11 septembre 2013

Salut toi, La BD de Soledad

bddesoledad... la compile de l'année !

Depuis quelques temps, ma grande fille et moi partageons avec de grands sourires la lecture de la planche BD de Soledad dans ELLE.
Alors, lorsque nous avons appris la sortie d'un livre regroupant toutes les pages que nous aimions, nous avons été heureuses comme tout et soudain très impatientes de le recevoir. Nous ne nous étions jamais résolues à déchirer celles de nos ELLE pour faire notre propre compile, ouf heureusement, quand même...

A douze ans, ma future ado a sans doute été attirée au tout départ par le côté mignon et espiègle des dessins, puis par l'écriture "en attaché" des légendes et ensuite par l'humour citadin dans lequel elle s'est parfois reconnue.
Moi ce que j'aime dans ces planches est le fait que Soledad pointe à chaque fois et avec justesse ce petit détail un peu honteux que l'on pense souvent ne partager qu'avec nous-même, nos faiblesses, nos lâchetés, nos esquives et nos petites victoires quotidiennes. Et tout cela est fin, bien vu et drôle. Je dirais même réconfortant.

Nos pages préférées : Etes-vous sûre de vouloir une frange de 2 centimètres ? - Pourquoi doit-on avoir absolument un tout petit sac ? - Pourquoi les enfants des autres sont mieux ? - Avez-vous fait votre crise de 40 ans ? - Quand faites-vous le ménage ? - Pourquoi on ne doit pas essayer les maillots de bain dans une cabine d'essayage ? 

Toutes les réponses sont dans la compile.

Un énorme merci aux éditions Rue de Sèvre !! - 12.50€ - 11 septembre 2013

Le blog de Soledad [clic]

Les éditions Rue de Sèvres sont une toute nouvelle maison d'édition. Elles appartiennent au groupe de l'école des loisirs, dans une démarche de diversification et dans le même esprit d'exigence et de qualité. Je leur souhaite un grand avenir !

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05 septembre 2013

Les joyaux du Paradis, Donna Leon

lesjoyauxduparadis"[...] l'espoir de tomber sur des partitions intéressantes avait contribué, au moins en partie, à lui faire renoncer à son poste à Manchester : on lui donnait ici une possibilité pour laquelle tout bon musicologue offrait son bras droit. Deux malles qu'on pouvait espérer remplies des papiers d'un musicien de l'époque baroque, célèbre en son temps..."

Caterina Pellegrini est musicologue, et en poste à Manchester, lorsqu'elle obtient cette proposition inespérée de pouvoir travailler à Venise et d'ainsi retourner pour au moins quelques mois dans sa ville. Deux cousins ont récupéré les malles d'un glorieux ancêtre et se disputent son trésor supposé. Caterina est engagée en tant qu'experte multilingue et doit éclairer les deux hommes sur les volontés testamentaires du grand Agostino Steffani, compositeur baroque du XVIIème siècle.
Ayant répondu précipitamment à l'annonce de la "Fondazione Musicale Italo-Tedesco", elle reste à son arrivée surprise par ses conditions de travail, les motivations des pseudo-héritiers, de leur avocat, et découvre que la vie d'Agostino Steffani contient des méandres plus tortueux qu'elle ne se l'imaginait. Tout en compulsant les archives à sa disposition, elle se prend de passion pour sa recherche, mais ira sans doute un peu trop loin...

Je suis une spectatrice assez assidue des tribulations de l'inspecteur Brunetti à la télévision, autre personnage créé par Donna LEON, son plus célèbre, et dont j'ai pu lire aussi les aventures romanesques en version livre. J'aime particulièrement les images de cette Venise réaliste, souvent cachée, que l'auteure y laisse voir, ainsi que le cynisme affectif avec lequel elle brosse toujours les moeurs de ses habitants.
Pour ce titre, Donna LEON s'est associée avec Cécilia Bartoli, cantatrice italienne et amie de longue date de l'auteure. Toutes les deux étaient décidées à remettre à l'honneur celui qu'elles considèrent comme un génie de la musique baroque. Le roman grand format et le disque Mission sont d'ailleurs sortis simultanément dans le monde entier.
Pour tout vous dire, j'ai beaucoup aimé m'immerger encore une fois dans la Venise de Donna LEON, même si ici son intrigue met du temps à déployer ses ailes et qu'il faut aimer en remuer du papier en général dans sa propre vie, et avec le personnage, pour apprécier au mieux le résultat de ses recherches. Cependant, Les Joyaux du paradis s'avèrent au final un roman passionnant, riche historiquement. Il m'a donné furieusement envie de continuer à lire Donna LEON... Elle sait indubitablement apporter à ses intrigues une touche humaine irrésistible et attachante.

