19 octobre 2016

Karma City Tome 1 - Pierre-Yves Gabrion

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 "Mouais... Finalement, le destin... le karma... où se trouve le libre arbitre dans tout ça ?! Hein ?"

Karma City est une ville futuriste où le concept de Karma règne sur tout. Emma List, une jeune scientifique dont le Karma toujours positif fait la fierté de ses parents, passe un beau jour les portes de contrôle de la capitale avec un karma légèrement négatif. Elle qui est célibataire raconte une vague histoire de dispute familiale au petit déjeuner pour amadouer ses interlocuteurs puis franchit les portes de la cité, en larmes. Quelques minutes plus tard, un AVC la terrasse au volant de son véhicule. Les agents Cooper, Napoli et Asuki mènent l'enquête. Mais d'autres personnes sont également victimes d'un AVC dans les heures qui suivent. L'enquête prend donc tout à coup une autre envergure. Emma était paléontologue et avait trouvé un mandala gravé, témoignage de sociétés pré-karmiques. Le supérieur des agents, la police locale, de nombreuses personnes semblent impliquées... Il est temps alors pour Cooper, Napoli et Asuki de continuer leurs recherches, mais cette fois-ci dans l'ombre...

Je ne serais pas allée naturellement vers cet album si il n'avait pas circulé dans mon groupe de bibliothèque. Je suis plutôt attirée habituellement par les romans graphiques. Cependant, je ne regrette absolument pas cette lecture, car j'ai été indubitablement prise par le suspens de cette enquête policière pleine d'humour. Et j'ai très hâte de lire à présent le tome 2. Il n'y a pourtant rien d'original dans cette histoire, on y retrouve une société utopique, une jeune chef qui débute, un vieux briscard bourru qui la forme au métier, de la corruption en haut lieu, des secrets, etc... mais tout cela fonctionne très très bien et est très distrayant. De plus, chaque page est assez parfaite (disposition des cases, choix des couleurs, dialogues). Bref, j'ai aimé la vivacité de l'ensemble et en redemande. 

Editions Dupuis - 20.50€ - 9 septembre 2016 - Merci ma bibli !!!

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Je participe cette année à La BD du mercredi !! Tous les autres liens sont cette semaine chez Stephie [clic ici]. 

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15 octobre 2016

Molécules, François Bégaudeau ~ Rentrée littéraire 2016

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"Ça l'embête qu'ils deviennent ennemis, ce serait indigne de leur belle histoire. Elle a raison, on ne peut pas en vouloir à quelqu'un de ne pas aimer. L'amour n'est pas une créance. Elle ne lui doit rien."

Jeanne Deligny est morte, tailladée sur un des paliers de son immeuble. Il faut retrouver son agresseur, comprendre qui a pu vouloir la mort de cette femme sans histoires qui laisse derrière elle un mari pharmacien et une toute jeune fille. Elle travaillait dans un centre pour handicapés, pensait adopter Didier, malgré ce que Charles en pensait. Il a dit les fous ne sont pas tes enfants. Mais maintenant, tout a changé, depuis le meurtre de Jeanne, et la sidération, il est prêt. Sa fille Léna récupère un frère. Et l'on retrouve le meurtrier de Jeanne, un ancien amoureux transi, Gilles, qui avoue sans sourciller avoir voulu supprimer enfin la cause de tous ses malheurs...

Je lis régulièrement François Bégaudeau depuis que je l'avais écouté en rencontre il y a fort fort longtemps... et je reste souvent assez curieuse de ce qu'il écrit, même si le résultat est parfois désarçonnant, entre sentiment d'agacement et coup de coeur. J'avais par exemple adoré son Au début [clic], aimé Entre les murs, mais moins Fin de l'histoire [clic] ou La blessure, la vraie [clic]. Bref, François Bégaudeau ne me laisse pas indifférente, j'ai donc voulu lire encore en cette rentrée son nouvel opus. Et cette fois-ci, il m'a surprise encore, à s'essayer ainsi à un style qui frôle l'enquête policière et le thriller psychologique. Et en réalité, j'ai aimé ce que j'ai lu cette fois-ci, l'écriture inventive et vivante, et cette ambiance, un peu glauque (mais pas trop), une peu tendue (mais pas trop) et un peu sarcastique. Un texte à découvrir, avec beaucoup de second degré en soi.

