19 février 2017

La Vie rêvée de Virginia Fly, Angela Huth

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De Angela Huth tu avais déjà lu L'invitation à la vie conjugale... dont tu avais aimé le propos, ce regard lucide et léger sur des femmes au foyer désespérées... Alors, lorsque Babelio t'a proposé ce nouveau titre, avec cette délicieuse couverture, dans le cadre d'un Masse critique privilégié, tu n'as pas pu résister. Même si un autre roman d'Angela Huth t'attend depuis des lustres dans ta PAL... Et le livre est arrivé tout pimpant dans ta boîte aux lettres, au terme d'une journée sur Nantes particulière, où tu t'es à la fois occupée de ta santé, et a dévalisé les boutiques... Mais de quoi s'agit-il ? Virginia Fly est une jeune institutrice de 31 ans. Elle vit chez ses parents et est encore vierge. Mais comme l'indique son nom (idée élégante qui t'a fait sourire), la vierge Virginia voudrait bien sortir de cette situation, s'envoler enfin vers des plaisirs troublants. De l'amour, elle ne connaît que ce baiser violent reçu à 13 ans, et des rêves sensuels qui lui font entrevoir une volupté intense enviable. Pour perdre sa virginité, elle compte sur l'arrivée imminente à Londres de son correspondant américain Charlie, qu'elle n'a jamais vu. Mais également sur ce reportage télévisé, auquel elle participe avec détachement, et qui met en lumière sa situation particulière... Et si jamais quelqu'un était séduit par son sourire ? Parce que les occasions de rencontrer des hommes sont rares, même si il y a ce professeur, plus âgé qu'elle, qui l'emmène régulièrement écouter des concerts, ou ce séduisant jeune homme, Ulick Brand, croisé dans un bar, qui l'intrigue. Que devient la vie rêvée quand elle rencontre le prisme cruel de la réalité ? C'est ce qu'aborde Angela Huth dans ce roman d'une étonnante modernité (il a été écrit en 1972). Mais elle a surtout le talent de décrire avec un implacable humour des personnages à la fois plein d'attentes et défaillants. Tu as aimé les descriptions travaillées de ce pavillon de banlieue où Virginia vit sagement avec ses parents, leur amour bienveillant et enfermant, leurs absurdes habitudes. Tu as aimé l'écriture alerte de l'auteure. C'est un livre que tu as eu hâte de retrouver chaque soir, dont tu as tourné rapidement les pages, qui t'a fait voyager dans Londres, écouter de la musique... Tu as aimé aussi les moments où Virginia l'institutrice veillait sur sa classe studieuse et concentrée, toute occupée à dessiner des couchers de soleil ou des journées colorées... Un livre qui t'a donné envie de sortir enfin de ta PAL Tendres silences, cet autre roman d'Angela Huth, dont tu espères le même plaisir de lecture... 

Quai voltaire - Février 2017

 

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08 février 2017

Le Quatrième mur, Sorj Chalandon & Corbeyran & Horne

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Tandis qu'une pile de romans t'attendent, toi tu lis et empruntes des BD... Mais comment résister à cette adaptation du roman éponyme de Sorj Chalandon, déjà lu et adoré, et qui met en scène la pièce d'Antigone par Anouilh ? Hein, comment ?... Raisonnable est un mot que ton blog ne connaît pas, et certainement pas ton pseudo... Tu ouvres donc cet album d'un rouge flamboyant en sachant déjà que l'histoire t'est connue. Et tu ne t'attends pas forcément à rencontrer du noir et blanc, et non plus Anouilh en personne dès les premières pages, qui déclame les paroles du choeur... (Voilà. Ces personnages vont vous jouer l'histoire d'Antigone. Antigone, c'est la petite maigre, qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu'elle va être Antigone tout à l'heure...) Tu dois avouer que le dessin ne te séduit pas d'emblée, non plus que ce gris lavé, et la physionomie des personnages. (Tu confondras d'ailleurs quelques visages au cours de ta lecture.) Mais l'histoire reste la même, aussi étonnante et sensible, forte que dans le roman. Tu salues d'ailleurs la dextérité de cette transposition d'un roman foisonnant en dialogues brefs et percutants. L'histoire ? Samuel veut monter l'Antigone d'Anouilh à Beyrouth, en prélevant dans chaque camp un des personnages, pour un message de paix et d'espoir. Mais Samuel est malade, alité à Paris. Nous sommes en 1982. Il envoie alors son ami à sa place, ce jeune père de famille, Georges, qui va rencontrer là-bas, des difficultés à rassembler tout le monde, mais surtout la guerre et la mort... Et que les images de la fin de cet album sont ingénieuses, visuellement réussies ! Tu restes d'ailleurs un peu figée devant ces cases montrant Georges tenant Imane indéfiniment dans ses bras..Il y a 73 ans, le 4 février 1944, avait lieu la première représentation de l'Antigone de Jean Anouilh, au Théâtre de l'Atelier. «L'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par cœur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre.» Et c'est ce message que véhicule le roman de Sorj Chalandon, un message de candeur, de lutte têtue et de paix. Je dirais que l'album, lui, semble plutôt démontrer combien vivre pour ses idéaux est à la fois beau et périlleux... mais essentiel, tellement essentiel, et il fait de Georges une figure d'Antigone, masculine et bouleversante. 

