21 août 2012

Ici ça va, Thomas Vinau

icicava"Difficile de savoir exactement à quel moment les choses commencent à renaître. Peu importe, l'essentiel étant qu'elles renaissent. D'une façon ou d'une autre. Dans la boue. La nouvelle lumière du soleil. Les protéines. Les cendres. Les larmes."

Ema et le narrateur s'installent dans une maison bringuebalante qu'ils tentent de retaper. On apprend petit à petit qu'elle appartenait au père du jeune-homme et qu'un drame s'y est déroulé, faisant fuir sa mère et ses deux enfants au loin.
Pour l'instant, aucun des membres du couple ne travaillent, enfin si ils travaillent, à se reconstruire, se retrouver, retrouver les souvenirs d'un passé d'avant les sept ans du garçon devenu grand.
Ema apprend la langue des signes, soigne un petit rongeur, s'épanouit sous les yeux de son compagnon. La vie est douce, sereine, authentique, présente enfin, et elle transpire par toutes les pores de leur peau qui change et s'aguérit.

Ce petit roman de Thomas Vinau est beau, dans sa douce et naïve simplicité apparente. Il explore des thèmes qui me sont chers comme la lenteur, la vie d'une rivière, le regard que l'on porte sur l'autre, la renaissance, la reconstruction.
J'y ai croisé cette lumière particulière qui éclaire parfois les romans que l'on aime.

Une lecture de rentrée, délicate et poétique, qui mérite son joli coup de coeur !

Editions Alma - 14€ - 16 Août 2012 - Coup de coeur !!

Anne l'avait lu la première et m'a incitée à l'ouvrir

challenge2012

 

 

 

Challenge 1% rentrée littéraire 2012 : 1/7
(clic sur le logo pour plus de détails)

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11 août 2012

Holmes t1 et 2 de Cécil et Brunschwig

holmes1   holmes2

"Personne n'est venu chez vous aujourd'hui et vous n'avez jamais ouvert le dossier portant le nom du professeur Moriarty."

Sherlock Holmes laisse une lettre à Watson, expliquant sa disparition prochaine, son sacrifice. Il chutera, entraînant avec lui dans la mort son plus grand ennemi, le professeur Moriarty. Quelques jours plus tard, l’appartement du détective à Baker Street est violemment fouillé. Ce sont des hommes, diligentés par le propre frère de Sherlock qui ont fait le coup. Mycroft explique avoir ainsi tenté d'effacer les preuves de la folie de son frère, adepte de la cocaïne depuis quelques années. Pour lui, Holmes s'est suicidé. Le docteur Watson veut croire en son ami et en l'existence de Moriarty. Aidé de Wiggins, l'apprenti posthume de Sherlock Holmes, il mène son enquête...

J'aime beaucoup la série télévisée qui était passée sur France4 présentant un Sherlock Holmes moderne, et depuis Jude law on sait que Watson peut aussi devenir un personnage potentiellement très sexy. Cette BD là est un peu dans la même veine, on oublie le Sherlock Holmes des dessins animés en partant tout de suite dans un registre très réaliste. Et c'est vers Watson que la lumière est cette fois-ci dirigée, qui mène l'enquête, cherchant à réhabiliter son ami de toujours. Le noir et blanc, ou le jaune pour les flash-back, sait jouer avec les ombres pour distiller avec talent opression et mystères. J'ai adoré, c'est un coup de coeur !!

Le tome 3 (l'ombre d'un doute) est sorti en juin 2012... je sais ce qu'il me reste à faire !!

Editions Futuropolis - 11.20€ - Novembre 2008 - Merci ma bibli !!

Pour le plaisir, un extrait de la série... ;)

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21 mai 2012

Au début, François Bégaudeau

audébutbégaudeau"La question ici c'est le début. Le désir, si c'en est un.
Le désir ne doit pas être confondu avec les causes, qui elles-mêmes n'équivalent pas aux circonstances. D'un système complexe de circonstances est né un enfant. Rencontre d'un mec super + inconséquence de l'amour + goût incurable pour l'enfance + facteur X = je me retrouve maman."