Editions Points - 7.60€ - 5 septembre 2013

 La lecture audio a été en demi-teinte pour Sylire - Les avis sont partagés sur Babélio

 

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04 septembre 2013

Le bruit de tes pas ~ Valentina d'Urbano... Rentrée Littéraire 2013

lebruitdetespas"Sa faiblesse, son je-m'enfoutisme, sa paresse, sa résignation face au monde qui l'avait produit m'insupportaient. Les filles qui lui plaisaient, nos copains quand ils tentaient de le détourner de moi, tout ce qui risquait de me l'enlever m'insupportait. [...] Je pensais que les éléments se liguaient pour nous éloigner et, Alfredo n'ayant aucune volonté, je lui imposais la mienne. Je n'avais pas compris qu'il cherchait autre chose, qu'il voulait me fuir. Et se fuir lui aussi."

Beatrice et Alfredo habitent "La Forteresse", une zone de non-droit où même la police n'ose mettre les pieds, en périphérie d'une grande ville italienne. Nous sommes au début des années 70. Ils grandissent dans ces appartements que leurs parents ont squatté en leur temps et occupent à présent illégalement. Elevés comme frère et soeur par la mère de Beatrice, qui tente de protéger Alfredo des coups de son père alcoolique, ils deviennent très vite inséparables et leur couple écope rapidement du surnom de "jumeaux". Nous assistons à quinze années d'amitié indéfectible sur fond de violence et de misère. Les deux enfants se transforment en adolescents, l'amitié évolue en amour sauvage, les caractères s'affirment... mais Le bruit de tes pas ne saurait déroger à sa dimension tragique, celle que le roman annonçait déjà en incipit !

Ce titre est le premier roman de l'illustratrice pour enfants italienne Valentina d'Urbano. Et j'ai beaucoup aimé le lire, découvrir ses personnages, notamment ses deux héros tragiques, une Italie que je ne connaissais pas. Je suis restée étonnée qu'une population aussi importante puisse vivre ainsi des années en marge, à priori comme 90% des habitants de Rome coincés en banlieue, dans un pays moderne et proche de nous géographiquement. Il ne m'en restera cependant pas un souvenir impérissable, je le pressens. Il m'a manqué quelque chose, comme une force supérieure dans les mots, pour vraiment l'apprécier, le sentiment constant que les descentes aux enfers des jeunes de "La Forteresse" ont été ici lissées pour être lues par des adolescents. Un peu plus d'émotion brute ne m'aurait pas déplue.
Ce premier roman est cependant à lire, par curiosité, et pour découvrir cette Italie éloignée des cartes postales que le roman évoque.

Valentina D'Urbano a été éditée en Italie après avoir remporté avec Le bruit de tes pas le concours Io Scrittore organisé par le grand groupe éditorial italien Mauri Spagnol. L'auteur ainsi que la traductrice du livre, Nathalie Bauer, sont invitées au Salon VO VF de Gif sur Yvette le 29 septembre.

Ce livre fait partie des 30 romans de la sélection de Rentrée FNAC.

Un grand merci aux Editons Philippe Rey !! - 19€ - 5 Sept 2013

challengerentree2013

 

Challenge 1% rentrée littéraire : 3/6

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01 septembre 2013

Je ne retrouve personne ~ Arnaud Cathrine... Rentrée littéraire 2013

jeneretrouvepersonne"Bon, je ne te demande pas ce que tu es venu faire ici. On ne sait jamais pourquoi on revient, n'est-ce pas ? On se noie dans tout ce qui est perdu et puis on s'en va."

Aurélien arrive de mauvaise grâce à Villerville, près de Deauville, pour régler la vente de la maison familiale. Nous sommes en début d'automne. Ses parents sont à Nice, son frère aîné très occupé, lui l'écrivain n'avait semble-t-il rien de mieux à faire. Pourtant, il est en pleine promotion de son dernier titre. Alors, il est déterminé à ne rester là que le week-end. Mais les évènements et son propre abattement en décideront autrement... Aurélien se surprend à s'éterniser, sous divers prétextes, dans cette maison dans laquelle il n'avait plus mis les pieds depuis cinq ans.
Son agent immobilier s'avère en effet être un de ses amis d'enfance, et il est soudain urgent d'avoir des nouvelles de cet autre ami perdu de vue, Benoît. Il reçoit aussi la charmante visite de la fille de son ex Michelle, puis son frère aîné débarque, tout à coup perdu.
La solitude tant chérie par Aurélien à Paris, lui semblera dans ces lieux hors du temps, de jour en jour de plus en plus une source d'interrogation...

