30 janvier 2016

Fleurs d'hiver

janv2016

[Dans un coin de ma maison, le rose explose] Tandis que je lis le recueil de nouvelles acides J'envisage de te vendre (j'y pense de plus en plus) de Frédérique Martin... et que mon corps épuisé par l'hiver remonte doucement la pente. J'étais en arrêt cette semaine. Bref, parce que dans ma vie c'est comme ça, il y a tout ce que je voudrais faire, ce que mon corps ne peut pas, mon énervement, mes impatiences, les larmes qui coulent parfois et l'obligation d'accepter, de s'organiser. Ma maladie s'appelle fatigue (ou myopathie). Elle sait se faire invisible. Il m'arrive de l'oublier quand je vais bien, il m'arrive de croire alors que je peux vivre une vie normale, mais non, non ce n'est pas possible. Elle est depuis toujours à mes côtés, comme une amie toxique qui saurait me tenir la main et quand exactement à chaque fois m'entraîner avec elle vers le bas. Et il y a le regard des autres, l'incompréhension quand je panique devant une action à accomplir. Mais comment expliquer le mouvement de trop, la sortie de trop ? A vous tous qui marchez trop vite, plus loin, plus fort que moi. Et tout ce que je voudrais faire, tout ce que je n'ai jamais pu, toutes ces fois où j'ai du vous dire non, les écarts que je paye fortement. Voilà. C'était juste un petit mot sur ça, sur les maladies invisibles, sur le découragement que je ressens parfois, sur le jugement, sur la difficulté d'expliquer. Parce que bizarrement, je n'ai pas l'air de..., tant mieux sans doute, oui tant mieux, mais ce n'est pas toujours facile de se sentir en marge du mouvement général, de se sentir bizarre, molle. Bref, grosse fatigue... Mais dans le fond, rien de grave, seulement un petit ras le bol et quelques difficultés à accepter cette fatalité. Et bientôt, de nouveau des lectures sur ce blog. ;) Promis. C'était juste un petit aparté, que je dédie à tous les bizarres comme moi qui passeraient par là.

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29 janvier 2016

Quatre soeurs, tome 3 Bettina ~ par Cati Baur d'après Malika Ferdjoukh

bettina

"Mais Charlie elle aime Basile ?
- Oui, mais elle est amoureuse de Tancrède.
- Je croyais que c'était la même chose.
- La différence est grosse comme ton estomac."

Je me régale à explorer de tome en tome l'univers des Quatre soeurs de Malika Ferdjoukhvia ces albums adaptés de ses romans jeunesse (Enid tome 1 - Hortense tome 2). A peine ce tome 3 est-il arrivé à la maison que je l'ai littéralement dévoré. Dans cet opus, le projecteur est plus spécialement tourné vers Bettina, Bettina amoureuse cruelle d'un Merlin envolé, et qui se languit pendant ses vacances d'été de ce garçon qu'elle avait au départ méprisé dans le tome 2. Cependant, et curieusement, c'est une toute autre idylle qui va préoccuper la fratrie. En effet, Charlie, l'aînée, qui semble vouloir se défaire de son rôle de grande soeur sage et responsable, s'est entichée du tout nouveau locataire que les soeurs se sont résignées à chercher (les caisses sont vides), et Basile (l'amoureux parfait, le pilier) est délaissé. Et puis, les petits cousins sont là, et l'on retrouve partout des poireaux (c'est étrange)... mais que se passe-t-il donc à la Vill' Hervé ?

Depuis le départ, je suis conquise par l'adaptation de Cati Baur, et là encore mon petit coeur tout mou a palpité avec les émois des héroïnes, et la peine d'Hortense qui écrit en vain à son amie Muguette. J'attends donc avec impatience la tome 4, Geneviève... Parfois, la vie est belle comme une BD qui arrive dans votre Boîte aux lettres un matin de janvier. Merci les éditions Rue de Sèvres !! Coup de coeur, pour cet opus, et pour la série toute entière !

Editions Rue de Sèvres - 15€ - Janvier 2016

Sensationnel pour Clarabel qui est sur la même longueur d'onde que moi !  - Un moment de lecture parfait pour George !

27 janvier 2016

Eileen, Ottessa Moshfegh

eileen "Ça aurait pu être bien pire, évidemment."

