10 juin 2009

Claude Ponti...Les chaussures neuves, les montres molles, etc...

claudeponti

On m'a dit un jour, il n'y a pas si longtemps... "Quoi, tu ne connais pas Claude Ponti ?", et bien non je ne le connaissais pas...(j'ai de grandes lacunes à combler en littérature jeunesse, je dois l'avouer) mais voilà qui est fait avec ce dernier album de l'année du programme Kilimax, celui de juin !
Ce petit livre regroupe trois histoires de l'auteur : "Les chaussures neuves" (qui n'en font vraiment qu'à leur tête, et qu'il faut bien élever, non mais c'est normal, elles sont si jeunes !), "Les montres molles" (qu'il ne faut pas trop regarder au risque de se métamorphoser en de drôles de trucs bizarres, mais ouf quand l'amoureuse est là on se retrouve soi-même !) et "Bizarre...Bizarre..." (où quand l'amour, justement, nous fait perdre le bras, enfin la tête, enfin les jambes...).emmalit

Vous ne serez pas très surpris de savoir que toute la petite famille a complètement craqué sur ce cher Monsieur Monsieur et sur cette charmante Mademoiselle Moiselle ! De la loufoquerie, des jeux de mots, de la bonne humeur, de la tendresse, tous les ingrédients sont là pour une lecture enthousiasmante...et un bien joli bouquet final pour ce périple Kilimax que je ne regrette pas d'avoir entamé avec ma grande fille !

Enfin... petit dernier, mon Théo né si tôt, a aujourd'hui 4 ans et j'ai envie de dire, quel gaillard, quelle andouille, quel charmeur, qu'il me ressemble, ça promet !

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09 juin 2009

L'argent, l'urgence, Louise Desbrusses

l_argent_l_urgence"On est ce qu'on fait. On le fait. Puis on le devient. Vous allez chercher ce travail. Vous acceptez ce travail (vous détestez ce travail). Quand il s'agit d'être raisonnable, jamais vous n'hésitez. (N'hésitez-vous pas ?) Non. Tenir. L'argent, l'urgence. Vous tiendrez, croyez-vous  (croire, vous aimez). Tiendrez-vous ? Vraiment : tiendrez-vous ? Tenir. Ne pas tenir. N'existe-t-il pas autre(s) chose(s). Pensez-y. (Y pensez-vous ?) Vos rêves, égoïstes, fantaisistes, irréalistes (qu'ils disent. Tous). Vos rêves. Laisserez-vous vos rêves. Agir."

Anne, qui commence à me connaître assez bien...m'a prêté ce livre, qu'elle avait elle-même beaucoup aimé, en se disant qu'il pourrait me plaire ! Et elle n'a pas eu tort. Je ne vais pas vous raconter ma vie ici (cela manque de discrétion) mais ce roman, qui déroule son écriture de la manière dont l'extrait ci-dessus est fait, a en effet fait largement écho à mon propre vécu, m'a ému. Il entre de plein pied dans la catégorie des livres "qui font avancer", "réfléchir" et "se poser les bonnes questions". Merci beaucoup Anne, encore une fois !!

L'histoire ? Elle est toute bête. Une femme, affublée d'un "homme-à-élever" (ce qui n'est pas le cas de M Antigone, je précise), propriétaire d'un atelier (lieu de tous les rêves, et de toutes les créations) se voit contrainte de chercher et d'accepter un poste (bien payé) afin de subvenir aux besoins matériels du couple (l'argent-l'urgence). Mais accepter ce travail, l'habiter un tant soit peu, exister plusieurs heures par jour dans une tour de verre (au nom de fleur), obéir à des codes qui lui étaient jusque-là étrangers, acquérir ce fichu badge qui donne le sourire à la fille de l'entrée (près du pot de fleur), c'est aussi se renier petit à petit, glisser vers quelque chose qui ressemble un peu à la mort. Alors, viennent les choix, entre résister ou continuer de glisser...

Ne vous fiez pas au pessimisme sous-jacent de mon petit résumé car il y a une sacrée dose d'espoir et de force dans ce livre, que je vous recommande à mon tour !

bouton3 Note de lecture : 4.5/5

ISBN 2 84682 124 0 - 16€ - 01/2006

La lecture très enthousiaste d'Anne - Laure a lâché le livre avant la fin - Un très bel article de Sylvie (passion des livres) qui a beaucoup aimé aussi...

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08 juin 2009

Il pleut, Jean-Philippe Peyraud

ilpleutEt oui, dans ce livre là "il pleut" mais "chut" que le ciel ne nous entende pas ! Trop tard, me direz-vous peut-être, car ce matin, il pleut aussi dans mon jardin...

