10 avril 2009

A ne pas manquer...

on_n_est_pas_l__pour_disparaitre...une sortie "poche" chez Folio, d'un de mes coups de coeur de 2007 !

La présentation du site Gallimard :

Olivia Rosenthal

ON N'EST PAS LÀ POUR DISPARAÎTRE

FOLIO 240 pages - 6,00 €

 

« Le 6 juillet 2004, Monsieur T. a poignardé sa femme de cinq coups de couteau. Quand, lors de son interrogatoire, on a demandé à Monsieur T. pourquoi il avait agi de la sorte, il a été incapable de répondre.
Comment vous appelez-vous ?
Pas moi.
Quel est votre prénom ?
Il ne m'appartient pas. »

On n'est pas là pour disparaître part du portrait d'un homme atteint de la maladie d'Alzheimer pour saisir sur le vif ce qu'est la perte de la mémoire, de la parole et de la raison. Avec ce septième livre optimiste et désespéré, Olivia Rosenthal confirme son talent et son inventivité langagière.

 

ISBN 9782070379859. Parution : 02-04-2009.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Encore une lecture disparue avec mon ancien blog...!
Mon avis : Dans ce livre-ci, Olivia Rosenthal part à la recherche d'une pensée en perdition, éloignée de tout chemin connu et de toute logique. J'en ai aimé l'écriture, la sonorité, et malgré tout le sujet - qui m'était peu connu auparavant. L'auteure y dévoile, un peu aussi, quelques fragments de vie personnelle... A découvrir !!

 

heart

Un article Sur remue.net, suite à l'obtention du prix Wepler - L'avis de Télérama - Des extraits sur l'excellent blog de "lignes de fuite" - Laure n'a pas accroché plus que cela - Lily pense en dire trop tellement...mais non, c'est bien - Un roman fort et dérangeant pour la bibliothèque du Dolmen - Gambadou l'avait lu aussi mais son billet a disparu avec son ancien blog, zut !

 

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28 mars 2009

Une "sortie poche" à ne pas rater !!

aunomdela_m_re

Erri De Luca

AU NOM DE LA MÈRE

FOLIO 96 pages - 4,30 € - Présentation du site Gallimard :

« La grâce, c'est la force surhumaine d'affronter le monde seul, sans effort, de le défier en duel tout entier sans même se décoiffer. C'est un talent de prophète. C'est un don et toi tu l'as reçu. Tu es pleine de grâce. »

Erri De Luca s'empare de l'histoire la plus connue de l'humanité, et l'articule autour de la figure de Marie. Ou plutôt de Miriàm, une simple jeune femme juive, fiancée à Iosef quand elle tombe enceinte, et qui sait ce que cette grossesse avant le mariage signifie aux yeux de la Loi. Sous la plume du romancier italien, l'histoire de la Nativité trouve un ancrage nouveau dans le contexte hébraïque, et se fait éloge d'un corps et d'une âme, ceux d'une mère...

AU NOM DE LA MÈRE [2006], trad. de l'italien par Danièle Valin. Collection Folio (No 4884) (2009), Gallimard -ess. ISBN 9782070379767.
Parution : 26-03-2009.

heart Ce livre est un des mes coups de coeur de l'année 2007 (Ma lecture ayant disparue avec mon ancien blog, je vous renvoie sur celle de Sylvie.)... ou comment Erri De Luca brosse avec talent le portrait d'une simple femme, symbole de toutes les autres, dépeinte dans son humanité la plus terrienne et la plus magnifique. Un moment très beau et très émouvant, que je vous recommande chaudement !!!

