05 mars 2017

De la joie d'être bordélique, Jennifer McCartney

delajoiedetrebordelique

Ceci n'est pas un livre sur le rangement. Ce n'est pas non plus un livre de développement personnel. Ceci est juste une parodie. Et tu ouvres ce livre, donc, reçu un beau jour avec une pluie de badges (moment joyeux), persuadée de ne pas être la cible d'un ouvrage qui prône ainsi dès sa couverture l'art du dérangement, toi qui vient de commencer un bullet journal, qui n'a de cesse de faire des piles droites, de ranger derrière tes enfants et de vouloir contrôler tout bazar susceptible de débordement... Et en fait si, tu te découvres un peu bordélique (quoique organisée), puisque tu aimes (dans le désordre) les ardoises à craie, entasser des livres, des objets de décoration, enfourner tes vêtements dans le placard au petit bonheur la chance, collectionner. Tu n'avais pas réalisé qu'il pouvait y avoir une conspiration du rangement, que quelques grandes marques (suédoises par exemple) complotaient pour nous donner envie d'acheter armoires, bibliothèques et autres casiers... Hihihi. Ce qui n'est pas faux. Car toi aussi tu as succombé aux bibliothèques Billy, aux corbeilles en rotin, aux si jolis boîtes en carton colorées. Rhhhaaa ! Mais que faire donc ? Comment profiter de la vie, déstresser, et arrêter de perdre son temps à ranger ? Jennifer McCartney a quelques astuces, elle propose déjà de sortir une bonne bouteille de vin de sa cave, et puis de semer du bordel partout dans la maison. De la joie d'être bordélique assume complètement sa résolution d'être à contre courant de La magie du rangement, récent best seller, sur le principe que toutes les maisons bien rangées se ressemblent et sont sans âme. La science a prouvé que les personnes désordonnées étaient plus créatives, profitons-en ! Jennifer McCartney vit à Brooklyn mais elle distille un humour et des conseils applicables en france... et si personnellement tu serais plutôt une adepte du slow life et du minimalisme (sauf en matière de livres, et sans vraiment y arriver non plus), tu as vraiment beaucoup ri... et tu en as profité pour t'acheter quelques nouvelles fringues ! Histoire d'ajouter un peu de bordel dans ton armoire déjà pleine.

bordelfringues

Mazarine - Février 2017

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02 mars 2017

Les examens de conscience, Stephen Grosz

lesexamensdeconscience

Tu as déniché ce titre dans ta pile de livres à lire... sans vraiment savoir de quoi il retournait (en fait tu avais oublié), mais peut-être seulement en raison de cette peinture en couverture, celle de Magritte, de ce clair obscur improbable qui t'intrigue toujours et qui signifie qu'il ne faut pas se fier aux apparences mais lever un peu les yeux, et chercher au-delà du premier regard... En réalité, tu apprends rapidement par la quatrième de couverture, et l'avant propos, que Stephen Grosz est psychanalyste. Il exerce à Londres depuis plus de vingt-cinq ans. Et ce livre est un recueil de quelques unes des séances qu'il a conduites avec ses patients. Il parle ici de quelques cas significatifs, avec bienveillance... sans chercher le sensationnel. Ce livre parle... [...] de notre désir de parler, de comprendre et d'être compris. Ce livre dit aussi comment on s'écoute les uns les autres, et pas seulement par les mots qu'on se dit, mais aussi par les vides entre les mots. C'est quelque chose qui habite notre quotidien : on frappe contre un mur, et on écoute. Tu pensais, en tant que lectrice, t'ennuyer un peu dans cet exercice, mais au contraire... comme il est intéressant de constater que la solution des angoisses se tient parfois dans les détails innocents d'un rêve, d'un souvenir, d'une parole, d'une habitude. Et le praticien mène l'enquête, conjointement avec son patient, tous les deux avides du même désir de changement et de guérison... Tu as beaucoup aimé parcourir ces tranches de vie, tu as souri souvent... Ce titre fait étrangement du bien, il apporte, il donne quelques clés pour qui aurait par hasard des serrures à ouvrir... Comme The Guardian, tu l'as trouvé doux, intense et croustillant. Et comme The New Yorker, haletant comme un polar... pour une fois que tu es en accord avec des citations dithyrambiques, profitons-en. 

