17 décembre 2011

La vierge froide et autres racontars... en BD

laviergefroidebdD'après Jorn Riel.
Par Gwen de Bonneval et Hervé Tanquerelle.

"Il se trouve qu'il en va ainsi en Arctique : jamais on ne rejette une idée à priori, primo parce que cette idée pourrait, à y regarder de plus près, se révéler intéressante, secundo parce qu'on y voit toujours l'occasion de longues conversations et de discussions instructives entre chasseurs."

Aussi jubilatoire que sa version romanesque (lue ici en 2008), La vierge froide et autres racontars - version BD - a le charme de l'absurde et de l'onirisme brut. En effet, au pays du froid, des hommes et de la solitude, on ne perd pas une occasion de se divertir, de se raconter des histoires ou de passer du bon temps, et cela donne au lecteur des scènes assez cocasses. Les chasseurs de l'Arctique vivent dans des cabanes perdues, aiment par dessus tout les visites, se tiennent compagnie deux par deux, et accordent à la parole un pouvoir énorme.
J'ai encore une fois adoré l'univers de Jorn Riel, et je me demande bien pourquoi je n'ai pas persévéré avec cet auteur à l'époque où je l'ai croisé pour la première fois (en 2008 donc), c'est tellement bien.

Editions Sarbacane - 23€ - Octobre 2009- Merci ma bibli !! heart

laviergefroidegaia

Gaïa a repris un des personnages de cette BD pour illustrer sa nouvelle couverture du recueil de nouvelles en mars 2011, quelle bonne idée !

Une tentation contractée chez Mango.

 

 

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07 décembre 2011

Les Amandes amères, Laurence Cossé

lesamandesam_res"Fadila peut bien avoir été découragée par le fait qu'elle n'a pas été admise à suivre un cours d'alphabétisation, elle n'a pas baissé les bras pour autant. Elle a un immense désir de normalité (elle veut savoir lire comme tout le monde. Etre analphabète est plus qu'un handicap, c'est une honte) et un grand besoin d'autonomie (dépendre tout le temps des autres est pénible). Elle ne demande ni aide ni assistance, au contraire, elle voudrait avoir les moyens de se débrouiller seule."

Fadila n'est plus très jeune, licenciée de son précédent emploi, sa fille a sollicité le quartier pour lui trouver des heures de repassage. Edith l'a embauchée, et lui propose un jour de lui apprendre aussi à lire et à écrire. La tâche s'avère complexe, lente et délicate, ce qui semble acquis un jour ne l'est plus le lendemain et Edith peine à trouver une méthode efficace et adapatée au cas de Fadila, élevée sans scolarité au Maroc. De fil en aiguille, les deux femmes apprennent à se connaître, un climat de confiance se crée. Entre les maladresses d'Edith et les difficultés de Fadila, c'est un drôle de ballet fait de lettres, de numéros et de liens familiaux complexes auquel il nous est donné d'assister.

Voici un livre sur lequel je n'avais aucune attente particulière et qui m'a beaucoup plu. Peut-être parce qu'en ce moment, avec petit dernier en CP, je suis sensibilisée à l'apprentissage de la lecture, peut-être. En tous les cas, loin d'être ennuyeux ce lent cheminement hors de l'analphabétisme - le lettre à lettre remplacé de temps en temps par le chiffre à chiffre - est véritablement prenant. J'y ai pensé en dehors de mon temps de lecture de ce roman. Je trouve que la vie de Fadila, faite de multiples blessures, permet vraiment de relativiser nos petits tracas quotidiens. La motivation d'Edith peut bien sembler parfois hors norme allez, mais peu importe ici. C'est une lecture qui ouvre le regard.

heart Editions Gallimard - 16.90€ - Août 2011 - Coup de coeur ! - Merci ma bibli !!

Une tentation contractée chez Cathulu pour qui ce roman est "un récit sobre et plein d'humanité" -

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15 octobre 2011

L'école des saveurs, Erica Bauermeister

l__cole_des_saveurs"Lilian lui raconta tout, les biscuits et les épices, Henry James, la purée et son impression qu'en fin de compte la nourriture n'était peut-être pas la magie qui pouvait tirer sa mère de son long sommeil littéraire, qu'en fin de compte le sommeil était peut-être la seule chose qui convînt à sa mère."

