19 septembre 2012

Syster, Bengt Ohlsson

syster"Ce n'était pas tant le rire lui-même qui lui manquait, mais autre chose, une sensation juste avant le rire. C'était mieux que le rire, parce que cela durait plus longtemps."

La jeune Miriam a disparu depuis deux semaines. Ses parents s'angoissent et la cherchent désespérément partout. Ils décident finalement assez vite que Marjorie, sa soeur cadette, ira habiter quelques temps chez sa tante Ilse où elle pourra se reposer. Là-bas, il y a la solitude de cette tante que Marjorie ne connaît pas si bien, mais aussi ses histoires, la plage et un chat. La petite fille est partagée entre le soulagement et l'inquiétude pour cette aînée qu'elle n'aimait pas toujours. Bourrée de contradictions, de questions, elle se souvient des moments partagés avec sa soeur, avec cette famille qu'elle considère comme la plus drôle du monde, et goûte avec culpabilité à la nouveauté de sa situation. Ilse l'aidera à trouver le chemin vers plus de sérénité mais aussi l'espace pour laisser libre court à ses pensées...

Ce titre est traduit du suédois. Et c'est un roman effectivement très nordique, qui donne la part belle à l'imaginaire et à la féerie, tout en s'attachant étroitement au réel. Son intérêt premier est de suivre les angoisses d'une petite fille qui voit son quotidien bouleversé par la disparition de sa soeur, son intérêt second en étant certainement le huis clos créé entre deux personnes que rien ne rapprochait vraiment jusque là. J'en ai aimé l'ambiance, la douce tension narrative, le personnage énigmatique d'Ilse. Il est cependant dommage que l'intrigue s'enlise un peu en fin d'histoire, et que la relation entre l'enfant et sa tante soit moins exploitée et aboutie que l'on souhaiterait.
Une lecture à hauteur d'enfance.

Editions J'ai lu - 7.60€ - 3 septembre 2012 - Merci ma bibli !!

Pas une lecture inoubliable pour Chiffonnette

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14 septembre 2012

Millefeuille, Leslie Kaplan

millefeuille"Je me perds, se répétait Millefeuille, et je ne vais pas faire un jeu de mots stupide, il s'esclaffa, je me perds, je suis père, je suis perdu, il le redit plusieurs fois, je me perds, je suis père, je suis perdu, en riant de plus en plus fort.
En même temps, c'était étrange, il était ragaillardi, et après s'être bagarré avec Richard II, l'histoire, la traduction et le commentaire, il se fit une grande liste d'achats pour le Monoprix et le marché, tout en se félicitant. Toujours bien terminer la journée avec un projet."

Jean-Pierre Millefeuille est un professeur à la retraite, toujours actif, collaborant à des articles de revue et recevant régulièrement dans son appartement près de Montmartre. Cependant, malgré ses bonnes intentions, il apparaît par trop lunatique pour les amis et connaissances qu'il côtoie quotidiennement, car ce vieil homme qui a perdu sa femme il y a une dizaine d'années suit bien souvent le fil de ses envies ou de ses pensées, oubliant des rendez-vous importants ou que l'on compte simplement sur lui. Sa bonne éducation et son sourire attirent les confidences mais Jean-Pierre Millefeuille sent que la vie lui échappe, l'âge venant, alors il cherche à se protéger, maladroitement... derrière les oeuvres de Shakespeare ou la sécurité factice du Monoprix du coin.

Je ne sais pas si vous serez vous aussi séduit(e)s par le personnage de Jean-Pierre Millefeuille mais moi j'ai été très attachée par ce petit livre au charme certain. Il n'y a pas vraiment d'histoire dans ce récit, d'intrigue à proprement parler. Un changement de narrateur dans les premières pages a même tout pour déconcerter. Non, c'est autre chose, comme une occasion de connaître quelqu'un, de près, de faire un tour dans le subconscient d'un être que l'âge commence à étreindre et qui cherche à conserver le contact avec lui-même, tout en s'inquiétant pour les autres, beaucoup et un peu en vain. Nous avançons en fait et surtout de rencontres en rencontres. Et j'ai finalement quitté Jean-Pierre Millefeuille avec regret au terme de ces pages.

Une lecture intime et shakespearienne.

