08 septembre 2008

Premier bilan

Même si les toutes premières lectures reçues pour le Prix Elle 2009 n'ont pas été totalement enthousiasmantes, à mon goût, voici un petit bilan et un classement provisoire de mes préférences à ce stade des critiques (pour lire les billets, vous pouvez cliquer sur les couvertures) :

Catégorie Roman   Catégorie Document          Catégorie Policier

despapillonssouslapluie         le_ch_teau_de_verre  heart        jusqu___ce_que_mort_s_ensuive 

A présent, je vous dis donc "à suivre"...

Rendez-vous début octobre, ici pour mes prochaines lectures, et dans ELLE pour le résultat des votes du jury d'octobre, dont je fais partie !! (Chouette !) Un extrait ici.

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07 septembre 2008

Jusqu'à ce que mort s'ensuive, Roger Martin

jusqu___ce_que_mort_s_ensuive

Douglas Bradley, jeune homme de la communauté noire d'Atlanta, ignore tout du passé, et de la famille de son père. Elevé dans une "certaine idée" de l'Amérique par un homme devenu cadre chez Coca-Cola, il est surpris lorsque la prestigieuse académie militaire de Colorado Springs refuse - contre toute attente - sa candidature, pourtant exemplaire. Menant l'enquête, il apprend bien vite qu'on lui cache depuis toujours l'existence d'une grand-mère et d'une tante, mais surtout la fin tragique de son grand-père paternel, pendu en France pendant la seconde guerre mondiale, et accusé de viol et d'agression sur une jeune normande...

Malgré quelques longueurs en début de récit, j'ai lu avec intérêt les aventures de ce jeune homme, parfois un peu naïf, souvent courageux, qui part en quête de vérité sur les traces d'un passé qu'il n'imaginait pas. Il nous permet de découvrir un autre "versant" de l'amérique, entre ségrégation et secrets d'Etat. J'ai, en fait, particulièrement aimé suivre Douglas Bradley en France, sur les lieux du débarquement des alliés, vision touchante des français et de leurs manies vus par un jeune américain. J'ai aimé craindre qu'il tombe aux mains du DIA. J'ai aimé ce roman d'aprentissage palpitant qui mêle faits réels et héros fictifs, avec dextérité. Il m'a laissé rêveuse... Il séduira très certainement les férus d'Histoire.

Un extrait (début du roman)...
"Il était quatre heures précises, ce matin du 14 août 1944, lorsque les pas retentirent dans le couloir de l'école primaire de Derville. Des pas lourds, pesants, d'hommes arrachés au sommeil pour une tâche qu'ils n'avaient pas choisie. Il avait fait anormalement chaud les trois derniers jours malgré une brise légère venue de la mer proche et l'atmophère ne s'était rafraîchie qu'aux dernières heures de la nuit. Etendu sur un lit de camp au coin avant gauche affaissé, le soldat en uniforme ne dormait pas. Vers dix heures, la veille, il était tombé comme une masse, assomé par l'alcool avalé d'un trait, cul sec comme on disait ici, au goulot de la petite bouteille pansue sans marque ni étiquette. Comment le maître d'école avait-il réussi à se faufiler dans l'obscurité jusqu'à la fenêtre pourvue de solides barreaux de fer pour lui faire passer, sans prononcer un mot cet alcool si différent du wisky auquel ils étaient tous habitués ? [...] Le vieil homme - c'est ainsi en tous les cas qu'il leur était apparu, vieux et amical - qui s'était adressé à eux dans leur langue le soir du bal, avait su en tout cas déjouer la surveillance des deux MP, les soldats de la police militaire, en faction devant la prison improvisée... Ce sommeil de brute avait été de courte durée."

bouton3 Note de lecture : 3.5/5

Un titre lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices BOOKPAGES 2009
Catégorie Policiers

ISBN 978 2 7491 0786 8 - 17 € - Mars 2008

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06 septembre 2008

Léo Ferré

       Madame,
                               Le bonheur ça n'est pas grand-chose
                               Madame,
                               C'est du chagrin qui se repose
                               Alors
                               Il ne faut pas le réveiller.

