25 juin 2008

Qu'est-ce qu'on mange ?, Joëlle Gagliardini

qu_est_ce_qu_on_mangeA la question rituelle, ce petit livre répond avec beaucoup d'humour !!

"A la maison, c'est maman qui cuisine.
Elle a beaucoup d'outils pour l'aider.
Pour le dîner, ce sera frites ou pâtes !
C'était bon ?

Les mamans ne savent pas ce qui est bon.
Mais elles pensent qu'elles savent !..."

Voici donc tout ce qui tourne autour de la cuisine, de la table et du manger, vue par le petit bout de la lorgnette de deux petits fripons âgés - si j'ai bien compris - de moins de six ans...et ça déménage !! Il y a à lire dans tous les coins, dans tous les sens, des photos, des dessins, du très bon, du pas très ragoûtant ( Beurk, Miam, slurp )...
Un album excellent, qui a fait l'unanimité auprès de mon petit cercle de lecteurs en herbe !
Idéal également pour décomplexer les mamans nulles en cuisine (comme moi !), si si.

Quelques dessins de l'auteure à voir ici : http://www.labobinette.com/Enfants.html

Un petit Nota Bene en plus: En effectuant des recherches sur Google, je suis tombée sur ce site là - http://lab-elle.org/ - le site d'une association qui reste attentive à ce que les albums pour enfants ne reproduisent pas des stéréotypes masculins/féminins archaïques dans leurs collections. Pour ce faire, ils lab-elle- isent des albums qui mettent en avant des personnages féminins et les valorisent (le livre dont je parle aujourd'hui en fait partie). En parcourant ce site, je n'ai trop su que penser au tout départ, et puis je me suis dit que ce n'était pas si bête, et finalement important. Ils mettent par ailleurs en avant des albums (voir leur liste) que j'aime particulièrement.
Et vous qu'en pensez-vous ?

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24 juin 2008

Les ombres et la plaie, Isabelle Rossignol

les_ombres_et_la_plaieDeux courtes nouvelles dans ce recueil...
Aidez-moi ou je pars ! Un couple sans enfants se déchire. L'épouse est dentiste et le mari simple ouvrier. L'une veut que son conjoint passe des examens pour chercher une éventuelle stérilité ; l'autre se sent diminué par l'argent que gagne sa femme. Un matin, Martine part sans un mot. Rémy finit par prendre l'avion pour un autre pays, au hasard, où il rencontrera d'autres vies, en rupture elles aussi.
Les ombres et la plaie. Une histoire en forme de conte... Maguelone souffre d'une plaie au pied depuis le jour de ses 13 ans. Sa mère et sa tante l'ont depuis ce jour-là enfermée à clé dans une chambre. Un soir, alors que les années ont passées, Maguelone réussit à s'enfuir grâce à de mystérieux escarpins vernis et découvre le plaisir auprès d'un étrange homme masqué. Derrière tous ces évènements se cache une malédiction que Maguelone aura à coeur de ne pas perpétrer.

Mon avis...
Voici une lecture enthousiasmante et originale qui cache bien son jeu. Les deux nouvelles de ce recueil n'ont pas énormément de points communs, mis à part comme le souligne la quatrième de couverture le "thème de la chute et de la guérison après la chute". Je ne connais pas les autres écrits d'Isabelle Rossignol mais il est intéressant de suivre une telle écriture qui semble toujours être au bord de tomber dans la facilité, mais qui n'y tombe jamais, qui nous surprend, et qui nous entraîne dans des univers dépaysants et surnaturels, presque sans y toucher. Un petit livre, à la lecture rapide, qui recèle de belles surprises !!

