29 mai 2017

Les Primates de Park Avenue, Wednesday Martin

lesprimatesdeparkavenue

Par où commencer avec ce récit qui n'est pas un roman ?... Oui parce qu'il n'est pas un roman (donc), et pas si léger que sa couverture le prétend (et en même temps si), et que ce n'est pas si facile de le résumer sans omettre tout un tas d'éléments intéressants... Premièrement, tu dois préciser d'emblée que Wednesday Martin se positionne dès les premières pages de ce livre en tant que chercheuse et anthropologue avide de comprendre le nouveau cadre de vie dans lequel elle a l'intention d'élever ses fils, soit le quartier le plus huppé de Manhattan, l'Upper East Side... Mouais avais-tu alors envie de penser... lorsque l'argent coule à flot les problèmes de certaines paraissent seulement briller un peu plus au soleil... et puis (chère Wednesday) personne ne t'a obligée à quitter le sud de Manhattan, plus ouvert, pour ce quartier aux codes et aux coutumes si enfermantes !! Si ?... Bref. En réalité, l'intérêt de ce livre réside surtout dans le regard porté sur cette société de mères auquelle se heurte la narratrice dès les débuts de son fils à l'école maternelle... Et tu as été saisie d'y retrouver toutes les difficultés que tu as rencontré toi même, alors toute nouvelle dans ton quartier, lorsque tu es arrivée avec ta fille toute petite (sautillante et pas toujours obéissante) dans ton école pourtant classée ZEP, avant de comprendre que les regards fuyants des autres mamans signifiaient simplement que tu n'habitais pas le bon immeuble... Ces bonjours sans réponse, ou ces regards qui te demandaient comment tu osais leur adresser la parole... Cette hiérarchie dont tu n'as pas maîtrisé au premier abord l'organigramme, cette erreur de vouloir discuter avec les pères (souvent plus avenants) et le regard foudroyant récolté ensuite dans ton sillage... Tous ces codes pour lesquels il faut l'avouer tu n'as jamais été très douée, offusquant sans doute plus qu'à ton tour les autres mères parfaites avec ton peu de considération pour la cuisine (entre autres) et toutes ces petites choses qui font que la vie d'une mère atteint son apothéose sociale (avec des escalades énormes quand vient le temps des anniversaires, ou des fêtes scolaires) et que son intérêt finit par ne plus tourner qu'autour de sa progéniture ... Et pourtant tu en as passé du temps avec la tienne, de progéniture... Et c'est donc là que Wednesday a commencé à réellement t'intéresser. Pas vraiment quand elle a cherché à dénicher le dernier sac à la mode (et surtout très très cher), ni quand elle t'a raconté en détail sa garde robe ou ses soirées burlesques entre copines. Mais quand elle a relié tout ce comportement humain et hautement féminin à celui de primates, et qu'elle t'a fait comprendre que ces codes... ceux auxquels justement tu n'avais pas voulu jouer... régissaient bien des milieux. 

Editions Globe - avril 2017

Keisha l'a lu aussi

Posté par Antigone1 à 17:41 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,


25 mai 2017

Le Saut oblique de la truite, Jérome Magnier-Moreno

lesautobliquedelatruite

 