                                          (Paroles extraites de Le bonheur , et inscrites également en incipit du roman Fausse Veuve de Florence Ben Sadoun, mais de manière inversée, ce qui est étrange...c.a.d. le mot bonheur est mis à la place de chagrin et vice versa, ce qui change diamétralement le sens du propos, isn't it ?)

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05 septembre 2008

Le village de l'Allemand, Boualem Sansal

le_village_de_l_allemandUn journal, un récit, deux frères, les frères Schiller...
Plusieurs lieux, qui semblent se multiplier au fil du récit, mais principalement, un village en Algérie, une cité en lisière de Paris, Auschwitz.
De là vient la force de ce roman, sans doute, mélanger ce qui ne se mélange pas d'ordinaire.

Un jeune homme, Malrich, d'origine algérienne, vit dans une cité lugubre de région parisienne. Son frère aîné vient de se suicider dans son pavillon de banlieue et laisse derrière lui un journal. Dans ce journal Malrich apprend l'assassinat de ses parents dans leur petit village algérien mais aussi le passé de leur père, allemand de naissance. Il comprend ainsi le cheminement de Rachel vers la mort. Abasourdi de douleur, celui-ci s'est jeté sur les traces du passé, découvrant tardivement le rôle de son père dans l'extermination des juifs pendant la seconde guerre mondiale.

Ce récit apparement "basé sur une histoire authentique" remue des thèmes primordiaux - la mort, l'hérédité, le remord, la religion, la guerre. Pourtant, certains parallèles m'ont semblés bien audacieux et quelques bavardages moins passionnants que d'autres.
Voici tout de même un livre que j'ai pris plaisir à lire jusqu'au bout et qui donne sur l'histoire une vision nullement manichéenne, différente de celle dont on a l'habitude, ce qui est loin d'être inutile.

Un extrait (début du roman)...
"Cela fait six mois que Rachel est mort. Il avait trente-trois ans. Un jour, il y a deux années de cela, un truc s'est cassé dans sa tête, il s'est mis à courir entre la France, l'Algérie, l'Allemagne, l'Autriche, la Pologne, la Turquie, l'Egypte. Entre deux voyages, il lisait, il ruminait dans son coin, il écrivait, il délirait. Il a perdu la santé. Puis son travail. Puis la raison. Ophélie l'a quitté. Un soir, il s'est suicidé. C'était le 24 avril de cette année 1996, aux alentours de 23 heures."

bouton3 Note de lecture : 2.5/5

Un livre lu dans le cadre du grand prix des lectrices de BOOKPAGES 2009
Catégorie Roman

ISBN 978-2-07-078685-5 - 17€ - 01/2008

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04 septembre 2008

Instant

instantLe ciel bleu, rare,
Eblouissant.

Etonnante fraîcheur de nos doigts enlacés.

Vent contre mèches de cheveux.
Goût salé de tes lèvres.

Coton, laine, Soie.
Emmaillotement de draps.

Toi près de moi.

Attente du silence.
Attente de ce qui peut se passer après.
Après quoi ?

Tiédeur pure
De ton cou offert,
Concédé.

Infinie présence.

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03 septembre 2008

Le château de verre, Jeannette Walls

le_ch_teau_de_verreJeannette Walls aperçoit par hasard sa mère alors qu'elle se rend à une soirée mondaine à bord d'un taxi. Devenue clocharde, celle-ci est en train de fouiller les poubelles d'une rue de New-York, proche de l'endroit où se tient la réception vers laquelle se rend sa fille.
Paniquée et morte de honte, Jeannette Walls se cache.
Lourde du secret de ses origines, cette journaliste New-Yorkaise à présent reconnue, chroniqueuse de célébrités, choquée par sa réaction de rejet, décide de ne plus mentir. Elle se met à écrire son autobiographie. Elle raconte l'histoire de ses frère et soeurs, de ses parents, marginaux, fantaisistes, amoureux des arts et des lettres, des sciences et de la liberté. Elle parle de ce père qui rêve de se construire une maison de verre dans le désert et qui se noit dans l'alcool. Fuyant la misère, des phantasmes paranoïaques et de multiples créanciers, la famille Walls a parcouru l'Amérique, connaissant dès le plus jeune âge le froid, le danger et la faim, mais aussi la soif de s'en sortir.