Oubliez cette couverture. Un brin effrayante je dois l'admettre.
Oubliez ce que j'ai pu vous dire autrefois sur l'auteur (combien il était macho dans ses propos, etc...).
Oubliez que vous lisez un livre écrit par un homme.
Puis, écoutez parler ces femmes, des commencements, du début, du moment ou est venue l'envie, l'idée de l'enfant.

François Bégaudeau a retranscrit ici, dans son roman, le récit de plusieurs grossesses, difficiles ou parfois terriblement simples. L'amour n'y est pas si évident, naturel, la vérité bien crue, pas celle que l'on imaginait. La mort et la douleur sont en lisière, à l'affut, prêtes à dégainer leurs armes cruelles à l'occasion. La solitude aussi. Autour de ces femmes en gestation, en attente d'enfants, il y a parfois foule, un compagnon, ou le vide, mais il y a toujours en conclusion cette rencontre unique entre une mère et son bébé.

Je suis toujours très sensible sur le sujet. J'avais accueilli le roman d'Eliette Abécassis à sa sortie, Un heureux évènement, comme une bénédiction. J'ai été très émue par ce recueil de nouvelles, à la délicatesse bien inattendue.
Merci monsieur Bégaudeau ! Cette fois-ci, vous avez su toucher mon coeur !

Quelques petits détails m'ont amusé également, qu'un des personnages accouche dans le même hôpital de Nantes que moi par exemple, ou reconnaître dans le récit-hommage halluciné d'une future mère l'héroïne angoissée de Rosemary's baby.

"Je me suis dit : maintenant ça rigole plus, maintenant tu es en vie. Pendant vingt-cinq ans j'avais flotté dans une certaine incrédulité quant à la réalité de ma présence au monde. Là j'en étais. Les deux pieds dedans."

Une lecture étonnante et très féminine, axée sur ce qu'est la véritable maternité. Un coup de coeur !!

heart   Alma éditeur - 18€ - Février 2012 - Merci ma bibli !!

La collection Pabloïd/Roman chez Alma (l'éditeur qui monte !!)

J'avais noté ce titre chez George et je la remercie pour son billet qui a su me convaincre. 

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08 mai 2012

Stoner, John Williams

stoner"Cet amour de la littérature, de la langue, du verbe, tous ces grands mystères de l'esprit et du coeur qui jaillissaient soudain au détour d'une page, ces combinaisons mystérieuses et toujours surprenantes de lettres et de mots enchâssés là, dans la plus froide et la plus noire des encres, et pourtant si vivants, cette passion dont il s'était toujours défendu comme si elle était illicite et dangereuse, il commença à l'afficher, prudemment d'abord, ensuite avec un peu plus d'audace et enfin... fièrement."

William Stoner est né pauvre, dans une modeste ferme du Missouri, à la fin du XIXème siècle. Il suit alors ses études avec application mais ne doute pas que son destin soit de continuer à aider plus tard ses parents à tirer de cette terre ingrate de maigres fruits. Contre toutes attentes, et suivant ainsi les conseils du conseiller rural du village, ces derniers l'incitent à s'inscrire à l'université afin d'obtenir un diplôme en agronomie. Mais c'est vers la littérature que Stoner se dirigera finalement, et d'amitié en soutiens, se retrouvera finalement professeur dans cette université qui lui semblera très vite être son havre, son refuge, le centre de tout. Car Stoner ne trouvera par ailleurs guère de plaisir dans son mariage avec Edith, une jeune femme éthérée, hystérique et fragile, ni avec sa fille Grace, que sa mère n'aura de cesse de malmener...