Un extrait de Aidez moi ou je pars !...
"Ce qu'il remarque en premier, c'est que ses beaux-parents possèdent les clés de la maison. Martine n'avait jamais dit à Rémy que ses parents pouvaient entrer chez eux comme et quand ils voulaient. Un instant, il en éprouve un sentiment de trahison. Un instant seulement : ce n'est pas la première fois qu'il prend conscience que cette maison ne lui appartient pas.
Montre en main, ses beaux-parents restent quatorze minutes à l'intérieur et neuf minutes dans le jardin. En fin limier qu'il a tout l'air de devenir, Rémy se doute que c'est lui qu'ils cherchent. Martine a dû les envoyer en reconnaissance, afin de revenir peut-être, ou bien pour voir si Rémy n'avait pas fait de dégâts dans la jolie demeure... L'idée lui vient en effet : pourquoi ne s'amuserait-il pas à saccager ces meubles et objets qui ont vu son couple décliner, qui ont en eux la mémoire de ses attentes de plus en plus longues ? De nouveau, la table en formica rouge de ses parents lui revient en mémoire, et c'est parce qu'il connaît la valeur des choses qu'il renonce d'emblée à ce petit jeu.
Lorsque la voiture démarre, Rémy se cache davantage : une précaution aussi inutile que la tristresse qui l'étreint par moments, car les beaux-parents, dans la raideur qui caractérise tant leur âge que leur condition, regardent droit devant eux. Rémy est tenté de leur faire le bras d'honneur qu'il ferait volontiers à Martine. Et puis il laisse tomber cela aussi.
Une fois entré, il ne regarde rien autour de lui. "Objectif chambre et valises" se dit-il. Trois tee-shirts, le nécessaire de toilettes, pantalons et slips, sa carte bleue. "Ecrire un mot" se dit-il encore. "Ne pas faire comme elle".

bouton3 Note de lecture : 3/5

Le site de l'éditeur : L'idée bleue

Pour en savoir plus sur l'auteur

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23 juin 2008

Lettres à Lou Andreas-Salomé, Rilke

lettres___lou"Au milieu du mois de mai 1897, René Maria Rilke rencontre Lou Andreas-Salomé à Munich. Il a vingt et un ans, elle en a trente-six. Rencontre déterminante : quelque temps plus tard, le poète abandonne son prénom pour celui de Rainer, signant là comme une seconde naissance.Car si Lou est l'amante [..] elle est surtout la mère nourricière et libératrice, intimement convaincue de la vocation de celui qu'elle qualifie d'"élu du destin". [...] Au printemps 1900, lors de leur deuxième voyage en Russie, Lou, éperdument avide de liberté, s'éloigne du poète tout en le conjurant de ne pas succomber au pathologique et de progresser seul vers la maturité de son art.
Désormais, elle ne sera plus la femme à laquelle il s'en remet - bien d'autres femmes l'inspirèrent -, mais elle restera la seule référence dans son existence, l'amie, la confidente. Leur correspondance - commencée dès leur première rencontre - reprend trois ans plus tard et ne cessera qu'à la mort de Rilke, le 29 décembre 1926." (extrait du dossier en fin d'ouvrage intitulé Lou et la naissance du poète)

Toujours à la recherche de Rilke, suite à ma lecture des Lettres à un jeune poète, je me suis penchée sur ces lettres là, très différentes.
Rilke n'a plus ici le rôle du maître qui donne conseils et règles d'écriture. Il n'est qu'un auteur à la recherche de son art, qui demande son avis à une amie, seule capable de le "comprendre" et d'écouter ses souffrances, doutes et hésitations.
Du lyrisme des premières lettres, enflammées, nous passons à des propos plus sombres, plus anxieux, ceux d'un auteur en proie à un état poétique déstabilisant, habité par le poids des années et par des questionnements constants.

Proche de Nietzsche, puis de Freud, Lou est pour Rilke l'interlocutrice idéale, intelligente et sensible, attentive, qui permet au poète d'accoucher de son oeuvre.
Ce recueil m'a moins touché que le précédent mais il permet d'apréhender Rilke de manière plus intime et plus réelle aussi.

Un extrait...
"Tu es mon jour de fête. Et quand je te visite en rêve, j'ai toujours des fleurs dans mes cheveux.
Je voudrais mettre des fleurs dans tes cheveux. Lesquelles ? Aucune n'est d'une simplicité suffisamment touchante. En quel mois de mai les trouver ? - Maintenant, je crois que tu as toujours une guirlande dans tes cheveux - ou une couronne...je ne t'ai jamais vue autrement."

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22 juin 2008

Besoin...

... de toucher,
J'ai un grand besoin de toucher quelqu'un
De loin, de près,
Comment faire de loin sans faire à peu près ?   