Quelle drôle d'histoire de lecture j'ai eu avec ce livre ! Tout d'abord, j'étais extrêmement impatiente de m'y plonger. Le titre, ce que je connaissais de l'auteur, et même cette couverture de bord de mer, tout était fait pour me tenter. Et puis, patatras, dès les premières pages, j'ai eu peur. Le style ne me plaisait pas du tout, je n'y reconnaissais rien de ce que j'avais aimé d'Arnaud Cathrine auparavant. Toute peinée que j'étais, j'ai tout de même persévéré et le charme a opéré petit à petit, quand même, discrètement.
Je ne retrouve personne est un récit très mélancolique, un peu à la Olivier Adam, qui a quelques airs de déjà-vu ailleurs - malheureusement - mais aussi quelques moments délicieux. Les scènes que se partagent Aurélien et la toute petite Michelle sont par exemple exquises. A contrario, le retour sur l'adolescence, la confrontation avec un milieu parental plus modeste, moins cultivé, le séjour dans une maison d'enfance devenue maison de vacances où le temps semble s'être figé, les figures du passé qui réapparaissent et font tomber masques et auréoles, tout cela m'a semblé par trop relever du poncif.
J'ai refermé ce roman - lu pourtant presque d'une traite - assez partagée... Je crois que j'attendais d'Arnaud Cathrine une flamboyance, une originalité dans le propos, que je n'ai pas retrouvée ici... dommage.

Editions Verticales - 17.90€ - Août 2013

challengerentree2013

 

Challenge 1% rentrée littéraire : 2/6

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Les coups de coeur des blogueuses

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30 août 2013

Meilleurs voeux de Mostar ~ Frano Petrusa (BD)

mostar"Vingt ans sont passés en un clin d'oeil... Les toits et les ponts sont toujours là mais ce sont mes amis qui me manquent..."

Frano Petrusa raconte dans cet album sa propre histoire, son retour dans la ville de son adolescence, à Mostar, vingt ans après son départ précipité. Il constate que rien n'a changé, tout est plus ou moins réparé, cicatrisé. Seules les ruines de son vieux lycée technique permettent de se souvenir qu'il y a bien eu une guerre dans ces lieux de toute beauté...

Lorsque l'on recherche sur le net des images associées au nom de Mostar, c'est sur son magnifique pont emblématique que l'on tombe, détruit pendant la guerre de Bosnie, puis reconstruit, et d'où de jeunes intrépides s'élancent de nouveau pour plonger, devant les yeux éblouis des touristes.

Mostar-11


Frano le croate s'était fait des amis à Mostar, un serbe et une bosniaque mais il y a toujours comme il le dit... des imbéciles fanatiques "pour t'expliquer, pour te rappeler, à quel point nous sommes différents."

Je lis beaucoup de BD, j'en emprunte régulièrement en bibli, mais assez peu emportent mon adhésion. Je ne parle ici que de mes heureuses découvertes. Meilleurs voeux de Mostar en est une. Les dessins sont réussis, les cases s'enchainent de manière dynamique, et à la fin de notre lecture, on a le sentiment d'avoir compris et appris. Que demander de plus ?

Editions Dargaud - 14.99€ - Septembre 2012

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29 août 2013

Le sommeil des poissons, Véronique Ovaldé

lesommeildespoissons"En temps normal, les madous-madous font partie de celles qui résistent le mieux à la maladie grise. Elles ont des trucs pour cela. Elles mettent plus de canelle et de gingembre dans leurs galettes et elles y ajoutent de petits graines dont elles seules ont la garde. Elles n'attendent rien des hommes, et se suffisent à elles-mêmes. Ce qui déjà leur épargne pas mal de tracas, mes belles. Elles font des bébés pendant la saison gaie et ont la main sûre et caressante. Elles sont évidemment de conseil savant-éclairé ; elles comprennent les crues, les mathématiques, les hommes et les fièvres."

A chaque belle saison, les hommes reviennent dans cet étrange village, tout en haut du mont Tonnerre, seulement peuplé de femmes. Elles, elles attendent leur venue sans impatience, en profitent pour mettre en route quelques bébés et les renvoient au loin dès que la mauvaise saison revient. L'une d'entre elles vit pourtant à l'écart, la Mano, plus loin dans sa triste maison. Elle est marquée pour toujours d'une tache au visage, et les hommes l'intéressent peu. Elle lutte seulement contre la maladie grise qui souvent cherche à la prendre, alors que les madous d'en bas se serrent les unes contre les autres, et s'entourent de couleurs et de parfums pour ne pas sombrer.
Lorsque Jo, le géant, apparaît, la revêche devient tout à coup tout sucre et tout miel pour ce grand gaillard, une ensorceleuse, et se prend à rêver de maternité...