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03 mars 2009

La fille de Carnegie (extrait)

"- Tu as tué un type ?
- Non.
- Tu l'as abattu ?
- Non.
- Au 9mm ?
- Non.
- Tu l'as pas fait ?
- Non.
- C'est pas toi ?
- Non.
- T'as pas tiré ?
- Non.
- Sur Ravieras ?
- Non.
- Dans la loge ?
- Non.
- En plein Met ?
- Non.
- Sur La Flûte ?
-
Non.
- T'es sûr ?
- Non.
- Ah ?
- J'veux dire...
- Quoi ?
- Oui !
- Oui quoi ?
- J'suis sûr.
- Sûr de quoi ?
- C'est pas moi.
- Pas toi ?
- Nan.
- T'as pas tiré ?
- Nan.
- T'as tué personne ?
- Non.
- T'as rien à faire ici ?
- N-non.
- On s'est trompés ?
- Ouais.
- T'es innocent ?
- Ouais.
- L'assassin court toujours ?
- Oui.
- Mais alors...
- Oui.
- Je t'ai posé une question ?
- Euh. Non.
- Mais alors...je disais, Lagana...
- Quoi ?
- Ben... qu'ess tu fous là ?
- Je te pose la question."

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02 mars 2009

La fille de Carnegie, Stéphane Michaka

la_fille_de_carnegie"Dans une ville comme ça, géante comme ça, dangereuse, imprévisible, perverse en ses moindres recoins, on ne se promène jamais sans craindre une mauvaise rencontre. Mais vue de très haut, dans l'oeil d'une mouette ou d'une escarbille, New York ne fait plus peur. C'est une bande de terre étroite, bruyante et chaude, sur laquelle l'escarbille se propose de planer un moment."

Un homme a été assassiné de trois coups de feu et est tombé d'une loge en pleine représentation de la Flûte enchantée au Métropolitan Opéra. Robert Tourneur, chef des inspecteurs à la brigade des homicides, est dépêché sur les lieux mais l'enquête à peine entamée trouve vite son coupable, un individu a été stoppé dans sa fuite et arrêté. Cet homme, l'inspecteur Tourneur a toutes les raisons de le détester, il s'agit d'un ancien collègue, Lagana, déjà coupable selon lui de la mort d'une amie très chère, Fran. Mais que faisait-il dans la loge de Sondra Carnegie, héritière richissime et critique d'opéra reconnue ? Une longue nuit de garde à vue commence dont seule la vérité sortira blanchie.

heart Attention talent !
Je ne pensais pas pouvoir dire cela d'un roman policier un jour, mais j'ai été subjuguée par l'écriture de celui-ci, et par la manière toute particulière de l'auteur de nous amener par des chemins détournés, magnifiques, vers le dénouement de l'intrigue.
Stéphane Michaka a cette aptitude étonnante et pas si courante (Est-ce dû à ses activités d'homme de théâtre ?) de savoir peaufiner des dialogues percutants, des réparties fines qui m'ont amenée à sourire bien souvent, et des scènes remarquables, comme des tableaux, très visuelles, qui sont un régal pour le lecteur. Parfois, l'écriture tourne, nous perd un peu, se ménage des petites absences, et j'ai aimé être ainsi ballottée puis rattrapée. Les personnages, extrêmement bien brossés prennent vie devant nous, ils sont sans conteste de chair et de sang. Ce livre est un premier roman, sans doute, mais quelle maîtrise, j'en redemande ! Le voilà enfin mon coup de coeur, dans cette catégorie !

bouton3 Note de lecture : 5/5

Un titre lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices BOOKPAGES 2009
Catégorie Policiers

ISBN 978 2 7436 1853 7 - 10.50 € - 09/2008

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01 février 2009

Séraphine, Françoise Cloarec

s_raphineSéraphine est née d'une famille pauvre de l'Oise, en 1864. Orpheline, elle est placée très jeune dans des familles bourgeoises, elle devient alors aide cuisinière, servante, réside quelques temps dans un couvent, puis devient femme de ménage.
Mais Séraphine porte en elle un don mystérieux, Séraphine peint en secret des natures mortes, des fleurs magnifiques, des bouquets chatoyants. Très croyante, elle dit répondre ainsi à un ordre sacré, celui de la vierge Marie.