Autour de la pluie, des averses et de cette atmosphère particulière que procure ce moment où des gouttes fouettent notre visage, les vitres de notre appartement, nos corps vite frigorifiés...Jean-Philippe Peyraud esquisse des petites saynettes comme prises sur le vif, effleurées.

Il y a ce garçon qui aurait pû abriter sa voisine sous son parapluie, ce couple qui se dispute, ce groupe que les gouttes de pluie disperse, ces amoureux qui s'abritent sous leur couette...
Et il y a nous qui nous retrouvons si facilement dans un geste esquissé, des actes manqués, une attente.ilpleut0_pla

J'ai aimé cette lecture touchante, mine de rien, son humour, et la finesse du regard de l'auteur.

A découvrir !

ISBN 978 2 7459 2774 3 - 10€ - Milan 2007

Une lecture sur le site bédéthèque - Et une autre sur planète BD

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07 juin 2009

Le doux murmure du silence, Paul Charles

ledouxmurmuredusilence"Un soir d'hiver, dans le quartier de Camden Town à Londres, une large foule s'est rassemblée pour la "nuit de Guy Fawkes", fête traditionnelle célébrée par un grand feu de joie. Mais un mouvement de panique secoue la foule lorsque apparaît, parmi les bûches rougeoyantes, le corps d'un homme." (Quatrième de couverture)

Il est bon d'entrer de temps en temps dans un livre policier, comme on entre en terrain conquis, balisé... On sait que l'on nous tendra des pièges, que l'inspecteur chargé de l'enquête est affublé de manies attendrissantes mais qu'il est un fin limier à qui aucun mensonge ne résiste, que le coupable sera démasqué à la fin, et que c'est justement celui ou celle auquel personne ne s'attendait, surtout pas le lecteur. Et on referme le livre, avec un brin de satisfaction, le coupable arrêté, l'enquêteur en quête d'un repos mérité félicité, la boucle bien bouclée, le noeud bien dénoué...

Le doux murmure du silence
ne déroge pas à la règle. Christy Kennedy, l'enquêteur, a la particularité de faire des thés divins, son flair est largement reconnu et son amie, ann rea, outre d'être une très jolie femme, est également une journaliste prisée. De plus, le cadavre retrouvé parmi les cendres du feu de joie n'est autre que celui d'un ancien commissaire du secteur. Voilà de quoi ébranler l'équipe dépêchée sur les lieux et mettre en lumière les méthodes de travail douteuses de l'ex-commissaire !

Moi qui ne suis pas une grande lectrice de littérature policière, loin s'en faut, j'ai pris beaucoup de plaisir à déguster cette enquête rondement menée. Sont parsemées ici et là quelques réflexions sur le temps qui passe, et les attentes amoureuses, qui donnent du relief au personnage de Christy Kennedy... Le tout baigne également dans un univers où la musique tient une place importante (l'auteur travaille dans l'industrie du disque) Cet opus est, semble-t-il, le huitième tome de la série des "Enquêtes de l'inspecteur Kennedy" mais ne pas avoir lu les précédents ne gêne en aucun cas la lecture !

bouton3 Note de lecture : 3/5

ISBN 978 2 35021 179 4 - 22€ - 04/09

Un grand merci aux éditions Naïve et à Ulike... SelectionUlike

La fiche du livre sur Ulike - La fiche du livre sur le site de l'éditeur

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06 juin 2009

Alexandre Kha...

...dont je suis depuis un moment déjà les petits dessins, sort un nouvel opus, intitulé "L'attrapeur d'images".

"Une gravure tirée des Voyages extraordinaires de Jules Verne décidera Nemo Lowkat de sa vocation.
À la manière de ces vieux livres dont l'ambition était de donner goût aux voyages à la jeunesse au début du vingtième siècle, ce tour du monde en dessins légendés retrace le périple de cet homme devenu photographe, récoltant des images dans sa boîte noire comme un chasseur de papillons dans son filet."

Toutes les infos sont sur le site de Tanibis, d'autres sur le site DigiBidi... Vous trouverez quelques pages à feuilleter juste en dessous, en cliquant sur la petite flèche grisée...!