Alors qu'elle est à présent une vieille femme et que son environnement est bien différent de celui qu'elle côtoyait jeune fille, Eileen se remémore les circonstances qui ont précédé son départ de X-ville et changé sa vie...
Agée à cette époque de 24 ans, elle passe habituellement ses soirées avec son père alcoolique, ancien flic, et travaille le jour en tant qu'agent d'accueil dans une prison pour adolescents. Un quotidien glauque, un travail qu'elle effectue un masque de mort plaqué sur son visage, un corps qu'elle rejette et qu'elle couvre des vêtements de sa mère morte. Tout concourre à ce qu'Eileen déteste son existence, soumise et sans issue, et rêve en secret du grand départ. L'arrivée de Rebecca au sein du personnel de la prison, Rebecca si belle et si troublante, à la fois proche et distante, va bouleverser la jeune femme avide d'affection. Mais la nouvelle venue se révèle dangereuse, manipulatrice, et va entraîner Eileen dans une bien étrange fascination pour un des détenus, Lee, accusé d'avoir égorgé son père.

Ce titre est un premier roman, et je l'ai choisi béatement pour sa couverture (que j'aime bien) et son résumé, avec l'intention de faire la connaissance d'une jeune fille mal dans sa peau. Je ne m'attendais cependant pas à une telle atmosphère, si désenchantée et sale. Il est difficile, en effet, d'avoir de l'empathie pour Eileen et son comportement bizarre, quoique compréhensible. Pour autant, j'ai aimé lire ce livre, sa voix littéraire, rencontrer ces personnages désagréables, qui passent beaucoup de temps à boire, à vomir et à manger des cacahuètes ou des sucreries immondes. Il n'y en a aucun pour rattraper l'autre, et inutile de chercher non plus en eux un quelconque espoir, et c'est assez rassurant, à défaut d'être apaisant. C'est un genre de littérature que je comprends, le désenchantement. La fin s'avère cependant un grand n'importe quoi grotesque, qui a le mérite de donner à ce roman sa véritable nature, celle d'un thriller qui cache bien son jeu. Il aurait été sans doute judicieux, justement, d'orienter le lecteur vers ce genre dès le départ, afin qu'il ne parte pas sur une fausse idée de roman réaliste, alors que nous sommes ici plus proches du Carrie de Stephen King... sans les effets spéciaux, et le seau de sang. Eileen est pour autant moderne, dans l'air du temps... dans la mouvance de séries telles que True Detective, qui montrent une Amérique profonde, perdue, en marge, brisée, à la déchéance toute tracée, et dont les individus ne peuvent s'extraire qu'au prix d'une grande volonté, ou d'une certaine inconscience.

Editions Fayard - 20€ - Janvier 2016 - Merci à NetGalley !

Lu également par Kathel qui émet des bémols similaires et a ressenti un sentiment de gêne façe à cette atmosphère fangeuse [clic] 

 

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22 janvier 2016

Petite pause

... avec Bowie, l'éternel. Petite pensée aussi pour un ami, celui qui me l'a fait découvrir, et qui vit des heures délicates. Je vous retrouve dans quelques jours, avec des lectures. Moi j'ai besoin de me reposer un peu, je crois que mon corps supporte assez mal l'hiver. Pour ceux que je retrouve régulièrement sur facebook et Instagram, rien ne change. Les réseaux sociaux se gèrent facilement avec le téléphone. A très très bientôt ! 

 

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17 janvier 2016

La fourmi assassine, Patrice Pluyette

lafourmiassassine "La seule conclusion à tirer est que le jour de la disparition d'Odile, quelque chose ne s'est pas passé comme d'habitude dans la vie de quelqu'un."

Odile a disparu. Francis Lecamier, son compagnon, avoue son meurtre. Il ne sait pas vraiment ce qu'il s'est passé, c'était une soirée ordinaire, et il a commis ce geste irrémédiable de l'étrangler avant de dépecer son corps. Mais l'aveu semble bien facile, et le corps introuvable. Et puis il y a cet éleveur de porcs, Legrousse, qui se promène en ville avec ses poupées gonflables... L'inspecteur Rivière mène l'enquête.

Voici un bien étrange petit roman, au style enlevé, mais qui m'a beaucoup ennuyé dans sa première partie. L'auteur s'y penche effectivement sur les habitudes de son éleveur de porcs (simple d'esprit), assez grotesques, glauques et répétitives, tandis que l'atmopshère générale, et les autres personnages, s'enlisent dans le nébuleux. Il ne faut pas espérer lire véritablement un roman policier avec ce titre, mais plus certainement une sorte d'exercice de style. Quand la narration s'occupe tout à coup plus précisément d'Odile, des circonstances de sa disparition, le roman prend une autre forme, et j'ai apprécié en toute fin d'ouvrage ce que j'ai compris des références sous-jacentes au Des souris et des hommes de Steinbeck incluses dans ce livre, de l'humour et de la dérision cynique voulue. Patrice Pluyette est également l'auteur de La Traversée du Mozambique par temps calme, plus connu, et disponible en format poche... un titre à découvrir, peut-être. Car je n'ai certainement pas lu le plus abouti de sa production.