Le destin de Séraphine bascule lorsqu'un collectionneur parisien, Wilhelm Uhde, venu s'installer à Senlis, découvre sa peinture. La gloire viendra se mêler à la guerre, puis à la folie...

heart   Françoise Cloarec, l'auteure, est psychanalyste et peintre, mais elle est peut-être aussi un peu poète.
J'ai en effet été très conquise par la beauté de son écriture, et par sa manière pudique et respectueuse de faire naître son personnage et de le faire évoluer. Lorsqu'elle était étudiante, "Séraphine de Senlis" était déjà le sujet de thèse de Françoise Cloarec, et ce en psychologie clinique. On sent aujourd'hui à quel point l'écrivain est devenue intime avec cette femme qu'elle n'a pas connu, et combien l'histoire étrange et un peu fantasque de cette artiste peintre est pour elle si dense et si réelle. Un joli livre qui, malgré des passages plus sombres, laisse des couleurs dans les yeux et un désir de plonger plus avant dans l'histoire de la peinture. Un vrai coup de coeur, tout en légèreté.s_raphine2

"Séraphine, tu dois te mettre à dessiner !

Tout a commencé par un ordre.
Impératif.
Il vient de la Sainte Vierge, ou d'un ange, la version varie.
L'aventure de la peinture a commencé comme cela.

De son enfance, presque rien.
Nous connaissons son prénom, ce prénom d'anges de la première hiérarchie, les anges les plus proches de la présence divine. Ardents."

bouton3 Note de lecture : 5/5

Un livre lu dans le cadre du grand prix des lectrices de BOOKPAGES 2009
Catégorie Document

ISBN 978-2-75-290364-8 - 12 € - 10/08

La lecture de Lily

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03 janvier 2009

Ce que je retiendrai de 2008 ?

...des lectures, des titres LES_ANNEES  les_d_ferlantes  pagano

parmi mes quelques coups de coeur dont vous pouvez retrouver la liste complète ici.

bookfemme

Mais me resteront également des émotions, des découvertes essentielles, ma sélection surprise pour le prix ELLE, un clin d'oeil là, et des rencontres "pour de vrai", toutes si évidentes et si heureuses.

Là, j'en oublie très certainement...

Ah oui, bien sûr, de 2008, je retiendrai encore une fois...une heureuse année bloguesque !!

Merci à vous, d'avoir été là.

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01 décembre 2008

Les déferlantes, Claudie Gallay

les_d_ferlantesQui viendrait se réfugier à La Hague ? Là où les tempêtes arrachent les pensées, emportent les bateaux et les hommes ?
La narratrice de cette histoire est pourtant venue ici, chercher refuge, oublier l'homme qu'elle a tant aimé, et perdu, prendre du recul. Employée par le Centre ornithologique, elle compte les oiseaux, arpente une côte inhospitalière, rude et belle, qui apaise ses souvenirs.
Un jour, un homme vient troubler sa fragile quiétude, un homme qu'une vieille folle, Nan, prend pour un autre, et que Lili, la cafetière semble connaître, Lambert. Entre photos volées, paroles tues, et jouets retrouvés, une intrigue prend forme et se fortifie, jusqu'à briser des silences et raviver des colères...

heart Comment ne pas aimer ce livre ? Alors, oui, bien sûr, on y retrouve des ingrédients déjà lus dans Seule Venise, oui. Et bien, tant pis. Peu importe. C'est l'univers de Claudie Gallay, et on aime ça, c'est dit. Et puis, on les oublie très vite, ces redondances, au profit d'une histoire sauvage et forte, faite de secrets, de rencontres et de vent. Comment ne pas tomber amoureuse de l'engourdissement qui nous prend à la lecture de ce roman ? On marche près de la narratrice, on écoute avec ses oreilles les secrets du passé, on aime, avec elle, ces vieilles personnes qui radotent un peu, ces plus jeunes qui transpirent de rêves... On s'emmitoufle dans de vieux pulls qui sentent la poussière et l'hiver. On se tient chaud dans un café aux vitres embuées. On repeint sa chambre en vert Hopper et on attend, on attend que l'amour vienne à nouveau croiser notre chemin... On aime l'univers des déferlantes, et on en redemanderait bien, une autre bouffée, encore. Voilà, c'est dit...ça aussi.

