28 novembre 2007

Soyez les bienvenus...

...dans ce nouveau lieu, pour l'instant réservé à mes textes que je continuerai à intégrer ici, petit à petit. Allez, nous allons nous serrer un petit peu. Déjà, Pauline Croze m'aide à repeindre les murs ! Quelques modifications, des liens remis à jour, et hop, on y verra que du feu !

Vous pourrez toujours retrouver mes anciens articles sur mon ancien blog, que je ne supprime pas.

Merci à vous de me suivre jusqu'ici ! Bises.

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27 novembre 2007

Adieu

Je navigue, entre toi et le ciel, par delà les nuages, au dessus des possibles.

Mon ami, je m’en vais, sans espoir de retour.

A l’aube du plus jamais, j’embrasse ton âme de mes lèvres écarlates et je serre ta vie contre mon corps froid.

Avant que de partir, je dépose ça et là, des cadeaux de bonheur, des surprises parfumées de moi, que tu découvriras, les jours vides de couleurs.

Entends-tu le bruissement de mes ailes, lorsque le soir tombe, et que tu restes assis, rêveur, sur la terrasse de notre pavillon ?

Ils m’ont fait cet honneur charmant, de me doter de grâce.

Mon ami, je m’en vais…

Ecoute ! Elle sonne à ta porte.

Va ! Elle t’attend.

Ne la fais pas languir,

Celle qui saura, à présent

Bien mieux que je ne peux,

Te recueillir.

adieu

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26 novembre 2007

Au café

Je l'attends, dans ce café.aucaf_

Derrière les fenêtres embuées, je vois défiler les ombres des passants affairés, par grappes. Les aiguilles de l’horloge, au dessus du comptoir, avancent doucement dans le brouhaha ambiant. Il sera bientôt quinze heures. Elle ne va plus tarder.

Je l’attends. Je m’installe un peu plus confortablement sur ma banquette en moleskine marron, de celles qui craquent sous le poids lorsque l’on s’assoit. Je m’inquiète.

La voilà ! Elle passe les portes battantes avec son sourire triste, celui que je rêve d’embrasser. Elle vient vers moi et se glisse rapidement sur la banquette d’en face, sa place habituelle.

Le visage levé, elle essaye d’attirer l’attention du serveur, il ne la remarque pas. Son regard me traverse alors. Elle retire son écharpe. Je lui souris. Elle esquisse un haussement d’épaule, je la sens s’apaiser.

Le serveur approche enfin. Elle lui commande un café, serré.

Et c’est pour ce moment là que je l’aime, pour cet instant où, sa tasse fumante à ses côtés, elle se sentira assez confiante pour sortir un livre épais de sa besace usée, pour craquer sa tranche, sans vergogne, et se plonger dans sa lecture.

Pour elle, je n’existe pas.

Le soir venu, pourtant, dans l’obscurité de sa chambre, elle me murmure des suppliques, presque sans y croire.

Je l’aime, sans espoir, mais je suis, et je resterai, pour toujours, son ange gardien.

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25 novembre 2007

Naissance

Elle est née d’une femme, comme tout un chacune.

Lancée dans l’existence, comme un chaton perdu, par inadvertance, ou par miracle, elle a survécu. 

Au détour de sa vie, tu l’as prise contre le corps, tous ses muscles tendus.

Elle était maigre, pour ne pas peser, douce, calme, apeurée.

Elle est née, de toi, réellement, un soir d’Août, à ton insu. Epuisée par ses douleurs de femme, doucement, tendrement, tu as lavé sa peau. Sa membrane s’est ouverte, déchirée.

Elle est née, pour la seconde fois, d’un homme.

Tu lui as donné ton nom, pour habiller sa naissance.

Tu lui as donné ton avenir, pour la maintenir debout.

Tu as aimé son corps ; tu as aimé son âme.

Elle est devenue fleur.

Elle est devenue femme.

naissance

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24 novembre 2007

Jeux d'enfants

Tchac ! Tchac !