Editions Verticales - 19.50€ - 18 août 2016

 

10 octobre 2016

Je viens de m'échapper du ciel, Mattiussi ... d'après Carlos Salem

jeviensdemechapperduciel "On reste comme ça, au bord de l'amour ou du désastre, sans se décider à agir et se perdre enfin."

Impossible de chercher un sens, de résumer cet album qui ouvre les frontières du réel, de l'imaginaire et mélange à son gré la chronologie. Il y a des visages qui apparaissent à des moments clés, un masque de Titi ridicule, un braquage de banque, des femmes belles et inaccessibles (ou blessées), des bars à l'atmosphère enfumée. Et il y a Poe, sorte de loser charismatique qui prend des décisions en comptant le nombre d'allumettes qui s'échappent de sa poche, qui pense à Lola, qui parle aux fantômes.
Laureline Mattiussi mêle ici polar et onirisme et on la suit, avec son trait épais, son dessin en noir et blanc parfait. Et c'est très beau, plein de désir et de folie, assez magique, plein d'humour noir aussi. J'ai beaucoup aimé.

Voici ce que l'auteure en dit sur son blog [clic ici]... Après avoir rencontré Carlos Salem au festival du Goéland Masqué il y a trois ans, et décidé en chœur de mélanger nos mondes dans un livre commun, j'adapte actuellement plusieurs de ses nouvelles. Le livre qui en découle s’appellera "Je viens de m'échapper du Ciel". Il fricote avec les bas-fonds, le roman noir, les soûlards désemparés et leurs fantômes fessus. Il rêve d'amour tendre avec beaucoup d'alcool fort. 

Editions Casterman - 18.95€ - 24 août 2016 - Merci ma bibli !!!

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04 octobre 2016

Un roman anglais, Stéphanie Hochet

unromananglais

"On est toujours reconnaissant envers les gens qui ne s'effarouchent pas devant la part de soi qui sombre."

Nous sommes en 1917, la guerre fait rage en Europe. Des jeunes gens ne cessent de tomber dans les Flandres. Réfugiés dans le Sussex, loin des dangers de Londres, Anna et sa famille tentent de continuer à vivre normalement. Edward est horloger, et Anna souhaite reprendre ses travaux de traduction. La présence du tout jeune Jack l'empêche de se concentrer. Le couple cherche donc une garde d'enfant et Anna est spécialement séduite par la proposition écrite d'une certaine George. Anna s'enflamme à l'idée de connaître une femme portant ce prénom qui ouvre son imagination, sans se douter qu'il s'agit en réalité d'un jeune homme. George s'occupe admirablement de l'enfant, qui l'adore en retour, apaise à la fois Anna et dérange Edward... Comment ce dernier va-t-il supporter plus longtemps que sa petite famille soit ainsi transformée par la présence d'un tiers aussi séduisant ?

Ce roman à l'atmosphère très anglaise et désuète, feutrée, cache bien son jeu. En effet, peu à peu, dans ce récit, les non-dits et faux-semblants s'effritent devant la personnalité lumineuse et tranquille de George et les personnages qui gravitent autour prennent de l'épaisseur et du relief. C'est Anna qui observe et étudie les signes, les détails. Elle est peu à peu consciente que son regard change, qu'elle peut se considérer à l'aune des changements plus profonds qui bouleversent la société anglaise de l'époque, et notamment le rôle des femmes. Elle laisse ses tourments s'exprimer. Un très juste et fin petit roman qui sait aussi émouvoir, serrer le coeur et donne brutalement des envies de liberté et de sincérité. 

Editions Rivages - 17€ - mai 2015 - merci ma bibli !!!

J'ai repris cette année ma participation au comité de lecture de ma bibliothèque... Mes lectures seront toutes regroupées sous ce tag là [participe présent].

 

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02 octobre 2016

Je n'ai pas dansé depuis longtemps, Hugo Boris

jenaipasdansedepuislongtemps

"Il sent qu'il y a autre chose, qui lui interdit de se satisfaire des hypothèses que son imagination élabore pour lui."