                                                                               Ben Ricour-Vivre à même l'amour

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21 juin 2008

Rêve d'amour, Laurence Tardieu

r_ve_d_amour"Nous sommes le 21 juillet 2006. Il est vingt heures. Je m'appelle Alice Grangé. J'ai trente ans. Gérard Oury est mort hier. Tout cela est certain. Vérifiable. Le réel. Je marche vers un homme que je ne connais pas. Ca encore, le réel. Cet homme a aimé ma mère. Ma mère a aimé cet homme. Je n'en suis déjà plus sûre. Cet homme va me parler de ma mère. Je ne sais pas. Je vais retrouver quelque chose de ma mère. Je ne sais pas.
Les chose les plus importantes sont-elles celles que l'on sait, ou celles que l'on cherche ?
Je m'appelle Alice Grangé. J'ai trente ans. Je cherche ma mère."
(extrait et quatrième de couverture)

heart J'avais déjà lu Puisque rien ne dure, de Laurence Tardieu, et les émotions suggérées alors m'avaient semblées un peu "too much" à mon goût...et puis voilà, j'ai ouvert son dernier opus et je ne l'ai plus lâché !!
Voici donc un roman lu d'une traite, dans un souffle, en un après-midi, l'émotion au bord du corps. Voici donc, pour moi, un énorme coup de coeur de lecture !!!

L'histoire...
Alice apprend sur le lit de mort de son père que sa mère en avait aimé un autre, quelques mois avant de mourir... Rien ne reste à présent de cette mère adorée que le souvenir flou d'une robe bleue. Son père a tout jeté à l'époque, ses photos, ses tableaux... Seule a subsistée la douleur, comme une présence froide et tendre, entre eux deux. Elle décide donc de partir à la recherche du seul être qui puisse encore l'aider dans sa quête - un être surgi brutalement du passé - lui parler de sa mère, et peut-être l'aider à s'aimer mieux...

Un extrait encore...
"Je crois que j'ai passé mon enfance à attendre ma mère. Je l'attendais, des heures durant, assise dans ma chambre, immobile, obstinée, je l'attendais, je ne pleurais pas, pour ne pas compter les jours je comptais les moutons, elle allait revenir, c'était évident, comment une mère peut-elle abandonner son enfant, comment ma mère aurait-elle pu m'abandonner, je l'attendais sans rien dire à personne de la brûlure de cette attente, je l'attendais, ma mère, son rire, l'odeur de sa peau, ses robes en coton, elle allait revenir, ce soir, ou demain, ou la semaine prochaine, je la verrais apparaître sur le seuil de la porte et sourire et me faire tournoyer comme s'il ne s'était rien passé, et dans ses bras je redeviendrais légère, ces longues journées sans elle n'auraient été qu'une mauvaise farce, je l'attendais, elle ne m'avait pas dit adieu or on dit adieu lorsqu'on ne revient pas, je pouvais attendre ma mère sans crainte, elle allait revenir."

bouton3 Note de lecture : 5/5

La lecture de Sylvie, de Clarabel, de Laure...(toutes trois subjuguées)
Papillon s'est ennuyée (Ah bon ?)

Laurence Tardieu en interview par AuteursTv...


Laurence Tardieu
par auteursTV

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20 juin 2008

Françoise Collin

                        

FrCollin"L'idée

Il y a de la lumière chez vous la nuit me dit la voisine d'en face, la femme de l'employé du gaz : c'est sans doute quand vous avez une idée à écrire.

J'ai choisi de vivre dans un pays qui croit à l'existence d'une idée, même pendant la nuit."

(extrait de On dirait une ville)

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19 juin 2008

Les orangers, Dominique Mainard

mainardRien de commun en apparence entre Bono, simple d'esprit amoureux d'un enfant rêveur, dans La boîte à secrets, et Moha, immigré algérien hanté par les ciels et les odeurs de son pays natal, dans Les orangers. Rien sinon la solitude et le don de peupler celle-ci d'êtres et d'objets imaginaires. Rien sinon la quête de l'autre qui les entraîne, volontairement ou non, jusqu'aux frontières de l'indicible et de la mort. (extrait de la quatrième de couverture)

Voici un tout petit livre coloré qui n'a de "sucré" que la couverture. Attention, les deux nouvelles qui le composent sont une porte ouverte à l'émotion !! Ames sensibles s'abstenir !
Bono et Moha, les deux héros de chaque histoire prennent sous leurs ailes un être chétif, maladif, et abandonné à ses rêves, (un vieillard aveugle, un enfant anorexique) pour le porter vers un ailleurs meilleur à leurs yeux, dans un bel élan de compassion.
Dans ces récits tendus mais brefs, vous trouverez également de belles images, de beaux mirages, et une fin sublimée en points de suspension...

