28 avril 2017

Week-end !

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Un week-end de trois jours s'annonce, tandis que tu termines Avec mon corps de Nikki Gemmel et que tu restes estomaquée par cette lecture, et assez bouleversée (un billet bientôt)... Et puis tu voulais parler aussi de cette bibliothèque, celle de ta ville, dans laquelle tu passes énormément de temps depuis trois ans, et dans laquelle tu as fais d'importantes rencontres, partagé des moments conviviaux autour de la lecture (dans le groupe romans et BD). Hier soir, l'idée était de ramener un plat typique du pays de l'auteur du livre présenté (la photo ci-dessus)... Et voilà c'était tout simple, littéraire, doux, une respiration différente de ce qu'il se passe sur ton blog (mais comme un alter ego), qui t'oblige à parler, à faire entendre ta voix. Cette année, tu as intégré en supplément le groupe BD et tu ne regrettes pas, comme tu ne regrettes pas d'avoir poussé cette porte là il y a trois ans... Tout cela est de la nourriture pour ta vie, et tu es heureuse de savoir que les rendez-vous vont continuer...

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26 avril 2017

Verte, Marie Desplechin et Magali Le Huche

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Tu as connu diverses versions de Verte... ce texte si rafraîchissant de Marie Desplechin, édité à l'Ecole des loisirs (et notamment un dessin animé vu plusieurs fois avec tes enfants). Mais qu'il soit finalement illustré par Magali Le Huche, dont tu aimes le travail depuis longtemps, pour une version BD, cela ne pouvait être que réjouissant. Et c'est le cas. L'histoire ne change pas. Il s'agit toujours de suivre Verte dans ses premiers pas récalcitrants de petite sorcière, soutenue par sa grand-mère. Verte ne veut pas devenir comme sa mère, qui l'élève seule depuis que son père est parti, et avec laquelle elle est perpétuellement en conflit. Mais il s'avère que Verte ne peut échapper non plus à son destin, elle a aussi des dons. Il s'agira donc de les maîtriser, tout en continuant à vivre sa vie normale de petite fille... et son amitié avec Soufi. Tout dans cet album est rempli de douceur, de joie, d'amour et d'espièglerie. Et on ressort de cette lecture avec des papillons plein les yeux, et l'envie de serrer ceux que l'on aime dans ses bras. Une belle réussite ! Magali Le Huche croque avec talent les personnages de Marie Desplechin et tu as particulièrement aimé retrouver encore une fois dans cet album là son humour, sa délicatesse et la somme de petits détails dont elle aime parsemer ses illustrations, comme dans les Non-non que tes enfants adoraient plus jeunes [clic ici].

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Editions Rue de Sèvres - mars 2017

Ceci est ta BD de la semaine, tous les autres liens sont aujourd'hui chez Mo'

Sabine l'a lu aussi

24 avril 2017

Atelier d'écriture

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Tracer la route. C'est ce que je te propose. Le temps est idéal. Tu n'auras pas trop chaud. Ni trop froid non plus. Tracer la route et oublier, chasser ce voile gris qui assombri encore parfois ton visage. J'ai patienté tu sais, pendant les jours noirs. Et puis ton rire est revenu. Et comme j'ai aimé ça, le sentir de nouveau gronder dans ton ventre et monter jusqu'à ta gorge, puis éclater tendrement dans mon cou. Peu importe si il était là pour se moquer de moi, de ma lubie des voyages, de cet achat d'un camping car vieillot, et de cette couverture à petits carreaux verts et blancs que tu as pris au départ pour des envies de paternité. Une couverture pour bébé. Elle recouvre ton corps ce soir. J'ai eu tellement peur tu sais, ces derniers mois, toutes ces fois où tu pleurais, où tu sombrais, où j'étais incapable de t'aider. Tu pensais ne rien mériter, et surtout pas les bouées de douceur que je te tendais. Je t'ai vu te noyer, tous les jours un peu plus. Et comme je les redoutais, ces moments où je te retrouvais au milieu des draps, prostrée, le regard dans le vide, des larmes ruisselant sur tes joues, ta parole éteinte, la mâchoire bloquée. A quoi bon alors mes muscles, ma force, les efforts que je déployais. J'ai haï ceux qui t'avaient mis dans cet état, et puis j'ai haï la mort qui rodait près de toi et qui voulait t'emporter, toi et notre bonheur. Et tu as été la plus forte. Tu as lutté plus durement que ce que tu montrais. Tu n'as cessé de fixer ce point au-delà de moi, qui te ramenait à chaque fois la tête hors de l'eau. Je pouvais presque voir tes phalanges bleuies agripper le bord carrelé de la piscine. La vague est passée, ça ira mon chéri. Ces mots qui ne rassuraient pas. Le retour probable de la vague, le rythme des marées. ma volonté de te sortir de là. J'ai vu d'un bon oeil ceux qui, peu à peu, t'ont dit en écho à ma vigilance que tu valais la peine. Parce que tu valais la peine ma chérie. Je n'ai jamais compris comment tu avais pu en douter, comment le mécanisme avait fonctionné, sournoisement, fendillant tout à l'intérieur de toi, brisant ta confiance fragile. Quelqu'un avait posé le doigt sur le point qui tenait tout en toi, et tu étais tombée, comme une marionnette cassée. Le bonheur est revenu avec tes mots, le rire, l'envie de marcher, de sortir, le soleil sur ta peau, tes bras autour de mon cou et l'espièglerie. J'ai envie de croire aussi que chaque baiser donné t'a forgé peu à peu une solide carapace, que tu promènes ainsi mon amour avec toi, inscrit sur ton épiderme. Car chacun de tes sourires est à présent une fête. Je veux t'emmener, sans tarder davantage, sur les chemins caillouteux, serrer ton corps à chaque halte, ne plus avoir peur de te perdre. Et je sais que la route sera belle, puisque tu es là, puisque nous sommes deux. 

