voudrais être) et la sortie du troisième étant prévue pour le 1er semestre 2011 (Celle que je suis)... il me faudra attendre ! Les dessins sont toujours parfaits et gracieux, l'histoire est encore prenante et si réaliste dans ses mouvements et ses expressions. En bref, j'adore, et c'est encore une belle surprise !

On suit ici Valentine, jeune-fille à la recherche d'elle-même, tout au long de son année de troisième, entre amours adolescentes, groupe de copines et difficultés à communiquer avec les adultes.

A découvrir, sans modération ! C'est drôlement bien.

Dargaud 2008 - http://vanyda.free.fr/ - Emprunté en médiathèque

Saxaoul aime aussi - Théoma m'avait donné envie...
 celle_que_je_voudrais__tre

 

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21 février 2011

Objectif Pal de Février ... Ether, de Franck Resplandy

ether"Dans son acte insensé, il lira l'évidence de ses sentiments, il mesurera la force de son attachement. Et puis dans le cas contraire, ce sera tant pis, tant pis pour elle, tant pis pour tout. Si, par le plus grand des malheurs, il refusait de la comprendre, s'il n'acceptait pas son amour, alors rien n'aurait plus d'importance pour elle."

Elle, elle est infirmière, affectée au service des cancéreux en soins palliatifs. Elle est efficace et discrète, toute en contrôle d'elle-même, séparée de son mari, habitante d'un coron que les autres résidents ont déserté depuis longtemps, d'origine polonaise. Et puis, elle le rencontre lui, ce photographe de la région parisienne venu immortaliser les mines désertées avant leur disparition programmée. Il est beau, il est grand, il conduit une moto, il s'intéresse étrangement à elle. Cependant aussi, il abuse d'elle, la malmène, la libère charnellement, la révèle. Entre passion insensée et relation cruelle, la folie n'aura plus qu'à se créer un passage étroit dans un univers mental tout à coup déjà en dangereux déséquilibre..

J'avais noté ce titre en 2007 suite à un billet coup de coeur de Tatiana de Rosnay sur son blog (à lire ici). Je l'ai déniché ensuite en bouquinerie, voilà comment Ether s'est retrouvé inopinément dans ma PAL. En le lisant cette semaine, j'ai compris ce qu'avait aimé l'auteure de La mémoire des murs dans ce livre. Car effectivement, il y a une certaine fascination similaire entre les deux histoires, le lecteur devient spectateur d'une descente aux enfers mentale, liée à la passion et à la libération d'un passé mis artificiellement sous cloche.
L'écriture de Franck Resplandy est belle et fluide, au service d'une atmosphère peut-être trop suffocante pour mon goût du moment, mais il n'y a rien à redire à l'efficacité des scènes, à la justesse des mots et à la surprise de la chute finale. De plus, j'ai apprécié les fausses pistes glissées ici et là, le personnage le plus inquiétant ne s'avérant pas être au final celui que l'on croit.
Une lecture de PAL de qualité en somme, mais un brin dérangeante.objectif_pal_le_retour

bouton3 Editions Plon - 18.50€ - Août 2007

Objectif Pal : 7/12

Vos lectures de Pal de février sont toujours à déposer par ici.

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19 février 2011

Le Rêve d'Amanda Ruth, Michelle Richmond

le_r_ve_d_amanda_ruth"Dans mon rêve Amanda Ruth n'est pas morte, elle est seulement endormie. Nous sommes allongées sous un sycomore au bord d'un sentier de montagne accidenté. L'herbe autour de nous est constellée de noyaux : nous avons mangé des pêches, des figues, des prunes et des nectarines. Ses doigts sont encore poisseux après notre festin. Ils brillent dans la douce lumière de la montagne. Elle a une manière si élégante de dormir, une jambe un peu repliée sous elle, un bras étendu sur l'herbe." (début du roman)

Cette croisière sur le Yangzi Jiang était prévue depuis longtemps, alors Dave a accepté d'y accompagner sa femme Jenny. En montant sur le bateau cette dernière a deux objectifs avoués, retrouver dans la promiscuité d'une cabine l'amour de celui qui l'a quitté il y a quelques mois, et répandre sur le site grandiose des Trois-Gorges les cendres de son amie d'enfance, Amanda Ruth, sauvagement assassinée à dix-huit ans.
L'humidité, la sensualité, une chine métamorphosée, le mauvais goût de vacances en groupe, une rencontre inattendue, la force des souvenirs, rendront ce voyage inoubliable et bouleversant.