Quel cadeau de recevoir un livre de Jérôme Magnier-Moreno... ! L'enveloppe est déjà un délice en soi et nous met dans l'ambiance de cette gare en Corse, également dessinée en couverture par l'auteur. (Tu ne peux pas montrer l'enveloppe, quel dommage, car ton adresse y apparaît). Tu as aimé cette réception, assez inhabituelle, et l'objet livre, vraiment réussi. Tu remercies l'auteur pour cette délicate attention et son enthousiasme généreux. Le décor est planté. Et nous attendons aussi près de cette gare, avec le jeune narrateur de cette histoire toute simple, son ami Olivier qui ne viendra pas, le laissant seul découvrir une Chambre d'hôte toute proche, et un peu lugubre, et le sentier du GR20 le long duquel il a bien l'intention de pêcher, malgré la défection de son ami. Ce très court roman est à vivre, à l'instar de son personnage, comme une parenthèse corse... où se mêlent descriptions du paysage, réflexions sur la vacuité du monde, souvenirs d'une mère disparue depuis peu et désirs masculins. Tu dois dire que tu es restée assez désarçonnée par quelques scènes, et que tu aurais aimé sans doute approfondir un peu plus tout ce qui a amené ce jeune architecte à l'endroit où il se trouve, avec son sac à dos fétiche. Ce titre a beaucoup plu sur la blogosphère et tu es bien embêtée de dire que de ton côté tu es sans doute un peu passée à côté de l'humour et du pétillement du texte... cela arrive. Tu renvoies donc tes lecteurs vers le billet tentateur du blog Les couleurs de la vie, beaucoup plus positif [clic ici]... et tu souhaites bon vent à ce roman qui va très certainement trouver ses lecteurs !

Editions Phébus - mars 2017

Jostein l'a lu aussi

Posté par Antigone1 à 18:48 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : ,

24 mai 2017

Wake up America T3, Lewis & Aydin & Powell

wakeupamerica3

Tu avais lu avec un grand intérêt les deux premiers tomes de cette série... il était donc pour toi évident de découvrir ce troisième et dernier tome. La trilogie Wake up America relate l'histoire de John Lewis. John Lewis a eu un rôle déterminant dans la lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis. A la tête du SNCC (Student Nonviolent Coordinating Committee) entre 1963 et 1966, il en est devenu un des "Six grands leaders". Il a participé étudiant à des protestations non violentes dans des restaurants de Nashville, a joué un rôle dans les "voyages de la liberté" qui s'opposaient à la ségrégation dans les gares routières du Sud. Il a été arrêté, a subi des violences. Enfin, il a été un des principaux orateurs du défilé historique de Washington en août 1963. Encore une fois tu salues la grande qualité graphique de cet album dont les planches sont en noir et blanc. Les dessins sont très expressifs, les plans inventifs et différenciés, au service d'un récit très instructif mais parfois aussi assez exigeant. Tu as trouvé quelques longueurs à ce dernier tome. John Lewis, à l'origine de ce projet, a eu à coeur de n'omettre aucun détail de sa lutte et le résultat en est un témoignage vivant, peut-être un peu lourd mais essentiel. Tu as aimé le clin d'oeil fait à Obama sur quelques pages... et tu images oh combien son accession au plus haut poste des Etats-unis a du être une victoire et un soulagement pour tous ces gens qui ont lutté pour seulement pouvoir glisser un bulletin de vote dans une urne, entrer dans des magasins, des restaurants, un bus, etc... Le bulletin de vote est l'instrument le plus puissant jamais inventé par l'homme pour combattre l'injustice, et ce témoignage est là pour ne jamais l'oublier.

wakeupamerica3bulle

BD-de-la-semaine-saumon-e1420582997574

Editions Rue de Sèvres - février 2017

Ceci est ta BD de la semaine, tous les autres liens sont chez Mo' aujourd'hui

Une lecture commune avec Enna [clic]

Posté par Antigone1 à 06:26 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : ,

