23 mars 2016

Les Amis du Paradis, Caroline Vermalle

lesamisduparadis

 "Camille sourit d'un petit sourire fatigué. Et quand la rampe d'ampoules s'illumina peu à peu, en balbutiements de lumière, sur ses pupilles de vieux fantôme se dessina le reflet somptueux de l'amour d'Odette."

Rose vient de quitter Hong-Kong, sa carrière de violoncelliste, pour ce petit village de Vendée, Villerude, et cette maison de famille où elle a passé ses vacances d'enfance. Quelque chose s'est brisé en elle depuis longtemps, la musique ne lui apporte plus rien, elle veut retrouver sa liberté et vendre son précieux violoncelle. Antoine, lui, végète, passe d'un petit boulot à un autre, bricole, entretient une relation assez superficielle avec Lalie, l'antiquaire. Mais il y a aussi le Paradis, ce cinéma un peu décrépi qui rassemble le dimanche quelques passionnés et désoeuvrés, dont Rose, dont Antoine qui vient parfois porter main forte au projectionniste Camille. Cependant, un soir d'hiver et de tempête, Camille est retrouvé mort. Antoine est promu projectionniste de remplacement par l'assiociation Les Amis du Paradis, mais cela n'empêche pas le maire de vouloir vendre les lieux, les promoteurs de lorgner sur l'emplacement, le cinéma d'être en danger. Il faudra tout le poids des souvenirs d'enfance, des fantômes bienveillants, et de l'amour pour lutter contre ce qui semble inéluctable.

Les romans de Caroline Vermalle sont toujours de petites choses douces et généreuses, de ces livres qui font du bien, et celui-ci ne déroge pas à la règle. Il s'inscrit dans un coin de Vendée que je connais bien, dont la vue de la plage donnerait sur l'Ile de Noirmoutier. Villerude reste cependant un lieu imaginaire et l'intrigue permet assez vite d'oublier le sable, le vent, les embruns, pour se concentrer sur le cinéma et les personnages qui le hantent. Un bien joli moment de lecture, léger et positif, tout simple, bourré de bons sentiments, de gentils et de méchants, de fantastique assumé et fantaisiste. Bref, je n'ai pas boudé mon plaisir avec cette parenthèse là.

Editions Belfond - 18€ - Octobre 2015

Un très bon fell good novel mignon comme tout pour Caroline - Géraldine a été un peu déçue - Keisha est toujours bon public ! - Il fait du bien au moral confirme Saxaoul - Sandrine a été déçue - Stephie est restée pantoise sur certains ressorts de l'intrigue - 

Camille Vermalle sera présente au Printemps du Livre de Montaigu (85) le 23/24 Avril. 

D'autres lectures sur ce blog... L'île des beaux lendemains - Une collection de trésors minuscules - Nouvelles contemporaines

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22 mars 2016

Bruxelles

bruxelles

 

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20 mars 2016

La Splendeur dans l'herbe, Patrick Lapeyre

lasplendeurdanslherbe

 "Homer, qui s'était mis torse nu, prétendit que lorsqu'ils marchaient ainsi, dans les herbes hautes, tout seuls dans la campagne, ils avaient de faux airs de Maureen O'Sullivan et de Johnny Weissmuller éclairés par le soleil d'un paradis perdu."

Homer et Sybil se rencontrent régulièrement depuis que leurs conjoints sont partis ensemble. Entre eux, il y a l'humiliation commune d'avoir été quittés, et puis ce quelque chose de doux et d'évident qui les rapproche. Mais la pudeur est là qui les empêche de céder à l'attirance qu'ils ressentent l'un pour l'autre. Alors, ils se voient, de plus en plus, parfois à l'improviste, partagent une intimité faite de silences prolongés, de siestes et de lectures, d'activités de plus en plus conjugales. Entre eux, pourtant, plane toujours l'ombre du couple qui, là-bas, s'aiment sans eux...