Ce roman a été lu sous l'ombre du souvenir que j'ai conservé du magnifique L'année brouillard, du même auteur. La comparaison en est donc fatalement un peu à son désavantage. L'intrigue, romantique et sensuelle, est pourtant à la hauteur de ce que l'on peut attendre d'un tel ouvrage. J'ai même été à un moment donné très prise par l'intrigue, pressée de retrouver ce plaisir du poids du livre dans mes mains (vous voyez ce que je veux dire ?), cette hâte de connaître la fin, d'aller comme Jenny au bout du voyage. Mais, c'est une lecture qui ne m'a pas embarquée aussi loin que je l'aurais voulu... Cette vision qui semble parfois aproximative et partielle de la Chine sans doute, ou bien le peu d'attachement que j'ai ressenti pour les autres personnages de l'histoire, ceux qui entourent Jenny. Le rêve d'Amanda Ruth reste tout de même un très beau roman, à déguster tranquillement, il a comme un goût d'éternité et de vacances.

bouton3 Editions Buchet Chastel - 22€ - Janvier 2011

Merci Cathulu (conquise)  ! - Mango ne sait pas si elle l'a vraiment aimé - ...

(Toutes les sorties de ce début d'année lues ici en un clic)

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13 février 2011

Fracas, Pascale Kramer

fracas"Il y eut deux sonneries, puis un petit voyant rouge s'alluma sur le poste du séjour, comme une perle poussée aux reflets du jardin dans les vitres. son père avait dû décrocher dans le bureau. Valérie attendit de savoir si c'était Justin, puis se retourna vers le rocher dont la présence lui causa une stupeur presque vierge. Sa mère descendait  allumer le jet en retroussant soigneusement les manches de son chemisier sur son pull. La pression de l'eau fit sursauter le gros serpent de caoutchouc jaune dont elle dévissa la tête pour qu'il se laisse dérouler sans secousse. Valérie admira avec quelle méthode elle attaquait la terrasse par le centre."

Valérie est venue aider ses parents, le temps d'un week-end. La veille, une forte intempérie a dévasté le jardin et inondé le salon. Nous sommes dans un coin isolé de Californie. Suite à un éboulement de terrain, un rocher en équilibre instable menace à présent la maison. Il faudra s'en occuper plus tard, le dynamiter peut-être. Tandis que sa mère s'acharne à réparer les dégâts, son père va et vient, inutile. Un coup de fil annonce un accident, celui de Cindy, la jeune fille qui garde habituellement les enfants du frère de Valérie. La nuit dernière, une voiture l'a fauchée alors qu'elle sortait en courant d'un motel, pieds nus...

Ce roman est un objet d'orfèvrerie, un peu précieux, parfait et froid. Pascale Kramer excelle, c'est indéniable, à disséquer les attitudes, gestes et infimes mouvements de ses personnages. Chaque détail est observé finement, analysé, qu'il fasse sens ou non pour le lecteur. Quelque chose se joue dans cette famille qui se retrouve tout à coup le temps d'une journée, autour d'un drame présent en creux, et dans un décor de désolation dans lequel chacun peine à trouver sa place.

L'univers très glacé de Fracas m'a laissé un peu de marbre, je dois le dire, malgré tout le talent d'écriture déployé, contrairement à Un homme ébranlé (dernier titre de l'auteure) lu il y a quelques temps et que j'ai beaucoup aimé, qui m'a semblé également beaucoup plus fort émotionnellement parlant.
Malgré une légère déception sur ce titre dont j'attendais beaucoup, trop peut-être, c'est une auteure que je vais continuer de suivre avec attention, cependant... Son écriture exigeante, qui ne permet pas de lectures distraites, me semble pleine de promesse.

Biblioth_que_et_LAL

Editions Mercure de France

Février 2007 - 14€

Florinette et Anne ont été plus enthousiastes que moi.

Hasard des lectures... Xynthia c'était il y a bientôt un an.

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07 février 2011

Bons baisers de Cora Sledge, Leslie Larson

bonsbaisersdecora"Avec tout ce qu'on voit à la télévision, je crois que je n'étais pas sortie après la tombée de la nuit depuis dix ou quinze ans. Mais, d'un geste de magicien, Vitus a agité la main vers le jardin. Soudain, on aurait dit une scène dans un film, où la musique s'élève, les oiseaux se mettent à chanter et les papillons voltigent de fleur en fleur. Je voyais les étoiles, je sentais le jasmin de nuit. Et je me suis dit : Merde alors, pourquoi pas ? Ma vie est derrière moi. Qu'est-ce que ça peut faire si je tombe raide morte ?"

Cora est une octogénaire pleine d'humour mais il est difficile pour elle d'accepter cette nouvelle situation, cette résidence médicalisée dans laquelle ses enfants ont jugé bon de l'envoyer. La chambre est petite, impersonnelle, ses voisins de table imposés pour toujours sont irascibles et son avenir semble à jamais limité. Sa petite maison lui manque, celle où elle a partagé tant de souvenirs avec son mari Abel, des inconnus l'occupent. Sa chienne Lulu a été adoptée par ses petits enfants. Bien entendu, Cora est un peu trop forte, obèse même, fume beaucoup et est accroc aux pilules, alors les siens se sont inquiétés, quitte à la jeter dans une prison pour vieux prénommée Palisades.
La vieille femme trouvera pourtant dans l'écriture, les bons soins de Marcus et l'amour délicat de Vitus, des remèdes efficaces à la morosité et à la fatalité...

