07 mars 2016

Kermesse au paradis, Birgit Weyhe

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 "J'ai un drôle de travail à faire pour ma classe, un arbre généalogique..."

A la mort de sa grand-mère, Birgit constate qu'il ne lui reste que quelques objets, des photos, et qu'elle a oublié de poser des questions sur sa famille. Comment alors pouvoir aider sa fille Paula à faire son devoir pour l'école, cet arbre généalogique qui est un véritable casse-tête ? Elle décide donc de contacter sa mère sur le sujet, les proches encore vivants, de collecter des documents et d'inventer le reste... Le résultat est foisonnant, riche et absolument passionnant. Surgissent alors des personnalités féminines hautes en couleur, des amours impossibles, des grossesses non désirées, des débâcles, des couples qui se déchirent et tout un tas de violences et traumatismes cachés, Munich, Berlin et le parcours de ses grands-parents à travers une Allemagne tourmentée. Une chronique familiale riche, intime et épique, qui balaye aussi le XXème siècle.

J'ai pris cet album sur la foi de sa couverture (je suis un peu influençable question tricot) mais l'intérieur ne correspond en rien à cette charmante réparation de laine. L'histoire que nous conte Birgit Weyhe est sombre, elle déterre les pires heures de l'histoire allemande donc, et elle ne laisse aucune place à la mièvrerie. Kermesse au Paradis est de ces romans graphiques que j'aime lire... parce qu'il regarde la vie en face avec ses défauts et ses saletés, sans tabous, et qu'il nous fait grandir. De plus, j'apprécie toujours l'inventivité graphique, le jeu des images, la force de la mise en page au service de l'histoire qu'elle raconte. Ici, j'ai été servie, car le noir bave allègrement sur les pages, alterne finesse du trait et désordre, pour suivre les émotions de l'auteure et des personnages. C'est un album très réussi.

Editions Cambourakis - 22€ - Octobre 2013 - Merci ma bibli !!

 

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06 mars 2016

Certains dimanches de grands vents

Songer
certains dimanches
pleins de poussière
et de lumière
à s'ouvrir le ventre
du sol au plafond
pour aérer à l'intérieur

Extrait de Juste après la pluie - Thomas Vinau - Alma - 2013

http://etc-iste.blogspot.fr/

dimanche

Il y avait des poèmes à cueillir dans ma bibliothèque hier... 

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05 mars 2016

[Kokoro], Delphine Roux

kokoro

 "On a reconstruit le théâtre.
Les gens, semble-t-il, n'ont plus peur des fantômes."

Koichi tente de survivre depuis des années au décès de ses parents, il n'avait alors que douze ans. Des deux enfants du couple, il semble être celui qui a traversé ce deuil le plus difficilement. Sa soeur aînée Seki, peu présente, le houspille à l'occasion et l'encourage régulièrement à se bouger davantage. Koichi travaille en bibliothèque, mène une vie étroite dans laquelle il y a simplement un peu de place pour les visites à sa grand-mère et des douceurs culinaires. La vie suit son cours régulier, Seiki est loin, inatteignable dans son quotidien parfait, avec son mari et ses filles, ses responsabilités dans la ville, tandis que Koichi végète. Cependant, un jour Koichi apprend que sa soeur ne va pas bien, il sait alors qu'il est temps de se réveiller...

Ce livre est empreint d'une douceur mélancolique, japonaise et subtile, toute en retenue, agréable et touchante. L'écriture fragmentaire de Delphine Roux est idéale ici pour exprimer l'éveil à la vie d'un jeune homme retenu jusque là dans sa chrysalide, et dont les ailes de papillon ne demandent qu'à se développer. J'ai beaucoup aimé lire ce roman, sans en faire pour autant un coup de coeur. Après ma lecture précédente, il m'a sans doute manqué ici de la force, de l'émotion, et d'être transportée davantage par l'écriture de l'auteure pourtant extrêment fine et juste.

Editions Philippe Picquier - 12.50€ - Août 2015

 Un premier roman intimiste au ton juste pour Laure - Une belle découverte pour Clara - Une petite merveille pour MicMelo - Une magnifique découverte pour Jérome - Un premier roman émouvant, fragile et délicat comme les ailes d’un papillon pour Noukette - Une très belle rencontre pour Leiloona - Juste exquis pour Sabine - Il y a des papillons aussi pour Isabelle dans cette lecture...