Je ne connaissais pas encore les écrits de Dominique Mainard. Son écriture, à la limite de l'onirique, peut dérouter mais les émotions qu'elle suscite sont simplement belles. Alors, à suivre...et à découvrir (ces petits livres sont à un prix très raisonnable) !!

Un extrait (début de Les orangers)...
"L'orange sera captive dans la paume de la main gauche. De la main droite, on plantera l'aiguille dans le grain serré de l'écorce.
De la main droite, on transpercera la peau dans une subtile odeur d'aromates, essayant d'atteindre la chair. La piqûre devra être minuscule, invisible presque, un simple poinçon dans l'écorce. Mais de ce canal étroit une goutte surgira, glissant sur la rondeur du fruit puis sur la paume. De cela on conclura que la main est sûre, qu'on pourra bientôt planter sans douleur l'aiguille dans la veine.
On épluchera l'orange mais, au dernier moment, on ne pourra la manger. Il y a trop de chair humaine dans cette pulpe blessée. Elle se desséchera sur le rebord de la fenêtre ; bientôt sanguine, striée de filaments pourpres.
Un organe humain, vulnérable, abondonné sur le rebord de la fenêtre dans la lumière impudique du jour."

bouton3  Note de lecture : 4/5

La lecture de Laure

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18 juin 2008

Alberto Manguel

alberto_manguelJe suis en train de lire Journal d'un lecteur d'Alberto Manguel.

Voici quelques extraits glanés au passage...

"Je vais dormir une nuit dans la bibliothèque, afin de m'en approprier véritablement l'espace. C. dit que cela équivaut, pour un chien, à pisser dans les coins."

"Les livres que je prends au lit, le soir, et ceux que je trie dans la bibliothèque durant la journée sont des livres différents. Les premiers m'imposent avant que je m'endorme leur temps et leur longueur, le rythme de narration qui leur est propre ; les autres sont soumis à mes notions personnelles d'ordre et de catégories et m'obéissent presque aveuglément (il arrive qu'ils se révoltent et que je doive les changer de place sur l'étagère)."

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Au jardin...

chenille_qui_fait_des_trousLa semaine dernière, petit dernier et moi, par une chenille alléchée, sommes allés écouter des histoires pour enfants sur le thème du jardin au sein de notre médiathèque préférée... Un moment privilégié, comme toujours, où l'attention est souvent furtive mais les applaudissements nourris !!

Voici une partie de la sélection des bibliothécaires jeunesse :

La chenille qui fait des trous - Une chenille sort de son oeuf et grignotte tout sur son passage...
Si vous ne connaissez pas encore cet album, sachez qu'il rencontre un vif succès auprès des tout-petits. Tous les jours, un ou une internaute arrive sur mon blog en tapant son titre. Petit Théo avait en effet déjà craqué sur ce livre ici.

dix_petites_graines

Dix petites graines - Pas facile le jardinage ! Des dix graines qu'un petit garçon va semer, seule une va donner une fleur. Heureusement, la nature est généreuse ! L'unique fleur donnera à nouveau dix petites graines, pour tout recommencer.

il_faut_une_fleur

.

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Il faut une fleur - Une fleur, une graine, un arbre... Le cycle de la nature, la logique enfantine...
De la théorie à la pratique, avec un brin de poésie : "Pour faire une table, il faut une fleur !".

quel_radis_dis_donc

Quel radis dis donc ! - Un énorme radis a poussé dans le jardin. En s'y mettant à plusieurs, on réussira bien à l'arracher !

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17 juin 2008

Un texte à la gomme

gommeOublier tout. Effacer tout.

Reprendre là où je m'étais arrêtée.
Attraper le cahier, le crayon.
Retrouver cette place sur le canapé,
Celle qui détend mon dos,
Celle qui permet les mots.

Je n'écris pas pareil, là.

Je n'écris plus que pour une seule oreille. Moi.

Atteindre la saveur du moment,
En prendre la juste mesure,
L'enrober.

Ne pas chercher à heurter un présent,

Qui tout à coup se défile.

De quoi sera fait demain ?
Je n'en sais fichtre rien.

L'avenir a tout à coup un goût de Barbapapa.

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