Il faut dire avant tout - et puis vite oublier - que ce roman est paru pour la première fois en 1965 puis traduit dernièrement par Anna Gavalda. Car, en premier lieu, il est évident que ce roman est très moderne et, en deuxième lieu, bien éloigné de l'univers habituel de la traductrice, quoique magnifiquement traduit (dans la limite de ce que je suis capable de juger, bien entendu). On pense aussi à l'univers de David Lodge en lisant les premiers chapitres, mais John Williams évite heureusement toute caricature alors on fait fie de toutes références et on apprécie.
J'ai beaucoup aimé ce roman, suivre William Stoner de son enfance à sa mort. Voici un personnage très en retrait, anti-héros par excellence, qui observe le monde avec recul, les deux guerres qui ont embrasé le siècle dernier, et se plonge avec fougue et enthousiasme dans la littérature et l'enseignement. Il connaîtra aussi quelques désillusions, rancoeurs et outrages, mais également l'amour avec un grand A. Un personnage complet qui m'a rappelé quelques vieux professeurs rencontrés autrefois à la Fac.
Une lecture en forme de bain de jouvence donc, mais aussi un hymne à la littérature qui ne m'a pas laissée indifférente, un coup de coeur ! (et oui encore !)

 heart  Editions Le Dilettante - 25€ - 27 Août 2011 - Merci ma Bibli !!!

D'autres lectures aussi enthousiastes... Laure et Théoma (même extrait cité d'ailleurs)
Je l'avais noté en tout premier chez Cuné !!

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06 mai 2012

La Liste de mes envies, Grégoire Delacourt

lalistedemesenvies"C'est le besoin d'un tapis de bain antidérapant qui nous maintient en vie. Ou d'un couscoussier. D'un économe. Alors on étale ses achats. On programme les lieux où l'on va se rendre. On compare parfois. Un fer Calor contre un Rowenta. On remplit les armoires lentement, les tiroirs un à un. On passe une vie à remplir une maison ; et quand elle est pleine, on casse les choses pour pouvoir les remplacer, pour avoir quelque chose à faire le lendemain. On va même jusqu'à casser son couple pour se projeter dans une autre histoire, un autre futur, une autre maison.
Une autre vie à remplir."

Jocelyne Guerbette est mercière à Arras. Elle aime son mari Jo, malgré les périodes de doutes et de douleurs traversées ensemble, ses deux enfants à présent grands, elle aime sa vie. Un jour, poussée par deux de ses amies, elle joue au Loto et gagne. Se pose alors la question essentielle - quand tout à coup on peut tout s'offrir - que souhaite-t-elle vraiment pour elle, et pour ceux qu'elle aime ? Jocelyne établit la liste de ses envies, ne dépose pas son chèque à la banque, attend, et trouve des réponses...

Et bien, mais que voici un merveilleux livre ! Il aurait été dommage que je passe à côté.
J'ai lu ici et là qu'on lui reprochait beaucoup trop de douce naïveté en début de roman, à ce titre, mais cela ne m'a pas gêné personnellement. J'ai aimé le personnage de Jocelyne Guerbette, ses réflexions, son intelligence humaine, la luminosité particulièrement forte de ce livre dans son ensemble. Rien ne m'a déçu ou gêné.
Bien entendu, nous qui connaissons l'envers du décor, le succès de son blog de couture semble bien extraordinaire. Bien entendu, il s'agit ici d'une fable et le réalisme n'est pas vraiment le propos. Mais quel talent a cet auteur de connaître si bien le coeur des femmes, et combien sont-elles encore aujourd'hui à taire en elles sous des dehors communs, une âme riche et avide de vie ?
Une lecture coup de coeur pour moi !

heart Editions JCLattès - 16€ - 1er février 2012

D'autres lectures, plus mitigées que la mienne... Gambadou et Aifelle
La Pyrénéenne, Bauchette, Leiloona, Cathulu et Clara ont aimé !! 

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25 mars 2012

Romance nerveuse, Camille Laurens

romancenerveuse"[...] je n'écris pas des livres pour savoir ce qu'il y a dedans, je les écris parce que je suis dedans, je m'y mets toute entière comme on vous met en terre, dans chaque livre je porte l'amour au tombeau, je le fais avec des mots vivants, mais je le fais, je n'y vais pas de langue morte mais j'y vais, j'écris, je cherche une langue vivante pour des choses mortes, j'écris, je consigne des objets perdus - je raconte ce qui m'a mise dedans, persiste et signe."