Editions Pol - 16 € - Août 2012

Un grand coup de coeur pour un autre titre Les Amants de Marie qui a l'époque avait voyagé !

challenge2012

 

 

 

 Challenge 1% rentrée littéraire 2012 : 3/7
(clic sur le logo pour plus de détails)

 

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05 septembre 2012

Ordalie, Cécile Ladjali

ordalie"[...] rien de la douleur des autres ne me touchait. J'étais absolument incapable de compassion. Je me protégeais de l'agression que je pressentais toujours dans le malheur, la souffrance et la mort, en me construisant une thébaïde d'indifférence. J'étais moi aussi toujours seul et sans doute n'avais-je encore jamais aimé quiconque sincèrement. Mon ingratitude face à la vie ne me pesait en rien. Je cultivais une passion morbide et sale pour ma cousine, je développais mes clichés dans la cave autrichienne d'un ancien nazi, je filmais des visages qui me ramenaient à mon propre bonheur sans qu'aucun de leurs rictus ne m'atteignît. J'évoluais sur l'océan constrasté que créait mon heureuse indifférence, surnageant au-dessus d'un monde à l'agonie. Et je n'en recueillais pas même une éclaboussure."

Orphelin, Zak est receuilli par son oncle et sa tante. Il passe son adolescence en leur compagnie en Autriche, alors que l'allemagne se relève difficilement de l'après-guerre. Il est à ce moment-là amoureux de sa cousine Ilse, une jeune-fille attirée par la philosophie. Mais elle lui présente son amant, un poète d'origine juive, rescapé de l'holocauste, Lenz, un jeune-homme plein d'avenir que Zak n'aura de cesse de détester en silence. La relation amoureuse entre les deux amants, Lenz et Ilse, sera aussi tumultueuse et riche, que destructrice. Zak restera malgré tout fidèle à ses sentiments pour sa talentueuse cousine, se révélera dans l'art photographique, et nous emmènera en quête de ses démons jusque dans les quartiers littéraires de Paris...

Forte de ma lecture récente d'Aral, je me suis mise à fouiller dans ma PAL à la recherche d'un autre titre de l'auteure et j'ai trouvé celui-ci, que j'avais déniché en bouquinerie il y a quelques temps. J'ai cependant été beaucoup moins séduite par cette lecture, sincèrement. Pourtant, l'écriture de Cécile Ladjali y est toujours aussi belle et irrésistible.
J'ai simplement été moins touchée par le thème et les personnages. Dans ce roman, se mêlent romantisme, histoire de la littérature et ambiance gothique. De nombreuses allusions et références m'ont clairement échappées, et voilà ce qui m'a sans doute déplu aussi, en plus de l'antipathie profonde que j'ai ressenti tout du long pour le narrateur. Dans ses sources, Cécile Ladjali évoque une allusion forte et des extraits empruntés à l'oeuvre d'Ingeborg Bachmann et de Paul Celan, et comme je ne les connais pas du tout...

Une lecture qui a, malgré mes réserves, encore une fois la qualité de brosser l'histoire avec un grand H en même temps que les petites histoires de ses protagonistes de papier.

Editions Actes Sud - 18.30€ - Août 2009 

Mes images40

Mango a trop détesté Zak et est restée en retrait du couple - Lilly recommandait chaudement lors de la rentrée littéraire 2009 - une impression en demi-teinte pour Stephie qui souligne malgré tout la qualité de l'écriture - ...

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30 août 2012

A l'abri de rien, Olivier Adam

alabriderien"Combien de temps ça a duré ? Dix, quinze jours ? Je ne me rappelle plus très bien et désormais ça n'a plus la moindre importance. Je me souviens juste de ces matins où je me rendais sous la tente, des après-midi au centre d'aide, des soirées chez Isabelle. Je rentrais au coeur de la nuit, parfois même à l'aube. Une fois tout le monde endormi, une fois les lessives lancées, la cuisine et le salon rangés, assises l'une en face de l'autre avec nos verres remplis et la musique, nous avions tant à nous dire, Isabelle et moi."

Marie a tout d'une Desperate housewife que l'inactivité rend dingue, elle est confinée à la maison pour cause de chômage. Avant, elle était caissière chez Auchan, mais ne cessait de pleurer. Un beau jour, elle donne soudain un sens à sa vie en s'occupant des réfugiés qui abondent en ville, et néglige ainsi peu à peu et terriblement sa famille, ses enfants et son mari. Elle donne tout à ces personnes pour qui elle ressent tout à coup une attraction irrépressible, et s'attache à Isabelle, une bénévole du centre. La perte d'un être cher semble les réunir toutes les deux, malgré leurs silences...