20 mai 2017

L'original de Laura, Vladimir Nabokov ~ Objectif Pal de mai

laura

Vladimir Nabokov est dans ta vie depuis cette année de maîtrise de Lettres où tu as eu l'audace de t'attaquer à sa production... Ce qui t'intéressait alors était le thème de l'exil en littérature et comme, à l'époque, tu aimais particulièrement la littérature russe tu t'étais penchée sur cet auteur, qui a subi à la fois l'exil (de la Russie vers Paris puis les Etats-Unis) et a écrit en plusieurs langues (russe et puis américaine). Le mémoire ne s'est pas fait, pour diverses raisons, et notamment par le fait que ton maître de mémoire voulait que tu te concentres sur Lolita ou Ada (sa période américaine plus sulfureuse), et que toi tu préfèrais justement ses romans russes... Et puis à l'époque tu travaillais déjà en librairie, la vie réelle prenait le pas sur les études... Bref, tout ça pour dire que tu as, à l'époque, sans doute tout lu sur et de Nabokov et que quand L'orginal de Laura est paru en 2010, tu as sauté dessus... sans t'expliquer pourquoi tu as tant tardé à l'ouvrir ensuite. Nabokov est mort en 1977. Mais qu'est-ce donc que ce texte posthume ? Ce sont en réalité des fragments d'une oeuvre en gestation, des notes, un projet de roman, tout cela préfacé et édité par son fils Dimitri Nabokov, alors que son père souhaitait que tout fut brûlé après sa mort. Tout l'intérêt de ce livre tient dans sa préface, dans laquelle Dimitri explique le projet, et dans les fulgurances d'écriture de son père, la photographie des fiches de l'auteur. Tu n'es cependant pas persuadée, après ta lecture, que cela nécessitait forcément une publication, et tu restes un peu déçue et frustrée du résultat, qui n'apporte pas grand chose narrativement parlant, puisqu'il est impossible de trouver réellement un sens aux extraits présentés. La quatrième de couverture résume pour autant l'intrigue, celle d'une jeune femme, Flora, sorte de nymphette, capricieuse et frivole, ayant épousé un vieux professeur, collectionneuse d'amants, dont un auteur de roman l'ayant prise pour modèle pour son personnage principal prénommé Laura. Te voici donc un peu déçue mais heureuse en même temps de t'être replongée dans les écrits de cet auteur dont tu avais apprécié le talent incontestable. Et puis, tu as appris depuis que Fayard allait publier à la rentrée Les lettres à Véra du même Nabokov et tu as hâte de lire cette correspondance là, par contre. Hasards et coïncidences de la vie et de l'enchaînement des lectures. Comme quoi il était sans doute temps que tu sortes ce titre de ta PAL.

Gallimard - Avril 2010

objectif pal      laura1

Posté par Antigone1 à 08:26 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , ,

13 mai 2017

La Fille sur la photo, Karine Reysset

lafillesurlaphoto

Tu avais envie de revenir un peu à tes fondamentaux en matière de lecture... aux auteurs qui te font vibrer d'habitude. Et Karine Reysset fait partie du lot. D'elle, tu avais déjà beaucoup aimé Les yeux au ciel, Comme une mère et A ta place... tu étais donc très intéressée par son dernier roman. Dans La fille sur la photo, nous suivons Anna, de retour dans cette grande maison de bord de mer qu'elle a quitté il y a un an pour suivre son amant. Dans cette maison elle était alors la compagne d'un réalisateur connu, beaucoup plus âgé quelle, et déjà père de trois enfants. Pendant dix ans, elle avait servi de mère de substitution, jusqu'à ne  plus vraiment savoir qui elle était et où était vraiment sa place. Elle revient pour Garance, quatorze ans, qui est hospitalisée, et qui va très mal depuis son départ, depuis cet abandon. L'occasion pour Anna de se confronter à son passé, aux raisons de son départ (de sa fuite), et à la vacuité affligeante de son présent. Que faut-il donc faire ? Recoller les morceaux ? Fuir encore ? Anna oscille et tente, parmi ceux qui forment autour d'elle un semblant de famille, de savoir qui elle est réellement, ce qu'elle veut, et de retrouver surtout le chemin de l'écriture... son gagne pain et sa planche de salut. Et toi lectrice, tu es rentrée dans ce roman à pas feutrés car il est intime, effectivement vibrant et émouvant. Il parle très bien de la perte de repères que crée le manque de stabilité parentale, de l'amour qui répare, des liens qui n'ont pas besoin du sang pour exister... Tu as aimé la personnalité d'Anna, observatrice, d'apparence si peu actrice de sa vie, d'apparence si fragile, mais en réalité forte d'une volonté farouche de devenir enfin celle qu'elle est réellement, indépendante et vraie. Une lecture que tu posais de temps en temps, comme pour respirer entre chaque chapitre l'air marin de Saint Malo, et puis que tu reprenais comme on ouvre la grille d'une maison que l'on a trop bien connue et dont on perçoit dans tout son corps chaque bruit, chaque odeur. 

