12 septembre 2015

Blouson noir

[Aaron... encore] Cette musique sombre me fait penser au générique de la série que j'ai commencée à regarder tout doucement, True Detective. Vous l'avez vue ? J'ai hâte aussi de pouvoir replonger dans House of Cards ou Homeland. Addiction quand tu nous tiens. Sinon, pendant ce temps, je lis Pas pleurer de Lydie Salvayre... mais je n'ai tourné que quelques pages pour l'instant, trop tôt pour se faire une idée sur le Goncourt de l'an passé. Après un début de journée pluvieux le soleil est là. Le temps ne sait plus ce qu'il fait. Plaisir de n'avoir rien de prévu et de lire quelques BD, plaisir de prendre son temps, de relire son texte pour l'atelier d'écriture de Leiloona lundi. Bon week-end !

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10 septembre 2015

Macadam, Jean-Paul Didierlaurent... Rentrée littéraire 2015

macadam "Depuis ce matin, les anges crient dans ma tête. C'est à cause du sparadrap."

L'auteur du Liseur de 6h27 a connu un grand succès avec ce drôle de petit roman, dont je vous parlais ici [clic]. Une version poche de son titre est d'ailleurs sortie chez Folio. La rentrée littéraire est une occasion pour son éditeur grand format, Le Diable Vauvert, de sortir ce recueil de nouvelles qui regroupe l'univers court de Jean-Paul Didierlaurent, et pour lequel il a reçu depuis 1997 de nombreuses distinctions, lauréat à plusieurs reprises du Prix Hemingway par exemple. 

L'univers de l'écrivain se dévoile ici plus sombre, comme souvent dans les nouvelles. Au détour de l'une d'entre elles pour autant, Sanctuaire, qui donne voix à une dame pipi, on comprend ce qui lui a inspiré plus tard son roman, démarche d'extrapolation d'ailleurs intéressante. Et puis, l'écriture est là, libre et sans fioritures, assez remarquable. Jean-Paul Didierlaurent maîtrise sans conteste l'art de la nouvelle, et de sa chute. La galerie de personnages est diverse et colorée, étonnante, nous permettant de rentrer dans l'intimité d'un confessionnal, d'un orchestre de corrida, d'une maison de retraite, et ce d'une manière originale. J'ai aimé me laisser surprendre, croiser une Game Boy, un fa dièse, des pneus qui chuintent, et découvrir une plume au prisme large. Espérons que l'auteur continue d'écrire, d'inventer, et qu'il ne perde pas le regard perçant, ironique et ludique, qu'il porte sur ses concitoyens.

Editions Au Diable Vauvert - 15€ - 10 septembre 2015

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Je participe au challenge 1% rentrée littéraire qui consiste à lire au moins 6 livres de la rentrée littéraire (clic sur l'image pour plus de détails). Challenge : 6/6.

J'ai rempli mon challenge 1% avec succès mais pas de coup de coeur cette année (ce que je déplore), seulement de belles lectures ! Ou alors je suis sans doute devenue difficile ? Je ne tente pas le 2%. L'année dernière le tenter m'avait semblé de trop, et une manière d'étirer exagérément la rentrée littéraire alors que j'étais déjà passée à autre chose. Mes prochaines lectures de rentrée seront donc traitées dorénavant comme les autres, seul le Tag "Rentrée littéraire 2015" sera affublé en bas de billet à ces lectures, pendant encore quelques semaines... vous pourrez ainsi les retrouver en bandeau dans le menu.

09 septembre 2015

Nous serons des héros, Brigitte Giraud... Rentrée littéraire 2015

nouseronsdesheros

 "La première nuit dans la maison fut particulière. J'étais isolé sous le toit, je voyais le ciel par le velux ouvert, la petite chambre était une fournaise. A ce moment là de l'année, il y avait beaucoup d'étoiles, je les observais depuis mon lit, j'avais l'impression que le ciel bougeait, que mon matelas tanguait. Ma tête tournait, se vidait, se remplissait d'images trop vives, celles du Portugal sous le soleil. Je voyais mon père sur un cargo, qui flottait sur l'océan, toujours cette même image. Je me surprenais encore à demander quand il allait rentrer. Puis j'entendis ma mère et Max qui parlaient en bas. J'avais envie de faire un sac et de partir dans la forêt, vivre avec Oceano, j'étais fatigué."

Olivio et sa mère fuient la dictature portugaise, redoutant des représailles. Le père d'Olivio a été arrêté et est mort en prison. Mais le jeune garçon l'ignore, alors que le train l'emmène du Portugal vers La France. Il s'imagine le revoir, il ne sait pas ce qui l'attend dans ce pays inconnu vers lequel il roule, et il sert contre lui son petit chat Oceano. En France, aidés par des compatriotes, ils sont confrontés à une nouvelle langue, doivent refaire leur vie modestement. La mère d'Olivio trouve enfin du travail, rencontre Max, s'installe avec lui dans un pavillon de banlieue. Le quotidien devient morne, souvent tendu et inconfortable pour le jeune Olivio qui se réfugie le plus souvent possible auprès de son ami Ahmed. En effet, Max préfère visiblement son fils Bruno qu'il reçoit en garde alternée. La mère d'Olivio est partagée, passe son énergie à apaiser et composer, à se faire sa place dans cette nouvelle vie. Un jour pourtant, la révolution des oeillets a lieu, et revoir Le Portugal redevient une possibilité.