Il est difficile de décrire l'atmosphère subtile de ce roman à l'ambiance très printanière. J'ai beaucoup aimé m'immiscer dans le duo très étrange que forme au départ Sybil et Homer, et puis avancer avec eux dans une histoire d'amour faite d'hésitations et de moments suspendus. S'intercalent dans le récit l'histoire de la mère d'Homer, Ana, ses errances, son ennui, ses maladresses de plus en plus grandes. Et j'ai trouvé ce personnage absolument touchant, apportant un éclairage particulier sur la personnalité craintive d'Homer. Lire La Splendeur dans l'herbe c'est plonger dans un univers très doux, une parenthèse ouatée, mais c'est aussi se poser la question de la place des êtres sensibles dans un monde rude et exigeant. Ici, nous assistons à la rencontre improbable de deux êtres faits indubitablement l'un pour l'autre, attentionnés et lumineux, et comme c'est rafraichissant.

Editions POL - 19.80€ - Janvier 2016 - Merci ma bibli !!

Trop d'immobilisme pour Joelle - « La splendeur dans l’herbe » est un roman à contre-courant de notre époque actuelle, saturée d’activités et de liaisons éphémères, pour Gwenaelle qui a été conquise !

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17 mars 2016

Méditer pour avoir confiance

flowmediter

12 méditations guidées pour surmonter peur, angoisse et découragement... par Fabrice Midal

Alors que le dernier Flow sort tout juste des presses et se retouve comme par magie sur ma table de salon le jour de sa sortie, me vient à l'idée de vous parler enfin de l'ouvrage qu'Audiolib a eu la gentillesse de me faire parvenir, en lieu et place d'un roman (romans que je n'arrive toujours pas à écouter en version audio). 

J'avais déjà testé chez Audiolib des séances de sophrologie [Explorer vos cinq sens pour vous relaxer intensément]  qui m'aident toujours régulièrement à dissiper crispations et maux de dos. Et j'avais déjà l'impression avec ce CD d'être dans l'extrêmité du lâcher prise. Je ne connaissais pas encore la méditation. 
Et puis dernièrement, j'ai eu besoin de m'apaiser, de faire taire mes émotions, ou du moins de les amadouer un peu, de dissiper toute tension, j'ai donc décidé d'écouter enfin la voix de Fabrice Midal, un casque sur les oreilles. A la première écoute, il m'a fallu une bonne demi-heure pour que le procédé fasse effet, et puis j'ai multiplié les écoutes (surtout depuis quelques jours), j'ai même fait des infidélités à Fabrice Midal avec les quelques séances que Christophe André propose sur Youtube (celles que je préfère durent à peine 1/4 d'heure). Et j'ai eu le sentiment que cela me procurait quelque chose, de l'ordre du bien-être, de la sérénité, du souffle et de l'éveil au présent retrouvé... et que la méditation, que je ne pensais pas pour moi, au final fonctionnait réellement. 

Je vous conseille donc tout cela vivement, la revue Flow, la sophrologie, la méditation... être dans le moment présent, être bienveillant avec vous-même, profiter de ce qui est beau, doux, lumineux, gentiment pétillant et réconfortant.

Méditer pour avoir confiance - Editions Audiolib - 21.90€ // Flow - n° 8 - Mars Avril 2016 - 6.95€

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16 mars 2016

La Fille seule dans le vestiaire des garçons, Hubert Ben Kemoun

lafilleseuledanslevestiairedesgarcons "Je m'étais jetée dans les bras de n'importe qui pour m'inventer une histoire d'amour."

Marion est une collégienne plutôt discrète. A la maison, tout n'est pas si rose depuis que son père est parti refaire sa vie à l'étranger, en Amérique du Sud, la laissant elle, sa mère et son petit frère comme orphelins. La collégienne voit sa mère se perdre dans la consultation de sites de rencontres. Barnabé, son petit frère, cache sa tristesse sous une exubérance, une sensibilité exacerbée et une mémoire sans failles. Alors Marion note tout sur son petit carnet noir, les chansons qu'elle compose, ses envies, ses idées sombres, ses colères et ses espoirs. Mais elle perd ce carnet lors d'une bousculade avec des garçons de sa classe, Enzo en tête, qui lui réclame un baiser qu'elle refuse. Marion est persuadée que ce dernier a retrouvé son carnet et lui réclame. Enzo avoue avoir l'objet, promet à la jeune fille de le lui rendre, et devient en face à face d'une douceur étonnante qui met soudain Marion sur un petit nuage, elle qui se pensait si malhabile en ce qui concerne les garçons, la matière dans laquelle elle excelle le moins, avec l'espagnol...