En garde !

Tchac ! Tchac !

Tremblez, sacripants ! Vous ne pourrez m’échapper !

Tchac ! Tchac !

Je suis corsaire, mais femme, aux seins bandés. Je suis chef de bande. Ma petite troupe me suit, médusée. Mon épée imaginaire, brandie dans les airs, est vraiment impressionnante.

Tchac ! Tchac !

Les deux garçons, plus jeunes que moi, promus, bien malgré eux, ennemis à combattre, se cachent en riant.

Tchac ! Tchac !

Leur rire s’éteint soudain. « Dis, on veut plus jouer. »

Filles et garçons, nous nous regroupons près de la salle des fêtes, désertée. Nous cherchons un coin d’ombre. Je suis la plus âgée. Ils sont sept et lèvent leurs yeux vers moi ; ils attendent. Ils savent que je vais trouver un jeu, une histoire, de quoi les occuper, jusqu’au dîner.

J’aime leurs joues roses, leur moue fatiguée. J’aime qu’ils m’appellent à l’aide pour un caillou dans la chaussure, pour un genou abîmé.

L’été prochain, ils auront grandi. Ils auront oublié ce moment, la boîte à trésors enterrée sous nos pieds. Je ne saurai plus rien de leurs jeux d’enfants. Je serai trop vieille.

« Allons cueillir des mûres ! »

Leur explosion de joie résonne dans la torpeur de l’été.

Demain, c’est la rentrée.

jeux_d_enfants

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23 novembre 2007

Peur

J’ai dormi. Trop longtemps. Je le sais. La lumière du jour passe par l’interstice des volets. Ce n’est pas normal. Ce silence.

Pourquoi mon mari n’est-il pas venu me réveiller ? Pourquoi ma fille n’est-elle pas apparue encore pour sauter sur mon lit en criant « Maman ! C’est l’heure ! » ? Il est vrai que le dimanche, habituellement, ils me laissent dormir un peu plus, ces deux lève-tôt. Puis, ils viennent me trouver, en riant.

Ce silence.

Je me penche. Je cherche le réveil. Dix heures du matin. J’attrape un gilet, je descends. Ils ne sont nulle part. Leur manteaux et chaussures ont disparus.

Et là, soudain, au milieu du salon, brutalement, la peur me prend, toute entière. Je me dis qu’il est parti, avec elle, qu’ils ne reviendront plus. Je cherche dans la maison des signes de cette fuite. J’ai de l’eau au bord des yeux.

Ma tasse est sortie sur la table du petit déjeuner, seule. Aucune trace. Tout est en ordre, trop en ordre.

Un dessin posé sur mon ordinateur m’arrache le cœur. Je fonds en larmes.

Tout à coup, des coups frappés à la porte me font sursauter. J’ouvre, hésitante.

Ma fille se tient devant moi, un énorme bouquet de fleurs dans les bras, souriante. Mon mari, derrière elle, regarde mes yeux gonflés, étonné.

« Bonne fête maman ! »

Je suis stupide. J’avais oublié.

peur

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22 novembre 2007

La mère

lam_re  La mère pose son ouvrage sur le guéridon, à ses côtés. Elle est fatiguée, ses traits sont tirés. La nuit, discrètement, est tombée sur la campagne, et la lune recouvre le jardin de sa douce clarté.

La jeune femme soupire et se lève, avec effort. Elle se dirige vers le grand miroir du salon, accroché au dessus de la commode. Elle se dit qu'elle ne sait plus à quoi elle ressemble. Elle détaille chaque parcelle de son visage : sa peau qu'elle trouve terne, ses yeux rougis d'avoir fixé l'aiguille, et ses cheveux fins tirés en chignon. Elle ne sait plus si elle est belle. Elle est mère, et cela envahit sa vie, toute sa vie, jusqu'au repos des enfants.