Editions Flammarion - janvier 2017

Valérie l'a lu aussi

 


11 mai 2017

Hier encore, c'était l'été, Julie De Lestrange

hierencorecetaitlete

Hier encore, on passait notre temps ensemble, un temps d'enfance à partager les baignades, l'été et l'insouciance... et puis, tout à coup, on se retrouve à la vingtaine, avec des études à terminer, un job à trouver, une vie d'adulte à commencer. Le cadeau de la majorité. C'est ce qui arrive à Alexandre, Guillaume, Marco, Sophie, Anouk et les autres, liés par l'affection ou le lien du sang. Ils se connaissent depuis toujours, depuis que les deux chalets d'été de leurs aïeuls ont été construits côte à côte et que l'amitié est née de cette proximité. Mais la jeunesse n'empêche pas les désagréments et les peines. Entre choix amoureux, expériences décevantes, et orientations à décider, il est surtout question de la vie en général dans ce roman, avec ses petits pas matériels, ses ratages, ses arrangements et ses belles rencontres. Et comme toi lectrice, tu as aimé suivre ainsi dans leurs hésitations et égarements ce petit groupe, le suivre au fil du temps, sur une décennie. Tu as trouvé que leurs expériences ressemblaient à la vie de chacun de nous dans ce qu'elle a de plus variée. Et comme c'était intéressant d'accompagner ces jeunes adultes dans leurs recherches d'appartement, leurs déboires amoureux, leurs disputes et réconciliations. Bien entendu, il y a aussi de la légèreté dans ce titre de Julie de Lestrange, mais beaucoup moins que tu t'y attendais. Souvent les personnages s'amusent, passent des soirées ensemble, boivent un peu, vont au cinéma, vivent une vie citadine ou l'argent n'est pas tout à fait un problème, bien sûr. Cependant, rien ne leur est épargné non plus de la réalité, des maladies des plus âgés, de la mort et de la solitude. Et tu as aimé cela, que rien ne soit acquis, ni facile, parfois très laborieux. Ce roman se lit comme une fresque et avec son style ample donne naissance à toute une galerie de personnages terriblements attachants ! Si vous avez un poche à choisir pour cet été... n'hésitez pas. 

Editions Le Livre de Poche - Mai 2017

Tu remercies Julie de Lestrange pour l'envoi de ce livre, sa dédicace et la rencontre, furtive mais intéressante et souriante, faite sur Paris, un certain jour, à l'Alcazar... ;) [clic] Grande hâte de lire le prochain ! 

Le carnet parisien recommande vivement cette école de la vie... [clic]

Posté par Antigone1 à 06:03 - - Commentaires [24] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