Editions du Seuil - 15€ - Janvier 2015

Une lecture sur Biblio du Dolmen

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16 janvier 2016

Janvier

janvier20161

En janvier, il y a ce nouveau projet tricot qui me fait de l'oeil, avec cette jolie couleur rafraichissante (mais il faut que je termine avant mon poncho blanc). Il y a le calendrier du précédent Flow qui rythme mes journées. Et puis, il y a des envies de matière, de changements, de boucle d'oreilles (dire qu'il y a un an je n'en portais jamais). Tandis que ma fille envahit la maison de ses petits bonhommes de feutre doux... Pendant ce temps, je termine La Fourmi assassine de Patrice Pluyette, qui est une bien étrange lecture. Bon week-end !

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13 janvier 2016

La Femme au colt 45, Marie Redonnet

lafemmeaucolt45 "Désormais je ne pourrais plus dire que je ne connais rien de la précarité ni des dangers que court une étrangère en situation irrégulière."

Contrainte de fuir son pays sous le joug d'une dictature, comme tant d'autres femmes, ancienne comédienne reconnue, Lora se retrouve sur une barque à destination de Santarie, avec pour tout bagage son sac à main et son colt 45. Malheureusement, elle sait ce qu'elle quitte mais pas vraiment vers quoi elle se dirige. En Santarie, le danger est à chaque coin de rue, surtout pour une femme seule. Son colt, légué par son père, est une maigre sécurité. Pour autant, même quand son exil devient de plus en plus difficile, avec la perte de ses papiers, la vente de son colt, et la concupiscence des hommes, Lora sait reconnaître les belles rencontres, l'espoir...

J'ai lu ce petit livre d'une traite, assez impressionnée par le style particulier, la distance que l'auteure garde avec son personnage en une sorte de dialogue a posteriori, poétique, et assez impressionnée aussi par les épreuves traversées par elle. J'ai pensé bizarrement à une ancienne lecture, Skoda d'Olivier Sillig, qui contient pour moi la même violence extérieure mêlée de tendresse intérieure. Il y a cette même brieveté du récit, et il y a ces mêmes lieux, impossibles à situer géographiquement, et qui participent de l'universel... un pays sous le joug d'une dictature, une population qui n'a d'autre choix que de prendre un bateau vers l'inconnu, l'arrivée douloureuse et dangereuse, la perspective d'une vie meilleure qui s'amenuise de jour en jour, l'obsession de la survie. Une fable à portée politique.

Editions Le Tripode - 15€ - 7 janvier 2016

Un texte précieux pour Mirontaine Keisha recommande cette découverte intéressante - Puissant et évocateur pour Gwenaelle !

12 janvier 2016

La Déesse des petites victoires, Yannick Grannec

ladeessedespetitesvictoires "Un dernier ménage pour Kurt. C'est tout ce que j'aurai fait pour lui dans ma vie. Ranger le monde pour empêcher cette maudite entropie de l'engloutir. Toutes les femmes ont-elles le même destin ? S'appareiller, par amour ou par besoin de sécurité, pour finir par tenir à bout de bras celui qui était censé être le rocher. Est-ce notre lot à toutes ? Ces frères, pères, amants, amis, sommes nous là pour les repêcher ?"

Anna est diligentée par l'Université de Princeton auprès d'une vieille femme afin de récupérer les archives de Kurt Gödel, un fameux mathématicien. Mais la tâche s'avère difficile, en effet la femme du logicien est acariâtre et accueille bien froidement la requête de la jeune documentaliste. Dès la première rencontre, elle voit venir cette petite jeune fille discrète et désorientée de loin. Mais un lien étrange se crée, au fil des rencontres, une complicité respectueuse et malhabile, qui permet à Anna de connaître tout de la vie de la vieille femme, ainsi que de celle de son mari, qui luttait périodiquement contre la folie, mais également de cette longue amitié que le mathématicien a eu avec le célèbre Albert Einstein. Nous passons d'une Vienne des années 30 à une ville de Princeton figée et frileuse, dans laquelle l'ancienne danseuse, devenue femme de scientifique s'ennuiera beaucoup et verra peu à peu ses illusions se dissoudre dans le quotidien...

