30 octobre 2013

L'envol du héron ~ Katharina Hagena

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"Peut-être que ce que nous appelons vie est un rêve et ce que nous appelons rêve est la vie, et qu'en réalité la caverne de Platon est une station de métro."

Ellen a fait son métier du manque de sommeil, ses patients lui confient leurs insomnies. Mais aujourd'hui, à presque quarante ans, c'est elle qui a perdu soudainement la faculté de s'assoupir. La nuit, elle tourne dans son appartement, observe sa grande fille de quinze ans qui dort paisiblement et réfléchit au sens de tout ce qui lui arrive. Sa mère est hospitalisée, dans un coma profond. Son père tente de monter une chorale. Orla, sa fille, a pour petit ami un taggeur talentueux qui sévit sous les ponts de la ville. Andreas, son ami d'enfance, obnubilé par les vieux papiers, semble de plus en plus privé de paroles. Et il y a Marthe aussi, cette femme plus âgée, qui s'est prise d'affection pour Orla, et qui pleure en silence son fils disparu il y a dix-sept ans... Mais Ellen ignore ce secret là, car la perte de sommeil et le désir de Benno, son amant, noient la réalité dans un flou onirique que seul l'envol des hérons zébrant le ciel pourrait peut-être dissiper...

Ah, ce titre là m'a donné du fil à retordre. Et puis, il faut croire que ma dernière tentative pour le lire a été la bonne. L'envol du héron attendait son moment. Et c'est au final un "presque" coup de coeur que je vous présente aujourd'hui. Car ce roman est pourvu de très beaux passages devant lesquels je me suis arrêtée, émerveillée. Quelle écriture ! (ou quelle traduction ?!) J'aurais été capable de vous en recopier ici des morceaux entiers tant j'ai été bluffée par les trouvailles de l'auteure. Les images qu'elle convoque sont intelligentes et originales, et la beauté des phrases de certains débuts de chapitre est vraiment remarquable. L'histoire qui nous est contée semble alors en comparaison manquer presque un peu de force, mais il ne faut pas chipoter non plus. Allez, ce roman particulier ne plaira pas à tout le monde, c'est certain, mais il est véritablement un voyage à tenter.
J'ai beaucoup pensé au cours de ma lecture à cet autre roman allemand que j'avais beaucoup aimé [clic ici], une similitude d'ambiance évidente,... et puis bien sûr j'ai lu Le goût des pépins de pomme [clic ici], excellent souvenir !

 

Editions Anne Carrière - 22€ - Août 2013

L'avis de Clara la tentatrice - Aifelle a été plus mitigée

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25 octobre 2013

Il pleuvait des oiseaux, Jocelyne Saucier

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"- Penses-tu mourir aujourd'hui, mon Charlie ?
- Si j'ai une autre nuit comme ça, peut-être demain. Mais s'il faut que ce soit demain, je voudrais que ce soit au coucher du soleil. J'ai toujours voulu mourir devant un coucher de soleil.
- Demain à la brunante donc.
- C'est ça, à la brunante. Mais si ça tardait trop, je remettrais ça à plus tard. Je veux pas mourir dans le noir."

Une photographe, un brin curieuse, débarque au fin fond d'une forêt, attirée là par l'histoire ancienne des Grands Feux qui ont ravagé autrefois le nord de l'Ontario au début du XXème siècle. Elle cherche à capter quelque chose, via les portraits des survivants, leurs récits, et ne s'attend pas à tomber sur trois êtres épris de liberté, caché là pour choisir leur vie, et surtout leur mort...

Je me suis tout d'abord perdue dans les premières pages de Il pleuvait des oiseaux et puis, j'ai été peu à peu touchée par la grâce presque iréelle de ce roman, beau, finalement lumineux malgré sa couverture sombre, et plein d'espoir. La galerie de personnages que Jocelyne Saucier convoque est réellement touchante, atypique, mais c'est celui, aérien et fragile de Marie-Desneige, qui apporte véritablement un souffle évident à l'histoire, créant un lien entre les protagonistes, la montée de sentiments - amoureux ou amicaux -, et apporte par son regard particulier beaucoup à la photographe, narratrice malgré elle d'évènements qui la dépasse.
Une lecture sensible et originale en cette rentrée littéraire.

Editions Denoël - 16€ - Août 2013

De nombreuses lectures enthousiastes pour ce livre... Aifelle (un mélange savoureux) - Cathulu (découverte difficilement oubliable et un vrai coup de cœur !) - Clara (touchée et coulée) - Karine (une réussite !) - Trop confus pour Alice ! ...

