16 mai 2008

Quel bruit ça fait la lecture ?

afficheDemain après-midi, si tout se déroule comme prévu, je fais un petit tour par ici.

Car, du 16 au 21 mai, ma ville se met au rythme de la lecture.

Et je suis ravie de rencontrer, en particulier, l'auteur de Une histoire de la lecture

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Valéry Larbaud

mainsCueille ce triste jour d"hiver sur la mer grise,
Et laisse-moi cacher mes yeux dans tes mains fraîches ;
J'ai besoin de douceur et de paix, ô ma soeur.
Sois mon jeune héros, ma Pallas protectrice,
Sois mon certain refuge et ma petite ville ;
Ce soir, mi Sicorro, je suis une humble femme
Qui ne sait plus quêtre inquiète et être aimée.

...extrait du poème Carpe Diem.

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15 mai 2008

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Recommandé par des Influenceurs

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Le portrait, Iain Pears

pears

Un étrange invité se présente un beau jour dans la modeste demeure de Henry MacAlpine, sur l'île de Houat, décidé  à faire réaliser son portrait par le peintre de talent qu'il fut, retiré volontairement à présent depuis plus de quatre ans de la scène artistique londonienne. Il s'agit de l'ancien mentor de l'artiste, et critique tout-puissant, William Nasmyth. Au fil des séances de pose, Henry déroule un impitoyable monologue, qui fait ressurgir leur passé commun, sa rencontre avec la rebelle et insaisissable Evelyn, et les turpitudes du monde de l'art. La vérité éclatera enfin dans les tourments des tempêtes bretonnes...

L'éditeur, en quatrième de couverture, affuble ce roman du qualificatif de "thriller psychologique aussi cruel que subtil", je n'irai pas jusque là... Effectivement, le mystère de l'exil de Henry est un point à éclaircir en début de récit mais l'élément fort de ce "portrait" réside ailleurs. En effet, j'ai trouvé très intéressante cette histoire de la peinture londonienne et européenne du début du XXème siècle que Iain Pears dresse ici au fil du monologue du narrateur : la ringardise progressive du classicisme, la montée en puissance de l'impressionnisme français... Enfin, le parallèle entre la rudesse bretonne et la vacuité du clinquant londonien donne un relief certain à cette histoire, et procure un moment de lecture vraiment très agréable ! A essayer, pour les amoureux de la peinture, entre autres !!

Un extrait...
"Je pensais trouver un moyen de contourner la règle que j'ai moi-même établie. Je n'ai pas l'intention de te laisser voir le tableau que je suis en train de peindre, parce que je sais ce qui te retient ici. Mon plus grand espoir est de te garder jusqu'au bout, de te faire boire la coupe jusqu'à la lie. Un homme qui déteste être dans l'ignorance ne partira jamais avant d'avoir vu quelque chose d'aussi personnel que son portrait. Je suis surpris que tu aies réussi à te maîtriser jusque là. Je n'aurais pas été étonné que tu traverses la pièce en trombe pour t'emparer de la toile. Je ne te le conseille pas."

bouton3  Note de lecture : 3/5

Grand merci à ma prêteuse !!

Une autre critique positive sur Biblioblog

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14 mai 2008

Chanson douce

NarB 

Ce matin, pour la première fois depuis longtemps, je me suis surprise à chanter, tu sais cet air que tu fredonnais lorsque j’étais petite, celui qui donnait envie de tourner sur soi, très vite, et puis de tomber, essoufflée, les jambes en l’air, dans les coussins du sofa.

Ce matin, pour la première fois depuis bien longtemps, j’ai pensé à toi.

Les rideaux ont pris tout à coup une teinte plus grise.

Les ombres des bibelots se sont arrangées pour se faire plus discrètes, plus pâles.

Peine perdue. Tu étais là au milieu du salon, invisible et présente, colorée et inquiétante, toute pleine de paradoxes, telle que je te connais.

Les notes de ta chanson se sont égarées quelques minutes sur les miettes de mon petit-déjeuner, je les ai contemplées puis balayées, d’un grand coup sec, du plat de la main.

Je n’ai jamais eu besoin de te voir pour connaître l’abîme dans lequel tu me perds.

Ton souvenir suffit bien à troubler les secondes tranquilles, l’équilibre des heures.

Voilà pourquoi, j’accroche aux murs de ma maison, des gris-gris innocents, censés préserver mes lieux de funestes pensées.