J'ai profité du fait d'avoir lu le dernier roman d'Olivier Adam pour ouvrir enfin celui qui traînait depuis tellement longtemps dans ma PAL. Je savais déjà que ce n'était pas forcément le meilleur de l'auteur. Je confirme. Et pourtant, l'écriture est belle...
Mes réticences sont plutôt liées à l'histoire, à ce que Marie fait subir à sa famille, à ses enfants surtout, à ce qui rend ses gestes inadmissibles. Ainsi, le sujet des réfugiés n'est que le révélateur d'une folie plus grave, et non un sujet en soi. Ce biais m'a semblé dommage. Heureusement, l'auteur s'est depuis rattrapé avec le magnifique Welcome dont vous trouverez la bande-annonce plus bas !

Editions Points - 6.10€ - 2008

Tout un tas de critiques chez Babélio

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20 août 2012

Aral, Cécile Ladjali

aral

"Parce que la mer a commencé à s'effacer quand je suis devenu sourd, tout mon rapport au monde et à l'effroi a changé le jour où j'ai dû me dire que si je ne voulais pas mourir de peur, il fallait que je brave l'absence et que je la remplace par quelque chose d'autre. Depuis, ce quelque chose d'autre (la musique ? l'amour ? la folie ?marche à mes côtés."

Alexeï et Zena sont amis d'enfance. Ils se sont promis tout jeunes de se marier ensemble. Ils vivent près de la mer d'Aral asséchée, celle-là même qui en partant a laissé dans son sillage la misère et à l'air libre un sol pollué et nocif pour ses habitants. Alexeï est devenu sourd peu à peu mais est pourtant à l'âge adulte un musicien et un compositeur reconnu. Zena est une scientifique très concernée par l'environnement. Tous deux espèrent le retour de la mer d'Aral, mais entre incompréhensions et maladresses vont se forger une vie éloignée...

J'étais très intéressée par le thème qu'a développé ici Cécile Ladjali. Après l'avoir vue en interview, je me suis empressée de noter son livre. En 2006, son Louis et la jeune-fille m'avait également beaucoup plu.
Aucune déception avec ce titre donc, qui s'égrène pourtant avec lenteur et forte apathie. J'ai été séduite, et émue, par sa grande poésie, la recherche évidente du mot juste qui parcourt ce roman.
Alexeï est le personnage que l'on suit essentiellement, anti-héros assez peu sympathique qui se révèle au final, et heureusement, dans les dernières pages. Il est à la recherche de l'absolu, de la huitième note, au détriment de ceux qui l'entoure.
Mais l'intérêt est ailleurs, dans l'écriture de l'auteure, dans l'évocation du drame collectif qu'est cette mer disparue. Cécile Ladjali a su décrire au mieux l'acidité d'une fascination qu'un peuple entier partage avec ses héros de papier.
Une lecture d'un intérêt évident.

Editions Actes Sud - 19.20€ - Janvier 2012 - Merci ma bibli !!

Pour tout connaître sur la mer d'Aral [clic].

Le moment de TV tentateur... qui parle d'un roman sur le silence et la disparition

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18 août 2012

Une sortie poche...

noscheveux...à ne pas râter.

"L'idée de partir était comme un petit feu de bois placé au centre de son cerveau. Au bout de quelques temps, il comprit que les flammes ne s'éteindraient pas d'elles-mêmes." 

Ce roman s'articule en deux parties. Il y a tout d'abord "le dehors du dedans", où le récit d'un voyage conduisant Walther du nord au sud quittant tout pour vagabonder et aider un oiseau à migrer. Il a laissé, là-bas, la femme qu'il aime, Sally.
Dans la seconde partie, "le dedans du dehors", nous retrouvons un homme, devenu "je" et père, dans la contemplation de ce qui fait le sel des jours et du quotidien... Les deux parties du livre sont liées éditorialement, j'ai préféré moi les dissocier dans mon esprit tant leurs univers sont différents ; ils ont de plus chacun leur intérêt particulier...

