18 mars 2013

Indigo, Catherine Cusset

indigo"La vie vous rend sous une autre forme ce qu'elle vous prend."

Un festival en Inde. Quatre auteurs ont été réuni là par l'Alliance Française, et ce sous une chaleur accablante, pour participer à un marathon de rencontres et tables rondes. Cette semaine a été organisée par Géraldine, mariée à un indien et mère d'un petit garçon de dix mois. Elle joue sa carrière sur le succès de ce festival et accueille pourtant maladroitement Charlotte Greene la cinéaste, Roland Weinberg le vieil écrivain accompagné de sa belle et italienne Renata, et Raphaël Heuletère qui s'avère être son amour de jeunesse...
Comment cette petite troupe se sortira-t-elle des pièges d'un pays qu'ils connaissent peu et de leurs propres contradictions ?

J'avais vraiment envie de me plonger avec délectation dans ce roman d'une auteure que j'admire généralement beaucoup. Mais Indigo est sans conteste une déception. Je n'ai jamais eu le sentiment de retrouver dans cet écrit la plume acerbe et fine qui m'avait tant plu auparavant. Quel dommage !
Pourtant, l'Inde moderne constitue une véritable attraction de lecture dans ce roman qui pour moi ne remplit malheureusement pas ses promesses de qualité littéraire et de voyage. Je ne me suis pas non plus tellement attachée aux personnages et leur sort m'a semblé par trop tiré par les cheveux et irréaliste. En fait, j'ai seulement apprécié les quelques réflexions disséminées ici et là sur l'angoisse de l'âge et du temps qui passe, celle là même qui nous prend en défaut la première vraie ride venue.
J'ai hâte de retrouver Catherine Cusset dans ce qu'elle sait si bien faire, quand elle parle de sa propre vie par exemple [Mes autres lectures ici].

Editions Gallimard - 19.90€ - Janvier 2013 - (Certifié lu pour moitié dans le train !!) 

Ce livre est en compétition pour le prix-relay-logo (clic sur le logo pour plus de détails) et a été le roman "coup de coeur" de Mars. Il fera donc partie de la sélection finale de juin.. - La page facebook - @PrixRelay 

Quelques autres lectures... Clara n'est pas non plus convaincue - Même constat pour Saxaoul qui regrette aussi que l'Inde moderne ne soit qu'un décor de théâtre - Je partage le constat déçu de Enfin livre -

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15 mars 2013

Une femme fuyant l'annonce, David Grossman

unefemmefuyantlannonce"A la vue d'Adam, le visage d'Ofer s'illumine, il ne le quitte pas des yeux, comme s'il venait de comprendre qu'il était à la maison, qu'il se réveillait de trois semaines de sommeil. Alors les autres se réveillent aussi ! Tous les quatre reviennent à la vie, y compris la cuisine, telle une bonne vieille machine, elle s'active en toile de fond, bourdonne de ses pistons et de ses roues invisibles qui tournent en cliquetant. Ecoute la bande sonore ! se dit-elle. Fais lui confiance ! Ce sont les accords les plus mélodieux : une marmite qui bouillonne, le frigo qui ronronne, une cuillère heurtant une assiette, le robinet qui coule, la radio diffusant une publicité idiote, ta voix et celle d'Ilan, les bavardages de tes enfants, leurs rires - je veux que cela ne s'arrête jamais !"

Ora avait prévu de faire une excursion sur les chemins de Galilée en compagnie de son fils, Ofer. Une manière pour elle de fêter la fin de son engagement dans l'armée et de resserrer leurs liens. Mais il a reçu un ordre de mobilisation et doit repartir. Ora est effondrée et décide de ne pas attendre chez elle l'arrivée de ceux qui lui annonceront forcément la mort de son enfant. Elle prend les deux sacs à dos préparés minutieusement et va chercher au creux de son isolement son ancien amant et ami, Avram. Autrefois, lorsqu'ils étaient adolescents, elle avait une relation spéciale, à la Jules et Jim, avec lui et son complice Ilan. Elle a d'ailleurs épousé ce dernier, avec lequel elle a eu deux fils, mais aujourd'hui Ilan est parti et elle est une femme divorcée. Tout en marchant avec Avram, elle lui raconte sa vie, ses angoisses, la naissance de ses enfants et tente avec des mots de conjurer le mauvais sort qui pourrait lui enlever dans un souffle de violence tous ceux qu'elle aime.