10 mai 2017

La Guerre de Catherine, Julia Billet et Claire Fauvel

laguerredecatherine1

Cet album sort aujourd'hui... et tu dois dire combien tu as été séduite d'emblée (à réception) par le graphisme de Claire Fauvel, par cette douce couverture et le fait de découvrir cette adaptation d'un roman de Julia Billet (que tu n'as pas lu, mais inspiré de faits réels). Dès les premières pages nous plongeons avec Rachel dans un contexte historique fort, la deuxième guerre mondiale. La jeune fille a été confiée par ses parents à La maison de Sèvres pour échapper aux rafles. Là, elle se passionne pour la photographie, et hérite d'un appareil photo qu'elle emportera partout avec elle. Car en effet, Rachel doit très vite fuir, quitter cette maison qu'elle aime tant, prendre la route, avec d'autres enfants, changer de nom, sauver sa vie. Elle sera dorénavant Catherine, et sera prise en charge par un réseau de résistants qui la feront passer de foyers en écoles, jusqu'à la fin de la guerre. C'est pour elle également l'occasion de faire des rencontres enrichissantes, et de prendre de multiples photographies (bien souvent des portraits). Même si Rachel pense à ses parents, a hâte de les revoir, et vit comme un sacrilège le fait de se faire passer pour une catholique (pour sa sécurité). Et tu as aimé les cases agrémentées d'un Clic ! (qui capturent des instants sur la pellicule), la sensibilité des dessins, la bienveillance, qui n'empêchent pas la terreur sous-jacente d'être ainsi traquée, le chagrin d'être séparée des siens. Une délicieuse et touchante BD que tu conseilles vivement, pleine d'espoir en l'être humain, et importante pour ne rien oublier de ce qui devrait ne jamais se reproduire...

laguerredecatherine

BD-de-la-semaine-saumon-e1420582997574

Editions Rue de Sèvres - Mai 2017

Ceci est ta BD de la semaine, tous les autres liens sont chez Noukette aujourd'hui !

06 mai 2017

Trois petits mots, Sarah N Harvey

troispetitsmots

Tu avais un peu de mal à enchaîner avec un autre titre suite à ta dernière lecture... et en général (dans ces cas-là) tu ne trouves rien de mieux qu'un roman avec adolescents à l'intérieur pour franchir ce cap et éviter la panne de lecture. Trois petits mots ne te laissera sans doute pas un souvenir impérissable, pour toi ce n'est pas le meilleur de la collection pour ados de chez Magnard, mais tu as trouvé quelque chose de doux, de réconfortant, dans ce roman, qui a laissé en toi de belles traces en le refermant. Et il a rempli son office de t'éviter de rester bouche bée après ton dernier coup de coeur. Sid habite près de Vancouver, sur une île, avec sa famille d'accueil. Abandonné par sa mère lorsqu'il était tout jeune, il a trouvé au sein de ce foyer amour et équilibre. Depuis peu, une nouvelle protégée a intégré la famille, Fariza, une petite fille visiblement traumatisée qui ne sait dire que quelques mots. Et puis, il y a Chloé, sa meilleure amie, pleine de charme et d'exubérance joyeuse qui l'accompagne toujours dans ses balades en vélo. Sid aime cette vie paisible, et dessiner sur son carnet. Quand un jour un homme débarque pour lui révéler l'existence d'une grand mère et d'un frère disparu à rechercher, Sid hésite à quitter son île pour le suivre... Mais, fort de son éducation généreuse, et soutenu par les siens, il sait qu'il ne peut échapper à cet appel de la réalité et embarque vers la ville. Et toi lectrice, tu as aimé rencontrer ce personnage, ce jeune garçon intègre et lucide pour son âge, bouleversé mais courageux. Tu as aimé aussi beaucoup d'images de ce roman... que tu as sans doute trouvé un peu trop doux, mais extrêmement lumineux.

Editions Magnard - Août 2016

Posté par Antigone1 à 09:22 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