Lilian, petite fille, cherche à sauver sa mère de sa léthargie en cuisinant. Elle en est persuadée, les saveurs auront ce pouvoir magique d'éloigner cette femme pleine de chagrin du sommeil littéraire dans lequel elle s'échappe de la réalité.
Lilian, adulte, est devenue cuisinière, elle dirige son propre restaurant. Tous les lundis soir, elle transmet son savoir à un groupe d'élèves. Mais son école des saveurs est bien plus qu'un cours de cuisine, il a un pouvoir révélateur étonnant...

Attention, ne passez pas à côté de ce petit roman savoureux !! C'est un de ces livres rares qui font simplement du bien, qui prônent avec délices les vertus de l'amitié et qui nous rendent un peu meilleur rien qu'à la lecture... Moi qui ne suis pas grande cuisinière mais gourmande invétérée, j'ai aimé que l'on me décrive ainsi la conception de plats concoctés avec amour. Et les différents portraits des élèves de Lilian, petite bande hétéroclite attachante, m'ont amenés à plusieurs reprises les larmes aux yeux... Bref, j'ai été touchée.
Une lecture à s'offrir et à offrir, vraiment !

heart Editions du Livre de Poche - 6.50€ - Mai 2011

Une pépite pour Lucie - Clara en souligne le pouvoir magique 

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08 octobre 2011

Notre nom est une île, Jeanne Benameur

notrenomestune_le"Les étoiles incrustées sous la chair
il faut vautour et rage
pour nous arracher
un peu
de ce qui brille

Et tant d'amour sans attente
pour garder la lumière"

De Jeanne Benameur, on connaît surtout l'activité romanesque. Ce que l'on sait moins, c'est que Jeanne Benameur est entrée en littérature avec la poésie. Son premier recueil, Naissance de l'oubli, a été publié en 1989. Même si l'écriture poétique ne l'a plus vraiment quittée, avec Notre nom est une île, l'auteure signe ici son retour en poésie, comme elle nous l'avait annoncé lors d'une rencontre [mon billet]. C'est un retour aux sources qui lui tient réellement à coeur.
Je suis heureuse, donc, de m'être penchée sur ses mots, dans lesquels on retrouve sans peine toute sa délicatesse et son univers. Il y est question de marche, de corps, de chair et d'os, de chemins, d'étoiles, de souffle et de passage. A la fin de l'ouvrage, Jeanne Benameur revient sous la forme d'un court essai, sur la place de la poésie dans notre vie, sur ce qu'elle a d'essentiel, un lien vers nous-même.

"Le poème de notre vie nous appartient. C'est peut-être la seule chose qui nous appartienne, encore faut-il en faire la quête.
Parce que j'ai compris, de tout mon être, que l'alphabet est la seule et paradoxale chance qui m'était donnée pour faire lien avec les autres, tous les autres, dans le silence tissé par les mots justes, j'écris."

Tout m'a parlé dans ce petit livre qui donne aussi un sens à tout ce que je fais, notamment sur ce blog, depuis quelques années. J'aime ce qui anime Jeanne Benameur, ses intentions, sa démarche, et la personne qu'elle est... Ce recueil va rejoindre sans tarder mes essentiels.

Editions Bruno Doucey - 6€ - Septembre 2011 heart

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04 octobre 2011

La table des enfants, Isabelle Hausser

latabledesenfants"En soupirant, elle s'assit devant son couvert. Rien ne lui était plus douloureux, certains matins, que la vue de cette table. Agnès l'avait achetée avec Jean-Baptiste voilà trente ans. Ils y avaient pris leurs repas. Elle y avait écrit ses premiers romans tout en surveillant Elisabeth. Ce n'était pas une très jolie table ; elle n'avait pas coûté cher ; ne disposait même pas d'allonges. Un meuble ordinaire. Il les avait suivis dans tous leurs déplacements en Europe depuis vingt ans. Vite reléguée à la cuisine, couverte ou non d'une nappe au gré des humeurs et des lessives, elle avait longtemps servi aux repas des enfants et aux petits déjeuners. Elle était la gardienne de cette époque révolue où les quatre enfants dînaient en se chamaillant. Elle était la table des enfants."