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24 octobre 2013

Le coeur d'une mère est un vase profond

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Entre deux lectures plus sérieuses - et après un passage revigorant en bibliothèque (des siècles que je n'y avais pas mis les pieds) -, j'ai lu cette BD de Margaux Motin dont la planche ci-dessus est extraite, J'aurais adoré être ethnologue (pour info son dernier opus s'appelle La tectonique des plaques). J'aime beaucoup ses dessins. Et même si sa vie de trentenaire parisienne est bien éloignée de la mienne, son exubérance me fait rire. Je connaissais déjà son blog : http://margauxmotin.typepad.fr/

Ceci dit, au presque terme d'une semaine consacrée aux enfants, et à la visite de leurs petits amis (déguisements d'Halloween compris), je commence un peu à ressembler à la dégaine de cette pauvre maman.

J'aime bien aussi la planche qui dit que... l'amour, c'est pas comme au cinéma... c'est vachement mieux (et ça a des problèmes de vue). "T'es belle mon coeur".

Allez, pour la route, jetez un oeil sur ce billet qui me fait doucement rire [clic], parce que mon surnom à la maison c'est Monk maman. 

Editions Marabout - 13.50 € - 2009 - Merci ma bibli !!

(On m'a signalé quelques soucis pour poster des commentaires sur ce blog. Canalblog tente des transformations en basckstage, ceci explique sans doute cela. N'hésitez pas à utiliser la fonction "contactez l'auteur" en haut à droite pour me joindre.)

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22 octobre 2013

Gilgamesh, la quête de l'immortalité ~ traductions de Stephen Mitchell et Aurélien Clause

gilgamesh"Gilgamesh est prodigieux ! Je le considère comme l'une des meilleures choses pouvant arriver à quelqu'un.
Je m'y suis immergé et, à travers ces fragments colossaux, j'ai connu des formes et des mesures qui appartiennent aux plus suprêmes travaux que le Verbe ait jamais produits."
Rainer Maria Rilke

Ce n'est qu'en 1850 que les premiers fragments, de ce qui s'avèrera très vite la première grande oeuvre littéraire de l'humanité, ont été découverts parmi les ruines de Ninive. Les tablettes d'argile cuite sur lesquelles elle a été inscrite en caractères cunéiformes demeurèrent enfouies sous les décombres de cités du Proche-Orient antique pendant deux mille ans. Rainer Maria Rilke fut un des premiers à en reconnaître la véritable valeur littéraire. Le texte n'avait pu être déchiffré et traduit qu'après plusieurs décennies. 

Gilgamesh est l'histoire du roi d'Uruk, tyrannique et indomptable, et de sa rencontre avec son double envoyé par les dieux pour le contrer, Enkidu. Tout d'abord rivaux, il s'éprennent très vite d'amitié. Lancés tous deux à la poursuite d'un dangereux monstre, Humbaba, ils découvrent les plaisirs de la fraternité et les abîmes de la mortalité...

Ce récit mythique dont la nouvelle traduction de Stephen Mitchell a eu à coeur de restituer le souffle épique est véritablement prenant et moderne, accessible, et sensuel. La mythologie étant mon petit pêché mignon, j'ai goûté les péripéties d'une histoire qui rappelle sans peine les voyages d'Ulysse ou même quelques scènes de la Bible. Je ne me souvenais pas avoir déjà parcouru ce texte, j'en connaissais seulement vaguement le sujet. Pendant ma lecture, j'ai beaucoup pensé à ce travail créatif et courageux qu'est la traduction, dont la préface explique d'ailleurs très bien les choix, parfois très audacieux. 
Une lecture riche.

Synchronique éditions (merci !) - 19€ - Sept 2013


"[...] Endiku, tu es beau,
Tu es beau comme un dieu. Pourquoi vagabonder
A travers le désert ? Pourquoi donc vivre en bête ?
Laisse-moi te guider jusqu'aux grands murs d'Uruk,
Jusqu'au temple d'Ishtar, jusqu'au roi Gilgamesh
Qui opresse son peuple avec son arrogance
Et foule aux pieds les siens comme un buffle enragé."

Il comprend tous ces mots et acquiese en silence,
Car au fond de son coeur un désir vient de naître,
Un désir qu'il n'avait jamais connu avant -
Trouver un véritable ami."