Un extrait...
"Il s'est jeté dans l'eau comme une bête en colère. Je ne voyais rien de lui mais je l'entendais, sa respiration, son souffle pour lutter contre le froid, et le battement violent de ses bras qui fendaient l'eau. Etait-il nu ? Il s'était retourné, il m'avait dit, Vous ne venez pas ?
Personne ne se baignait jamais là. A part l'été, quelques habitués.
Son corps d'homme s'est mêlé à la nuit. Pris par la mer.
Son corps de vivant.
Il a disparu. J'ai attendu qu'il revienne, les genoux dans les mains. Sous mes doigts, les galets.
J'ai regardé les étoiles.
Il a nagé encore. L'eau était froide ici, bien plus froide qu'ailleurs.
Avait-il rendu visite à Théo ? Il m'avait dit qu'il voulait lui parler, mais l'avait-il fait ? Pourquoi s'attardait-il ainsi ?
Il est remonté vers moi, la chemise roulée à la main. Le pull anthracite à même la peau.
- Vous êtes allé nager loin...
J'ai senti son regard dans la nuit.
Dans la voiture, il a mis le chauffage à fond. Ses cheveux étaient mouillés.
- J'ai eu peur que nous ne reveniez pas.
Il a écarté les doigts. Il les a refermés. Il a fait ce geste plusieurs fois.
- Il fallait que je nage...
Il a allumé les phares et il a regardé la mer. Cette partie de nuit éclairée. Il a laissé rouler sa tête sur le côté.
Et il m'a regardée pour ne plus voir la mer."

bouton3 Note de lecture : 5/5

Un livre lu dans le cadre du grand prix des lectrices de BOOKPAGES 2009
Catégorie Roman

ISBN 978-2-8415-6934-2 - 21.50 € - 03/2008

Clarabel le dit, ce roman est magnifique !
Gawou a été envoûtée.
Une lecture plaisante pour Gambadou
Pour Sylvie, un livre fort, dense et sombre
Pour Cathulu, un livre précieux et nécessaire...et j'aime beaucoup ce qu'elle en dit.
Bellesahi a beaucoup aimé, beaucoup. Liliba et Leiloona aussi.

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02 novembre 2008

La Ballade de Baby, Heather O'Neill

LA_BALLADE_DE_BABYheart Elle s'appelle Baby. Elle n'a que douze ans. Un père, Jules, encore adolescent et junky, et des chambres meublées miteuses, lui tiennent lieu de foyer. Intelligente et sensible, bonne élève, Baby connaît les pièges des quartiers sombres de Montréal dans lesquels elle traîne. Elle porte un regard tendre et réaliste sur les bandes de gamins qui l'entourent, aime ces adultes en dérive qu'elle contemple tanguer, où ceux plus doux qui l'hébergent un moment. Baby accroche son bonheur aux murs de sa solitude, sait grapiller ici et là des instants de grâce. Elle tombera pourtant, en toute innocence, dans les bras de la "rue"...

J'ai eu un véritable coup de foudre pour ce livre ! Je suis étonnée d'ailleurs qu'il ne s'agisse ici que d'un premier roman tant est maîtrisé, et riche, chez Heather O'Neill, le style, la description et psychologie des personnages, l'univers dans lequel baigne notre jeune héroïne.

Sans trop vouloir m'avancer, voici un auteur de talent qui peut cotoyer sans rougir les plus grands. J'avais envie que cette ballade là ne cesse jamais... Je suis toute disposée à la relire, encore et encore.