Elisabeth est morte, en Allemagne, en compagnie de son mari. Un accident de voiture tout bête, une plaque de verglas. Agnès est effondrée, elle quitte la Belgique, ses enfants adolescents, son mari pour se rendre aux obsèques de sa fille aînée. Là-bas, elle tente de comprendre pourquoi cette dernière avait depuis plusieurs années coupé les ponts avec elle malgré la tendresse qui les liait si visiblement, et pourquoi aussi elle avait fait de sa mère l'unique tutrice de ses deux enfants, et de ses biens. Faire son deuil, s'occuper de deux orphelins presque inconnus, réconforter la jeune-fille au pair, et mener l'enquête qui s'impose à elle donnera finalement à Agnès beaucoup d'occupation et les clés d'un nouvel avenir.

La Table des enfants croise quelques thèmes intéressants, ceux plus particulièrement de la relation mère-fille et celui de l'écriture (Agnès est auteure à succès de romans policiers). J'ai aimé également suivre les réflexions de cette femme d'âge mûr, sommée par les évènements de choisir son destin, et comprendre ainsi qu'à tout moment de la vie, tout est encore possible, transformable. Les ambiances sont posées tranquillement, chaque détail est minutieusement étudié, l'Allemagne devient présente, palpable, les personnages consistants. Tout m'a plu dans ce roman qui n'oublie pas de distiller aussi, et jusqu'à la dernière page un suspens troublant.
Un bon roman confortable, et un coup de coeur !

  Editions du Livre de Poche - 7.50€ - Avril 2003  heart

La lecture de Keisha - Merci ma bibli !!

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28 septembre 2011

En poche...

uneann_e_trang_re"Il faut que j'aie des antennes, que je sois double en permanence, à l'affût du moindre signe, du moindre indice.
Mais ce qui complique la donne est que la fille au pair n'est pas une fille dans une simple situation de travail. On attend d'elle un service rendu mais aussi une présence particulière, une façon d'être, la construction d'un lien, on attend d'elle qu'elle donne de son temps, de sa patience, de son énergie, comme le ferait une grande soeur éternellement bien disposée. On attend d'elle qu'elle mette en scène la touche d'exotisme qui fait la différence, celle pour quoi on l'a choisie et qui valorise la famille par sa présence "si particulière", par son style français inimitable, qu'elle même ignore évidemment."

Ce titre a été un coup de coeur de lecture pour moi lors de la rentrée littéraire 2009 !! N'hésitez pas à le découvrir en petit format.

Mon billet ici

heart J'ai lu - 5.60€ - Août 2011

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14 septembre 2011

Pas d'inquiétude, Brigitte Giraud... Rentrée littéraire 2011

pas_d_inqui_tude"Ce fut [...] un début en douceur, sans la violence des mots, une auscultation tout en retenue, et en rentrant tournait dans ma tête la dernière phrase prononcée par le médecin. Plus je remâchais ce pas d'inquiétude, plus ma gorge se serrait. Pas d'inquiétude n'était pas compatible avec sans tarder, le médecin se contredisait, et en même temps je me rassurais, non, rien de plus normal, il voulait juste qu'un spécialiste prenne le relais, son sérieux était réconfortant, il valait mieux envisager les choses à temps."

Pas d'inquiétude raconte l'histoire d'une famille ordinaire, qui vient tout juste de prendre possession d'une maison neuve, dans un lotissement tel qu'il en pousse partout aujourd'hui, après avoir vécu pendant des années dans l'exiguité d'un appartement trop petit pour quatre. Le couple a décidé de garder les finitions pour plus tard, pour eux, par soucis d'économie.
Le rêve est donc là, enfin à portée de main, mais c'est la maladie qui s'invite. Medhi, le plus jeune est atteint d'un cancer. Alors, les travaux attendront, il faut s'organiser, prendre des congés. La mère venant tout juste de commencer un nouveau travail où elle doit faire ses preuves, c'est au père qu'incombe de laisser le sien de côté pour faire face à l'urgence. Le présent prend tout à coup toute la place.