Je vous avais raconté précédemment [dans ce post] une rencontre avec cette auteure, Camille Laurens, que j'admire depuis ma lecture de Dans ces bras-là, rencontre qui m'avait beaucoup plu. Dernièrement, c'est son roman, tout juste sorti en poche, qui a croisé mon chemin.
Et bien, Romance nerveuse est loin d'être seulement le récit de cette rupture avec son éditeur de toujours, POL, dont tout le monde a été témoin, et qui n'est qu'un pretexte, un démarrage d'intrigue.
(Et c'est pourtant ainsi que les médias nous l'ont présenté à sa sortie, ce livre, quel dommage, suivant ainsi le fil de la polémique entretenue plus tôt, mais bon...)
Il s'agit ici de raconter ce qui en découle, cette descente aux enfers constatée, cette pente soudain glissante et inexorable vers le n'importe quoi, et la relation amoureuse qui naît de ce moment-là, saugrenue, sauvage, avec un homme, différent, borderline, étranger, amoureux et infidèle, rassurant et impitoyable, Luc le paparazzi.
Il est difficile en tant que lecteur d'adhérer à cette romance, dont on attend la fin, le point de rupture, la cassure. Il est difficile d'en comprendre la déchéance. Et pourtant, cette attente est attachante, comme ce qui lie de manière incompréhensible les personnages, addictive. Les phrases/citations sont présentes à chaque chapitre. J'avais d'ailleurs constamment envie de plier les coins de pages de mon exemplaire emprunté, je me suis heureusement empêchée.
Pourtant, je n'ai pas toujours aimé assister avant à la tension entre Marie Darrieussecq et Camille Laurens, ni approuvé vraiment les arguments de cette dernière, sa colère personnelle. Cependant, et contre toutes attentes, lire ce roman a été pour moi une sacrée claque littéraire.
Camille Laurens ne craint pas les salissures de l'écriture, de la vie, et à la lire là je me dis qu'elle est également une bien grande auteure ! Attention, âmes sensibles s'abstenir.

Editions Folio - 5.70€ - Octobre 2011 - Merci ma bibli !! heart

Le billet magnifique de Cuné scotchée et convaincue

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29 février 2012

Nos étoiles ont filé, Anne-Marie Revol

nos_toilesontfil_"Mes absentes,
Deux mois que vous êtes mortes. Contre toute attente, la terre ne s'est pas arrêtée de tourner. La semaine dernière, je me suis fâchée avec le postier qui refusait de me monter un paquet. Hier, votre père m'a morigénée pour avoir cassé trois verres à pied : "Tu me soûles, Marie, c'est tout ce qui me reste de ma mère !" Et cet après-midi je me suis offert une paire - hors de prix - de bottes Roger Vivier. Il y a vraiment de quoi rire. Ou pleurer. Au choix."

11 Août 2008, deux petites filles décèdent dans un incendie, coincées dans leur chambre à l'étage. Les secours n'ont rien pu faire pour les sauver. Elles étaient en vacances chez leurs grand-parents, leurs parents étaient en voyage. Ce matin-là, la radio fait écho de ce malheur, la France entière apprend ce fait-divers et est effrayée et peinée. Dans les semaines qui suivent les magasins seront dévalisés de leurs détecteurs de fumée. Mais c'est à Anne-Marie Revol que ce drame est arrivé, ce sont ses deux petites-filles à elle qu'elle a perdu, elle et son mari. Aussitôt, se fait sentir en la jeune-femme le désir puissant de leur parler, de leur écrire des lettres, pour les atteindre où elles sont, pour leur donner vie chaque jour, pour ne surtout pas les perdre dans l'oubli...
Ce titre est un recueil de ces lettres, rédigées de l'avant veille de leur décès à la naissance de leur petit frère.