Editions Slaktine et Cie - Mars 2016

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26 février 2017

Ma mémoire est un couteau, Laurie Halse Anderson

mamemoireestuncouteau

Lire Laurie Halse Anderson te fait toujours un bien fou... et agît comme un baume qui aurait le pouvoir de refermer toutes tes plaies encore ouvertes. Et tu ne comprends pas bien pourquoi, comment la magie fonctionne. Ses personnages sont pourtant toujours terriblement cabossés et bien loin de ta réalité... Mais peut-être est-ce ce retour improbable vers l'adolescence qui au détour de quelques phrases te renvoie son miroir ? Et l'humanité qui se dégage de ces récits à la fois éprouvants et combatifs qui t'apaise ? Sans doute. Le personnage de ce nouvel opus, Hayley, a encore une fois sa place dans cette magnifique collection de La belle colère (Et as-tu déjà dit combien tu aimais cette collection qui trône en bonne place sur tes étagères Ikea ?)... L'adolescente a débarqué depuis peu de temps dans cette ville où sa grand-mère possédait une maison. Son père et elle ont déposé leurs bagages là, après avoir sillonné les routes. Andy a décidé que sa fille ferait sa dernière année d'étude avant l'entrée à l'université dans un établissement normal. Malheureusement, Hayley rechigne à s'adapter à son nouvel environnement scolaire et son père, ancien militaire, continue à être hanté par ses démons et ses souvenirs... Et il y a des scènes de violences et de désespoir inouïes qui démontrent combien les dégâts sont importants... Mais il y a aussi Finn, avec son amour et son attention délicate, et Gracie, l'amie fidèle, et une confiance difficile à accorder de nouveau... pour que tout s'arrange, et que l'avenir puisse avoir un sens. Tu as dévoré ce roman, bien au chaud sous ta couette, comme on regarde une série pour adolescents en famille, avec la tête de ses enfants sur ses épaules et un thé fumant qui termine d'infuser sur la table basse, avec apaisement. Laurie Halse Anderson a vraiment une voix particulière, manie l'humour et la sensibilité, sans jamais tomber dans le pathos, mais avec pudeur et ironie. Elle donne envie de ne plus lire que des romans jeune adulte, et de se donner la chance (le courage) de pouvoir, à chaque âge, réinventer sa vie... et toi tu en redemandes.

La belle colère - Février 2017

Mélo l'a lu aussi

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23 février 2017

Tendres silences, Angela Huth

tendressilences

Refermant tout juste la toute nouvelle édition de La vie rêvée de Virginia Fly... ton choix de lecture de PAL du mois était tout trouvé en cet exemplaire du même auteur, datant de 1999, chiné chez un bouquiniste nantais, et perdu depuis dans ta bibliothèque... Mais outch, tu ne t'attendais pas à une telle histoire ! Angela Huth manie décidément avec art l'humour cynique et joue délicieusement avec nos nerfs... Mais tu t'expliques... La romancière a, dans ce roman, décidé de faire entrer son lecteur dans l'intimité d'un couple sans histoires, les Handle. Ils ont une vie douce, rythmée par des habitudes bien ancrées, un silence tendre et complice. Depuis quelques temps, un jeune voisin, Lucien, vient troubler les matinées de Grace avec ses apparitions extravagantes en fin de petit déjeuner. L'épouse tranquille est à la fois déstabilisée, inquiète, et heureuse d'être dérangée. William, son mari, n'est de toutes façons pas très attentif à ses émotions, il faut dire qu'il disparaît à chaque fois juste avant l'arrivée du jeune homme, pour étudier sa musique à l'étage. Le quatuor dans lequel il joue depuis plus de vingt ans vient par ailleurs de subir une petite révolution qui le préoccupe bien plus. Un des musiciens a été remplacé par une femme. William est subjugué par Bonnie, et tombe rapidement dans une sorte d'obsession amoureuse qui le mènera à envisager... le meurtre de sa femme adorée, Grace... Là tu dois dire qu'à plusieurs reprises au cours de ta lecture, tu as eu envie de t'exclamer... mais enfin William !!... En effet, les diverses stratégies de William pour arriver à ses fins, et séduire en parallèle la jeune Bonnie, sont pour le moins drôles, tristes et ridicules. On tremble, on rit jaune, et on se demande véritablement comment tout cela va se terminer... Mal ? Forcément. Bizarrement la musique est là (beaucoup de musique), la gentillesse, la belle lumière qui plonge dans la cuisine, le repas qui mijote aussi, et l'on se prend à espérer que les esprits échauffés vont recouvrer raison. Mince alors... quelle aventure !