26 avril 2017

Verte, Marie Desplechin et Magali Le Huche

verte1

Tu as connu diverses versions de Verte... ce texte si rafraîchissant de Marie Desplechin, édité à l'Ecole des loisirs (et notamment un dessin animé vu plusieurs fois avec tes enfants). Mais qu'il soit finalement illustré par Magali Le Huche, dont tu aimes le travail depuis longtemps, pour une version BD, cela ne pouvait être que réjouissant. Et c'est le cas. L'histoire ne change pas. Il s'agit toujours de suivre Verte dans ses premiers pas récalcitrants de petite sorcière, soutenue par sa grand-mère. Verte ne veut pas devenir comme sa mère, qui l'élève seule depuis que son père est parti, et avec laquelle elle est perpétuellement en conflit. Mais il s'avère que Verte ne peut échapper non plus à son destin, elle a aussi des dons. Il s'agira donc de les maîtriser, tout en continuant à vivre sa vie normale de petite fille... et son amitié avec Soufi. Tout dans cet album est rempli de douceur, de joie, d'amour et d'espièglerie. Et on ressort de cette lecture avec des papillons plein les yeux, et l'envie de serrer ceux que l'on aime dans ses bras. Une belle réussite ! Magali Le Huche croque avec talent les personnages de Marie Desplechin et tu as particulièrement aimé retrouver encore une fois dans cet album là son humour, sa délicatesse et la somme de petits détails dont elle aime parsemer ses illustrations, comme dans les Non-non que tes enfants adoraient plus jeunes [clic ici].

verte2

BD-de-la-semaine-saumon-e1420582997574

Editions Rue de Sèvres - mars 2017

Ceci est ta BD de la semaine, tous les autres liens sont aujourd'hui chez Mo'

Sabine l'a lu aussi

22 avril 2017

Après l'incendie, Robert Goolrick

apreslincendie

Il faut le dire, et la photo ci-dessus l'atteste, tu as passé tes vacances de Pâques à manger du sucré en famille... ce qui ne va certainement pas te préparer au mieux pour la plage cet été. Mais tant pis. Car tu as aussi beaucoup lu, et c'est finalement tout ce qui t'intéresse... Bref, après quelques lectures plutôt douces, et quelques oeufs en chocolat très très bons, c'est ce Robert Goolrick là qui t'a tendu les bras... Tu te souvenais en effet du captivant et terrible La chute des princes, et tu avais envie de retrouver ça, ce New York des années 80, violent et clinquant. Tu t'attendais à une ambiance similaire. Et re-bref, car il s'avère que tu ne lis jamais vraiment les quatrièmes de couverture, ou tu les oublies très vite, et tu t'es retrouvée bien surprise, parachutée ainsi dans les décors de Autant en emporte le vent... Quel dépaysement ! Au début du siècle dernier, Diana vit en effet dans une des plus belles maisons du Sud des Etats-Unis. Mais ce privilège est aussi une malédiction. La famille est criblée de dettes. Diana doit absolument trouver un mari riche pour sauver le domaine, assurer un avenir à Saratoga et perpétuer le souvenir des Cooke. Diana a été élevée pour ça, pour attirer le mari idéal. Elle le croise assez vite en la personne du Capitaine Copperton, amant idéal qui s'avèrera très rapidement un mari odieux. Mais Saratoga est sauvée... au moins pour quelques années, jusqu'à ce que le Capitaine Copperton décède, que leur fils soit enlevé à l'affection de sa mère, qu'elle soit de nouveau sans le sou, et que la décrépitude reprenne ses murs d'assaut. Et comme toi, lectrice, tu as finalement beaucoup aimé accompagner cette jeune femme à la fois pleine de caractère et fragile dans les pages de ce livre. Aimer à ce point une maison, en sacrifier autant pour elle peut sembler absurde. Mais tu as aimé dans ce roman les magnifiques descriptions, les détails des tissus, de l'ameublement, tous ces petits objets qui peuplent une vie. Tu as aimé aussi la sensualité de ce texte, que rien ne soit caché de ce qu'une femme ressent, redoute ou espère. Une lecture à la fois cruelle et très belle qui annonce dès les premières lignes sa dimension tragique. 

Une nouvelle suit le roman, Trois lamentations, qui n'a pas grand chose à voir avec le reste, et qui semble conter la jeunesse de l'auteur... Et même si elle est de bonne facture, et assez passionnante, j'ai trouvé dommage qu'elle soit ajoutée là. Le roman se suffisant largement à lui-même, de mon point de vue !

Editions Anne Carrière - Janvier 2017