J'ai commencé ce petit roman pour adolescents dans le train samedi dernier, encore forte du souvenir de cette rencontre amusante et pleine de verve avec l'auteur. Et j'ai été surprise en commençant le livre de constater combien cet auteur là justement avait su se glisser dans la peau d'une jeune fille, pleine de rage et de désespoir. Quel tour de force ! Et quel talent. L'histoire que nous conte Hubert Ben Kemoun est moderne et prenante, parfois assez rude, celle d'une adolescente d'aujourd'hui, confrontée aux réseaux sociaux, aux pièges d'internet, à la méchanceté gratuite et bête, à la vengeance. J'ai beaucoup aimé lire ce livre, avoir pour quelques pages 14 ans, apprécié l'espoir qui est distillé en fin de roman. Un livre que je vais conseiller sans soucis à ma fille, d'ailleurs l'exemplaire lui est déjà dédicacé, ça tombe bien.

Editions Flammarion - 13€ - Mai 2013

Une lecture en famille chez Liliba - George l'a lu d'une traite - C'est Canel qui a été la tentatrice !!

En cherchant des liens je me rends compte que l'auteur est beaucoup lu sur nos blogs. Il sera présent à Montaigu lors du Printemps du Livre (23-24 avril), parions que je vais craquer sur un autre titre.

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15 mars 2016

Je sais que tu ne répondras pas

[Parce que j'adore cette chanson] Sinon, pendant ce temps je lis La fille seule dans le vestiaire des garçons de Hubert Ben Kemoun et je garde près de moi la bulle de bonheur que fut mon voyage sur Rennes. Fatiguée mais heureuse, je suis.

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14 mars 2016

Après le silence, Didier Castino

apreslesilence "Il n'y a plus de règles, plus aucun ordre. Plus personne ne travaille, on se masse autour de l'accident, les ouvriers, les bureaux, les patrons, il y a du sang, il y a la mort."

Louis Catella se raconte à son fils, l'usine, le syndicat, la brutalité du quotidien, le combat, les vacances en famille, ce qui le lie à Rose, aux autres, à lui-même, à ses enfants. La vie est rude, mais sincère. Et puis le 16 juillet 1974, il y a l'accident, et l'arrêt violent d'une vie d'ouvrier qui laisse tout le monde sidéré, et met en lumière l'insécurité qui règne dans ces entreprises là à cette époque là. Le décès de Louis fera exemple, son souvenir sera érigé en légende, Rose restera inconsolable. Alors le plus jeune de ses fils, celui qui a décidé de raconter son père, de le faire parler en inventant sans doute beaucoup, continue le dialogue, s'interroge sur l'héritage qu'il a conservé de ce passé, sur son deuil impossible et sur ses trahisons.

Je n'ai pas continué mon cycle de lectures par un livre très joyeux. Cependant, j'ai beaucoup aimé avec celui-ci rentrer dans l'histoire d'une famille, ouvrière et communiste, militante. Ce roman donne réellement le sentiment d'être convié dans une intimité, comme si nous étions assis nous aussi dans la cuisine des personnages. Nous parcourons sous la plume inventive de Didier Castino plusieurs décennies. Il y a des pages très fortes qui font chavirer le coeur, et d'autres qui interrogent sur l'engagement politique, la croyance, l'utilité des combats. J'ai aimé l'écriture de l'auteur, même si il utilise à foison un tu assez troublant qui ne permet pas toujours de situer le narrateur réel de l'histoire, brouillant sans doute intentionnellement le lecteur, mais troublant aussi un peu la lecture. C'est un livre qui se lit lentement, très riche, à la fois émouvant et détaché, humble et orgueilleux. Un bien intéressant premier roman.

Editions Liana Levi - 18€ - Août 2015 - Merci ma bibli !!