Le roman de Yannick Grannec est un pavé que je n'ai pas été loin de trouver parfois indigeste. Cependant, j'ai aimé le lire et partir longuement à la découverte de ses personnages féminins, Kurt Godël étant lui un homme assez agaçant. L'intérêt principal de cette histoire est sans conteste ces portraits hauts en couleur, du passé et du présent, ainsi que tout ce que j'ai pu apprendre sur la vie américaine d'Albert Einstein après ma lecture de Le cas Eduard Einstein par Laurent Seksik [clic]. Une lecture très intéressante, donc, instructive, bien qu'un peu longue, et qui s'avère dans ses dernières pages, subtile et plutôt émouvante. 

Editions Pocket - 8.10€ - Janvier 2014 - Prix des libraires 2013

Lu en grand format - merci Sophie !

Anne a beaucoup aimé malgré son peu d'attrait personnel pour les mathématiques - Bien écrit et agréable à lire pour Keisha - Il est tombé des mains d'Aifelle

[En ce moment, la plateforme Canalblog connaît quelques ratés. Vous avez pu le constater aujourd'hui. Le blog était indisponible. Une maintenance aura lieu du 14 au soir au 15 janvier midi. Merci de votre compréhension.]

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11 janvier 2016

Parenthèse (atelier d'écriture)

atelierjanv2016Je voulais revenir à toi, inventer une fin heureuse à notre histoire, alors je t'ai cherché. Et je suis venu te dénicher dans cette ville de bord de mer que je connais si mal, celle où tu es né. Je t'ai trouvé facilement, dix ans que je ne t'avais pas vu. Je suis comme ça moi je n'arrête jamais rien, jamais d'aimer, jamais d'y croire, je suis tenace. Je n'avais pas prévu ta famille, le bonheur évident de ce que tu avais construit depuis moi. Je voulais surtout que quelqu'un me regarde, être importante, belle. On n'imagine pas ce que c'est que de devenir transparente pour les autres. La solitude qui creuse en soi des rigoles de détresse. Être une amie, une collègue, une connaissance, mais n'être pas vue. Je me suis souvenue de ton regard sur moi, combien il me rendait légère, me donnait l'impression d'être un lutin magique, une fée. Hier, je voulais redevenir cette femme que tu avais aimé, me souvenir de ça. Et c'était étrange de te voir là, un peu vieilli, un peu plus épais, mais toujours le même, surpris de me voir débarquer sans prévenir, mais souriant, absolument souriant. Je t'attendais à la sortie de ton travail. Tu n'avais pas d'obligations, ça tombait bien, nous sommes allés prendre un café. Tu me donnais d'emblée, comme ça, ta bonne humeur, ton temps, et l'atmosphère confortable de ce lieu où tu m'as emmenée. Je me suis tout de suite sentie mieux, comme si tu avais su ce que j'attendais réellement, ta complète attention. A la fin de notre échange tu m'as serré longuement dans tes bras, et il y avait la douce chaleur de tes bras, ton odeur. Je ne savais pas avant de venir ici que j'aurais donné ma vie pour un tel câlin, que c'est ce dont je rêvais. Parfois, la vie est simple. Parfois, un geste suffit. Et tu as dis les mots que je voulais entendre, que tu m'aimais encore, que j'étais toujours séduisante, que si la vie avait été différente tu m'aurais certainement suivi dans cette chambre d'hôtel dont je te vantais la vue magnifique sur le port. Mais tu étais fidèle, tu aimais ta femme, et les deux petites filles que vous avez eu ensemble. Mon tour était passé, il aurait suffi d'un rien pour que cette vie soit aussi ma vie. Il aurait fallu qu'il y a dix ans je sois prête. Avant de me quitter, tu m'as remis une mèche de cheveux sur l'oreille et tu m'as dit qu'il y aurait un autre homme pour moi, que tu en étais certain. Et c'est ce que j'ai emporté avec moi dans le train du retour, après avoir regardé une dernière fois par la vitre de ma chambre l'océan gris et bourru comme un père que tu contemplais aussi chaque jour, ta certitude.

Une sublime photo d'Ada, de l'imagination, et au final un texte écrit pour l'atelier d'écriture de Leiloona [clic ici]

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10 janvier 2016

En cours de lecture...

einstein

Extrait de La déesse des petites victoires de Yannick Grannec, tandis que j'écris un texte pour l'atelier d'écriture de Leiloona demain !

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