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05 juin 2009

The Duchess - DVD

theduchess1De retour par ici...
...avec un film, dont j'avais entendu maintes critiques enthousiastes, et que j'avais très envie de connaître à mon tour. Et comme les sorties DVD sont à présent assez promptes, manquer un film au cinéma n'est plus si frustrant...
Keira knightley n'est pourtant pas l'actrice que je préfère regarder jouer. Elle est un peu trop mince, un peu trop figée du bas du visage, un peu trop éthérée pour mon goût. Et pourtant, lors du visionnage de "The Duchess", j'ai du me rendre à l'évidence qu'elle survolait ce film là avec grâce et talent.
Comme par hasard (mais en est-ce vraiment un après tout), voilà encore une histoire bouleversante de femme, et de féminité exigeante, de désir de liberté, et d'amours contrariées, une histoire comme je les aime...avec des coeurs qui saignent, des volontés à faire plier et des portes qui claquent. A essayer, vraiment !theduchess

L'histoire ? "Fin du XVIIIe siècle, en Angleterre. Comme Lady Diana, dont elle est l'ancêtre, Georgiana, Duchesse du Devonshire, est une femme belle, charismatique, et adulée par la population. Mariée au richissime Duc, elle est contrainte d'accepter un ménage à trois avec la maîtresse de celui-ci, Bess, qui est aussi sa meilleure amie... Insatisfaite, elle s'engage dans la vie publique en faisant campagne pour le parti libéral et en luttant pour les droits des femmes. C'est ainsi qu'elle s'éprendra du futur premer ministre Charles Grey..." (Synopsis par allociné)

Plus d'infos sur ce film

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02 juin 2009

Une pause de quelques jours

temps"[...] le temps n'est jamais perdu, il est en avance, il se cache, se liquéfie, fait des boucles..., mais il n'est jamais perdu, c'est nous qui le sommes."
Antonio Tabucchi

Cette phrase est tirée d'un article du Monde des livres du 28/5/9
qui traite du dernier roman de l'auteur "Le temps vieillit vite".

Le temps de retrouver le fil de mon temps, je vous dis à très bientôt !

PS : En sus, je vous fais un petit point "livres voyageurs"...
Le Alice Munro est en ce moment chez Martine, il ira ensuite rejoindre Liliba avant de rentrer à la maison...
Pardonner est chez Leiloona...suivront Nanne, Saxaoul, KLoelle, Tristale et Bel Gazou...
Dis oui Ninon est chez Nanne...puis se rendra successivement chez Gambadou, Alex, Thaïs, Odilette, Stéphie, Liliba, Saxaoul, Karine...
Sont également partis Le goût des abricots secs, en lice pour le prix Biblioblog 2009 (en ce moment chez Virginie), et Cochon d'allemand qui a repris la route pour faire une halte chez Liliba !

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01 juin 2009

La libraire a aimé...

lalibraireaaim_...et moi aussi, je l'ai bien aimée, cette libraire !
Merci Sylvie, pour ce délicieux livrevoyageur !!

Sophie Poirier a un joli style, fluide, sur lequel la lecture ne se heurte pas. Elle a su nous donner à lire avec cette longue nouvelle une bien jolie histoire qui parle de la pérennité des sentiments, des envies de changer de vie et des quêtes de toutes sortes, des solitudes de nos conversations aussi. Voilà un petit roman qui donne envie de briser les barrières invisibles que nous dressons largement tout autour de nous comme des remparts de protection illusoires...

L'histoire ? Corinne et Paul, tous deux libraires de métier, ont pris l'habitude prendre un verre ensemble à la terrasse d'un café, tous les jours, un whisky. Ils parlent de leurs lectures, exclusivement, puis se séparent en se promettant de se revoir le lendemain. C'est un rituel, bien huilé, qui ne fait de mal à personne, ni de bien d'ailleurs. Seulement voilà, un jour Paul ne vient pas, ni les jours suivants. Corinne s'inquiète, se remet en questions, découvre au fond d'elle l'amour qu'elle éprouve pour Paul, mais un peu tard, évidemment... Ensuite ? Et bien, ensuite, il y a un photographe amateur de cadavres, Paul Auster, un russe pas russe affublé d'un domestique nain et une maison d'hôte au charme très anglais...mais là c'est une autre histoire qu'il vous faudrait lire pour mieux la comprendre.

"Librairie Bodiat
A l'attention de Corinne L

Madame,
J'ai fait de vous un personnage de roman.
Peut-être me ferez-vous un procès, ou alors ce sera monsieur avec qui vous buviez régulièrement l'apéritif à la terrasse du Castan Café.
Quand je vous aperçois dans la librairie, j'ai pris l'habitude (sans le vouloir) de vous commenter. C'est-à-dire que je note quand vous avez bonne mine, si vous avez l'air fatigué, et parfois je vous souris. Ca me fait plaisir de vous voir.
Au début, je n'ai pas fait exprès de vous choisir. J'ai cherché un autre prénom.
Je n'ai pas réussi à résister, j'ai voulu écrire tout ce que j'ai écrit, avec vous dedans.
J'espère que vous ne m'en voudrez pas.
J'allais ajouter que maintenant je vous connais bien et je suis sûre que vous comprendrez.