Nous sommes en URSS, juste avant le chaos et les chamboulements qui ont entraîné la dissolution de l'Union soviétique. Ivan a été retenu parmi de nombreux postulants pour être le premier homme à rester plus de quatre cents jours en orbite autour de la Terre. Il va donc bientôt partir pour la station Mir. Il est cosmonaute, mais surtout médecin, ses taches seront donc différentes des pilotes qu'il accompagne. Père de deux enfants, Ivan est depuis toujours quelqu'un de très sûr de lui, et de ses performances. Pourtant, très vite, alors que les trois hommes cohabitent dans la station, Ivan commence à ressentir des maux liés à l'apesanteur [voir wikipedia ici] qui peuvent menacer son équilibre mental et la réussite de sa mission.

Je ne pensais pas être capable d'apprécier un récit traitant d'un tel sujet, le voyage dans l'espace. Et je ne serais pas allée naturellement vers ce livre si je n'avais pas décidé de faire confiance les yeux fermés à Hugo Boris après ma lecture de Police et du Baiser dans la nuque. Bien m'en a pris, car même si dans ce roman-ci l'écriture est plus classique, voire technique, la trame en est terriblement addictive, et le lecteur se prend très vite de passion pour l'univers restreint de cette station qui subit quelques soubresauts et incidents. Et puis, il y est surtout question de l'âme humaine, des décisions et des choix que l'on prend et qui engagent notre vie, de notre propension à prendre des risques et à accepter notre fragilité comme une force potentielle... Un excellent roman, qui regorge de très belles scènes.

Editons Belfond - 20 € - Janvier 2010 - Merci ma bibli !!

 

Le billet de Sébastien qui souligne la faculté d'Hugo Boris à nous surprendre - La lecture de Sophie Adriansen !

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27 septembre 2016

Petit pays, Gael Faye ~ Rentrée littéraire 2016

petitpays

"J'avais beau espérer, le réel s'obstinait à entraver mes rêves."

Nous sommes au Burundi, au début des années 90, Gaby vit avec sa petite soeur Ana, et ses parents, dans un quartier préservé réservé aux expatriés. Le père de Gaby est français, sa mère est rwandaise. Les journées passent doucement, tout est paisible et doux. Gaby passe son temps libre avec une bande de copains, tous habitants de la même impasse. Mais peu à peu, le quotidien change. Les parents de Gaby se séparent, la famille rwandaise de sa mère commence à craindre pour sa vie, et le vent de démocratie qui a engendré les dernières élections au Burundi s'avère être un feu de paille.

Gaël Faye explore dans ce premier roman un monde disparu, fait de moments simples, avant que l'Histoire ramène chacun à son identité ethnique, détruise et sépare. La violence (et quelle violence !) s'insinue dans un univers d'enfant espiègle et innocent, et c'est cette intrusion qui serre le coeur du lecteur, alternativement balancé entre le sourire et les larmes. Mais la tragédie est là, et elle ne laisse pas le choix. Il faudra bien protéger sa vie, fuir en France, se rendre compte que le passé ne reviendra plus. J'ai beaucoup aimé le ton léger de ce livre, qui n'empêche jamais de comprendre ce qui se passe en arrière plan via les conversations des adultes, et la multitude de personnages qui l'habite. Je décerne une mention spéciale à la bibliothèque de Madame Economopoulos et aux instants de tendresse disséminés ici et là... Une lecture de rentrée indubitablement marquante.

Éditions Grasset - 18€ - 24 août 2016

Ce roman a reçu le Prix Fnac 2016 - Lu dans le cadre du challenge Premiers romans... et du challenge 1% rentrée littéraire...

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15 septembre 2016

Otages intimes, Jeanne Benameur

otagesintimes "Faut-il accepter qu'il n'y ait aucun refuge ?"

Etienne vient d'être libéré, il avait été pris en otage au cours d'un reportage, il est photographe de guerre. Mais le retour dans le village de son enfance, auprès de sa mère, la reconstruction, ne sont pas si simples. Il ressent le besoin de réunir autour de lui ses amis de toujours, Enzo et Jofranka. Et puis il y a la musique, qui fait le lien et le ramène à la vie. Sa mère joue tous les jours, pour lui. Comprendra-t-il enfin pourquoi il n'a de cesse de partir ? Tout comme son père. Une image l'obsède, la dernière, celle qu'il n'a pas pu prendre avant d'être kidnappé, cette femme qui tentait de sauver sa famille, leur voiture pleine, prête à partir. Et puis il y a Emma, qui ne voulait plus l'attendre et l'a quitté juste avant son dernier départ, et sa lettre aujourd'hui qui ne demande plus rien, qui constate seulement la fin.