Editions Marabulles - Octobre 2016

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En Lecture Commune avec Mo' du Bar à BD.
Lu aussi par Noukette et Jérôme !!

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02 février 2017

Je dansais, Carole Zalberg

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Tu ne savais pas qui dansait dans ce livre quand tu as répondu oui... à Carole Zalberg. Mais tu avais lu A défaut d'Amérique, alors tu savais donc déjà (par contre) que tu aimerais l'écriture... Tu ne savais pas non plus que l'on pouvait écrire de nouveau sur l'enfermement, et aussi bien, après le bouleversant et prodigieux Room... mais si. Lorsque tu ouvres les premières pages de Je dansais, tu n'as pas lu la quatrième de couverture, exprès (tu aimes les surprises des premiers mots), et les premières phrases te prennent à la gorge, très vite... Tu reconnais la situation, le duel qui se joue, l'horreur, et cette ambivalence terrible qui lie peu à peu la victime à son bourreau... le vide en soi, la lutte tapie dans le creux du cerveau, l'attente qui s'épuise. Marie, treize ans, a été enlevée et séquestrée. Son ravisseur, brûlé au visage par accident, devenu un monstre, croit avoir reconnu en la petite fille son amour, sa précieuse. Il y a effectivement ce jour où, en le croisant dans la rue, elle n'avait pas baissé son regard devant lui. L'erreur. Il l'a choisie ce jour là, pour ce défi. Avant, Marie dansait, faisait le bonheur de ses parents, un bonheur pourtant si fragile... Lire tout cela, pour toi lectrice, au fur et à mesure des pages, c'est presque laisser couler dans tes veines de l'acide, t'obliger à faire taire la révolte qui sourde en toi, avec le temps qui file, les années qui passent et la résignation... Et Carole Zalberg fait danser sa plume sur cette sensation, te trouble à essayer de comprendre les motivations du bourreau, sa pauvre peine. Elle laisse aussi pénétrer dans son livre les voix de toutes ses jeunes filles qui de par le monde sont en butte à la violence des hommes. Et toi tu as juste envie de crier NON... et lorsque tu fermes ce livre tu sais la trace indélébile, presque la blessure, qu'il a laissée en toi... la force de son frisson.

Editions Grasset - 16 € - Février 2017

Ptitlapin l'a lu aussi

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26 janvier 2017

Encore faut-il rester vivants, Anne Ferrier

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Allez hop ! Un livre jeunesse, c'est toujours la perspective de rester en éveil... Alors tant mieux tant mieux, car il t'en reste encore quelques uns à lire dans ta Pile à Lire urgente. Dans celui-ci, que tu as ouvert pour sa couverture bigarrée (tu avais envie de couleurs), ça tombe bien, il s'agit justement de tout faire pour rester en vie... En ouvrant sa première page, tu prends le train en marche. (Fidèle à ton habitude, tu n'avais pas lu la quatrième de couverture)... La fin du monde a déjà eu lieu. Julia, Shawn, Mouette et leur chien sont en pleine course poursuite... Tu as le sentiment d'avoir déjà vu des scènes semblables quelque part, dans Divergente ou Hunger Games, ou au détour d'un des dédales du Labyrinthe... (Ah d'accord, voilà où nous en sommes) Une éruption solaire a dévasté le monde tel que nous le connaissons, une épidémie s'est répandue transformant en errants (sorte de zombies agressifs) les survivants contaminés au moindre contact humain. Toi lectrice, tu souris très vite à ce dépaysement garanti et t'attache aussi rapidement aux personnages, à ces trois adolescents courageux et fatigués qui vont n'avoir de cesse au fil des chapitres de se déplacer, de sauver leur peau, de se méfier des adultes, et de se débrouiller au mieux pour se nourrir, dormir et ne pas se laisser prendre. L'hostilité est partout, sauf dans leur trio, où confiance et sentiments s'éveillent rapidement... Mais comment aimer, avoir un avenir, dans ce nouveau monde où le moindre contact, la moindre marque physique d'affection est une condamnation à mort ?... Tendue comme un arc, tu n'as pas pu laisser courir sur les dernières pages ces enfants sans savoir si ils allaient effectivement s'en sortir... Tu as éteint la lumière un peu tard ce soir là, le soir où tu as terminé ce livre terriblement addictif et divertissant. Pfiou, quelle course !... Qui aurait dit que tu prendrais plaisir à lire une telle histoire ? Tu te surprendras toujours un peu...