Et bien, voici une lecture au long court (presque 800 pages), dans laquelle il faut décider de s'abandonner vraiment pour lui laisser l'opportunité de nous apporter beaucoup.
Bien qu'ayant trouvé certains passages de ce roman extrêmement longs, je n'ai jamais eu envie d'en abandonner la lecture. Pourtant, je lui en ai voulu un peu de m'arracher ainsi aux autres livres qui m'attendait (et aux blogs) et de me réclamer avec une outrecuidance toute en finesse l'exclusivité de mon attention.
Car Une femme fuyant l'annonce est un grand roman, une véritable oeuvre littéraire. Et on le sait quand on referme ce livre qu'on a assisté à quelque chose de grand, d'ambitieux et de réussi. David Grossman nous raconte un pays et ses conflits par le petit bout de la lorgnette, via le regard d'une mère. J'ai été touchée par ce regard, particulièrement, mais aussi par ce que j'ai ressenti encore une fois et compris de ce pays déchiré.
Une lecture exigeante mais aussi généreuse, humaine et vivante/vibrante.

Editions Points - 8.90€ - Octobre 2012

Ce roman est dans la sélection 2013 du Prix de Meilleur Roman des lecteurs de Points [clic ici pour en savoir plus et lire le premier chapitre]

Quelques lectures... Un "bonheur total" pour Une comète qui en parle bien mieux que moi - Un abandon chez Alex - Un livre marquant pour Gambadou -  

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27 février 2013

Chroniques birmanes, Guy Delisle

chroniquesbirmanes"Ce que j'apprécie beaucoup avec la poussette, c'est que je passe pratiquement inaperçu.
Grâce à Louis qui fait converger vers lui tous les regards.
Il faut dire qu'il est particulièrement mignon.
Je sais , je sais, tous les parents disent ça.
Mais là, force est de constater que c'est la vérité.
Regardez-moi cette bouille !
Pour lui la vie est tranquille, de jolies birmanes sortent de chez elles pour lui distribuer sourires et bisous."

Guy Delisle suit sa compagne en Birmanie, elle y collabore là-bas avec Médecins sans Frontières. Lui, s'occupe de leur fils Louis et tente de se remettre à son métier, la bande-dessinnée. Il raconte son expérience, comment il apprivoise les difficultés de son environnement, et la réalité politique, sanitaire et sociale de ce pays dominé par une junte militaire, et soutenue elle-même par de puissants groupes industriels, comme Total. Les expatriés ont tendance à rester entre eux, dans un cocon moderne qui n'a rien à voir avec ce qui les entoure. Guy Delisle et sa famille profitent de temps en temps de ce confort mais s'ouvrent aussi à ce qui est caché, cherchent à explorer les zones sécurisées, interdites...

Cette BD est plus ancienne que Chroniques de Jérusalem (2011), lu précédemment. Mais comme dans cette dernière, j'ai aimé comprendre ici un pays, la Birmanie, au travers du quotidien et du regard d'un père en prise directe avec le matériel et le prosaïque. C'est la grande force du travail de Guy Delisle. Les scènes sont courtes, l'humour présent, les informations distillées mais complètes. On apprend beaucoup, et on s'amuse aussi.
Une lecture pertinente.

Editions Delcourt coll. Shampooing - 16.95€ - 2007 - Merci ma bibli !!

Guy Delisle vient de sortir Le guide du mauvais père chez Delcourt et c'est un titre qui me fait aussi très envie !
En attendant, on peut toujours le suivre sur son blog : http://www.guydelisle.com/blog/

Quelques lectures... Theoma - Noukette - Saxaoul plus mitigée !