Ce matin, pour la première fois depuis longtemps, je me suis surprise à chanter.

Tu sais. Comme lorsque j’étais petite.

Quand la vie ressemblait à une danse tournoyante.

Quand tu étais les bras...qui m’empêchaient de tomber.

Un texte émis suite à la consigne 69 du site Paroles Plurielles. Il fallait s'inspirer de la photo tout en haut et de l'incipit suivant : "Ce matin, pour la première fois depuis longtemps..."

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13 mai 2008

Gaëlle Boissonnard

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Ayant craqué pour quelques cartes ce jour-là...je cherche depuis, en vain, un site consacré à cette illustratrice, qui se nomme Gaëlle Boissonnard, mais apparemment il n'en existe pas.

Alors, j'ai chipé les illustrations ci-dessus par ici.

Décidément, je l'aime beaucoup.

(Le colis reçu par Gawou m'a donné envie de déposer ici ces quelques images.)

Une autre adresse trouvée par Bel Gazou.

Le site éditeur de Gaëlle Boissonnard

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12 mai 2008

Les oreilles du loup, Antonio Ungar

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Du haut de ses arbres et de ses cinq ans, un garçon farouchement libre, crinière rousse au vent et ses chaussettes jaunes bien remontées sur son pantalon rouge, guette les ombres du monde des adultes et le fantôme fou de son père. Bringuebalés dans la tourmente de la séparation de leurs parents, sa petite soeur et lui entament avec leur mère une errance entre la savane et la ville, la jungle et les plateaux de la cordillère des Andes, en quête de survie, d'une éclaircie. Les sensations et images isolées qu'il perçoit avec ses yeux de tigre, la force de la violence et du malheur, mais surtout celle de l'amour et de la beauté, composent le portrait impressionniste d'une Colombie sensuelle et meurtrie. (quatrième de couverture)

La présentation éditeur, ci-dessus, résume au mieux la teneur du roman, composé de réminiscences, celles d'un petit garçon attentif et imaginatif qui vit les évènements de son enfance comme un jeu dans lequel il serait tigre et le monde une savane.
J'ai aimé cette lecture, ce style, sans doute bien rendu par la traduction, qui m'a fait penser à de très bons auteurs américains lus autrefois, Faulkner par exemple. Les personnages sont attachants, l'amour du petit garçon pour les membres de sa famille (sa mère, sa soeur, sa si belle cousine) très touchante et la vision partielle d'un enfant particulièrement bien retranscrite.
A travers les yeux du jeune narrateur, on suit surtout le parcours d'une mère en quête de bonheur, traînant dans son sillage deux enfants en bas âge. On l'imagine avoir quitté un homme brûlé par l'alcool, avoir fui une mère froide et autoritaire, et chercher dans son errance un lieu où se poser avec ses petits, et un amour doux sur lequel simplement se reposer. Un très beau roman écrit par un auteur de grand talent !!!

Un extrait...
"Avant de sombrer exténué, avant de m'endormir sur le plateau métallique du camion, aux pieds de maman, je comprends que nous pouvons être heureux. Malgré tout ce qui est arrivé. Malgré le fantôme de papa qui rôde dans la savane. Heureux. Le noyau dur de la bande. Les survivants. Maman, brune, verticale, intouchable, qui chante à la nuit, riant mais toujours prête à tout faire pour nous, ses enfants. Ma soeur, complète, redevenue chat, comme le chat qu'elle avait été auparavant, mais à présent un chat sauvage, un chat de montagne maigre, électrique et trempé, les griffes cachées, qui regarde les étudiants sans cesser de rire. Moi, allongé par terre, riant aussi, les poumons plus grands et les mains plus ouvertes, ouvert en entier à la pluie. Comme un tigre nouveau, vivant, heureux."

[Ecrivain et journaliste, Antonio Ungar figure dans la liste "Bogotà 39" réunissant les trente-neufs meilleurs auteurs latino-américains de moins de trente-neuf ans.]

bouton3  Note de lecture : 4.5/5

Un immense merci à Marie-Anne !!

La lecture, très enthousiaste aussi, de lily.
Celle d'Alice, qui a assisté à une rencontre avec l'auteur.

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11 mai 2008

Le retour du livre voyageur

cochon_d_allemand

Après un joli voyage, Cochon d'allemand est rentré au bercail, fort de riches lectures...

livrevoyageur

...Gambadou, Kloelle (pas de billet), Elfe, Loutarwenn, Lucy, Wunschtraum (billet à venir)

Toutes ont été très touchées par ce roman, même si sa construction, par vagues successives de souvenirs, en a dérouté quelques unes.