Un texte rédigé pour l'atelier d'écriture de Leiloona... une photo quelques mots [clic ici]

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22 avril 2017

Après l'incendie, Robert Goolrick

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Il faut le dire, et la photo ci-dessus l'atteste, tu as passé tes vacances de Pâques à manger du sucré en famille... ce qui ne va certainement pas te préparer au mieux pour la plage cet été. Mais tant pis. Car tu as aussi beaucoup lu, et c'est finalement tout ce qui t'intéresse... Bref, après quelques lectures plutôt douces, et quelques oeufs en chocolat très très bons, c'est ce Robert Goolrick là qui t'a tendu les bras... Tu te souvenais en effet du captivant et terrible La chute des princes, et tu avais envie de retrouver ça, ce New York des années 80, violent et clinquant. Tu t'attendais à une ambiance similaire. Et re-bref, car il s'avère que tu ne lis jamais vraiment les quatrièmes de couverture, ou tu les oublies très vite, et tu t'es retrouvée bien surprise, parachutée ainsi dans les décors de Autant en emporte le vent... Quel dépaysement ! Au début du siècle dernier, Diana vit en effet dans une des plus belles maisons du Sud des Etats-Unis. Mais ce privilège est aussi une malédiction. La famille est criblée de dettes. Diana doit absolument trouver un mari riche pour sauver le domaine, assurer un avenir à Saratoga et perpétuer le souvenir des Cooke. Diana a été élevée pour ça, pour attirer le mari idéal. Elle le croise assez vite en la personne du Capitaine Copperton, amant idéal qui s'avèrera très rapidement un mari odieux. Mais Saratoga est sauvée... au moins pour quelques années, jusqu'à ce que le Capitaine Copperton décède, que leur fils soit enlevé à l'affection de sa mère, qu'elle soit de nouveau sans le sou, et que la décrépitude reprenne ses murs d'assaut. Et comme toi, lectrice, tu as finalement beaucoup aimé accompagner cette jeune femme à la fois pleine de caractère et fragile dans les pages de ce livre. Aimer à ce point une maison, en sacrifier autant pour elle peut sembler absurde. Mais tu as aimé dans ce roman les magnifiques descriptions, les détails des tissus, de l'ameublement, tous ces petits objets qui peuplent une vie. Tu as aimé aussi la sensualité de ce texte, que rien ne soit caché de ce qu'une femme ressent, redoute ou espère. Une lecture à la fois cruelle et très belle qui annonce dès les premières lignes sa dimension tragique. 

Une nouvelle suit le roman, Trois lamentations, qui n'a pas grand chose à voir avec le reste, et qui semble conter la jeunesse de l'auteur... Et même si elle est de bonne facture, et assez passionnante, j'ai trouvé dommage qu'elle soit ajoutée là. Le roman se suffisant largement à lui-même, de mon point de vue !

Editions Anne Carrière - Janvier 2017

21 avril 2017

Week-end

Ecrire un texte pour lundi, inspirée par cette chanson qui signifie beaucoup dans ma vie ... Les débuts d'un voyage à deux qui fête ses 18 ans dimanche. Bon week-end !