Perdu, toujours otage malgré sa libération, Etienne tente de se ressourcer afin de pouvoir de nouveau vivre au monde. Ses amis l'aident, et il comprend peu à peu à quel point nous sommes tous otages de quelque chose, en nous, de nos émotions, de notre histoire, de nos manques, de nos empêchements. J'ai beaucoup aimé lire cet opus de Jeanne Benameur, ces mots qui permettent d'être au plus près des émotions intimes de chacun des protagonistes, de ressentir le présent si fort. C'était un moment particulier que la lecture de ce livre, un moment assez intense, de ceux qui remuent des choses en soi. Une très belle lecture !

Editions Actes Sud - 18.80€ - Août 2015 - Merci à mes prêteurs !!

Ce titre a été beaucoup lu sur la blogosphère - Sa page sur Babelio [clic ici]

 

 

13 septembre 2016

Le baiser dans la nuque, Hugo Boris

lebaiserdanslanuque "De ces gens qui ne savent pas faire autrement, ne connaissent pas d'autre chemin pour dire les choses. La gentillesse du pauvre, bonne à prendre, le sentiment compliqué, mieux que rien."

Fanny est sage femme. Louis est ce frère venu remplacer au pied levé le jour d'un accouchement ce père qu'une petite fille ne connaîtra jamais. Drôle d'endroit pour une rencontre. Mais Fanny est aussi une mère qui a perdu à chaque naissance un peu d'audition, et Louis donne des cours de piano. Alors la rencontre se poursuit. Fanny veut jouer, entendre ce qu'elle peut encore entendre, et puis poursuivre quelque chose d'indicible qui la mène au numéro 37 de cette impasse où vit le jeune homme. Elle vient tous les jeudis, apporte à chaque séance un bracelet de naissance récupéré. Ils ont leurs rituels, leurs habitudes, leur intimité, la musique ... 

Je voulais lire un autre titre d'Hugo Boris, après mon coup de coeur pour son Police. J'ai donc ouvert son premier roman, et le moins que je puisse vous dire est que l'écriture d'Hugo Boris irradie dès les premières pages de ce premier opus, très réussi, fortement sensuel et intense. J'aime cette écriture, brève, rythmée, originale et évocatrice, qui arrive directement là où elle le souhaitait, en faisant fi parfois des codes conventionnels de la narration. Mais peu importe, car le résultat est comme je l'aime souvent, à fleur de peau, au plus près de l'émotion. Et puis, outre de nous raconter une approche entre deux êtres que rien ne disposait à se croiser, l'auteur aborde également et crûment ce moment si spécial de l'accouchement, par de multiples récits de naissances très forts et réalistes, et j'ai aimé ça aussi, cet hymne à la vie, et cet hommage si juste au courage des mères. Un roman à découvrir et un auteur à continuer de lire, indubitablement... chic !!

Editions Pocket - 6.95€ - Juillet 2011 - Merci ma bibli !!

Police est dans la sélection #MRL16

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11 septembre 2016

Challenge 1% rentrée littéraire 2016

Je participe une nouvelle fois cette année à ce challenge de rentrée que j'affectionne car il est bien le seul sur la blogosphère que j'arrive à tenir réellement. 650, c’est le nombre officiel de livres qui vont paraître lors de cette rentrée littéraire 2016. Un chiffre qui ne compte que les romans et essais adultes. Il s’agit donc, pour réussir le challenge du 1% rentrée littéraire, comme pour les précédentes éditions, de lire 1% des livres de cette rentrée littéraire, soit 6 livres ! Cette année, c’est en collaboration avec Léa, que Sophie de Délivrer des livres, a annoncé le challenge ouvert [ici] !

J'ai personnellement choisi l'option spécialiste (3% - 18 livres) - Mes lectures de rentrée sont ci-dessous... Vous retrouverez mes billets en cliquant sur les titres des livres. 