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17 octobre 2013

L'âme chevillée au corps, Eve Lerner

lamechevilleeaucorps"Je n'avais aucune affection pour les impondérables car ils ont bien failli me faire devenir femme au foyer ou guichetière de banque. Si je les avais laissé faire, je serais restée rivée à ma ville natale et j'aurais, par leur faute, dépéri à vue d'oeil. Je me serais desséchée sur pied. Oui, c'est bien ce qui serait arrivé sans la vigilance du corps enseignant que je remercie de m'avoir aidée à lutter contre les impondérables, cet ennemi briseur de carrière, mangeur d'avenir, rétrecisseur de vie et saboteur de poésie."

Linguiste de formation, poète, Eve Lerner décortique ici les expressions populaires de son enfance, les met en perspective et en profite pour nous raconter sa vie. Et on se rend compte alors combien les mots, le langage, les images employées, ont eu un impact sur son imaginaire, comme plus généralement sur le comportement humain, la mémoire, les pensées. 

Véritable hommage aux mots et à la verve langagière, ce livre est véritablement passionnant. Le premier texte en prose d'Eve Lerner. Et j'ai aimé retrouver dans ses pages des phrases entendues fréquemment dans ma jeunesse, et m'étonner - comme l'auteure - d'en avoir bien souvent plus compris le sens que véritablement les mots. Et puis, Eve Lerner sait avec justesse toucher, en évoquant tout ce que son parcours a pu parfois avoir de chaotique et de riche.
Une heureuse surprise de lecture.

"Ma pauv' fille, tu ne sauras jamais rien faire de tes dix doigts ! Je n'ai pas échappé à cette malédiction maternelle assez bien partagée. [...] Mon frère m'avait un jour asséné un coup de planche sur l'annulaire droit, ce qui avait entraîné la douleur et la perte de l'ongle, suivi de sa lente repousse. Plus tard, un panaris tenace avait failli m'amputer de l'auriculaire de la même main. Foulure, entorses, bandages, coupures, brûlures vinrent prendre le relais comme pour m'assurer que je ne pourrais rien faire de mes dix doigts."

Un grand merci aux éditions Dialogues !! - 16.90€ - 10 octobre 2013

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13 octobre 2013

La pluie, avant qu'elle tombe ~ Jonathan Coe

lapluieavantquelletombe"Ca peut sembler insignifiant, ce que ta grand-mère a pu subir dans son enfance. Et certes, partout dans le monde, il y a des enfants auxquels leurs parents infligent des choses bien pires, j'en suis consciente. Mais malgré tout, il me paraît important, il me paraît essentiel de ne pas sous-estimer ce qu'on doit ressentir quand on se sait mal-aimé par sa mère. Par sa mère, celle qui vous a donné le jour ! C'est un sentiment qui ronge toute estime de soi et détruit les fondements même d'un être. Après ça, il est très difficile de devenir une personne à part entière."

Rosamond vient de mourir. Et la vieille femme a été retrouvée inanimée, dans son fauteuil, un micro à la main. Gill, sa nièce, chargée de la succession, tombe sur des cassettes enregistrées, adressées à une certaine Imogen. Les recherches pour remettre en main propre les cassettes à l'intéressée se révèlent infructueuses, et Gill, découragée et curieuse, décide d'écouter les enregistrements en compagnie de ses filles. 
Il s'avère que ce sont vingt photos, qui balisent toute une existence, que Rosamond avait décidé de décrire à une Imogen non voyante, dans ces cassettes. Et petit à petit, c'est le récit d'une histoire douloureuse qui émerge, celle d'une génération de femmes mal aimées qui avancent dans la vie cahin-caha, semant le désordre autour d'elles, et parfois aussi le malheur...

Le ton qui règne dans La pluie, avant qu'elle tombe déconcerte un peu lorsque l'on a lu peu de temps auparavant Testament à l'anglaise [clic] (du même auteur), dont j'avais personnellement beaucoup goûté l'humour et la vivacité. Je dois avouer que les premières pages de ce roman-ci, plus sensible, ne m'ont pas emportées. J'ai eu le sentiment de ne rien lire de très nouveau, ni de très original. La description systématique des photos que Rosamond entreprend avec méthode m'a même un peu lassée. Et puis, je me suis laissée cueillir peu à peu par le thème, troublée par sa résonnance manifeste. Le désamour maternel est-il donc une émotion que l'on reçoit en héritage ? Y-a-t'il un moyen d'en arrêter le processus héréditaire ? Jonathan Coe tente des réponses et surprend encore une fois par sa propension à dénouer en fin de roman les fils d'une trame construite habilement au fil des chapitres précédents. Ses personnages - pour la plupart féminins - sont attachants, vrais, poignants. Les lieux, les demeures et les paysages, toujours grandioses (comme dans Testament à l'anglaise), jouent un rôle certain sur des destinés, sur lesquelles il apparaît très vite que personne n'a prise. Etonnante, par ailleurs, cette fin en mode pirouette !
Un très bon moment de lecture.