Un extrait...
"J'ai couché avec un mec pour cinquante dollars. Ma cousine et moi, on a fait ça dans la rue Ontario. Rien de plus facile. Elle a récolté deux cent dollars en une nuit."
Ne sachant si elle plaisantait ou non, j'ai lâché un bref rire sonore. Ca ne faisait pas le même bruit que d'habitude, on aurait dit que je riais dans une pièce complètement vide. J'étais encore mal à l'aise à l'idée des relations sexuelles. Quand j'ai entendu parler pour la première fois de rouler une pelle, j'ai cru que c'était une chose réservée aux malades mentaux ou, tout au moins, aux gosses qui n'avaient pas réussi à passer au cours moyen.
"Tu veux des détails ?"
Elle a approché son visage du mien, presque à le toucher. Son haleine sentait le tabac et la mort. Soudain, j'ai trouvé quelque chose d'inhumain à cette fille, je me suis dit que, si elle ouvrait la bouche et penchait la tête en arrière, j'apercevrais les rouages du mécanisme interne, un poids suspendu là, par exemple, au lieu des amygdales. Et si elle toussait, en regardant son Kleenex, on verrait des clous et des vis. C'était sûrement pour ça qu'il lui manquait un doigt. Elle avait dû tomber, et le doigt s'était détaché. Tout à coup, je me suis sentie aussi seule que si j'étais le dernier être humain sur toute la planète.
J'ai murmuré que je devais rentrer à la maison, j'ai tourné les talons et je me suis éloignée."

bouton3 Note de lecture : 5/5

Un livre lu dans le cadre du grand prix des lectrices de BOOKPAGES 2009
Catégorie Roman

ISBN 978-2-264-04514-0 - 13 € - 03/2008

Une lecture, trouvée par hasard, chez Pause toujours, auquelle j'adhère complètement. Une autre chez Métro france. Pour ceux qui lisent en anglais, un portrait à lire ici.

heatheroneill

Photo de Kate Hutchinson

Annie a beaucoup aimé aussi
Pour enna, c'est un coup de coeur

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14 septembre 2008

Ma soeur, mon amour, Chitra Banerjee Divakaruni

ma_soeur__mon_amourJ'avais beaucoup aimé lire La maîtresse des épices, puis les nouvelles de Mariage Arrangé, et Bel Gazou lors de notre rencontre sur Nantes a eu la belle et la généreuse idée de m'offrir celui-ci. En effet, sa lecture m'en avait déjà donné l'envie... Merci bel gazou, car ce livre est un vrai coup de coeur !!

L'histoire...
"Sudha et Anju, deux cousines élevées comme des soeurs dans la maison familiale de Calcutta, sont inséparables. L'une est belle, l'autre pas ; l'une est patiente et douce tandis que l'autre n'est que révolte et scepticisme. Pourtant, devenues "jumelles de coeur" dès la naissance, elles sont unies par une affection d'une force peu commune.
Le Bidhata Purush, maître des destinées, ne s'est pas montré tendre envers elles. La mort de leurs pères les a fait naître, les marquant aux yeux de tous d'une tache indélébile. Sous le regard de leurs trois "mères", leur amitié va être confrontée aux épreuves du mariage forcé et au poids d'un lourd secret. Chacune prête sa voix à ce conte moderne et passionné où se fondent les senteurs, saveurs et mythes de l'Inde, la force de l'aimitié et les chaînes des traditions." (Quatrième de couverture)

heart Il ne m'est pas fréquent d'aimer à ce point les personnages d'un roman en cours qu'ils semblent me suivre dans mes tâches quotidiennes et que je prenne à ce point un plaisir évident à les retrouver une fois le livre ouvert de nouveau devant moi.
Ici, Sudha et Anju se donnent la parole, chacune à leur tour, racontent l'Inde, ses mystères, ses lois, ses parfums et la difficulté d'être de jeunes femmes dans un monde régi par des traditions fortes et contraignantes. Ce roman trouve sa force dans l'évocation des sentiments fraternels qui lient les deux jeunes filles, dans la résolution de leurs amours, mais également dans une intrigue qui concilie avec talent suspense et romantisme. La dernière page m'a laissée frustrée et séduite car il y a une suite ! Je vais donc lire très bientôt La liane du désir.