Quai Voltaire - 1999

Lu en version poche par Tlivres

objectif pal

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19 février 2017

La Vie rêvée de Virginia Fly, Angela Huth

laviereveedevirginia

De Angela Huth tu avais déjà lu L'invitation à la vie conjugale... dont tu avais aimé le propos, ce regard lucide et léger sur des femmes au foyer désespérées... Alors, lorsque Babelio t'a proposé ce nouveau titre, avec cette délicieuse couverture, dans le cadre d'un Masse critique privilégié, tu n'as pas pu résister. Même si un autre roman d'Angela Huth t'attend depuis des lustres dans ta PAL... Et le livre est arrivé tout pimpant dans ta boîte aux lettres, au terme d'une journée sur Nantes particulière, où tu t'es à la fois occupée de ta santé, et a dévalisé les boutiques... Mais de quoi s'agit-il ? Virginia Fly est une jeune institutrice de 31 ans. Elle vit chez ses parents et est encore vierge. Mais comme l'indique son nom (idée élégante qui t'a fait sourire), la vierge Virginia voudrait bien sortir de cette situation, s'envoler enfin vers des plaisirs troublants. De l'amour, elle ne connaît que ce baiser violent reçu à 13 ans, et des rêves sensuels qui lui font entrevoir une volupté intense enviable. Pour perdre sa virginité, elle compte sur l'arrivée imminente à Londres de son correspondant américain Charlie, qu'elle n'a jamais vu. Mais également sur ce reportage télévisé, auquel elle participe avec détachement, et qui met en lumière sa situation particulière... Et si jamais quelqu'un était séduit par son sourire ? Parce que les occasions de rencontrer des hommes sont rares, même si il y a ce professeur, plus âgé qu'elle, qui l'emmène régulièrement écouter des concerts, ou ce séduisant jeune homme, Ulick Brand, croisé dans un bar, qui l'intrigue. Que devient la vie rêvée quand elle rencontre le prisme cruel de la réalité ? C'est ce qu'aborde Angela Huth dans ce roman d'une étonnante modernité (il a été écrit en 1972). Mais elle a surtout le talent de décrire avec un implacable humour des personnages à la fois plein d'attentes et défaillants. Tu as aimé les descriptions travaillées de ce pavillon de banlieue où Virginia vit sagement avec ses parents, leur amour bienveillant et enfermant, leurs absurdes habitudes. Tu as aimé l'écriture alerte de l'auteure. C'est un livre que tu as eu hâte de retrouver chaque soir, dont tu as tourné rapidement les pages, qui t'a fait voyager dans Londres, écouter de la musique... Tu as aimé aussi les moments où Virginia l'institutrice veillait sur sa classe studieuse et concentrée, toute occupée à dessiner des couchers de soleil ou des journées colorées... Un livre qui t'a donné envie de sortir enfin de ta PAL Tendres silences, cet autre roman d'Angela Huth, dont tu espères le même plaisir de lecture... 

Quai voltaire - Février 2017

 

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08 février 2017

Le Quatrième mur, Sorj Chalandon & Corbeyran & Horne

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Tandis qu'une pile de romans t'attendent, toi tu lis et empruntes des BD... Mais comment résister à cette adaptation du roman éponyme de Sorj Chalandon, déjà lu et adoré, et qui met en scène la pièce d'Antigone par Anouilh ? Hein, comment ?... Raisonnable est un mot que ton blog ne connaît pas, et certainement pas ton pseudo... Tu ouvres donc cet album d'un rouge flamboyant en sachant déjà que l'histoire t'est connue. Et tu ne t'attends pas forcément à rencontrer du noir et blanc, et non plus Anouilh en personne dès les premières pages, qui déclame les paroles du choeur... (Voilà. Ces personnages vont vous jouer l'histoire d'Antigone. Antigone, c'est la petite maigre, qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu'elle va être Antigone tout à l'heure...) Tu dois avouer que le dessin ne te séduit pas d'emblée, non plus que ce gris lavé, et la physionomie des personnages. (Tu confondras d'ailleurs quelques visages au cours de ta lecture.) Mais l'histoire reste la même, aussi étonnante et sensible, forte que dans le roman. Tu salues d'ailleurs la dextérité de cette transposition d'un roman foisonnant en dialogues brefs et percutants. L'histoire ? Samuel veut monter l'Antigone d'Anouilh à Beyrouth, en prélevant dans chaque camp un des personnages, pour un message de paix et d'espoir. Mais Samuel est malade, alité à Paris. Nous sommes en 1982. Il envoie alors son ami à sa place, ce jeune père de famille, Georges, qui va rencontrer là-bas, des difficultés à rassembler tout le monde, mais surtout la guerre et la mort... Et que les images de la fin de cet album sont ingénieuses, visuellement réussies ! Tu restes d'ailleurs un peu figée devant ces cases montrant Georges tenant Imane indéfiniment dans ses bras..Il y a 73 ans, le 4 février 1944, avait lieu la première représentation de l'Antigone de Jean Anouilh, au Théâtre de l'Atelier. «L'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par cœur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre.» Et c'est ce message que véhicule le roman de Sorj Chalandon, un message de candeur, de lutte têtue et de paix. Je dirais que l'album, lui, semble plutôt démontrer combien vivre pour ses idéaux est à la fois beau et périlleux... mais essentiel, tellement essentiel, et il fait de Georges une figure d'Antigone, masculine et bouleversante. 