 

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26 février 2013

06H41, Jean-Philippe Blondel

06h41"En fait, j'aurais été assez content de partager le quotidien de Cécile Duffaut. Nous nous entendions bien. Simplement, à vingt ans, ça ne suffit pas. On rêve de trucs qui font monter au plafond, de passion à crever, de crises de nerfs, de coeur qui bat la chamade. Tant qu'on ne connaît pas ça, on est persuadé qu'on fait mauvaise route, que la relation n'en vaut pas la chandelle. [...] On se comporte comme les héroïnes du XIXe siècle, on soupire, on criaille, on pleure - on ment. Et autour de vous, on appelle ça de l'amour."

Cécile Duffaut prend ce jour-là le train du lundi matin, celui de 06h41, qui est bondé et qui lui a permis d'allonger un peu son week-end chez ses parents. Quelle idée, c'est idiot, alors qu'ils l'épuisent tant et qu'ils ont si peu à se dire tous les trois ! Elle a hâte de retrouver sa vie ordinaire, son travail et sa famille. Au lieu de prendre un billet en première elle a préféré la seconde classe, finalement plus tranquille, heureuse à l'avance de cette parenthèse ouatée que sont souvent les voyages ferroviaires. Pour l'instant, la place voisine est vide. Mais quelqu'un s'y assied juste au moment du départ. Catastrophe, elle reconnaît dans les traits de cet homme le garçon qu'elle a connu il y a vingt-sept ans...

Comme j'adore lire dans le train, et que j'en ai eu l'occasion assez fréquemment dernièrement, j'ai aimé d'emblée l'atmosphère de ce roman, ainsi que le ton sans concessions de l'auteur, raillant à grands traits quelques absurdités de notre époque. Ensuite, le monologue intérieur des deux personnages, qui reviennent en pensée sur leur histoire commune et séparée, sur le temps qui passe, est tellement bien vu que j'ai adhéré complètement à l'intrigue, regrettant peut-être parfois la légèreté du style mais si peu. Ce roman vaut, oui, par son joli parcours au pays des souvenirs, et des désenchantements lucides de la vie. A se regarder aujourd'hui en face, sommes-nous devenus ceux que nous souhaitions ou pensions être à la quarantaine ?
Allez, voici une lecture qui vous accompagnera avec délectation lors d'un prochain voyage, et que vous terminerez je n'en doute pas un léger sourire aux lèvres en regardant tout autour de vous si vous ne reconnaissez personne !!

Editions Buchet Chastel - 15€ - 3 janvier 2013

Ce livre est en compétition pour le prix-relay-logo (clic sur le logo pour plus de détails) et a été le roman "coup de coeur" de Février. Il fera donc partie de la sélection finale de juin. - La page facebook - @PrixRelay 

Je remercie le Prix Relay pour ce partenariat qui va me permettre de lire plein de titres de qualité ! A suivre...

Quelques autres lectures.. George qui ne reste jamais vraiment intacte à la sortie d'un livre de Blondel - Clara a tout aimé dans ce livre et s'y est retrouvée - Une parenthèse réussie pour Laure mais qui n'a pas pour elle la portée de ses autres romans - Un excellent roman pour Lucie !

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24 février 2013

Le détour, Gerbrand Bakker

ledetour"Elle l'a entendu se lever, l'a vu du coin de l'oeil écarter le chien avec son genou, a senti sur son dos une main, un avant-bras tout entier, a perçu l'odeur de son souffle. Elle a pressé sa tête contre l'abdomen du garçon. "Je suis bien contente que tu sois là", a-t-elle dit. Ses yeux, dirigés vers le sol impeccablement balayé de la cuisine, glissaient le long des jambes de pantalon de Bradwen. Un L sur une chaussette. Un R sur l'autre. Des pieds larges.
"Je suis là."

Qu'est-ce qu'une jeune femme peut bien venir chercher dans une maison isolée du Pays de Galles ? On devine assez vite qu'elle a laissé là-bas dans sa fuite, en Hollande, un mari, un amant étudiant, et un scandale à l'université où elle travaillait. Peu importe, elle recommence ici et dans les traces de présence d'une précédente occupante, une nouvelle vie. Elle jardine, bricole, est troublée par ce troupeau d'oies qui semble peu à peu décroître, va chercher au-delà des murs en pierres d'autres chemins, tombe trois fois sur un blaireau vindicatif...
L'arrivée soudaine du jeune Bradwen, qui s'installe petit à petit dans son intérieur va rompre sa solitude et l'écarter de sa fascination obsédante et courroucée pour la poétesse Emily Dickinson.