Un extrait...
"A la fin de ces soirées, les mères passent en revue les fiancés possibles. Nous n'avons pas le droit d'assister à ces discussions. Les mères ne veulent pas nous remplir la tête d'idées romantiques qui pourraient n'aboutir à rien. Une fois les garçons sélectionnés et les pourparlers entamés, on nous donnera des détails.
Ainsi quand l'heure des chansons s'achève, tante N nous dit d'une voix faussement joviale : "Maintenant, allez, mes enfants." Pishi ouvre le coffre rangé dans un coin de la pièce et en sort plusieurs enveloppes jaunes épaisses, rédigées de l'écriture en pattes de mouche de la marieuse, et les mères se rapprochent afin d'étudier une fois de plus les propositions.
"Je crois que nous devrions les voir, nous aussi, ai-je dit un jour. Il se pourrait que ceux que vous sélectionnez ne soient pas ceux qui nous plairaient."
Pishi a paru hésiter, mais tante a rétorqué : "Précisément. Vous choisiriez les moins convenables, et après nous en aurions pour des semaines de disputes.
- Fais-nous confiance, Anju, a dit maman. Nous voulons votre bonheur, encore plus que vous ne le voulez vous-mêmes."
Que pouvais-je ajouter à cela ?"

bouton3 Note de lecture : 5/5 ( et je vous conseille par la même occasion les autres titres de cette auteure indienne de talent !!!)

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03 septembre 2008

Le château de verre, Jeannette Walls

le_ch_teau_de_verreJeannette Walls aperçoit par hasard sa mère alors qu'elle se rend à une soirée mondaine à bord d'un taxi. Devenue clocharde, celle-ci est en train de fouiller les poubelles d'une rue de New-York, proche de l'endroit où se tient la réception vers laquelle se rend sa fille.
Paniquée et morte de honte, Jeannette Walls se cache.
Lourde du secret de ses origines, cette journaliste New-Yorkaise à présent reconnue, chroniqueuse de célébrités, choquée par sa réaction de rejet, décide de ne plus mentir. Elle se met à écrire son autobiographie. Elle raconte l'histoire de ses frère et soeurs, de ses parents, marginaux, fantaisistes, amoureux des arts et des lettres, des sciences et de la liberté. Elle parle de ce père qui rêve de se construire une maison de verre dans le désert et qui se noit dans l'alcool. Fuyant la misère, des phantasmes paranoïaques et de multiples créanciers, la famille Walls a parcouru l'Amérique, connaissant dès le plus jeune âge le froid, le danger et la faim, mais aussi la soif de s'en sortir.

heart J'ai abordé ce livre avec un esprit dubitatif. En quoi l'enfance d'une chroniqueuse New-Yorkaise allait-elle m'intéresser ? Il est écrit en prologue que Jeannette Walls, l'auteure, craignait que ce récit détruise sa carrière, oui, et bien, que m'importait ? Et puis, voilà, je me suis fait prendre comme une débutante, par les sentiments.
La lectrice que je suis a oscillé constamment au fil des pages entre le désir de prendre ce texte pour un roman et le rappel constant de la réalité des faits. Je suis ressortie de cette lecture bouleversée, admirative devant la capacité de ces enfants malmenés à réagir, et avec le sentiment d'en avoir peut-être appris un peu plus sur l'esprit humain et ses travers.

Un extrait...
"J'étais en feu. C'est mon premier souvenir. J'avais trois ans et nous vivions sur un terrain de caravaning, dans une ville du sud de l'Arizona dont je n'ai jamais su le nom. J'étais juchée sur une chaise devant le fourneau et portais une robe rose que ma grand-mère m'avait achetée. Le rose était ma couleur préférée. La jupe de la robe bouffait comme un tutu et j'adorais virevolter devant la glace en me disant que je ressemblais à une ballerine. Seulement, là, debout dans ma robe rose, je surveillais la cuisson des saucisses ; je les regardais gonfler et danser dans l'eau bouillante sous les rayons du soleil de fin de matinée qui filtraient par la fenêtre du minuscule coin cuisine de la caravane."

bouton3 Note de lecture : 5/5

Un livre lu dans le cadre du grand prix des lectrices de BOOKPAGES 2009
Catégorie Document

ISBN 978-2-221-09938-4 - 20€ - 01/2008

Gambadou a été gênée par l'aspect "voyeur" du récit

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