L'envie de lire ce livre m'est venu il y a un moment déjà, en lisant des critiques sobres et enthousiastes, et en visionnant une interview d'Anne-marie Revol (journaliste à France2). Je me souviens avoir été non pas émue mais profondément troublée par la force de l'amour assez rare qui semblait exister entre son mari et elle, et cette manière très spéciale d'être à la fois triste et heureuse de vivre après ce drame ultime. J'ai retrouvé cette impression dans son livre, et cela n'a fait que confirmer mon admiration. Mais loin de n'être qu'un témoignage, ce récit est aussi un beau texte (je ne l'aurai sans doute pas lu si je n'en avais pas été convaincue auparavant) et il remplit grandement son objet, permettre à Pénélope et Paloma de rester dans les mémoires pour longtemps. 

Je ne sais trop pourquoi en ce moment mes lectures se frottent sans cesse à la perte et au deuil... une manière de conjurer la peur sans doute. Heureusement, Nos étoiles ont filé ne tombe jamais dans le pathos ni l'impudeur. J'ai tout de même vécu cette lecture de manière éprouvante (je veillais en même temps mon fils un peu malade) alors qu'elle est terriblement optimiste.
Avec toute l'émotion ressentie en parcourant ces pages, je ne peux faire autrement que d'en faire un coup de coeur !

Editions J'ai lu - 7,60€ - Octobre 2011  heart

Lu aussi par Amanda et Théoma

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26 février 2012

Le garçon dans la lune, Kate O'Riordan

legarçondanslalune"Se demander si cela révélait trop de choses ou s'il fallait en révéler davantage et, dans ce cas, si on risquait de le regretter. Toutes ces suppositions se faisaient en silence, tandis que l'eau bouillait, qu'on posait les tasses sur les soucoupes avec un petit tintement. Julia était stupéfaite. Vingt ans à essayer d'apprendre aux gens à parler, alors que tout ce qui se disait dans les conversations se trouvait dans les silences."

Un drame est survenu dans la vie de Julia et Brian, un drame fait de culpabilité et de ressentiment violent. Leur fils, Sam, sept ans, a fait une chute mortelle. Brian est coupable de l'avoir mis en danger, de ne pas avoir su le retenir, Julia n'en peut plus de douleur. Comment continuer à s'aimer après cela, à vivre ? Déjà que leur couple ne savait plus très bien où il en était auparavant. Chacun doit s'éloigner l'un de l'autre pour apaiser ses souffrances. Julia part à la recherche de son fils auprès de son beau-père, taciturne et fier, tyrannique, Jeremiah. Brian, seul dans une maison qu'il doit se résoudre à vendre, cherche son fils en accrochant des photos partout.
Mais la terreur présente n'est que l'écho d'un évènement plus ancien qu'il faudra regarder en face pour enfin espérer renaître...

heart Voici le troisième roman que je lis de l'auteure (Pierres de Mémoire, Un autre amour). On retrouvera ici encore une fois ces thèmes qui semblent lui être chers, ceux de la famille, des secrets qui enferment et peinent, de la nature aussi, omniprésente, ici l'Irlande. Personne n'est parfait dans les romans de Kate O'Riordan, tout le monde a quelque chose à se reprocher. Violence et culpabilité sont au programme. Mais l'amour est là aussi, fort et imparfait, proche du réel.
Ah, ce roman m'a cueillie comme une débutante, les larmes ont coulé, fait assez rare pour le signaler. Il a sans doute quelques défauts ce texte, j'en suis même certaine en y repensant (allez quelques longueurs peut-être), mais je l'ai réellement beaucoup aimé. Emotion garantie.

Folio - 7.30€ - Juin 2009 - Merci ma bibli !!

Vous êtes nombreuses à avoir déjà lu ce titre, Cathulu ayant fait voyager son exemplaire à l'époque de sa sortie en grand format. Son billet et celui de Cuné se sont malheureusement perdus dans les limbes du net, mais j'ai pu retrouver d'autres lectures...
Amanda, Laure, Choco, Lily, Anne, ElfeClara

28 janvier 2012

Je t'écris, j'écris... de Geva Gaban

jet'écrisj'écrisIllustrations de Zina Modiano.