Editions Magnard Jeunesse - Octobre 2016

Hérisson l'a lu aussi

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20 janvier 2017

Trois frères, Peter Ackroyd

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Tu as commencé depuis peu un Bullet journal... acheté des crayons de couleurs, ouvert un espace presque secret, fait d'écriture, de dessins et de papier. Et dans cet espace, tu as consacré une page entière à tes lectures de PAL... Alors, il te fallait fouiner dans les entrailles de tes services de presse, donner l'exemple, puisque tu es également l'organisatrice du challenge Objectif Pal (quand même). De tous, tu as donc choisi pour le mois de janvier ce Trois frères, sorti en 2015, parce que depuis le temps que tu reçois des livres des Editions Philippe Rey, tu sais leur qualité, qu'ils ne te décevront pas. Dans ce roman, très vite, tu rencontres ces fameux trois frères, mais surtout leur père, plein d'ambition littéraire, contraint par le mariage, et les trois naissances qui vont suivre de prendre un poste de veilleur de nuit. Un jour, la mère des trois garçons disparaît. Aucune explication ne sera donné aux enfants (ni au lecteur d'ailleurs). Les petits se retrouvent ainsi contraints de s'élever seuls. Ils ont des caractères très différents. Harry est frondeur, Daniel plus posé et studieux, Sam est trop rêveur... Et ce qui te surprend le plus dans ce récit, au fil de ta lecture, ce que tu rediendras, bien plus que l'évolution vers l'âge adulte de ces trois enfants, c'est la part de mystère et d'onirisme qui y plane... assez étonnante, dans un récit par ailleurs plutôt classique. Il se passe de drôles de choses dans les brumes de ce Londres d'après-guerre, des complots, des ambitions, des désirs cachés... et comme promis ce roman te promène jusqu'à sa fin avec facilité, classe et cynisme. Tu devines assez vite que l'équilibre des vies que tu croises dans ce livre est fragile, que quelque part, un narrateur omniscient (Dieu ? Les nonnes de Notre-Dame-des-lamentations ?) soupèse les âmes et valide ou non leur existence... Et tandis que tu rédiges ce billet, relis la dernière phrase du roman, tu te rends compte que s'explique là tout son fil rouge... Mais oui, bien sûr !! Bien joué Mr Ackroyd.

Editions Philippe Rey - Janvier 2015

objectif pal

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18 janvier 2017

Chicagoland, Fabrice Colin & Sacha Goerg

... d'après le texte de RJ Ellroy

chicagoland

Le nom de Fabrice Colin sur cette couverture a arrêté ton regard... et puis ce dessin, ces yeux vifs et hallucinés. Tu aimes parfois ces ambiances, ce Chicago des années 50 sublimé par des auteurs de romans policiers tels que RJ Ellory. Dans cet album, une jeune institutrice est retrouvée morte étranglée dans son appartement. Le meurtrier se présente de lui même au commissariat du 14ème, peu de temps après les faits. Il avoue tout, le meurtre accidentel, le fait qu'il croyait pouvoir passer la nuit avec cette femme après leur soirée, son refus à elle, sa colère à lui... Je n'avais pas l'intention de la tuer, mais je l'ai fait... Le flic qui a mené l'enquête est un peu dubitatif devant cet aveu si facile et si spontané, qui ne se contredit jamais. La soeur de la victime est emplie de vengeance et n'écoute que son désarroi. Le meurtrier sera exécuté... Et toi tu te promènes dans ces belles pages, tentant d'écouter la voix de chacun, de comprendre où est le noeud de l'intrigue... et puis soudain, une case te fait remonter la pente de l'histoire, te permet de comprendre une bulle que tu n'avais pas vraiment comprise dans les premières pages... (page 11), au moment de l'exécution. Trop fort ! Te voici donc conquise, et un peu éberluée... Comme quoi il est bon de toujours se méfier des apparences. 