New York esquisses nocturnes - Molly Prentiss - Calman Levy - 22222 Coup de coeur !
Voici venir les rêveurs - Imbolo Mbue - Editions Belfond - 2222 Je conseille vivement !
Vie prolongée d'Arthur Rimbaud - Thierry Beinstingel - Fayard - 222 Lecture en demi teinte.
Police - Hugo Boris - Grasset - 22222 Coup de coeur !
A la fin le silence - Laurence Tardieu - Seuil - 2222 Je conseille vivement !
J'ai tué papa - Mélanie Richoz - Slaktine - 222 Lecture en demi teinte.

1% validé

L'Indolente - Françoise Cloarec - Stock - 222 Lecture en demi teinte.
Une bouche sans personne - Gilles Marchand - Aux forges de Vulcain -  2222 Je conseille vivement !
Je m'appelle Léon - Kit De Waal - Editions Kero -  2222 Je conseille vivement !
Rester en vie - Matt Haig - Editions Philippe Rey - 22222 Coup de coeur !
Le sanglier - Myriam Chirousse - Editions Buchet Chastel - 22222 Coup de coeur !
Molécules - François Bégaudeau - Editions Verticales -   2222 Je conseille vivement !

2% validé

Les mains lâchées - Anaïs Llobet - Editions Plon -   2222 Je conseille vivement !
La Suture - Sophie Daull - Editions Philippe Rey -   2222 Je conseille vivement !
Comme dans un film, Régis de Sà Moreira - Au diable Vauvert -  2222 Je conseille vivement !
Lucie ou la vocation, Maëlle Guillaud - Héloïse d'Ormesson - 222 Lecture en demi teinte.

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08 septembre 2016

Je m'appelle Léon, Kit de Waal ~ Rentrée littéraire 2016

jemappelleleon

 "Au début, Léon croit qu'il se bat contre un dragon en rêve."

A 9 ans, Léon se sentait pourtant capable de s'occuper de son petit frère Jake, mais les services sociaux en ont décidé autrement. Ils retirent brutalement les deux enfants à leur mère Carole, qui bien souvent n'arrivait même plus à se lever le matin et laissait ses enfants livrés à eux mêmes. Chez Maureen, les deux frères se sentent bien. Léon sait expliquer de quoi bébé Jake a besoin. Bien sûr, sa mère lui manque mais ils sont ensemble, tous les deux, mangent à leur faim, sont en sécurité, s'éveillent et tous les espoirs sont encore permis. Un jour, peut-être, Carole pourra les reprendre avec elle. Lorsqu'on lui enlève finalement son petit frère afin de lui donner une chance de vivre dans une vraie famille, Léon comprend que la vie va être dorénavant bien différente. Jake lui manque énormément. Heureusement, grâce à son nouveau vélo, il découvre le règne des jardins partagés, Tufty et d'autres adultes attachants, et se sent capable de partir à la recherche de son petit frère tant aimé...

Ce roman se lit avec beaucoup d'émotion et d'empathie, à hauteur d'enfant. Et j'ai beaucoup aimé rencontrer à l'occasion de cette lecture un personnage tel que Léon, courageux, téméraire, frondeur et sensible, qui aime son frère avec un amour inconditionnel touchant et magnifique. Côtoyer ce petit garçon, et tous les personnages de cette histoire, donne la pêche, le sourire. Il y a beaucoup d'humour, d'amour et de dérision dans ce livre. Pourtant, lire de tels livres sur des enfances sacrifiées me fait toujours un brin chavirer le coeur, et puis je connais un peu le travail des travailleurs sociaux, ce coeur qui tressaute à l'annonce d'une visite qui peut venir chambouler une sérénité difficilement acquise. Heureusement, chez Kit de Waal, les rencontres sont jolies et le réalisme reste la plupart du temps tapi derrière la porte, pas très loin mais suffisamment quand même pour que l'on garde au final l'image d'un monde plus bienveillant qu'il n'y paraissait au tout départ. Une très belle histoire.

Editions Kero - 19.90€ - 24 août 2016

Badge Lecteur professionnelLu sur ma liseuse grâce à NetGalley

Ce titre est dans la Sélection #MRL16 - Voir la lecture de Plume de cajou [ici] - Pour le demander gratuitement en échange d'une chronique c'est par ici ( jusqu'au 12/09)

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