heart J'ai abordé ce livre avec un esprit dubitatif. En quoi l'enfance d'une chroniqueuse New-Yorkaise allait-elle m'intéresser ? Il est écrit en prologue que Jeannette Walls, l'auteure, craignait que ce récit détruise sa carrière, oui, et bien, que m'importait ? Et puis, voilà, je me suis fait prendre comme une débutante, par les sentiments.
La lectrice que je suis a oscillé constamment au fil des pages entre le désir de prendre ce texte pour un roman et le rappel constant de la réalité des faits. Je suis ressortie de cette lecture bouleversée, admirative devant la capacité de ces enfants malmenés à réagir, et avec le sentiment d'en avoir peut-être appris un peu plus sur l'esprit humain et ses travers.

Un extrait...
"J'étais en feu. C'est mon premier souvenir. J'avais trois ans et nous vivions sur un terrain de caravaning, dans une ville du sud de l'Arizona dont je n'ai jamais su le nom. J'étais juchée sur une chaise devant le fourneau et portais une robe rose que ma grand-mère m'avait achetée. Le rose était ma couleur préférée. La jupe de la robe bouffait comme un tutu et j'adorais virevolter devant la glace en me disant que je ressemblais à une ballerine. Seulement, là, debout dans ma robe rose, je surveillais la cuisson des saucisses ; je les regardais gonfler et danser dans l'eau bouillante sous les rayons du soleil de fin de matinée qui filtraient par la fenêtre du minuscule coin cuisine de la caravane."

bouton3 Note de lecture : 5/5

Un livre lu dans le cadre du grand prix des lectrices de BOOKPAGES 2009
Catégorie Document

ISBN 978-2-221-09938-4 - 20€ - 01/2008

Gambadou a été gênée par l'aspect "voyeur" du récit

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02 septembre 2008

Catherine Soullard

lire_livre"ne pas être comme sa mère qui n'a même plus de formes, qui est toute rabougrie avec un ventre mou et des seins flasques qui pendent, ne pas être comme elle, éviter le destin, faire tout autrement, ne pas être trahie par son corps et sa tête, empêcher le naufrage, ne pas être écroulée comme un tas somnolent, la tête en avant, le menton dans le cou, quelques rares cheveux teints sur un crâne trop visible, les yeux verts extatiques et lavés qui s'éloignent, et des mains qui se creusent et se bombent et se nouent autour du poignet, vers le pouce, qui partent dans tous les sens parce que les doigts se tordent, ne pas être comme sa mère qui n'y voit plus grand chose, qui entend ce qu'elle veut, qui se lave mais qui sent, Vienna ne peut pas s'empêcher de lui dire, elle prend un grand plaisir à humilier sa mère, et dans ces moments-là, elle la hait d'être vieille, faible et moche, et puis d'obtempérer devant sa cruauté au lieu de se fâcher et de se rebeller, elle refuse de la voir en coupable baisser le nez, elle ne peut pas, elle voudrait qu'elle s'énerve, qu'elle l'engueule, qu'elle soit dure ou bien morte, mais non, cela est faux, cela n'est même pas vrai, non oh non surtout pas, qu'elle soit dure suffirait"

Extrait de Johnny

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01 septembre 2008

En ce moment...

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Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil, Haruki Murakami

Au_sud_de_la_fronti_reHajime a vécu une douce amitié avec Shimamoto-San alors qu'ils n'étaient que de jeunes adolescents, tous deux "enfants uniques", aimant les mêmes livres, écoutant les mêmes musiques, voisins, liés d'une complicité qui leur semblait naturelle. Cependant, les déménagements de leur parents aidant, toute relation entre eux dut cesser, avant de devenir amoureuse.
A présent installé dans la vie, marié, père de deux fillettes, proche de la quarantaine, Hajime mène une existence paisible, heureuse, par instants seulement hantée par ses souvenirs. Quel sera donc sa réaction face au retour d'une Shimamoto-San, devenue si belle et si mystérieuse, dans son existence ?