Editions Delcourt - Septembre 2015

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11 janvier 2017

La Fin du monde, Tirabosco et Wazem

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Parfois les lectures se parlent et se répondent... alors tu n'as pas été vraiment étonnée de retrouver dans cet album un univers ésotérique (déjà côtoyé ici) qui mène une jeune fille trentenaire vers une vieille femme, puis vers son père, et permet aux personnages de se libérer de leur passé. Il pleut beaucoup dans cet album en bleu foncé et blanc. Les cases sont sombres, resserrées, l'univers inquiétant. C'est d'ailleurs un peu la fin du monde. Il faut dire que le père de notre jeune héroïne est dans le coma, et que cette jeune femme qui passe habituellement tout son temps au ras du sol pour fuir dans ses pensées, éprouve tout à coup le besoin de se rendre dans sa maison d'enfance, pour nourrir un chat. Là-bas, il y a une pièce interdite, un chat donc, une vieille femme un peu bizarre qui s'invite, et beaucoup de secrets... Et toi tu ne sais pas pourquoi tu as particulièrement aimé cet album là dans le tas emprunté en bibliothèque, mais tu sais que tu as été émue, malgré toi, par cette belle histoire... qu'elle t'a rappelée quelques films d'animation japonais connus (Ponyo sur la falaise par exemple)... et que parfois la magie tient à peu de choses, à une case qui te fait monter les larmes aux yeux... à une ombre, à une phrase, à une image. 

Editions Futuropolis - Août 2008

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10 janvier 2017

La Rivière des doutes, Emmanuelle Becker-Papin

L’image contient peut-être : bougies

Tu savais que ce livre serait particulier... quelque chose dans le choix du bandeau, dans ce que raconte la quatrième de couverture, dans ce que t'en a dit ton conjoint qui l'a lu avant toi... Et quoi de mieux alors que de l'ouvrir dans cette atmosphère si particulière (et un peu magique) du réveillon du jour de l'an ? Tu apprends, dès les premières pages, que Jeanne est réveillée toutes les nuits par des cauchemars, qu'une voix l'appelle à l'aide... Aide-moi, je t'en prie, aide-moi ! Jeanne vit avec Tom, et mène la carrière active d'une jeune trentenaire moderne, et ce nouveau manque de sommeil l'interroge. Que signifie-t-il donc ? Mais si ses rêves la perturbent beaucoup, ce n'est rien à côté du message que lui transmet un soir sa libraire. Une vieille femme cherche à la joindre, c'est urgent, chaque heure compte. Jeanne doit absolument l'appeler. Célia (c'est la vieille femme), est en réalité médium et permet à Jeanne de parler avec sa grand-mère décédée en prenant soudainement son apparence... Ouah ! La scène est assez impressionnante. Et l'auteure s'avère très forte, sur ce moment là, sur l'apparition de cette grand-mère et sur tout le discours qui suit... Il faut sans doute qu'à cet instant précis le lecteur accepte (comme Jeanne d'ailleurs) ce principe étonnant, pour poursuivre sereinement sa lecture, que le père juste décédé de Jeanne a effectivement besoin de l'aide de sa fille pour que la flèche de son avenir éternel bascule vers le paradis plutôt que vers l'enfer. Et si le principe est accepté, il s'embarque alors vers une aventure pleine de rebondissements, de suspens, d'affection et d'émotions... Tu avais besoin que l'on te raconte des histoires, que l'on t'emporte ailleurs, loin de la réalité. Tu avais besoin d'amour et de câlins, te voilà servie !! Mais tu savais déjà, par les quelques propos échangés sur Facebook avec Emmanuelle Becker-Papin, qu'il y aurait de la douceur et de la légèreté dans ce livre, et qu'il te prendrait chaleureusement dans ses bras... c'est d'ailleurs tout ce que tu lui demandais... et il l'a fait, il l'a fait.