Editions Marabulles - Octobre 2016

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En Lecture Commune avec Mo' du Bar à BD.
Lu aussi par Noukette et Jérôme !!

Ceci est ta BD de la semaine, tous les autres liens sont chez Stephie

 

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02 février 2017

Je dansais, Carole Zalberg

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Tu ne savais pas qui dansait dans ce livre quand tu as répondu oui... à Carole Zalberg. Mais tu avais lu A défaut d'Amérique, alors tu savais donc déjà (par contre) que tu aimerais l'écriture... Tu ne savais pas non plus que l'on pouvait écrire de nouveau sur l'enfermement, et aussi bien, après le bouleversant et prodigieux Room... mais si. Lorsque tu ouvres les premières pages de Je dansais, tu n'as pas lu la quatrième de couverture, exprès (tu aimes les surprises des premiers mots), et les premières phrases te prennent à la gorge, très vite... Tu reconnais la situation, le duel qui se joue, l'horreur, et cette ambivalence terrible qui lie peu à peu la victime à son bourreau... le vide en soi, la lutte tapie dans le creux du cerveau, l'attente qui s'épuise. Marie, treize ans, a été enlevée et séquestrée. Son ravisseur, brûlé au visage par accident, devenu un monstre, croit avoir reconnu en la petite fille son amour, sa précieuse. Il y a effectivement ce jour où, en le croisant dans la rue, elle n'avait pas baissé son regard devant lui. L'erreur. Il l'a choisie ce jour là, pour ce défi. Avant, Marie dansait, faisait le bonheur de ses parents, un bonheur pourtant si fragile... Lire tout cela, pour toi lectrice, au fur et à mesure des pages, c'est presque laisser couler dans tes veines de l'acide, t'obliger à faire taire la révolte qui sourde en toi, avec le temps qui file, les années qui passent et la résignation... Et Carole Zalberg fait danser sa plume sur cette sensation, te trouble à essayer de comprendre les motivations du bourreau, sa pauvre peine. Elle laisse aussi pénétrer dans son livre les voix de toutes ses jeunes filles qui de par le monde sont en butte à la violence des hommes. Et toi tu as juste envie de crier NON... et lorsque tu fermes ce livre tu sais la trace indélébile, presque la blessure, qu'il a laissée en toi... la force de son frisson.

Editions Grasset - 16 € - Février 2017

Ptitlapin l'a lu aussi

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26 janvier 2017

Encore faut-il rester vivants, Anne Ferrier

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Allez hop ! Un livre jeunesse, c'est toujours la perspective de rester en éveil... Alors tant mieux tant mieux, car il t'en reste encore quelques uns à lire dans ta Pile à Lire urgente. Dans celui-ci, que tu as ouvert pour sa couverture bigarrée (tu avais envie de couleurs), ça tombe bien, il s'agit justement de tout faire pour rester en vie... En ouvrant sa première page, tu prends le train en marche. (Fidèle à ton habitude, tu n'avais pas lu la quatrième de couverture)... La fin du monde a déjà eu lieu. Julia, Shawn, Mouette et leur chien sont en pleine course poursuite... Tu as le sentiment d'avoir déjà vu des scènes semblables quelque part, dans Divergente ou Hunger Games, ou au détour d'un des dédales du Labyrinthe... (Ah d'accord, voilà où nous en sommes) Une éruption solaire a dévasté le monde tel que nous le connaissons, une épidémie s'est répandue transformant en errants (sorte de zombies agressifs) les survivants contaminés au moindre contact humain. Toi lectrice, tu souris très vite à ce dépaysement garanti et t'attache aussi rapidement aux personnages, à ces trois adolescents courageux et fatigués qui vont n'avoir de cesse au fil des chapitres de se déplacer, de sauver leur peau, de se méfier des adultes, et de se débrouiller au mieux pour se nourrir, dormir et ne pas se laisser prendre. L'hostilité est partout, sauf dans leur trio, où confiance et sentiments s'éveillent rapidement... Mais comment aimer, avoir un avenir, dans ce nouveau monde où le moindre contact, la moindre marque physique d'affection est une condamnation à mort ?... Tendue comme un arc, tu n'as pas pu laisser courir sur les dernières pages ces enfants sans savoir si ils allaient effectivement s'en sortir... Tu as éteint la lumière un peu tard ce soir là, le soir où tu as terminé ce livre terriblement addictif et divertissant. Pfiou, quelle course !... Qui aurait dit que tu prendrais plaisir à lire une telle histoire ? Tu te surprendras toujours un peu...