"Vendredi
numéro 15

Voilà. Moi je continue à t'écrire parce qu'on a juré.
Mais je suis en colère.
Ou triste.
Ou je ne sais pas, à cause de : pas de lettre. Je suis obligée d'enlever de temps en temps ta bague. Elle me serre trop. Je la mettrai au petit doigt."

Du bord de la mer où elle vient d'arriver en vacances, une petite fille écrit tous les jours à son amoureux, comme ils se l'étaient promis, juré même avant leur départ. Elle numérote ses lettres pour que son destinataire ne s'y perde pas. Mais elle n'obtient pas de réponses, ou si... à peine deux petites cartes.

Ce court roman à hauteur d'enfant est une bien jolie petite perle trouvée dans le cartable de mon fils mercredi. Il est à privilégier pour les plus de neuf ans cependant... Et à conseiller aux amoureux de tous âges.
Ce qui est bien fait ici est cette manière subtile qu'à l'auteure de mélanger un dépit amoureux presque adulte avec des préoccupations d'élève de primaire. Ouf heureusement à cet âge, même si les déceptions sentimentales peuvent être réelles et fortes, l'attention est vite détournée par les petites joies de l'extérieur.

J'ai aimé le lire à haute voix à mes enfants attentifs et intéressés. Pfiou... c'est un joli coup de coeur !

heart  Folio Cadet - 7.70€ - 2002

 

 

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04 janvier 2012

L'homme inquiet, Henning Mankell

l'hommeinquiet"Tout commence là, pensa-t-il. Tout commence par l'homme inquiet.
Il ne pouvait en être autrement."

C'est la dernière enquête du commissaire Wallander et celle-ci touche intimement sa vie privée, plus précisément celle de sa fille adorée Linda. En effet, le futur beau-père de la jeune-femme vient de disparaître et Louise, son épouse, est retrouvée morte peu de temps après. Kurt Wallander tente de percer le mystère qui tourne autour de cet ancien officier de marine et de la disparition étrange de sous-marins russes dans les eaux suédoises il y a bien longtemps...

J'ai découvert Henning Mankell via Les chaussures italiennes (catégorie roman) qui avait été un gros coup de coeur ! Je suis heureuse d'avoir récidivé avec L'homme inquiet car je suis également tombée sous le charme de cette version plus policière de l'auteur, celle que les habitués de polars connaissent principalement.
Alors bien entendu, j'ai commencé par la fin de la série, car Kurt Wallander sévit depuis quelques temps déjà - mais peu importe - car la compréhension a toujours été au rendez-vous. J'ai pu situer sans soucis chaque personnage, et je me suis laissée bercée par l'intrigue sans heurts ni tracas. Dans ce livre-ci, on prend son temps, les fils sont dénoués avec finesse et minutie, la vie quotidienne tient toute sa place et il est permis de réfléchir sur le sens de sa vie, ou du monde. Bref, j'adore !

Editions Points - 8€ - Sortie le 5 janvier 2012 - Coup de coeur ! heart

Lu en grand format par Kathel et Cathulu, entre autres...

Dans quel ordre lire les enquêtes de Kurt Wallander ?  Voici la réponse : 1) Meurtriers sans visage - 2) Les Chiens de Riga - 3) La lionne blanche - 4) L'homme qui souriait - 5) Le Guerrier solitaire - 6) La cinquième femme - 7) Les Morts de la Saint-Jean - 8) La Muraille invisible - 9) Avant le gel - 10) L'Homme inquiet - mais chaque enquête peut se lire séparément.

Pour élire le prochain Prix du Meilleur Polar des lecteurs de Points, vous pouvez poser votre candidature sur www.meilleurpolar.com et ce jusqu'au 15 mars 2012. Des frissons en perspective.

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