Ce roman est d'un charme discret et profond. Brigitte Giraud excelle encore une fois, après son magnifique Une année étrangère, à se mettre à la place d'autrui. Ici, le narrateur est un homme. D'habitude, en de telles circonstances, c'est la douleur d'une mère qui nous est offerte, placée immédiatement au creux du ventre. Un homme, lui, ne sait pas toujours quoi faire de son inquiétude, il n'a pas les codes, il réagit différemment. Alors il tait sa peur, son infini désarroi et offre ce qu'il peut, sa présence, ses initiatives, et parfois ses maladresses. L'auteure a vraiment trouvé ici dans son écriture le ton juste pour nous en parler. 
J'ai reconnu également dans ces pages l'attitude qui a été la nôtre lors du séjour de Petit Dernier en service de néonatologie par exemple, cette volonté de minimiser l'inquiétude auprès de l'entourage, cette propension à s'isoler autour du noyau étroit et dur que l'on forme soudain. A ce moment là, comme ce qui se passe dans ce roman-ci et que je tairai pour conserver le mystère de la découverte, tout geste de générosité, de compassion sincère, devient terriblement réconfortant et lourd de sens.

Une lecture de rentrée qui mérite vraiment que l'on s'y intéresse.

heart Coup de coeur ! - Editions Stock - 19€ - Août 2011

Les autres lectures de la rentrée sont toujours chez Hérisson

 Sinon, bonne nouvelle, Brigitte Giraud sera au Grand R à deux pas de chez moi... tout bientôt [lien]

Ce titre est dans la première sélection du Prix Médicis

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31 août 2011

L'annonce, Marie-Hélène Lafon

l_annonce"De Nicole et des oncles on devinait tout ; on finissait par savoir, même elle, Annette, l'étrangère, comment ils se tenaient autour de la table sans Paul, avec, à la droite de Nicole, cette chaise vide qui ne serait pas repoussée contre le mur. La place du frère était là, restée là, marquée, comme en attente. On ne changeait rien, on ne changerait rien ; qui savait le fin mot de l'histoire, et si."

Paul a passé l'annonce. Annette y a répondu. Lui est agriculteur dans le Cantal, elle vient du Nord. Ils se sont vus et ont décidé d'associer leurs solitudes. C'est une histoire d'amour, enfin presque, de celles qui se taisent, atténuées par le silence de la campagne et le regard du voisinage... Près d'eux, le fils d'Annette cherche doucement une place, loin du souvenir de son père violent, dans l'attente de ce quelque chose qu'il porte en lui, avide de former à sa manière une nouvelle cellule familiale.

J'ai beaucoup aimé l'écriture de ce court roman, son ambiance, sa trame narrative. On est sans cesse à hauteur des personnages ou au coeur de cette ferme dans laquelle six personnalités se pressent les unes contre les autres... et voilà qui est au départ déconcertant et puis drôlement bien fait et ensuite troublant, et émouvant. Entre l'âpreté du quotidien et une détermination farouche pour le bonheur, contre la fatalité, Annette et Paul ont choisi une voie, très respectable.
Une lecture qui croit à l'amour dans les prés.

heart Coup de coeur ! - folio - 5.10€ - Avril 2011

J'ai envie de dire merci à La Pyrénéenne qui avait réussi à me convaincre grâce à son très beau billet, je ne regrette vraiment pas ma lecture !
Sylire m'a remis en mémoire le fait que j'avais lu aussi Le soir du chien !!
D'autres lectures... Cathulu, Keisha, Clara, etc...

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18 août 2011

Skoda, Olivier Sillig.. Rentrée littéraire 2011

skoda"La chaleur vient toujours d'en bas, les pieds chauffent sur les cailloux de la route. Le ciel est de plus en plus bleu, un bleu plus froid, plus limpide. Stjepan reconnaît une étoile. Skoda dort. Le paysage défile, ça ne se voit presque pas parce qu'il se répète continuellement, recommence sans cesse. C'est comme si Stjepan était un hamster faisant tourner un décor de théâtre vertical : la première colline qui sort derrière lui devenant alors la plus éloignée devant lui. Stjepan se demande combien de temps l'enfant va tenir avant d'avoir faim."