Après avoir succombé à son étonnant et profond roman Là haut tout est calme en 2010, il me tardait de découvrir le nouvel opus de Gerbrand Bakker. Encore une fois, le rythme est tranquille et apaisant, mais ici faussement serein et finalement très troublant. Loin de chercher à se reconstruire, l'héroïne du Détour lutte et se débat, prenant chaque rayon de soleil comme une aubaine mais également chaque contrariété avec le détachement des vaincus. J'ai aimé et ai été gênée à la fois par la grande sensualité qui se dégage des pages de ce roman, rythmé par des citations de la poétesse. C'est un livre que j'ai pour autant dévoré avec une avidité rare.

Une lecture qui sort ses griffes dans des mots de velours.

Editions Gallimard - 19.90€ - Février 2013

Un pur bonheur pour Cathulu la tentatrice !!

 

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22 février 2013

Cherche jeunes filles à croquer, Françoise Guérin

cherchejeunefilleacroquer"En fait, le problème est là. S'il y a un crime, ce dont on n'est pas certain, à qui profite-t-il ? Qui pourrait avoir envie de kidnapper des gamines comme ça ? Qu'est-ce que ça rapporte ?"

Nous retrouvons dans ce roman une deuxième enquête de l'inspecteur Lanester. Après avoir perdu la vue dans le premier opus [ici], le voici envoyé sur les lieux de multiples disparitions dans la vallée du Mont-Blanc. Décontenancé par l'absence de corps, déstabilisé par la présence d'un Commandant Pierrefeu un peu trop sûr de lui, lié depuis sa dernière affaire à sa psychanalyste, Eric Lanester patauge. En quelques mois, plusieurs jeunes filles, suivies dans une clinique spécialisée pour anorexie, ont disparu. On s'interroge sur cette étrange coïncidence et sur le passé de chacun. Lanester décide de tout reprendre à zéro et de se concentrer sur les détails oubliés...

J'ai été ravie de retrouver de nouveau dans ce titre ce cher inspecteur Lanester, et ses acolytes. Le sujet est terrible, l'ambiance lourde, et pourtant je suis encore une fois séduite par l'intrigue et son approche psychologique, l'humour présent aussi. Françoise Guérin ne ménage pas sa peine et les fausses pistes, les personnages sont finement décrits et leurs portraits détaillés. L'intérêt du lecteur n'est pas porté ici seulement sur les jeunes filles disparues et leurs pathologies - même si elles sont parfaitement étudiées - mais bien plus sur ce qui lie l'équipe de criminologie analytique et l'inspecteur, et sur les fragilités de ce dernier.
Et ce sont sans doute les creux de l'histoire, ses silences qui ouvrent l'imagination, que j'ai préféré dans ce roman, comme l'absence de corps que constate avec découragement et effroi Lanester.
Une lecture à la fois glaçante et attachante.

Editions Le Masque - 19€ - Octobre 2012

"Le thème du corps et de l'image du corps lui donne une profondeur qui tient le lecteur captif" pour Kathel - "Pas de baisse de rythme dans le récit, mais du suspense et des rebondissements jusqu'à la toute fin où l'on prend conscience de la polysémie du titre" pour Cathulu - Un coup de coeur pour Liliba qui a été passionnée - "Un suspens psychologique réussi" pour La Pyrénéenne - "Un livre qu'on ne quitte pas" pour Clara !

Le blog de Françoise Guérin

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08 février 2013

L'atelier des miracles, Valérie Tong Cuong

latelierdesmiracles"Faites-moi confiance, Mariette. Des gens comme vous, au bout du rouleau, j'en suis depuis si longtemps, si vous saviez. Nous vous écouterons, vous nous écouterez, c'est l'essentiel de la recette. Nous vous apprendrons à vous regarder telle que vous êtes vraiment, et non au travers des yeux des autres, ni des filtres que vous a imposés votre histoire. C'est ce qui nous tue : les filtres. Il faut les cerner et les anéantir. Nous vous apprendrons à aimer vivre chaque instant. Il n'y aura plus de pièces manquantes, de chevilles mal fixées, de tristesse ou de pessimisme, et puis vous savez ? Cela marchera tellement bien qu'il arrivera un jour où ce sera votre tour d'aider les autres à vivre."