Présenté comme un roman, Nos cheveux blanchiront avec nos yeux est en fait une continuité de petits textes, au charme poétique sûr, des photographies d'instants.

Editions 10/18 - 6.10€ - 16 août 2012

 

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13 août 2012

Lambeaux, Charles Juliet

lambeaux"Le sentiment de ne rien valoir, de n'être rien, de n'avoir rien à espérer. Et mêlée à ce sentiment, la vague sensation qu'une plainte cherche à se faire entendre. Une plainte, ou un cri, ou bien encore une toute simple parole qui dirait la fatigue, le non-sens d'avoir à subir une vie qui se refuse, la désespérance de celui que ronge la nostalgie du pays natal et qui sait ne pas pouvoir le retrouver.
Après avoir couvert un certain chemin, tu te rends compte que ton besoin d'écrire est subordonné à un besoin de connaissance, que tu veux moins enfanter des livres que partir à la découverte de toi-même.
Plus tard, tu découvres cette autre évidence : puisque tu ne t'aimes pas, il t'appartient de te transformer, te recréer. Une certaine exigence t'habite. Elle te soutiendra, te guidera, te fournira la petite lumière qui te permettra de te frayer un sentier dans la nuit."

Dans ce livre, Charles Juliet a voulu faire revivre ses deux mères, celle qui lui a donné la vie et celle qui l'a élevé. Pour la première, il a les mots de la compréhension, de ce qu'il a perçu de semblable en lui. Cette jeune-femme, paysanne, après une enfance au service de sa famille a connu un drame amoureux puis s'est mariée et a sombré, avec les maternités, dans la solitude et la dépression. Elle est morte en internement, de faim, pendant la seconde guerre mondiale. Le narrateur est le dernier enfant de cette femme, un bébé lors de son départ, il sera élevé par un autre couple, et pour sa deuxième mère il a les mots de l'amour...

On me conseillait depuis longtemps ce titre, qui est effectivement très beau. Charles Juliet n'a pu écrire tout de suite Lambeaux tant il était douloureux pour lui de faire revivre ainsi ses fantômes.

"Si tu parviens un jour à le mener à terme, il sera la preuve que tu as réussi à t'affranchir de ton histoire, à gagner ton autonomie."

J'ai été remuée, révoltée par ce qui arrive à la mère de l'auteure, une vie flouée. J'ai puisé ça et là quelques précieuses phrases.
Une lecture qui confirme encore une fois le pouvoir salvateur de l'écriture.

Editions Folio - 5.95€ - Avril 1997

Quelques autres lectures sur Babélio

 

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09 août 2012

Rose sainte nitouche, Mary Wesley

rosesaintenitouche"Elle m'a obligée à venir à cette partie de tennis, aujourd'hui ; elle pensait que je rencontrerais un beau parti. Cette fois, vous riez.
- Vous m'avez rencontré, moi."

Rose est veuve depuis peu, et ses amis s'interrogent sur la vie apparemment lisse qu'elle a pû avoir. Cette femme d'une soixantaire d'année s'exprime rarement sur ses sentiments. Ce qu'ils ignorent, c'est que bien avant d'épouser Ned, elle avait rencontré Mylo, un précepteur. Alors, elle n'a pû écouter son coeur, obligée par les conventions de se marier plus raisonnablement. 
Naitra ainsi une liaison qui durera une cinquantaine d'année...

Ce roman est charmant. Il commence doucement, un peu à la manière de Sur une plage de Chesil de Ian WcEwan. Puis, Rose prend du caractère, peaufine sa double vie, s'entoure de ses chiens, de son jardin, de sa maison, vit les privations de la seconde guerre et nous devient petit à petit bien sympathique. La promesse faite à Ned de ne pas le quitter, alors que Mylo est un amoureux transi parfait, nour irritera suffisamment pour donner du sel à cette histoire qui se lit agréablement et sans efforts.

Je suis émerveillée du fait que Mary Wesley se soit mise à l'écriture si tardivement, à l'âge de soixante-dix ans ! Encore une auteure à continuer de lire sans tarder.

Editions J'ai lu - 7.20€ - Juin 2010

D'autres avis, plus bavards que moi...

Un roman qui a attaché encore plus Lily à la romancière - Un coup de coeur pour Laure ! - Caustique et adorable pour Clarabel - Je l'avais noté chez Theoma enthousiaste - Insolence chic et dynamisme contagieux pour Cathulu !!

