17 juillet 2011

La Passerelle, Lorrie Moore

Il fallait bien vivre, ne serait-ce que par politesse.

lapasserelle

"Comme une petite fille, je croyais que le vieillissement ne me concernerait jamais. La mort, oui - ça, je le savais grâce à la poésie anglaise. Mais se rider, se voûter, boiter, blanchir, faiblir, grossir, maigrir, ralentir ? Je ne permettrais jamais que ça m'arrive, à moi."

Tassie a vingt ans. Etudiante, elle vient d'être engagée par un couple pour devenir la baby-sitter du bébé qu'ils s'apprêtent à adopter. Emma-Mary est afro-américaine et s'avère être déjà grande, elle a presque deux ans. Elle est joyeuse, affectueuse et apporte beaucoup à la jeune-fille, par ailleurs amoureuse du beau Reynaldo, rencontré en cours.
Tassie pense innocemment que la vie peut ainsi continuer de couler ses jours heureux. Mais c'est compter sans les secrets, faiblesses et mensonges, de ceux qui l'entourent, et sans sa propre négligence envers un frère cadet tant aimé...

La passerelle évoque avec beaucoup de justesse ce passage particulier et délicat, parfois chaotique, qui mène de l'enfance et l'âge adulte, ainsi que la prise de responsabilité de ses actes et les envies de s'assumer qui vont de pair. Il parle aussi de racisme, via la présence d'Emma-Mary regardée comme différente car vivant au sein d'une famille blanche. Mais ce roman n'est pas que cela, un roman initiatique ou un plaidoyer. Il est également pourvu de multiples ramifications narratives - nous partons quelques temps dans la famille rurale de Tassie - qui permettent au final de dresser le portrait d'un personnage, une toute jeune femme intelligente et sensible, que l'on aurait aimer connaître.
Un très bon moment de lecture.

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 Un billet très complet chez Amanda - Cathulu et moi avons noté la même citation en exergue - Aifelle est une adepte - ...

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16 juillet 2011

Une carte postale de Lozère

Nous connaissions déjà un tout petit peu La Lozère, via le blog d'Anne (notre Insatiable lectrice) qui s'y est installée il y a peu, pour son plus grand bonheur... Nous voulions cependant voir ce département de nos propres yeux. Alors, toute la petite famille a traversé la France pour aller voir là-bas de quoi il retourne. Les photos ci dessous parlent d'elles-même, il me semble, car comme nous le supposions avant tout y est magnifique, grandiose, parfois rude (surtout les virages des Gorges du Tarn), mais si beau.

Ce fut une très belle semaine !!

loz_re

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07 juillet 2011

Polina, Bastien Vivès

POLINA"Rien ne va !!!
Reprenez la pose.
Ici, le buste doit être droit, on appuie le temps.
Détendez-vous !
C'est la base !
Ne me faites pas regretter, Polina."

Polina est danseuse. Et au sein de l'école de danse dans laquelle elle est élève dès 6 ans, elle est repérée très jeune par un professeur, Bojinski. Il lui donne des cours particuliers, croit en elle. Cependant sa dureté légendaire mettra la jeune fille face à certains choix, comme celui de décider seule plus tard de ce qu'elle souhaite professionnellement pour elle...

La magie opère encore une fois avec ce nouvel opus de Bastien Vivès. Tout est dans un noir et blanc lavé auquel ses strips sur son blog m'avaient habituée. Et quel talent encore, autant dans la manière délicate qui lui est propre de croquer les mouvements que dans la délicatesse de son scénario !! Cependant, les couleurs flamboyantes rencontrées dans Le goût du Chlore ou dans Dans mes yeux m'ont manquées, espérons qu'elles reviennent...

Casterman - 18€ - Mars 2011

polina1

Bellesahi a beaucoup aimé aussi. - Emprunté en médiathèque

Je vous laisse sur ce billet pour une petite semaine... à très bientôt !

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06 juillet 2011

Une Carte Postale de Clisson

Allez, cet été c'est décidé, au gré de mes excursions, je vous enverrai ainsi quelques cartes postales...