Mariette, professeur d'histoire-géographie, craque. Un de ses élèves la harcèle depuis de nombreux mois et un jour c'est le drame, la gifle balancée qui fait tout basculer. Millie n'en peut plus de ces missions interim qu'elle enchaîne, elle trouve sans la chercher une porte de sortie dans un incendie et le confort de l'amnésie feinte. Monsieur Mike, lui, installé dans la rue, sûr de sa carrure, sera mis à terre sous les coups d'un confrère pour le privilège d'une place bien située.
Tous, au fond du trou, rencontreront la main tendue de Jean, qui gère avec talent l'Atelier, un lieu connu pour faire des miracles. Pour le meilleur et peut-être aussi pour le pire...

Autant annoncer la couleur d'emblée, je ne partage pas du tout l'enthousiasme complet rencontré ici et là pour ce roman. J'en ai eu personnellement une lecture très partagée.
Dès les premières pages, l'écriture m'a déplu, sauté au visage. J'ai passé outre car les personnages sont attachants et j'avais très envie tout de même de connaître la fin de l'histoire. Et puis, en tant que lectrice, je suis toujours friande de ces petits bijoux littéraires qui font du bien, quitte à être parfois un peu bon public pour le style.
Je pense que c'est en fait la trame du récit, oui sans doute, qui n'a finalement pas emporté mon approbation, le fil qui tient le tout ensemble et l'explique, et que vous découvrirez si vous lisez L'atelier des miracles.
Pourtant pourtant, j'ai aimé rencontrer Mariette, Millie, Monsieur Mike et leur part d'ombre.
Pour eux, pour ce qu'ils ont de réel, pour leurs doubles vivants qui errent dans nos villes, ce livre valait sans conteste ma lecture.
Bouh, allez, je vous laisse faire le tri dans cet avis très emmêlé. ;) M Antigone, lui, a beaucoup aimé.

Editons JcLattès - 17€ - Janvier 2013

Un coup de coeur qui fait du bien pour Clara ! - Il a beaucoup plu à Lucie aussi !!

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04 février 2013

Grand-père avait un éléphant, Vaikom Muhammad Basheer

grandpereavaitun"Ce n'était pas qu'elle eût d'objection à être vue par les hommes, les anges, les djinns ou autre créature. Mais elle était une femme musulmane, alors...
Alors elle était prisonnière. Elle n'avait pas droit au vent, ni à la lumière du jour."

Tant que les parents de Kounnioupattoumma étaient riches, rien n'était trop beau pour eux et leur fille. Sa mère considérait d'ailleurs que les prétendants qui se présentaient pour l'épouser n'étaient jamais à la hauteur, en regard de la splendeur passée de leur famille. Son grand-père avait un éléphant qui avait tué quatre kafir !
De plus, la jeune-fille avait sur la joue une tâche de naissance censée porter chance... donc tout le bonheur et le succès était forcément à venir.

Enfermée dans une prison dorée, loin de tout ce qui est considéré comme mauvais et dangereux, Kounnioupattoumma ne connaît rien du monde extérieur, mais le revers de fortune inattendu de son Bapa lui ouvre bientôt les portes de la vie.

Voici un conte indien qui, loin d'être un coup de coeur, se lit joliment bien. J'en ai aimé le rythme et les images dépaysantes.
La réflexion spirituelle qui se dégage de cette petite fable est par ailleurs faussement innocente et pose subtilement la question de l'interprétation des textes religieux.
Une lecture divertissante et intéressante. 

Editions Points - 6.30€ - Novembre 2012

Ce roman est dans la sélection 2013 du Prix de Meilleur Roman des lecteurs de Points [clic ici pour en savoir plus et lire le premier chapitre]

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02 février 2013

Cinq Carillons, Gail Jones

cinqcarillons"C'était une sorte d'été tropical, température fraîche à l'aube, augmentant à mesure que le soleil se levait, et pluie en fin d'après-midi ou pendant la nuit. Ellie ne s'était pas attendue à associer Sydney à cette moiteur, cette odeur corporelle, cette sensualité."