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19 avril 2017

Dans l'ombre de Lena, Katarina von Bredow

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Tu aimes décidément beaucoup le choix éditorial des romans jeunesse de chez Magnard... et comme cette couverture est jolie, n'est-ce pas ?! Les tranches de leurs livres font également un bel arc-en-ciel dans ta bibliothèque. Tu prends décidément goût à cette littérature pour adolescents qui se dévore. Et puis, comme il est amusant d'imaginer dans ce titre ta propre fille (en seconde générale option Arts plastiques) à la place de cette jeune Elsa, également au Lycée, passionnée par la peinture et qui souffre de n'être qu'une pâle copie de sa soeur Lena, sa jumelle, plus lumineuse, plus vivante, plus populaire. Car Elsa flashe sur les yeux d'elfe d'Elliot, et pense n'avoir plus aucune chance quand sa soeur déclame en cours de théâtre que le jeune homme a des yeux trop sexy. Son sang ne fait alors qu'un tour, surtout qu'elle avait déjà fait de gros efforts pour passer une soirée entre amis contre ses cuisses, mis trois heures à rédiger un sms pour lui proposer de jouer seulement pour elle de la clarinette. Elsa est réservée, un peu coincée, et malgré les signes favorables envoyés par Elliot, elle est certaine que les garçons préfèrent Lena, plus extravertie. Peut-être est-il temps de briser cette répartition des rôles ? Elsa va choisir en une seule journée, de devenir elle-même, et de renoncer à l'amour naissant qui lui a mis depuis peu des papillons dans le ventre, puisqu'il le faut... C'est en toute conscience qu'Elsa va prendre les rênes de sa vie, surprenant sa famille, ses amis, mais se surprenant aussi elle-même... Le lycée est le moment où éclosent les personnalités des enfants. Elsa est seulement devenue celle qu'elle était depuis toujours... Un récit de naissance que tu as aimé, que tu as trouvé dynamique et vrai, et que tu vas poser ensuite entre les mains de ta fille (dont c'est la fête aujourd'hui), comme une évidence.

Editions Magnard - février 2017

Sandrine l'a lu aussi [clic]

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18 avril 2017

Nos âmes la nuit, Kent Haruf

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On se fait parfois de drôles d'idées sur un roman d'après sa couverture... et tu pensais à tort détenir un livre qui enverrait ses personnages sur les routes. Grosse erreur ! Tout était dans le titre. En effet, l'aventure cachée dans Nos âmes la nuit est surtout humaine. Et c'est une bien drôle de proposition que fait Addie, veuve de soixante quinze ans, à Louis (à peu près du même âge), professeur de littérature retraité, que de venir passer de temps en temps la nuit chez elle, dans le même lit, pour discuter, pour ne pas être seule. Ils sont voisins, dans cette petite ville de Holt, où les allées et venues du vieillard vont très vite se remarquer, et choquer la population. Mais que voulez-vous, il faut bien s'occuper, et la vie est bien trop courte pour se préoccuper des commérages. Louis et Addie prennent plaisir à ces moments incongrus, apprennent à mieux se connaître... Mais tout à coup, débarque chez Addie, son petit fils Jamie, dont les parents se sont séparés. Le petit garçon est apeuré et désorganise un peu le duo qui avait trouvé rapidement ses marques. Il s'agit d'apprivoiser l'enfant, avec des câlins d'abord, de l'attention, des bébés souris dans le jardin, et puis par l'arrivée d'un chien... Le trio apprécie la routine qui se met en place, mais tout cela n'est pas vraiment du goût du fils d'Addie, qui pose rapidement des ultimatums... A quel âge s'arrête donc la liberté d'aimer et de vivre ce que l'on veut ? Et toi, lectrice, tu as aimé la douceur des échanges de ces deux êtres sans âge qui chuchotent dans le noir en se tenant parfois la main, les confidences, et ce sentiment fort de liberté qu'ils dégagent, ainsi que l'organisation minutieuse et tranquille de la vie qu'ils partagent. Nous sommes parfois tellement prisonniers des conventions, et du qu'en dira-t-on, de ces peurs qui font tellement de mal et peuvent même parfois briser des vies. Et tu as aimé l'écriture aussi, ces dialogues insérés dans le texte qui sont comme des murmures, ou de la poésie... Tout cela a le mérite de ne pas tomber dans la mèvrerie (ce que tu détestes en général) mais de rester dans le réalisme douloureux du temps qui passe. Un délicieux coup de coeur !!

Editions Robert Laffont - Septembre 2016

Encore un livre gagné chez Jérôme (attention je suis en train d'y prendre goût) !!