On ne sait ni où ni quand l'intrigue de cet étrange petit roman se déroule, mais peu importe. La guerre est là et elle tue lors d'un raid aérien les compagnons de Stjepan sur la route, et cette femme, dans l'autre voiture, qui allaitait encore son bébé... Le nourisson respire encore alors Stjepan décide de le prendre avec lui. Un lien se crée entre eux deux, fort, qui donne bien du courage au jeune-homme, et le lance dans une course éperdue sur les chemins contre la violence, pour la vie...

La force de ce court roman tient dans son aspect fable et sa portée universelle. Le style en est simple, épuré, les images marquantes. En deux trois mots, tout est dit, et l'émotion est cachée derrière chaque page que l'on tourne. J'ai peut-être moins aimé certaines scènes, violentes, cependant essentielles par la dangerosité qu'elles évoquent, en contraste. J'ai beaucoup aimé, par contre, tout ce qui avait trait aux relations entre le nourisson vulnérable et cet homme qui se découvre ainsi des ressources insoupçonnées.
Une lecture coup-de-poing, mais aussi coup de coeur, qui souligne avec sagesse toute la fragilité humaine.

heart Coup de coeur ! - Editions Buchet Chastel - 11€ - Sortie le 14 Août 2011 (ou le 25 ?)challenge_1_

Lu en juin pour le Prix Fnac 2011 - (Heureuse d'avoir été sélectionnée d'ailleurs... Aucun des titres que j'ai lu n'a cependant été retenu dans la sélection finale, au complet ici, voilà qui est toujours un peu frustrant. Je vous présenterai les quelques romans reçus dans les prochains jours. La remise du prix du Roman Fnac 2011 aura lieu mercredi 31 août. Je viens de recevoir une invitation, mais je ne pourrai m'y rendre... dommage dommage. J'aurais beaucoup aimé entendre lire les personnalités invitées !!)

Première lecture du Challenge 1% rentrée littéraire
Mené cette année par Hérisson : 1/7

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15 août 2011

Les cris, Claire Castillon

Tout s'éclaire, je me demande si la lumière ne vient pas de mon oeil.

lescris

"Trahison, déception, suite au chant de l'amour, je savais que ça viendrait. C'est là et ça me soulage. Adam décevra, m'étais-je dit ; c'est fait. Pulvérisée, je cherche à me reconstituer. Intégrale, intègre. Moi seulement, je le veux. Repasser toujours derrière le travail de l'homme. Me remettre. Me suffire."

Il y a rupture, entre Adam et "elle", sans panache, sans éclat. Il y a crise. Adam en profite d'ailleurs pour déclarer qu'il ne sait pas si il l'aimait vraiment elle, ou si c'est la mousse autour d'elle qu'il aimait avant.
Elle, elle est cette femme écrivain, de caractère, à la personnalité socialement intéressante dont il pouvait être fier de tenir le bras.
Elle, elle découvre que l'homme est un objet qu'elle avait longtemps espéré, un passage comme un autre, mais que c'est le monstre textuel (celui qui l'amène à l'écriture) qui vit en elle qui a de l'importance à présent, qui la dirige, qui est sans doute son véritable amant, un amant violent et autoritaire.
De cette rupture naîtra un livre, dans la douleur et la jouissance, elle se le promet.

"Vous n'y pouvez plus rien, dit le monstre textuel, alors laissez-vous faire : j'écris profond en vous ma petite, j'écris comme ça, c'est en vous que j'écris, ne luttez pas."

Attention, chez Claire Castillon, point de bluettes, le ton est aux cris, intérieurs on s'en doute, jetés sur le papier, et à l'écrit (jeu de mots avec le titre ?)... Qui aura le dessus ? Cette faible femme qui vit finalement bien plus mal sa rupture qu'elle ne le clame ou bien le monstre qui vit en elle et qui a décidé de diriger sa main. Il attendait son heure. Nous, on attendra le mot fin pour connaître le vainqueur de cette bataille rangée qui nous donne au passage de bien belles phrases, et tout un tas de pages cornées.
Attention aux coeurs sensibles, vocabulaire évocateur et réglements de compte sont aussi au programme ! 

heart Coup de coeur ! - Edition du Livre de Poche - 6€ - Mai 2011

Explication de texte par l'auteure elle-même en cliquant [ici], émission 1 livre un jour du 22/01/2010...

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