02 mars 2016

Pull pull pull laine laine laine

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[Petit point tricot] Je viens de terminer un pull bleu clair (destiné à ma fille) et je commence un pull bleu marine (pour moi et pour l'été), toujours adepte du tricot, de la relaxation que le mouvement provoque, toujours fan de We Are knitters. C'est un site où tout est malheureusement un peu cher, mais les promotions sont fréquentes et les explications super claires (ce que j'apprécie vraiment). Sinon, pendant ce temps, je lis [Kokoro] de Delphine Roux, un tout petit livre de chez Philippe Picquier, où se mêlent l'écriture fragmentaire, les fantômes et le Japon. Il n'était pas facile facile de sortir de ma lecture précédente... bouleversante.

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28 février 2016

Rien ne s'oppose à la nuit, Delphine De Vigan

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 "Incapable de m'affranchir tout à fait du réel, je produis une fiction involontaire, je cherche l'angle qui me permettra de m'approcher encore, plus près, toujours plus près, je cherche un espace qui ne serait ni la vérité ni la fable, mais les deux à la fois.
Je perçois chaque jour qui passe combien il m'est difficile d'écrire ma mère, de la cerner par les mots, combien sa voix me manque."

Delphine De Vigan tente de retrouver sa mère, via des entretiens qu'elle provoque avec les soeurs et connaissances de Lucile, via les documents qu'elle récolte, via le récit qu'elle entreprend dans son livre. Sa mère était une jolie petite fille, dont l'image a été utilisée autrefois pour des photos publicitaires, un des membres d'une fratrie nombreuse, bruyante et joyeuse. Et puis, les drames se sont enchaînés dans la famille Poirier, avec la mort des frères, ne réduisant pas l'effervescence et le tapage, mais posant sur le tout, sur tous, une couche de tristesse indélébile.

Comment expliquer la vague de suicides dans cette famille ? Comment expliquer la perte de repères, la chute, la maladie mentale que l'on soigne à coups de médicaments ? Comment faire le portrait le plus juste d'une femme fragile qui fut sa mère ? Delphine De Vigan réussit brillamment à explorer la vie de Lucile tout en parlant de ses doutes, de ce que cette écriture remue en elle et dans sa famille. J'ai été bouleversée par ce récit. Je ne m'y attendais pas. Et j'ai aimé également voir le livre en train de s'écrire, les hésitations, les ajouts et les renoncements de l'écrivain, les choix littéraires qui lui permettront de rester fidèle à son projet. Beaucoup de thèmes sont abordés dans ce livre foisonnant et fort qui brosse également quelques époques, différentes par leurs moeurs et leurs exigences. Rien ne s'oppose à la nuit croit avec puissance au pouvoir de la résilience, mais il est avant tout un hommage vibrant, et une très belle déclaration d'amour, sincère, prudente et bienveillante. Un coup de coeur évident et extrêment émouvant.

Lu sur ma liseuse mais disponible en format poche aux Editions du Livre de Poche - 7.60€ - janvier 2013

Prix Renaudot des lycéens 2011 - Prix roman France Télévisions 2011 - Grand prix des lectrices de Elle 2012

Lu également Les Heures souterraines

Ce livre a été très présent sur la blogosphère mais c'est Saxaoul qui a été la dernière tentatrice en relisant ce titre en version audio. [clic ici]


27 février 2016

Jamais dans la vraie vie


[Vanessa et Foresti sur un canap'] Sinon, pendant ce temps, je lis Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan, un titre enregistré depuis longtemps sur ma liseuse... Je me prépare également à lire les titres en lice pour le Prix Cezam 2016, prix auquel ma bibliothèque participe cette année. J'en ai déjà lu deux. Voici la sélection ci-dessous :

- Celle qui a tous les dons, MR Carey
- Après le silence, Didier Castino
- Nous dînerons en français, Albertina Dimitrova
- Acquanera, Valentina d'Urbano [Ma lecture ici]
- La Chaise numéro 14, Fabienne Juhel
- La Dernière page, Gazmend Kapllani
- Un après-midi d'automne, Mirjam Kristensen
- Venus d'ailleurs, Paola Pigani
- [Kokoro], Delphine Roux
- La Maladroite, Alexandre Seurat [Ma lecture ici]

Vous trouverez plus de détails en suivant ce lien [clic]. Bon week-end !!