Un billet, beaucoup plus long et complet que le mien, chez Le bruit des livres [clic] 

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13 mars 2016

Rue des livres

rennesmontage

Rencontre de blogueurs et blogueuses hier à Rennes à l'occasion du festival Rue des livres. Pour ma part, cela a été l'opportunité de rencontrer enfin Enna, Gambadou, Claire (A propos des livres), Géraldine, Sylire, Sandrine, CanelYvon et sa femme Nicole. Gambadou avait organisé des navettes entre la gare et le festival (merci pour cette organisation !!). Comme je suis arrivée très tôt, j'en ai profité pour voir un ami (à qui je fais un petit coucou ici) et qui m'a conduite le matin sur les lieux. Petit moment de flottement à l'arrivée quand je me suis rendue compte que je ne connaissais visuellement qu'assez vaguement celles que j'allais rencontrer pour la première fois. Je pensais repérer facilement un groupe de filles (ah ah) et aussi qu'on me repérerait facilement avec mon écharpe orange (ah ah aussi, couleur en réalité grandement répandue). Ouf heureusement, Sylire m'a reconnue grâce à une photo mise dernièrement sur facebook. Nous avons ensuite déjeuné en pizzeria et c'est ce qui est magique avec les blogs, avec le fait que nous nous connaissons déjà, les conversations sont faciles et l'éventuelle gêne de la première rencontre s'envole rapidement. Ensuite, quelques unes d'entre nous sont allées écouter Sorj Chalandon, auteur intéressant et plein d'humour. Il était question surtout de son dernier livre, Profession du père, qui raconte son enfance, avec la distance nécessaire pour lui du roman... Il faudra que je le lise. Puis, Canel m'a entraînée à la découverte de Hubert Ben Kemoun. J'ai acheté La fille seule dans le vestiaire des garçons pour ma fille, mais j'ai en fait commencé le roman hier dans le train du retour (elle ne m'en voudra pas). Plus tard, je suis retournée voir l'auteur en compagnie d'Enna (nous nous sommes bien amusées). Toutes les deux, nous avons gâté nos fils avec un exemplaire de la revue Pop Corn (Star war for ever). Petit dernier était plongé dedans très tard hier soir (passionnant apparemment). Oh, il y a eu aussi ce mur couvert de post-it (coups de coeur de lecture), les photos de groupe rigolotes, des papotages... tout ce qui fait une rencontre réussie en somme.

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09 mars 2016

Nuit de septembre, Angélique Villeneuve

nuitdeseptembre

 "Le mot suicide, sifflant, corrosif, qui glisse et coule et partout se déverse en rongeant les peaux et les os."

Ce petit livre qui tient dans une main signifie beaucoup. Il est le récit qu'Angélique Villeneuve a voulu faire après, après la perte du fils. Il ne s'agit pas de parler de lui, pas vraiment, mais surtout du parcours de la douleur en soi et du chemin de la vie, qui prennent les mêmes routes. Après cette nuit de septembre, dont elle continue d'être sidérée, s'enchainent les rencontres pour ce livre qui a du succès, le quotidien. Elle vient parfois s'asseoir dans cette chambre dans laquelle il a décidé d'arrêter, et le temps passe, les objets changent de place, subrepticement, les premières fois après l'évènement s'accélèrent. Tous ces moments sans lui sont pourtant à vivre. Ça va aller, se dit-elle. Mais ils sont étonnants et doucement violents, muets, ces moments, et non ça ne va pas aller réellement tous les jours. Il manque quelqu'un dans le creux de la paume, dans le creux des hanches, il y a une présence, invisible et vibrante, où se niche toute la souffrance. Comment savoir que faire de soi après cette perte qui n' a pas de nom dans la langue française... comme un déni d'existence.

Je lis beaucoup en ce moment sur le sujet (les livres arrivent ainsi), ce récit m'a également touchée en plein coeur. Surtout qu'il m'est arrivé d'échanger plus personnellement avec Angélique Villeneuve et que j'ignorais tout de cette nuit de septembre. Alors ce livre est tombé comme une bombe sur mes genoux. J'espère avoir trouvé les mots pour en parler, j'espère que vous le lirez, parce que je crois très fort au pouvoir de l'écriture mais qu'il ne fonctionne jamais autant que quand les mots écrits sont lus. L'auteure délaisse ici son style habituel de romancière pour fouiller plus profondément dans l'intime, et chaque phrase interpelle, arrache son petit lambeau de tristesse, tout en laissant petit à petit, page après page, entrer de plus en plus la lumière. 

Editions Grasset - 14€ - mars 2016

Sur ce blog... Un territoire, Les fleurs d'hiver, Yeu à la bouche, Le festin de Citronnette

La lecture de Cathulu

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08 mars 2016

Fragments d'un discours amoureux

Barthes

 

Commencer un livre avec cette citation en incipit...

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