Keisha l'a lu aussi

17 avril 2017

Atelier d'écriture

cafe-fred-hedin

Immédiatement, il y a cette sensation de banquette brûlante sous mes cuisses. Ton regard bleu qui me transperce. Le reflet du ciel sur le verre de tes lunettes foncées. Je refrène le petit cri de surprise qui me monte à la gorge. Je suis assise à côté de toi, dans ta voiture, et tu voudrais que je ne sois pas là. Je te dérange. Tu es venu me chercher parce que je te l'ai demandé. Tu ne sais pas dire non. Tu m'as donc répondu oui, mais dans ta voix au bout du fil une cascade de réticence l'accompagnait. Il fait chaud. Ton front brille. Ta chemise colle à ton torse et la transpiration zèbre tes côtes. J'ai mis une robe légère qui vole sur mes jambes. Tu as relevé le toit ouvrant. Tu ne démarres pas tout de suite. Tu attends que je t'explique, ce que nous faisons là, tes roues à demi sur le trottoir, devant ce lycée où je travaille. Je sens ton impatience, ton agacement, et j'esquisse un sourire parce que tu ne sais pas combien tu es beau, là dans la lumière, blond, brillant et fragile. Je t'emmène dans ce café où il fera presque frais, loin du bruit et de la circulation. Je les emmène tous là. Ce n'est pas un piège, c'est une habitude, une superstition. Mes histoires d'amour ne peuvent éclore que sur le bois dur d'une chaise de bistrot, naître dans les bulles d'une limonade fraîche, sous le regard bienveillant de Virginie. Je lui demanderai son avis ensuite, sur nous, sur toi. Pour l'instant, je ne suis pas là-bas, je fais des gestes, je monte des échafaudages d'explications. J'espère que rien ne s'écroule, que mon plan pour te voler du temps te séduise, je réclame ton aide. Juste un moment, s'il te plaît. Tu regardes mes mains mouliner l'air, tu te détends un peu. Allons-y. Je regarde tes doigts attraper le volant, passer la première. Tes gestes pour te faufiler dans la circulation et m'emmener avec toi sont précis. Ils me rassurent. Ils augurent bon. Dans ma poitrine, mon coeur saute. Il va exploser avant le prochain feu rouge. Je m'aggripe fermement à ta portière. Tout fonctionne comme prévu. C'était donc possible ? Tu n'es pourtant pas si facile à kidnapper, mon amour.

Ceci est ta participation à l'atelier d'écriture de Leiloona, sur une photo de Fred Hedin...

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16 avril 2017

A ma source gardée, Madeline Roth

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Parce que dans la vie il faut parfois être un peu folle, tu joues encore à des jeux pour gagner des livres... oui mais là tu avais des excuses puisqu'il s'agissait de gagner une des pépites jeunesse de Noukette et Jérôme pour fêter les trois ans de leur collaboration. Les cloches ont été en avance cette année et ont apporté ce cadeau là dans ta boîte aux lettres cette semaine !! Merci à eux pour cet excellent choix que tu as dévoré presque dès réception !! Car ton petit coeur a vibré, effectivement, pour Jeanne, pour son amour non réciproque pour Lucas, pour ce bébé dans son ventre qu'elle devra oublier et tout ce qu'ils ont vécu ensemble et qui semble n'avoir eu d'importance que pour elle. Tu es plongée dès les premières pages dans LA scène, avec Jeanne, jeune lycéenne qui débarque par surprise à ce bal, voulant rejoindre Lucas qu'elle n'a pas vu depuis longtemps, et qui se retrouve face à ce baiser échangé entre lui et Tom. Elle ne comprend pas. Elle se souvient. Elle n'a pas pu se tromper pourtant, même si il n'assumait pas devant les autres, les amis de vacances, leur relation. On est juste amis, parce quand on se voit, on se fait la bise, mais en vrai on est amoureux. Elle se souvient qu'ils ont fait l'amour, à plusieurs reprises, de leur complicité évidente et discrète, et combien c'était fort entre eux. Le gouffre dans lequel Jeanne tombe est immense, malgré l'été, ce mois passé à s'occuper des vestiaires à la piscine, loin de lui. Ce court roman jeunesse est un poignant monologue qui porte toute la détresse de l'amour non partagé, des renoncements et de la cruauté de la perte. J'ai adoré ! 

Editions Thierry Magnier - 2015

La lecture de Noukette, et celle de Jérôme... grand merci !

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15 avril 2017

Le grand amour

En lien avec ton prochain billet de lecture, et parce que ce clip est beau autant que ton souvenir du dialogue entre Albin de la Simone et Brigitte Giraud, vu en spectacle l'année dernière... [extrait de son tout nouvel album L'un de nous

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