L'Opéra de Sydney est dans ce roman de Gail Jones le point fixe et symbolique vers lequel se dirigent un peu par hasard quatre des personnages du livre, trois femmes et un homme.
James et Ellie savent qu'ils vont se rencontrer, ils ont rendez-vous après des années de séparation, émoustillés par le souvenir de leurs premiers émois adolescents.
Catherine est hantée par le fantôme de son grand-frère tant aimé et ce qu'elle a laissé en Irlande.
Pei Xing est une survivante, elle a fui la chine depuis longtemps et les épreuves du passé, son regard bienveillant porté sur chaque être irradie.

Je dois avouer que j'ai eu du mal, au tout départ, à rentrer dans ce récit, mais sans doute est-il tombé dans une mauvaise période où la fatigue a freiné considérablement mon enthousiasme de lecture ? Et puis, même si le principe ne me gêne pas en général, le fait d'alterner le point de vue de plusieurs personnages m'a perdu dans les premières pages. J'aurais sans doute aimé qu'il soit plus question de l'Australie aussi, et non seulement des environs du célèbre Opéra. En fait, je suis vraiment rentrée dans l'émotion lorsque James et Ellie sont entrés en contact avec une pudeur et une retenue douloureuse. Et la manière qu'a Pei Xing de prendre en main sa vie a achevé de me convaincre que j'étais bien, finalement, dans le creux de cette histoire.
Une lecture à tenter. Ne vous arrêtez pas à mes menus bémols !

Editions du Mercure de France - 22.90€ - Septembre 2012

Un très beau roman pour Clara ! - Un roman profond et aérien pour Cathulu la tentatrice ! - Gwen en a aimé les détails...

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22 janvier 2013

A la vue, à la mort ~ Françoise Guérin

alavuealamort"J'ai dit : "Je n'ai besoin de rien" et j'ai refermé lentement la porte qui menait à l'enfance trouée dont je ne voulais rien savoir.
J'ai dit : "le passé n'existe pas. Seul compte le présent et cet avenir que je voudrais préserver de la violence."
J'ai dit : "Je suis un homme." Mais ça marche comment, un homme ?
Rien n'est comme je l'avais souhaité. Ma vie, je ne l'avais pas rêvée ainsi."

Le commandant Lanester perd soudainement la vue sur la scène d'un crime atroce. Profileur chevronné, il tente de comprendre ce coup du sort, non expliqué médicalement parlant. Pour ce faire, il consulte Jacinthe, une psychologue qu'on lui a chaudement recommandé et souhaite par ailleurs continuer à enquêter avec son équipe sur le tueur en série qui sévit ces derniers temps, Caïn. Ils l'ont surnommé ainsi à cause de cet oeil noir peint au-dessus des corps mutilés. Mais se déplacer et effectuer les gestes du quotidien sans rien voir n'est pas chose aisé. Heureusement, un chauffeur de taxi prend l'aveugle en sympathie et l'escorte avec enthousiasme...

Ce que j'ai aimé ce roman policier d'une belle simplicité et d'une efficacité remarquable !
J'ai premièrement été prise, et ce dès les premiers mots, dans les mailles du filet de cette pathologie anxiogène qu'est la cécité. Puis, Françoise Guérin mêlant avec brio psychologie et enquête, j'ai été entraînée par l'intrigue. Le portrait de notre enquêteur, dorénavant culte pour moi, après seulement un opus, M Lanester, est creusé en profondeur, ce qui est fort agréable et renforce l'empathie. Je dois avouer que j'ai tremblé pour lui et qu'il m'a émue, ce charmant personnage, ainsi que ceux qui l'entourent avec sollicitude.

A la vue, à la mort est une lecture policière de grande classe.

Editions Le Masque - 6.60€ - 2007

Un polar vivant, humain et des personnages attachants pour Clara !

Le blog de Françoise Guérin [clic]

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