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07 août 2012

1Q84 version Audiolib

1Q84"Dans le monde bien réel de 1984 et dans celui dangereusement séduisant de 1Q84 va se nouer le destin de Tengo et d'Aomamé..."

Pour bien parler de cet objet livre audio, il faudrait que je vous raconte tout d'abord mon périple pour simplement parvenir à l'écouter. Je n'avais pas saisi qu'il s'agissait de deux CD en version MP3. Bon, impossible pour moi - donc - de l'écouter sur ma chaine, apparemment trop vieille. Mon ordi a refusé tout net de synchroniser l'ensemble vers les baladeurs MP3 que l'on possède à la maison, manque de place sans doute. Seule solution véritable, écouter l'ensemble sur mon ordi qui a bien voulu, lui, enregistrer sur son disque dur les plages des deux CD, pratique pour écouter plus de 16h de texte... C'était vraiment mal parti, mon casque sur la tête, cliquant toutes les cinq minutes sur le bouton pause. Mauvais présage ?

Je remercie avant tout Audiolib pour l'envoi, et Maia Baran et Emmanuel Dekoninck pour leur deux jolies voix à tomber. Cependant, force est de constater que cet essai audio sera pour moi le dernier. Outre le fait que je n'ai pas accroché à l'histoire, je pense que ce format n'est vraiment pas adapté à ma vie quotidienne qui ne me laisse pas assez d'opportunités d'écoute alors que je peux lire un livre papier dans le brouhaha le plus absolu, j'ai l'habitude. Quel dommage !!

Allez, pour ne pas rester sur une note négative, écoutez et regardez cette petite vidéo ci-dessous qui vous donnera sans doute envie, adeptes du format que vous êtes, de vous plonger dans une telle histoire riche en atmosphère...

  Audiolib - 24.40€ - Janvier 2012

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06 août 2012

Refaire le monde, Julia Glass

Refairelemonde"D'accord, j'étais une idiote, le type même de l'idiote romantique et complètement aveugle, c'est ça ? J'ai bien appris la leçon comme toutes les jeunes mariées, et ne me dites pas que je n'aurais jamais dû épouser cet homme, docteur Glazier. Mais maintenant, c'est comme si la seule perspective que j'avais était celle d'un monde sombre et désespéré, un monde sans compliment, sans soutien - sans soutien émotionnel -, un monde de mais ceci, mais non, pas ça. La perspective de voir tous mes espoirs balayés dans la boue. La perspective d'une fosse dans la terre. Voilà ce que j'éprouve, là, en ce moment."

Greenie est pâtissière à Greenwich Village. Elle vit de sa passion tandis que son mari, Alan, perd peu à peu ses clients, il est psychologue. Ils logent avec leur jeune fils Georges dans un tout petit appartement dont l'étroitesse est de plus en plus le théâtre de disputes et de frustrations vaines.
Un appel du gouverneur du Nouveau-Mexique va peut-être tout changer. Greenie est sollicitée pour un poste de cuisinière, un honneur auquel elle décide de répondre positivement provoquant ainsi la colère de son mari et leur éloignement géographique pour au moins une année.
Autour de ce couple déchiré gravitent des amis, des proches, des inconnus que les évènements vont accidentellement rapprocher ou éloigner.

J'ai hésité à mettre un coup de coeur à ce titre, car son écriture est loin d'être d'une qualité renversante. Cependant, j'avais envie de tirer mon chapeau à cette histoire prenante et longue qui fouille les détails des sentiments et des émotions avec un scalpel sans concessions assez bluffant. Ce roman choral plutôt épais - encore un pavé - m'a littéralement captivée. Il dresse le portrait d'une génération de quadragénaires en quête de sens et d'amour qui s'épuisent à se perdre. Tout à coup, New-York semble n'être devenu pour le lecteur qu'un village, et Julia Glass permet à ses personnages de se tromper de chemin et de recommencer mieux.
Une lecture bienveillante... et un exemplaire, garni de grains de sable, qui a voyagé et connu plusieurs sacs.
Une bonne pioche de bouquinerie. Presque un coup de coeur !!
Je relirai très certainement Julia Glass.

Editions J'ai Lu - 9.50€ - Février 2011

Réconfortant pour Cathulu  !! 

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