Aujourd'hui je vous écris de Clisson, aux portes de la Loire Atlantique. Là-bas, il y a de vieilles pierres inspirées de l'architecture italienne, un château en ruine, de l'eau, un superbe jardin gardé par des statues romaines imperturbables et incongrues (domaine de La Garenne Lemot). Il y a aussi une très petite librairie, tellement bien achalandée qu'il est impossible de résister à un achat spontané.
Et si vous avez une petite faim, il vous suffit de suivre le chat botté, près de l'église tout là-haut. Entre les halles du XVème et une fontaine rafraichissante se loge un petit café italien au charme certain.

clisson

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05 juillet 2011

Le Cheval soleil, Steinunn Sigurdardottir

Tu n'as vraiment rien d'un cheval soleil, ma petite.

le_cheval_soleil"Je n'ai [...] jamais été telle que je suis, sauf un temps après mon émergence de la gousse moisie de l'enfance. Avant que la vie elle-même ne s'abatte sur moi avec les gardes de nuit au service des mourants et la maison avec mes filles et tout. Ce temps-là, où je fus moi, fut le temps avec toi et ce fut toi qui me fis à mon image. Cette image de moi au bord de la mer est toujours dans mon portefeuille. Afin que je puisse la sortir en vitesse pour voir qui j'étais telle que je suis, qui je pourrais être."

Les parents de Li ne prennent pas soin d'elle, ni de son petit frère. Ils sont trop occupés à soigner et sauver les enfants des autres. Li découvre un beau jour, grâce à un amoureux combien il est bon et doux que quelqu'un soit là, pour elle, totalement. L'amoureux est prévenant mais la jeune fille le congédie bien avant que cela ne devienne trop sérieux entre eux. Il faut dire que rien n'est simple. Qui pourrait comprendre cette vie entre des Époux indifférents et un quotidien à sans cesse tenter de sauver du désastre ?

Le Cheval soleil est un roman surprenant, navigant toujours au bord du précipice. On frôle la folie, la maltraitance, l'absurde, sans pourtant y tomber réellement. L'Islande y paraît un pays bien dur, et peu coloré, un lieu où il est bon de saisir au vol le bonheur fugace qui vient vous éveiller de peur qu'il ne se représente jamais. Cependant, j'ai aimé me laisser bercer par son ambiance mélancolique. L'écriture de l'auteur accroche. Le dénouement laisse perplexe, vous le constaterez sans doute, mais peu importe, car on a suffisamment été troublé et captivé pour ne pas s'en offusquer. Un petit livre au charme particulier qui n'oublie pas de nous laisser réfléchir aux conséquences des blessures d'enfance.

bouton3 Editions 10/18 - 7.40€ - Mars 2011

 Une tentation contractée chez Cathulu - Lu aussi par Liloubi

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03 juillet 2011

Une Carte Postale de Clermont-Ferrand

Je suis de retour par ici pour quelques jours, avec dans ma besace quelques vues de Clermont-Ferrand...
J'y ai rencontré Vercingétorix - juché sur un piedestal - des traces de Blaise Pascal, une cathédrale sombre et magnifique, des ruelles luxuriantes, le rugby. Et puis aussi, un peu de chaleur suffocante.
Je garde le reste pour moi, essentiellement sympathique. Voilà, j'ai passé là-bas de très bons moments, parfois vaguement studieux. Je n'ai presque rien lu mais peu importe finalement, et je repars bientôt...
Allez, mes prochains billets seront tout de même remplis de livres, pas d'inquiétude !! ;) Et vous, comment allez-vous ? (Mon google reader affiche 536 éléments non lus, mazette)

clermont

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16 juin 2011

Pause blog

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Quelques obligations professionnelles vont bientôt m'obliger à voyager un peu... Et depuis quelques jours je ne lis plus, ou pour être honnête si je lis des livres mais ce sont des nouveautés d'Août dont je ne peux pas vous parler encore. (Je vous raconterai tout cela en temps voulu.)

Donc, aucun billet digne de ce nom ne pointant son nez à l'horizon, voici le moment de me plonger dans un silence long de deux semaines, au moins...