Elle prend une fleur en papier aux couleurs vives dans le vase blanc, de toute évidence décorée par de petites mains maladroites, et en écarte les bords pour lui donner du volume. Puis elle la coince sur son oreille, et se sourit dans le miroir.

Elle essaye de se souvenir du dernier jour où un homme l'a fait tournoyer au rythme d'une valse, de l'ivresse ressentie, de la légèreté.

Enfin, elle éteint chaque lampe, une à une, et monte se coucher, la fleur toujours accrochée à son oreille, oubliée.

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21 novembre 2007

Couleurs

Explosions de douceurs. 

couleursDe la couleur.

Du rouge. Du bleu, dur, éblouissant.

Du vert, de l'ocre.

Et du magenta.

Tu barbouilles. Tu ris. Tu t'interroges. Les cheveux, verts, oranges ou violets ? Tu ne seras pas fâchée, dis maman, si je me fais plus grande que toi ?

Le pinceau tourne dans le godet. Je te regarde dessiner, tête penchée, soudain sérieuse, concentrée.

Des tissus. Des matières. De la couleur, encore, pour plonger dans les coussins, pour le plaisir du toucher, pour s'inventer des histoires.

Couleur profonde de tes cheveux fins, de tes yeux bruns, de tes joues rosies.

Couleurs des bibelots sur les étagères, ordonnés.

Couleurs des tapis, de la table basse, de tes jouets, oubliés.

Couleur de notre intérieur, douillet.

Loin de tout univers glacé,

En noir et gris.

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20 novembre 2007

La petite fille

Depuis quelques jours déjà, je fais un rêve...étrange.petitefille 

Une petite fille, d’une huitaine d’années environ, tend les bras vers moi. Quelque chose me retient, fortement, par la taille, m’aspire vers le haut, m’empêche de l’atteindre.

Je touche le bout de ses doigts, je ressens la douceur de leur bulbe. Je sais que si je pouvais agripper les mains de l’enfant, j’aurais suffisamment de force pour la prendre contre moi, la bercer et l’emmener.

Ses yeux sont confiants. Elle attend, calmement.

Elle porte une robe blanche à volants, brodés de fleurs chatoyantes. Ses cheveux sont, en partie, ramassés sagement derrière son crâne. De grandes boucles dorées encadrent son cou fin. Elle sourit.

Tout le corps tendu, mes yeux sont plantés dans les siens, ne les lâchent plus.

Je voudrais réussir. Rien n’y fait. La « chose » qui me retient m’éloigne inexorablement de l’enfant qui, découragée, laisse finalement ses bras retomber le long de son corps, sans pour autant me quitter du regard…

Tout est fini, mais je sais qu’elle m’attend. Je sais que je réussirai bientôt, là où je viens d’échouer. Je sais que je me sentirai alors pleine et vivante, enfin complète.

Je sais que cette enfant…c’est moi.

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19 novembre 2007

On vous ment

Vous le saviez, non ?masque

On vous ment, depuis le début.

On vous dit que vous serez grand, libre, beau et intelligent, mais plus tard, beaucoup plus tard.

Et ce n’est pas vrai. Rien n’est vrai.

Vous traînez votre vous jusqu’à l’âge adulte, cahin-caha, tant bien que mal. Vous le parez d’instruction, d’expérience, d’un semblant de confiance en soi.

Allez, il vous arrive de vous trouver beau, parfois, dans la lumière blafarde de la salle de bain, le matin ; et intelligent, quand vous accumulez réussites professionnelles, diplômes, quand quelques malandrins félicitent votre ego.

Soyez rassurés, personne ne vous a réellement percé à jour.

Ils ont trop peur, tous, qu’en dévoilant votre secret, ils se retrouvent malencontreusement mis a nus, eux aussi.

On vous ment. On ne devient pas plus libre, ni plus beau, ni plus sage. On s’arrange avec soi-même. On promène son soi dans la vie, en évitant pertes et fracas.

On devient sociable.

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