Editions Folio - 7.20€ - Avril 2010 - Grand merci à mes prêteurs !

D'autres lectures ... Magnifique pour George ! - Poignant, doux amer et presque magique pour Chiffonette - Val est restée perplexe - Clara a été captivée - Cathulu est restée un peu sur sa faim - Une belle lecture pour Liliba - Kathel a beaucoup aimé ! - C'est à l'époque le billet de Bellesahi (billet disparu avec son blog) qui m'avait tenté, "Un régal !" disait-elle enthousiaste !

Qui d'autre ? N'hésitez pas à me rajouter vos liens en commentaire. 

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03 octobre 2013

Deux sorties du moment... et un peu de bla bla

* Mudwoman de Joyce Carol Oates, LE pavé dans lequel je suis plongée en ce moment, avec une délectation bien plus grande que je ne le supposais en début de lecture. Dedans, il y a des phrases comme celle-ci... "Ce que sa vie était devenue lui était incompréhensible, et cependant elle n'avait pas le choix, c'était la vie qu'elle devait vivre." ou "Reconnaître cet amour c'était reconnaître que je ne l'avais jamais connu avant. Comme d'être enfin nourrie. Après avoir été affamée si longtemps."
Je me surprends à être suspendue au souffle de cette femme, la narratrice, Mudgirl, comme l'auteure l'appelle. Mais vous en saurez plus longuement plus tard. (sortie du 2 octobre)

* Nouons-nous d'Emmanuelle Pagano, LE roman de la rentrée pour moi, celui que j'attends sans doute avec le plus d'impatience, tant j'aime cette auteure. Mais ceux qui me suivent régulièrement le savent déjà... Je ne l'ai pas encore acheté, mais cela ne saurait tarder. J'ai hâte. (sortie du 3 octobre)

mudwoman                           livre-nouons-nous

* Et puis, un peu de bla bla pour vous dire que ma vie matérielle ayant changé de rythme je cours un peu après le temps en ce moment. Je suis fatiguée, et je sens bien qu'il y a un pli à prendre qui tarde à se mettre en place. Les billets de lecture vont sans doute être moins nombreux, mes visites chez vous également, mais comme je tiens à ce lieu, ne vous en faites pas, l'impression de jachère ne sera certainement que provisoire...

Bonnes lectures !

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16 septembre 2013

Les Fuyants ~ Arnaud Dudek... Rentrée littéraire 2013

lesfuyants

"S'il la rappelait, juste comme ça, pour discuter, est-ce qu'elle serait d'accord ? Elle n'y voit pas d'inconvénient. Au contraire. Ils se saluent gauchement, les yeux se dérobent. Leur bouche dit à bientôt, leur coeur à tout de suite."

Les hommes de la famille Hintel sont des fuyants. Jacob s'est évaporé il y a bien longtemps, laissant depuis sa famille sans nouvelles. David a choisi de mettre fin à ses jours après l'accident tragique qui lui a ôté la femme qu'il aimait. Simon, l'oncle de Joseph, fuit ses amours naissantes et ses responsabilités. Mais l'ordre immuable de la fuite est en train de se modifier...  Joseph, le petit dernier, et hacker de génie, ne se laissera pas faire par la morosité. Il est amoureux et il veut comprendre d'où il vient.

Je n'ai pas encore lu Rester sage, le précédent roman d'Arnaud Dudek, qui a connu un certain succès. Car celui-ci, son deuxième opus donc, s'est présenté à moi bien avant, avec toute sa simplicité narrative, alors que je sortais d'un pavé beaucoup plus bavard (Cherchez la femme d'Alice Ferney)... Est-ce pour cette raison que j'ai eu du mal à l'apréhender au départ, à en apprécier la finesse et l'économie de moyens ? Sans doute. Car étrangement, même si je suis tombée un peu à côté de cette lecture, Les fuyants ne m'ont pas laissée pour autant entièrement indifférente.
J'ai refermé ce court texte depuis quelques jours déjà, et les personnages d'Arnaud Dudek me poursuivent depuis, en pensée... Etrange phénomène. 

Editions Alma - 15€ - 14 août 2013

Causticité et tendresse pour Clara qui a été touchée -  Katell adore - Un pur délice pour Cathulu - Cuné n'a pas capoté (?) comme pour le premier... !