Sophie Poirier"

bouton3 Note de lecture : 4.5/5

ISBN 978 2 915368 07 9 - 9.50€ - AVRIL 2008

- La lecture de Sylvie - Celle d'Aifelle - Liliba a aimé aussi - L'avis de Mary Dollinger - Celui de Keisha -

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31 mai 2009

Pense

pensePense au bleu, au vent, à l'air
A tout ce qui n'est pas lui
Pense aux livres, à la poussière
Au vent dans tes cheveux

Au souffle chaud que promène
Le soleil sur ton visage, là

Pense à l'herbe
A tes doigts
A la rugosité des arbres
A ce qui te rapproche de l'enfance

A ce qui t'appartient
A ce qui est à toi, aujourd'hui

Cesse de croire à la transparence
Reprend le goût des sensations
Qui t'aidaient à te construire
Avant

Avant que tu ne penses à lui
Tous les jours
Avant que tu ne te détruises
De l'aimer tant

Pense à la mer
Aux ricochets des vagues
A la lumière
A Dieu même, si il le faut

Mais ne t'enferme plus dans son souvenir
Laisse le rêver de toi, un peu
A son tour
Maintenant

© Les écrits d'Antigone - 2009

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30 mai 2009

Fin de l'histoire, François Bégaudeau

findel_histoireFlorence Aubenas est revenue, libérée après cinq mois de captivitée. Elle donne une conférence de presse. Elle est là pour répondre aux attentes des journalistes, avides de détails croustillants, de révélations ; elle est là pour donner des faits en pâture...mais ce n'est pas réellement ce qu'il va se passer. En 45 minutes et 14 secondes de récit, Florence Aubenas va incarner, avec humour, une femme...dans l'Histoire, une femme qui ne souhaite pas rentrer dans la légende...et François Bégaudeau est là, attentif aux sens cachés, aux sous-entendus, à ce qui peut-être compris et incompris, à ce qui est tu.

Mon avis ? J'ai lu ce titre, loin de la polémique qu'il a suscité, loin de l'indécence que l'on peut trouver dans ses lignes... J'ai lu ce titre comme si le temps avait fait son oeuvre, et l'oubli aussi... Et j'ai aimé le lire.
Bien entendu, je me suis demandée en le parcourant, si Florence Aubenas était en accord avec le fait que l'on parle d'elle, aussi intimement. Apparemment, une décharge a été signée... Apparemment, elle n'a pas lu ce roman. Et là n'est sans doute pas l'important, en somme, et autant le comprendre, pour apprécier le fond de cette
fin d'histoire.
François Bégaudeau y est égal à lui-même, à ce qui fait son charme, à ce qui provoque l'agacement aussi. Sur le même ton sur lequel il rédige, dans Muze, sa rubrique "Accroc à mon héroïne" il nous dresse ici le portrait de Florence Aubenas. Il s'appuie sur son discours, et en profite pour parler des femmes, de sa vie, avec des mécanismes d'écriture reconnaissables, par moment un brin macho, mais pour moi assez attrayants. En bref, j'ai aimé ce jeu d'écriture, sorti à mon avis trop tôt après la libération de l'ex-otage...

Un extrait...
"Donc c'que je vous propose, la façon d'faire qui me paraît la plus simple...je suis désolée j'ai la voix cassée, parce que j'ai pas parlé pendant cinq mois, là j'ai repris mon niveau normal, c'est-à-dire pour ceux qui me connaissent parler tout le temps rires donc du coup les cordes vocales se remettent en service Pendant cinq mois c'est pas sa famille qui lui a manqué, pas les Vins divins de son pays, ni ses livres si elle lit, ni ses enfants si elle en a, ni les crèmes hydratantes de sa salle de bains si elle habite quelque part. C'est parler. Là on lui offre une plage de quarante-cinq minutes, quarante-cinq minutes de talk show prononcez à l'américaine, trop beau pour être vrai, elle s'en lèche les babines avec sa langue bien pendue, la vie c'est parler ou alors c'est pas la peine, pour le silence on a toute la mort devant soi Donc c'que je vous propose... si vous n'en n'êtes pas d'accord poussez un hurlement, j'vous fais confiance... c'est de vous faire un récit un peu chronologique des choses"

bouton3 Note de lecture : 4/5

ISBN 978 2 07 078472 1 - 12.50€ - 08/07

Pour en savoir plus, ou peut-être mieux... Un article sur Remue.net - Et un autre sur Rue89 -

 

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