Elles m'ont laissé une trace de leur lectures. Merci !! d_dicaces

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10 mai 2008

Deux vies plus une

deux_vies_plus_une_imagesfilmEmmanuelle Devos incarne dans "Deux vies plus une" une femme encore jeune, institutrice, mariée et mère d'une grande fille adolescente. Elle étouffe entre les siens et sa mère, très possessive, qui l'appelle sans cesse au téléphone. Et puis, il y a les déjeuners familiaux, les obligations, son métier qui ne la passionne plus, ce sentiment de ne jamais pouvoir être tranquille, seule, même un moment, pour pouvoir écrire ou rêver. Elle note depuis toujours des petites choses insignifiantes, des histoires, dans des carnets ; elle décide un beau jour de s'acheter un  ordinateur, et de les mettre au propre. Sa rencontre avec un jeune éditeur et une auteure qu'elle admire l'encourage à changer de vie...

Voici un DVD, choisi bien au hasard, sans doute un peu pour Emmanuelle Devos, dont j'apprécie souvent la présence... Et bien, je n'ai pas été déçue car voici un film qui parle de nous, enfin de moi, en bref je crois que vous allez vous y retrouver également... Il s'agit donc de l'histoire d'une jeune femme, enfermée dans une vie d'habitude, qui décide un beau jour de penser un peu plus à elle-même, et qui passe tout à coup beaucoup de temps sur son ordinateur à tapoter, devant un mari (Darmon étonnament excellent) bien éberlué par sa transformation et sa soudaine confiance en elle !! Beaucoup de scènes sont très drôles et tendres, presque cultes (j'adore particulièrement la scène de la découverte de l'objet ordinateur - comment ça marche ce truc là ? On appuie sur un bouton et rien ne se passe. ) !!! Un film à voir ! Vous allez aimer ! Une véritable belle surprise.

cinéma image_imagesphoto.jpg Pour voir une bande-annonce, cliquez ici.

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09 mai 2008

Un petit morceau de fiction...

bookosierT’étreindre plus que tu ne le voudrais - mais seulement en surface – être maligne, éviter le faux-pas qui te rendrait méfiant, réussir à t’embrasser sur les deux joues, bruyamment, esquiver cette main que tu me tends, te rétorquer que nous nous connaissons déjà, depuis tant de temps, que ce serait dommage. Faire semblant.

Apercevoir le sourire réjoui de nos fils sur nos têtes qui se rejoignent, brièvement.

De mon cœur qui bat, de mes doutes, de mes vains espoirs, tu ne sauras rien.

Je me le suis jurée hier au soir. Les choses resteront ainsi, bancales. Tu accompagneras Jules chez moi, ils joueront ensemble. Toi debout sur le seuil de ma maison, tu seras là pour quelques secondes, pour une conversation impersonnelle. Le souvenir de la chaleur de tes joues sur ma peau. Mon regard profitera de ces quelques moments, tendus sur ton départ, pour capter tes yeux, en garder l’empreinte.

Profiter de ta présence, malgré toi, à ton insu. Avoir depuis longtemps maintenant dépassé la honte de cela, de ces émotions que je grappille.

N’être plus qu’attente.

Je referme la porte, doucement, sur ton ombre qui se perd dans le tournant de l’allée. Tu reviendras, tout à l’heure. Je goûte avec délice le plaisir de cette répétition, toi et moi face à face, deux fois dans la même journée.

Pour alibi, une rencontre d’enfants.

Tom et Jules s’amusent bruyamment dans la chambre du fond, leurs rires me parviennent, éclats de peinture colorés qui réchauffent soudain notre maison, bien souvent silencieuse. Ils ont renversé des caisses de jeux, en un sourd grondement profond, écho de tonnerre d’amusements à venir.

Les voitures et Lego ont certainement glissé jusque sous les meubles.

J’imagine facilement le ruissellement des petites pièces, feu d’artifice fracassant, interrompu par des plinthes, couleur terre.

Ce soir, plus tard, j’aiderai Tom à  récupérer les plus récalcitrantes, celles coincées sous la grande armoire aux pieds épais. La joue contre le parquet, le rire au ventre.
Tu seras venu, chez moi, je serai heureuse, soulagée, d’avoir réussi cela, simplement, ta présence.

Depuis le temps que je t’espère.

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