Challenge 1% rentrée littéraire : 4/6

challengerentree2013

 

(clic sur le logo pour plus de détails sur le challenge)

 

Les coups de coeur des blogueuses

 

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15 septembre 2013

La prime, Janet Evanovich

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J'ai passé mon week-end en compagnie de Stéphanie Plum... Et quoi de mieux, n'est-ce pas, lorsque l'on ne ressemble plus qu'à une vieille bouée dégonflée échouée sur un canapé que de s'alléger le cerveau (pourtant déjà bien amoché) avec les aventures rocambolesques d'une apprentie chasseuse de primes ?

Dans les premières pages de ce premier volet, intitulé sobrement La prime, Stéphanie Plum n'a plus de job, presque plus de meubles, et terriblement besoin d'argent. Alors elle saute sur la proposition ironique de son cousin Vinnie de l'engager dans son agence de cautionnement. L'idée lui vient de ses parents chez qui elle ne manque pas - ou presque - un dîner. La prime est tentante, et la proie une ancienne connaissance, avec qui la jeune femme ne serait d'ailleurs pas fâchée de régler quelques comptes. Joe Morelli a abusé de sa naïveté lorsqu'elle était plus jeune et Stéphanie en conserve aujourd'hui un souvenir gênant. 
Armée de sa seule pugnacité, la trentenaire aux abois, va vite se rendre compte que traquer les hors-la-loi est un véritable et dangereux métier. Heureusement, la chance lui sourit et quelques alliés, dont un inattendu, viendront veiller sur ses maladresses de débutante...

"Tout bien considéré, je ne m'en tirais pas si mal que ça. J'étais sur cette affaire depuis moins de quarante-huit heures et j'avais déjà retrouvé l'homme à deux reprises. Bon, d'accord, je n'avais pas été foutue de le capturer, mais je me formais sur le tas. On ne pouvait pas demander à un étudiant en première année d'ingénierie de bâtir le pont du siècle."


Lire Janet Evanovich était pour moi une expérience inédite, et il s'avère que j'ai beaucoup aimé parcourir ce petit poche dont j'avais si souvent entendu parler. Il va sans dire qu'assiter aux déboires des autres est infiniment réconfortant. La galerie de portraits est haute en couleurs et l'énergie de Stéphanie Plum complètement attendrissante. Le ton alerte de l'écriture fait le reste.
Une lecture sans "prise de tête", pour les dimanches pluvieux, à consommer sans modération.

Editions Pocket - 3.50€ - Juin 2013 - Merci B. !

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12 septembre 2013

Giacomo Foscari - Livre 1 - Mari Yamazaki

giacomofoscari

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"Le monde de nos ancêtres romans est vraiment extraordinaire, tu dois en être fier, Giacomo !"

Mari Yamazaki est connue pour sa série best seller Thermae Romae.
D'origine japonaise, et ayant vécu de nombreuses années en Italie, elle a su mélanger ces deux univers. Comme ici, dans ce premier tome d'une nouvelle saga, qui nous permet de suivre l'évolution d'un personnage au cours du XXème siècle, entre une Italie au bord du fascisme et plus tard le Tokyo intellectuel des années 60.

Giacomo Foscari est un être qui aime abîmer ses pensées dans la contemplation purement intellectuelle de son environnement, et est irrésistiblement attiré par ce qui est éloigné de son milieu bourgeois et aisé. Enfant, il sera séduit par l'intrépidité d'un garçon des rues et par sa beauté. Fasciné par ailleurs par la statue de Mercure que son père lui a légué, il pensera trouver plus tard dans d'autres visages, et notamment dans celui d'un jeune japonais le même éclat troublant, l'identique netteté d'un profil.

Cette BD est incluse dans le tout récent catalogue des éditions Rue de sèvres qui font un travail remarquable. Je les remercie d'ailleurs pour leur partage ! Je suis malheureusement restée opaque à ce manga, ne connaissant pas non plus la précédente série de l'auteure, et je l'avoue peu convaincue par le sujet et le graphisme. Il me manque sans doute quelques codes pour apprécier véritablement ces amalgames entre une culture et une autre, et l'histoire qui en découle. Bref, il faut parfois s'avouer que certains livres ne sont pas fait pour nous. Pourtant, j'avais été très charmée par cette couverture...

Editions Rue de Sèvre - 12.50€ - 11 septembre 2013

Le deuxième tome est prévu pour 2014

Un billet plus enthousiaste et il me semble bien plus connaisseur chez Argoul - La lecture partagée de Stephie - Anne a également peu apprécié cette BD

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