De ce livre, j'ai tout d'abord aimé la couverture. Puis, le billet de Clarabel m'a décidé à le dénicher. Un partenariat de Bob et hop voilà qui était fait.

Pour être honnête les premières pages de cet épais roman m'ont un peu ennuyées au préalable, j'ai été décontenancée par leur ton et le langage faussement choquant du personnage principal. Et puis, en rentrant doucement dans cette histoire, je me suis prise de sympathie pour Cora, pas forcément pour cette vieille femme qui tombe amoureuse du haut de ces quatre-vingt-deux ans - quoique - mais pour la jeune-femme qu'elle fut et qu'elle nous raconte via les cahiers qu'elle remplit avec gourmandise. Avec cette histoire pleine d'énergie, on se prend à regarder d'un autre oeil nos propres faiblesses et à se dire que rien n'est trop tard, que la vie est pleine de surprise et d'ornières, mais qu'elle ne devrait jamais nous obliger à renoncer à nous-même.

Une lecture tonique et pleine d'espoir, donc.

bouton3 Editions 10/18 - 18€ - 20 janvier 2011

Un grand merci à BOB pour le partenariat et à 10/18 pour l'envoi.

http://www.10-18.fr/

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06 février 2011

En cours de lecture...

changement"Qu'on le veuille ou non, le changement fait peur car il nous conduit à hypothéquer un présent connu, prévisible et par là même rassurant, au profit - mais quel profit ! - d'un avenir incertain et par conséquent anxiogène. En réalité, ce qui fait peur, ce n'est pas le changement lui-même, mais la représentation que nous nous en faisons. Et c'est précisément parce que nous restons bloqués sur cette représentation que nous entrons dans une dynamique d'angoisse. Si nous étions capables de percevoir en nous cette peur du changement et si nous pouvions l'accepter comme faisant partie intégrante de notre difficulté à nous imaginer dans un autre contexte d'habitation, nous serions moins tourmentés par cette perspective. Au lieu de cela, nous jouons crânement les héros impavides alors que nous en avons mal au ventre."

Extrait de La Maison sur le divan de Patrick Estrade, Editions Pocket, Octobre 2010
Un essai psychologique qui tourne autour de la maison, comme le souligne son titre, mais qui parle aussi beaucoup de nous et de ce qui nous est important, du foyer. J'y picore de temps en temps de petites choses intéressantes. Pour preuve, mon ouvrage est strié de pages cornées. Merci Cathulu ! (son billet)

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03 février 2011

Chienne de vie, Helle Helle

chienne_de_vie"Je ne m'attarde guère au bord de l'eau. J'ai l'impression d'avoir oublié quelque chose. Je tourne les talons et rebrousse chemin. Peut-être est-ce ma valise. Quand j'étais assise sur le banc avant-hier, je l'avais avec moi. Maintenant, elle se trouve dans le salon de Johnny et Cocotte. Ils sont couchés dans leur chambre et dorment tout habillés sous leur couette. Elly somnole devant le poêle. Ma valise à roulettes, avec sa poignée, est mon seul port d'attache, je ne peux aller nulle part sans l'avoir avec moi. Et en plus de ma valise, il y a Johnny et Cocotte maintenant, pourtant ça ne fait même pas quarante-huit heures."

Bente a tout laissé derrière elle, son mari dermatologue et la vie qu'ils menaient ensemble. Elle, l'écrivain devenue depuis quelques temps l'ombre d'elle-même, se retrouve un beau jour assise à un arrêt de bus, au fin fond du Danemark, perdue dans la contemplation de la mer, à la recherche d'un lieu propice pour pleurer tout son saoul. C'est à cet endroit que Johnny la ceuille et l'emmène dans la chaleureuse petite maison qu'il partage avec sa compagne Cocotte. Le couple adopte alors cette inconnue de passage avec une simplicité désarmante. La vie ne devient plus ainsi pour Bente que des gestes à faire, les chiens de l'oncle voisin à rentrer et à sortir, des bûchettes à remiser pour l'hiver et un avenir à imaginer se réinventer...

Ce petit roman n'a l'air de rien mais il sait envelopper sa lecture d'une chaleureuse enveloppe de bonté et de calme assez réconfortante. On entre dans l'intimité d'un couple, on entre dans une maison où le poêle est toujours allumé, la flamme de l'hospitalité vive, on entre dans une petite parenthèse de vie, parfois blessante ou rude, accidentée, mais jamais fracassante. Un bien joli livre et une belle histoire qui ne se prive pas non plus d'être parfois gentiment ironique. Une agréable surprise.

bouton3 Editions Le Serpent à Plumes (dont j'aime toujours terriblement la typo) - 19€ - Sortie le 3 février 2011
Traduit du Danois par Catherine Lise Dubost

Helle Helle sera présente au salon du livre de Paris en mars

http://serpentaplumes.blogspot.com/

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