Autant le dire sans ambages, je n'ai pas eu de coup de foudre pour ce livre, qui se lit pourtant sans déplaisir, ni pour son personnage principal, Hajime. L'histoire m'a semblée légère, l'intrigue tenue sur le seul fil des pensées érotiques d'un adolescent, puis d'un homme, un peu égoïste, préoccupé exclusivement des battements de son propre coeur. Oserais-je dire que ce roman m'a semblé bien masculin ? Parfois, cela peut me toucher, à l'instar de Soie, mais ici je suis restée de marbre. Mince ! Je sais pourtant qu'il s'agit ici d'un des auteurs préférés de nombreuses blogueuses...

Un extrait...
"Elle enleva sa main du dossier du canapé et la posa sur ses genoux. Je regardai distraitement ses doigts suivre le tracé des carreaux de sa jupe. Ce mouvement semblait empreint d'un mystère, comme si un fil ténu et transparent sorti du bout de ses doigts tissait un temps encore à venir. En fermant les yeux, je pouvais voir des tourbillons s'élever dans l'obscurité, puis disparaître sans bruit. J'entendais au loin Nat King Cole chanter South of the border. Il s'agissait du Mexique bien sûr, mais je ne le savais pas. Je ne sentais que l'écho étrange de ces mots : "sud de la frontière". Chaque fois que j'écoutais cette chanson, je me demandais ce qu'il pouvait bien y avoir au "sud de la frontière". Je rouvris les yeux : les mains de Shimamoto-San s'agitaient toujours sur sa jupe. Une sorte de picotement doux s'insinua tout au fond de mon corps."

bouton3 Note de lecture : 2.5/5

Un livre lu dans le cadre du blogoclub

D'autres avis : Sylire, Clochette, Karine, Lisa, Biblioblog, Gambadou, Grominou, Cathe, Malice, Fanyoun, Katell, Arlette, ...

Florinette a lu un autre titre

Chimère vous propose de revenir sur ses lectures de l'auteur...

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31 août 2008

Des papillons sous la pluie, Mira Maguen

despapillonssouslapluie

Adam attend depuis vingt-cinq ans un signe de celle qui l'a abandonné alors qu'il n'avait que dix ans, sa mère.
Depuis, il garde toujours dans sa poche un petit papillon coloré, identique à ceux qu'elle vendait dans la rue, le petit garçon qu'il était à ses côtés. Devenu médecin généraliste, élevé avec amour par sa grand-mère Mama Ruth, Adam Ouria a une vie bien remplie, des patients, une femme qui l'aime à ses côtés, des amis... Pourtant, lorsqu'un jour le téléphone sonne et que la voix rauque d'Eva résonne à l'autre bout du fil, proposant une rencontre trois jours après, les angoisses et les défaillances se ravivent...

Ne tergiversons pas, j'ai beaucoup aimé ce roman dont l'intrigue se déroule comme une belle pelote de laine, traînant derrière elle les poussières d'une vie pas si limpide.
Nous suivons pendant trois jours les pensées de cet homme, vivant dans une ville d'Israël moderne, exempte apparemment - et étrangement - de conflits et de guerres.
Adam Ouria est un adulte en questionnement, un adulte dont l'enfance colle à ses faits et gestes, à ses doutes, à ses envies, à ses rapports avec sa famille, avec ses cousins.
Adam va revoir sa mère, bientôt, et toute sa vie prend une dimension différente, des rencontres ont lieu, des attentes, et peut-être aussi des folies...

Le tout début du roman...
"Les boucles d'oreilles violettes. Leur éclat diffus et tremblotant. Si elle les portait encore, il la reconnaîtrait tout de suite. Simples, translucides comme des gouttes de pluie sur un iris. Le souffleur de verre qui les lui avait fabriquées avait juré que jamais pièce plus lisse n'était sortie d'entre ses mains.
Elle serait là dans trois jours. N'avait indiqué ni son numéro de vol, ni d'où elle venait. "Allô, c'est Eva, ta mère."

bouton3 Note de lecture : 4/5

Un livre lu dans le cadre du grand prix des lectrices de BOOKPAGES 2009
Catégorie Romans

ISBN 978-2-7152-2836-8 - 25€ - 02/2008

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