Editions Magnard Jeunesse - Octobre 2016

Hérisson l'a lu aussi

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20 janvier 2017

Trois frères, Peter Ackroyd

troisfreres

Tu as commencé depuis peu un Bullet journal... acheté des crayons de couleurs, ouvert un espace presque secret, fait d'écriture, de dessins et de papier. Et dans cet espace, tu as consacré une page entière à tes lectures de PAL... Alors, il te fallait fouiner dans les entrailles de tes services de presse, donner l'exemple, puisque tu es également l'organisatrice du challenge Objectif Pal (quand même). De tous, tu as donc choisi pour le mois de janvier ce Trois frères, sorti en 2015, parce que depuis le temps que tu reçois des livres des Editions Philippe Rey, tu sais leur qualité, qu'ils ne te décevront pas. Dans ce roman, très vite, tu rencontres ces fameux trois frères, mais surtout leur père, plein d'ambition littéraire, contraint par le mariage, et les trois naissances qui vont suivre de prendre un poste de veilleur de nuit. Un jour, la mère des trois garçons disparaît. Aucune explication ne sera donné aux enfants (ni au lecteur d'ailleurs). Les petits se retrouvent ainsi contraints de s'élever seuls. Ils ont des caractères très différents. Harry est frondeur, Daniel plus posé et studieux, Sam est trop rêveur... Et ce qui te surprend le plus dans ce récit, au fil de ta lecture, ce que tu rediendras, bien plus que l'évolution vers l'âge adulte de ces trois enfants, c'est la part de mystère et d'onirisme qui y plane... assez étonnante, dans un récit par ailleurs plutôt classique. Il se passe de drôles de choses dans les brumes de ce Londres d'après-guerre, des complots, des ambitions, des désirs cachés... et comme promis ce roman te promène jusqu'à sa fin avec facilité, classe et cynisme. Tu devines assez vite que l'équilibre des vies que tu croises dans ce livre est fragile, que quelque part, un narrateur omniscient (Dieu ? Les nonnes de Notre-Dame-des-lamentations ?) soupèse les âmes et valide ou non leur existence... Et tandis que tu rédiges ce billet, relis la dernière phrase du roman, tu te rends compte que s'explique là tout son fil rouge... Mais oui, bien sûr !! Bien joué Mr Ackroyd.

Editions Philippe Rey - Janvier 2015

objectif pal

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18 janvier 2017

Chicagoland, Fabrice Colin & Sacha Goerg

... d'après le texte de RJ Ellroy

chicagoland

Le nom de Fabrice Colin sur cette couverture a arrêté ton regard... et puis ce dessin, ces yeux vifs et hallucinés. Tu aimes parfois ces ambiances, ce Chicago des années 50 sublimé par des auteurs de romans policiers tels que RJ Ellory. Dans cet album, une jeune institutrice est retrouvée morte étranglée dans son appartement. Le meurtrier se présente de lui même au commissariat du 14ème, peu de temps après les faits. Il avoue tout, le meurtre accidentel, le fait qu'il croyait pouvoir passer la nuit avec cette femme après leur soirée, son refus à elle, sa colère à lui... Je n'avais pas l'intention de la tuer, mais je l'ai fait... Le flic qui a mené l'enquête est un peu dubitatif devant cet aveu si facile et si spontané, qui ne se contredit jamais. La soeur de la victime est emplie de vengeance et n'écoute que son désarroi. Le meurtrier sera exécuté... Et toi tu te promènes dans ces belles pages, tentant d'écouter la voix de chacun, de comprendre où est le noeud de l'intrigue... et puis soudain, une case te fait remonter la pente de l'histoire, te permet de comprendre une bulle que tu n'avais pas vraiment comprise dans les premières pages... (page 11), au moment de l'exécution. Trop fort ! Te voici donc conquise, et un peu éberluée... Comme quoi il est bon de toujours se méfier des apparences. 

Editions Delcourt - Septembre 2015

Ceci est ta BD du mercredi, tous les autres liens sont chez Stephie aujourd'hui !

chicagoland1

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