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24 février 2016

Papillons

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Parfois, des petites fées envoient par la poste des papillons qui s'envolent à l'ouverture des enveloppes et se posent ici et là. Merci Isabelle ! Quand le bonheur est simple comme du papier plié.

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22 février 2016

Le Dernier message d'Eva, Pierrick Gazaignes

lederniermessagedeva "La nuit descend sur la ville, enfermant dans ses nuances bleu pétrole les sommets des immeubles, le faîte des arbres, les toits des maisons. Sous cette apparente immobilité, les lampadaires de l'éclairage public semblent diffuser leur lumière artificielle sur des espèces dont la nuit excite l'activité : les macs, les putes, les dealers, mais aussi les flics..."

Ils sont une petite équipe de gardiens de la paix soudés, Angel, Joana, Bro et H. Et grâce à eux, Angel se remet doucement du décès de sa femme. Mais un soir, lors d'une opération de routine, on l'amène près du corps d'une jeune fille qui gît au fond d'une cave de cité. S'éveille alors en Angel l'envie de mener l'enquête, et de - si il le faut - se mettre en danger pour ce décès classé bien trop rapidement dans la case overdose. Il imagine sa fille Elaine à la place de cette gamine, jetée là comme un déchet. Le corps a manifestement été roué de coups et violenté. De plus, un bas était coincé dans la gorge de la victime. D'autres corps voient le jour ici et là, montrant les mêmes caractéristiques, mais Angel ne se doute pas qu'il recherche bien plus qu'un tueur en série, que c'est toute la ville qui est en réalité corrompue.

Quoi de mieux que de se plonger dans un bon polar bien glauque pour se remettre sur le chemin de la lecture ? Le Dernier message d'Eva a rempli de ce côté là brillamment son office. Voici en effet, un roman policier assez traditionnel, contenant tous les ingrédients que l'on aime, un vieil inspecteur (gardien de la paix), un peu solitaire, bourru et alcoolique, doté pour autant d'une fille aussi jolie et fraiche qu'aimante, des prostitués, quelques scènes de torture, des méchants très méchants, et des flics corrompus et lâches. Et j'ai apprécié cette lecture malgré quelques bémols, des passages plus ou moins clairs, un style parlé parfois très prononcé, une lenteur certaine dans la mise en place de l'action en début de lecture. Pierrick Gazaignes semble pour autant avoir un certain talent pour camper des personnages et créer une atmosphère. Il s'agit ici de son deuxième roman. A suivre.

Editions Philippe Rey - 18€ - Octobre 2015

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21 février 2016

The Movement

[Aimer un clip avant de se rendre compte que le chanteur est Justin Bieber... ;)] Sinon, pendant ce temps, j'abandonne quelques lectures : Fermez les yeux de CJ Cooper, l'histoire d'une manipulation entre un fascinant hypnotiseur et sa patiente Sara (roman léger qui annonce beaucoup, mais m'a très très très vite ennuyée) ; Séraphîta de Balzac, chez une toute nouvelle maison d'édition Sur le fil, que je remercie pour l'envoi (un Balzac très surprenant, mystique, démonstratif sans doute dans l'oeuvre du romancier que j'adore lire habituellement... mais là il faut bien avouer qu'il y a sans doute une raison pour que ce titre soit méconnu. Ennui, étonnement et déception. Pour autant c'est un livre à prendre en compte pour qui souhaite regarder l'oeuvre balzacienne d'un autre oeil.) J'ai ouvert hier soir Le Dernier message d'Eva de Pierrick Gazaignes, un polar distrayant qui risque bien de réussir lui à me relancer... ouf tant mieux. J'en profite pour vous donner le lien vers un billet de Sophie Andriansen [clic ici] qui énonce en ce moment quelques vérités assez bonnes à dire sur la réalité de l'activité de blogueur littéraire, les fantasmes liés, la pression des auteurs auto-édités et notre façon de gérer les services de presse. Je partage son analyse, et son vécu.

seraphita fermezlesyeux

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16 février 2016

Bibliothèques

bibliothèque

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