Bonnes lectures à tous et que les mots vous soient doux !! Je reviens vite.

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14 juin 2011

Dans le petit wagon belge

Tandis que t'appuyant à la vitre brouilléetrain
Qui sait donner au jour la douceur d'un regard
Tu guettes, comme le chasseur guette un chevreuil,
Le passage de la frontière dans les bois,
Et que, malgré le train qui me cogne le dos,
Je fais peser toute mon âme au même point
Pour deviner si quelque chose va finir
Et si commencera quelque chose, des hommes,
Prisonniers avec nous de ce lieu fugitif,
Nous entourent d'une pensée où l'on a chaud.

Ils sont nés avant nous, dans une autre patrie.
Ils vivent. Le milieu de leur face barbue
Tient une pipe courte et fait un bruit de mots.
Tu ne vois pas leurs yeux qui se collent sur nous
Comme des mouches bleues sur des pêches sucrées.
C'est en vain que ton âme est penchée au dehors.
Ramène-la. Ne cherche pas à te défendre.
Sens l'impalpable exil nous entrer dans la peau,
Imprégner l'épaisseur de la chair, membre à membre ;
Sens le monter, comme la force du sommeil
De tes pieds à ton coeur, et de ton coeur au mien.

In Le voyage des amants, Jules Romains

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13 juin 2011

Copie conforme... en DVD

Lui est auteur à succès. Elle, gallériste. Entre eux deux, les charmes d'une petite ville de Toscane, le temps d'une journée... Où commence le jeu, la réalité, lorsque ces deux êtres s'imaginent soudain une vie de couple depuis quinze ans, un fils en commun ?

J'attendais de voir ce petit film depuis son passage à Cannes, et j'aime beaucoup Juliette Binoche. Ici, le jeu des acteurs est excellent, je m'en doutais, l'ambiance exquise, mais je n'ai cependant tout à coup rien compris au scénario lorsqu'il émet à un moment donné un virage surprenant, irréaliste... Une déception, donc, malgré un ensemble d'ingrédients réunis pour me plaire. Et vous, l'avez-vous vu ? 

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11 juin 2011

Comme une mère, Karine Reysset

COMMEUNEMERE"Elle n'est plus là. Le drap du berceau a gardé l'empreinte de son corps en boule. Notre rencontre aura été de courte durée. Je n'ai même pas eu le temps de lui parler. Je vais me préparer et partir, je n'ai plus que ça à faire maintenant. Sur ma main, il y a encore son odeur de bébé. Une odeur de lait et de cassis, ou de mûre."

Emilie est trop jeune, trop seule, trop peu capable d'élever cet enfant qu'elle va mettre au monde dans quelques minutes. Il naîtra sous X, sera élevé par une famille d'accueil aimante, loin d'elle, et voilà tout. Mais rien ne se passe comme prévu, ni l'attachement subtil qui attache la jeune femme à sa petite fille dès qu'elle l'aperçoit, la sent, l'entend, ni la présence de cette autre femme dans la maternité qui profite d'un moment d'inattention pour enlever le nourisson, tellement pleine de désir d'enfant et de cette douleur absolue d'avoir encore une fois perdu le sien...

Entre Paris et l'espace Thalasso de Saint-Malo, c'est le destin d'une petite Léa née pour susciter l'amour d'une mère que l'on suit. Et c'est avec une émotion à fleur de peau que l'on rentre dans ce récit de Karine Reysset. Je dois avouer que des larmes ont coulé. Dans ce roman, il est surtout question du lien maternel et de la possessivité qui en découle, mais aussi de cette possibilité courageuse d'une vie recommencée loin des orages du passé, et puis de folie.
Voici le troisième roman que je lis de l'auteure, en peu de temps. Après avoir lu A ta place et Les yeux au ciel, je pense cerner à présent l'ambiance de ses textes, son univers littéraire. Il me plait beaucoup. Je vais sans doute attendre, cependant, avant d'en lire un quatrième... Point trop n'en faut pour conserver le plaisir !

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Merci Clara !! 

La lecture d'Amanda - Celle de Laure - Valérie l'a lu... - Cathulu aussi !! 

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