Attention ! Ce premier roman de Véronique Ovaldé, que Points a eu la bonne idée de rééditer en poche, regorge de fantaisie lyrique. Comme un chant suave, ou un conte, il nous emmène loin de la réalité, dans un monde inventé, surnaturel où règne l'humidité, la gouaille des mots et l'envoutement. Voilà, il faut savoir en tant que lecteur où on met les pieds. Si tel est le cas, il suffit ensuite de se laisser porter par ces premiers pas d'une auteure à l'univers riche et à l'écriture toujours identifiable...
Une lecture hors du temps.

Editions Points - 5.90€ - 29 août 2013

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28 août 2013

Une sortie en format poche ! Nos vies romancées ~Arnaud Cathrine

Alors que la présence en librairie du dernier roman d'Arnaud Cathrine, Je ne retrouve personne, est annoncée pour le 29 août (mais je vous en parlerai plus tard), sort simultanément en format poche ma lecture de 2012... Nos Vies romancées. Je vous recommande donc chaudement aussi ce titre qui explore avec intelligence la bibliothèque de l'auteur...

nosviesromanceespoche

Un extrait de mon billet d'alors...

"De sa découverte de Carson McCullers à sa tendresse pour la femme qu'était Jean Rhys, en passant par le personnage de Françoise Sagan ou Les fragments d'un discours amoureux de Barthes, c'est avec sensibilité et intelligence qu'Arnaud Cathrine nous présente ici ses choix littéraires. Il y mêle désir de liberté, retour sur lui-même, féminisme et exigence littéraire. Et le tout est véritablement passionnant.
Loin de me donner envie pour autant de découvrir ses auteurs fétiches, il m'a surtout incité à continuer de le lire lui, tant j'ai aimé à cette occasion retrouver son écriture. Je connaissais déjà La disparition de Richard Taylor ou Les vies de Luka, me reste encore bien d'autres titres à piocher dans sa production..."

Mon billet dans son intégralité par ici [clic].

"De l'enfant que j'étais, on a pu dire qu'il était "compliqué". Je pense plutôt qu'il est très "compliqué" de devenir soi-même quand la sacro-sainte norme nous souhaiterait tous identiques ; ça, je l'ai su très tôt. Le métier de vivre, ce n'est sans doute pas autre chose que ça : accepter sa liberté et, si tant est qu'elle ne nuise à personne, l'imposer sauvagement, obstinément, en serrant les dents tout d'abord, puis un grand sourire aux lèvres in fine. Cela prend sans doute toute une vie."

Editions du Livre de Poche - 6.10€ - 21 Août 2013

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25 août 2013

Une sortie en format poche ! Des vies d'oiseaux ~ Véronique Ovaldé

Alors que la présence en librairie du dernier roman de Véronique Ovaldé, La Grâce des brigands, a été annoncée pour le 21 août (mais je vous en parlerai certainement bien plus tard), sort simultanément en format poche ma lecture de 2012... Des vies d'oiseaux. Je vous recommande donc chaudement aussi ce titre lumineux... 

desviesdoiseauxpoche

Un extrait de mon billet d'alors...

"Voici un joli roman de Véronique Ovaldé. Les premières lignes de cette lecture m'ont plutôt étonnées, me donnant le sentiment d'être entrée de plein fouet dans une intrigue policière. Et puis non. Parce que Véronique Ovaldé ne peut se contenter de poursuivre les principes d'un genre, nous voici ensuite propulsés dans le quotidien d'une desperate housewife qui se morfond depuis que sa fille adolescente a quitté le nid. Pour enfin se laisser bercer par une fable qui donne à l'amour un A majuscule, aventureux et imprudent."

Mon billet dans son intégralité par ici [clic].

"Le bonheur privé ordonnait et conférait du sens à sa vie, Paloma était son seul système de repères et sa balise, elle se rendait compte du danger de cette unique lorgnette, et elle en ressentait une étrange douleur amoureuse (une sorte de chagrin qui opresse la poitrine, mais un chagrin délicieux parce que exclusif, un chagrin qui vous dit combien vous êtes vivante et combien ce que vous aimez vous est précieux) [...]."