Editions Anne Carrière - Novembre 2016

L'irrégulière l'a lu aussi

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08 janvier 2017

Mon dernier continent, Midge Raymond

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Tu avais envie que l'on continue à te raconter des histoires... alors quoi de mieux que d'ouvrir ce Dernier continent, roman écologique, et aussi de catastrophe, qui nous annonce dès le début le drame à venir... (Une semaine avant le naufrage) Pendant des pages, tu vis alors avec cette femme, Deb, une américaine, passionnée par les manchots, l'Antarctique, mais également prise de passion pour cet homme, Keller, qui ne cesse de lui échapper (pfffff)... Elle est à la fois une scientifique chargée d'observer l'impact du tourisme sur les animaux rencontrés, mais également une guide pour touristes en mal de sensations fortes. Paradoxe de la vie... très bien rendu dans ce livre où les personnages ne cessent de peser le pour et le contre de leurs engagements. Heureusement, Deb travaille sur le Cormoran, un vaisseau amiral respectueux de l'environnement, et non pas sur ce monstre de paquebot, l'Australis, qui s'engage dangereusement dans les mers du Sud. Encore cette fois, tu trouves la chronologie bizarre. Toi qui saute d'habitude allègrement le nom des chapitres, tu t'efforces là de te concentrer dessus, puisqu'ils sont marqueurs de temps, et que ça change tout le temps le temps dans ce roman, en désordre, entre des années ou quelques jours avant le drame. Et puis, malgré ce va et vient, et un style d'écriture qui au départ ne te prenait pas vraiment (trop léger ?), tu t'attaches au personnage principal, à cette femme qui cache un coeur tendre sous ses couches de vêtements superposés et sa solitude. Avec elle, tu as froid, tu doutes de tes choix, tu attends (parfois des années), tu t'énerves en silence, tu persévères, tu as peur, tu aimes... et tu espères. Tu as lu ce livre cachée sous des couvertures, bien au chaud, dans le confort douillet d'un pré réveillon tranquille... et pourtant il te semble avoir entendu le sifflement du vent sur la glace, ce silence si particulier sous les cris des oiseaux marins, et avoir senti tout près de toi la force des icebergs... mais sans doute as-tu rêvé ? 

Editions Stock la cosmopolite - Novembre 2016

Nicole l'a lu aussi

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07 janvier 2017

Ce Coeur changeant, Agnès Desarthe

desarthe

Tu as entendu deux fois la même histoire... Agnès Desarthe qui prépare les bagages de sa famille avec difficulté, son mari qui débarque au milieu des pulls et des chaussettes, et qui au lieu de lui apporter son aide lui demande quel livre elle va écrire bientôt... Tu vas être surpris... Et Agnès Desarthe invente alors un prochain livre, qui sera historique, et dans lequel deux femmes s'aimeront... Tu as entendu deux fois la même histoire, puis des anecdotes différentes, tout d'abord à La Roche sur Yon l'an dernier puis là à Fontenay Le Comte, dans cette sublime et étrangement figée dans le temps Salle des mariages... qui donne si bien en photo. Si bien que tu l'as acheté ce livre, dont le thème a effectivement surpris le mari, Ce coeur changeant, pour satisfaire à ton tour ta curiosité. Et tu as aimé ce petit échange avec l'auteure qui a suivi (sous l'oeil sérieux de Marianne), et cette dédicace qui dit... au plaisir de partager la lecture avec vous, et l'écriture aussi... Là, après ta monstrueuse panne de lecture, ce livre te semble donc un enchaînement évident, puisque tu as passé une très bonne journée à Fontenay le Comte et qu'il conte les aventures tumultueuses d'une jeune naïve au début du XXème siècle. Rose débarque à Paris, elle a vingt ans. Elle vient de quitter le Danemark. Mais toi lectrice, avant de suivre ses pas, tu avais déjà assisté en préambule à la rencontre de ses parents et à la description assez impressionnante de sa grand-mère, déformée physiquement par une trop grande absorption de sucre (plus jamais tu ne mangeras de sucre c'est promis). Agnès Desarthe a avoué avoir tenté de tremper son personnage (Rose) dans plusieurs bains (situations) pour voir comment elle réagissait. Et il est peu de dire que Rose ne réagit pas très bien. Elle se laisse ballotter par les évènements et les rencontres, met sa vie en danger, mais elle vit également de merveilleuses aventures humaines, sensuelles et littéraires. Lire Ce coeur changeant est une expérience romanesque qui s'avère au fil des pages de plus en plus intéressante, burlesque et dépaysante. Bien entendu, lors de ta lecture, tu as entendu la voix de l'auteure, raccordé quelques éléments, mais surtout surtout tu as eu envie que l'on continue à te raconter des histoires... Chiche.

Editions de l'Olivier - Août 2015

Festival littéraire La mer est loin - Fontenay le Comte - 24 25 26 27 novembre 2016