Editions J'ai Lu - 7.60 € - 21 Août 2013

 Le billet de Cathulu sur La grâce des brigands

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19 août 2013

Testament à l'anglaise, Jonathan Coe

testamentalanglaise"La première impression qu'eut Phoebe de Winshaw Towers ne fut guère encourageante. Perché presque au sommet d'une grande corniche menaçante, l'ensemble, à contre-jour, projetait des ombres profondes sur le terrain qu'il dominait. Les jardins n'étaient pas encore visibles ; mais on pouvait déjà distinguer des bois touffus qui masquaient l'approche de la maison, et, au pied de la colline, de vagues et sinistres étendues d'eau. Quant à l'agglomérat insensé de tours gothiques, néo-gothiques, sous-gothiques et pseudo-gothiques qui donnait son nom à la demeure, il faisait plus que tout songer à une énorme main noire, noueuse et déformée, écartant ses doigts vers le ciel pour saisir le soleil couchant comme une pièce de monnaie brunie prête à tomber dans son étreinte."

Michael Owen, écrivain, a été chargé il y a plusieurs années, par un des membres de la famille Winshaw, d'écrire l'histoire de cette dynastie qui peu à peu a su s'inscrire insidieusement dans tous les domaines importants de la vie publique de l'Angleterre des années 80.
La commande provient de Tabitha, une vieille tante jugée folle par le reste de sa tribu, car persuadée que des meurtres restés impunis ont été commis, et enfermée pour cette raison depuis longtemps dans un asile. Michael Owen y a vu au départ un moyen efficace et facile de gagner de l'argent, après le succès mitigé de ses deux premiers romans, puis il s'est progressivement enfermé dans son appartement, blessé par la mort de son père d'abord, puis par les révélations fracassantes de sa mère sur ses origines. Traumatisé le soir de ses neuf ans par la projection d'un film, il se repasse aujourd'hui sans cesse des vidéos pour tenter de franchir l'écran, et s'avère au fil du temps de moins en moins capable de rentrer en contact avec son entourage.
Fiona, une voisine d'immeuble, saura percer avec jovialité et entrain la carapace d'une solitude qu'elle comprend bien. Mais le bonheur sera de courte durée et les Winshaw de plus en plus présents dans le quotidien du jeune-homme...

Testament à l'anglaise est un pavé, riche, dans lequel j'ai aimé me plonger, goûtant avec bonheur son humour anglais et ses beaux moments. En effet, le couple formé par Fiona et Michael est très touchant, ainsi que toutes ces réflexions piochées dans certains chapitres sur l'écriture et la peinture. Au fil de la lecture, reste parfois ce sentiment frustrant que l'intrigue envoie des flèches dans tous les sens et multiplie ses personnages. Mais tout a un sens, devient sens au final, distillant par ci par là quelques références cinématographiques, littéraires et politiques, dont beaucoup m'ont malheureusement échappées. J'ai beaucoup souri en lisant ce roman, malgré les drames et les nombreux meurtres perpétrés (et oui). Le tout est loin d'être à prendre au sérieux, et voici qui est bien agréable de temps en temps.
Je n'avais encore jamais lu Jonathan Coe, et m'en faisais une idée fausse (comme souvent). Erreur réparée. Il me faudra lire autre chose à présent, suite à cette lecture irrésistible.

Editions Folio - 9.90€ - 1997 - Merci B. !

Une foison d'avis sur Babelio 

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17 août 2013

Quelques livres gratuits

bruxellesmidi

Si pour vous comme pour moi la lecture numérique est une activité sporadique et occasionnelle (salles d'attente ou voyages en train), vous pouvez télécharger sur le site Onlit.net, quelques titres gratuits, que cette maison d'édition met gracieusement à la disposition des lecteurs. [clic ici pour en savoir plus]

J'ai déjà testé le livre ci-contre, un recueil de nouvelles inédites rédigées par des auteurs belges (Daniel Adam, Véronique Bergen, Frédéric Bourgeois, Patrick Delperdange, Christophe Ghislain, Madeleine Hargan, Edgar Kosma, Milady Renoir et Régine Vandamme) et François Bon, sur la base de ce seul thème, écrire d'après ces deux mots : Bruxelles Midi.

Ce petit collectif est une autre manière de découvrir des auteurs. La qualité des nouvelles est relativement inégale mais j'ai aimé me faire balader dans un Bruxelles imaginaire et plutôt inconnu pour moi. Le sourire m'est même à plusieurs reprises venu aux lèvres.

Il existe trois autres titres gratuits à disposition (Deux recueils de nouvelles et un roman, Bruges-la-morte).

ONLIT EDITIONS est un éditeur littéraire numérique basé à Bruxelles et actif depuis 2006.
http://www.onlit.net/

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