J'ai retrouvé dans ce roman la voix tranquille et posée de Brigitte Giraud qui sait ici très bien se mettre dans la peau d'un petit garçon confronté à l'exil, au déracinement, puis à l'enracinement. Les petits garçons sont capables de supporter beaucoup de chamboulements du moment que l'amour est là, l'affection. Dans cette histoire, la solidité des adultes n'est pas acquise. Heureusement, Olivio peut compter sur l'attention de son chat et de son meilleur ami Ahmed, mais cela semble tellement peu. Nous sommes des héros ne fait pas dans le tapage et la grandiloquence mais met réellement en lumière l'actualité de cette rentrée par le prisme d'anciennes migrations. C'est certainement un hasard, mais cette coïncidence m'a émue et touchée.

Editions Stock - 17.50€ - Août 2015

Un grand merci aux Ediitons Stock chez qui j'ai gagné ce titre qui me tentait en cette rentrée !!

 

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Cathulu a été très émue par le portrait d'une mère "à la fois volontaire et discrète, blessée mais digne, qui se forge discrètement une place dans la société française du début des années 70 et laisse sous le boisseau ses chagrins et sa détresse" - Laure a beaucoup aimé, et aime de toutes façons l'écriture simple mais pourtant si juste de l'auteur

Je participe au challenge 1% rentrée littéraire qui consiste à lire au moins 6 livres de la rentrée littéraire (clic sur l'image pour plus de détails). Challenge : 5/6.

07 septembre 2015

La Maladroite, Alexandre Seurat... Rentrée littéraire 2015

lamaladroite

 "Entre eux et moi, il y aura toujours elle. J'aimerais pouvoir dire que je l'aimais comme une soeur - mais elle n'en était pas une pour moi, puisqu'elle n'était rien, puisqu'on ne la voyait pas, qu'on n'avait pas le droit de jouer avec elle, qu'elle passait des journées entières dans sa chambre, et si elle pleurait c'était pire, parce qu'elle était punie, et elle était punie si elle se levait la nuit pour manger quand ils l'avaient privée de dîner, ou si elle faisait pipi au lit, parce qu'on ne lui permettait pas de se lever pour aller aux toilettes."

La Maladroite est tiré d'un fait divers réel, le décès suite à maltraitance de Marina Sabatier à l'âge de huit ans. Dans cette affaire, les parents ont été jugés, mais ce sont également les institutions qui ont été mises en cause, car elles ont à plusieurs reprises été contactées sans que rien n'aboutisse, soit par la grand-mère, l'institutrice ou la directrice d'une école. Marina Sabatier porte ici le nom de Diana, mais l'histoire reste la même, terriblement tragique. Une petite fille est maltraitée, mais elle se tait et garde le sourire pour protéger ses parents, qui eux trouvent toujours des explications et déménagent régulièrement. Chacun, dans le récit d'Alexandre Seurat, parle de Diana, du rôle qu'ils ont joué dans cette vie là, une vie de petite fille, de ce qu'ils ont tenté de faire, de leur tristesse, et de leurs regrets.

J'ai eu du mal, je vous l'avoue, à me décider enfin à écrire ce billet. En fait, je ne suis pas très enthousiaste au sujet de ce livre. Comment l'être ? Partagée entre dégoût et tristesse. Et puis, je trouve que le style de l'auteur, l'enchaînement des témoignages, ne permet jamais de croire à la fiction, ou de se préserver derrière le rempart de la narration. La gêne est là, l'impossibilité du recul, le malaise d'assister à l'inévitable, comme une tragédie (parce qu'évidemment on connaît la fin de l'histoire), la colère. Et pourtant, je suis contente de l'avoir lu, d'avoir regardé vivre un peu cette petite Diane/Marina, d'avoir fait sa connaissance, appris son histoire intime, su qu'elle était regardée, malgré tout aimée, d'avoir compris que certaines personnes n'étaient pas dupes des faux-semblants, avaient réellement voulu la protéger. Notre système ne permet pas toujours de sauver ces enfants, empêtré qu'il est à protéger les parents, les règles, à ne pas vouloir intervenir mal à propos (et il a raison, quel parent ne serait pas anéanti d'être accusé à tort ?). Cependant, le fameux "bien de l'enfant" est trop souvent une grande supercherie. A se demander si parfois, il ne faut tout simplement pas hésiter à s'occuper des affaires des autres, quand même.

Editions Le Rouergue - 13.80€ - Août 2015

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Une lecture clinique mais qui résonne longtemps après avoir fermé le livre pour Alex - Un roman dont on ne ressort pas indemne pour Stephie - On ressort de ce roman abasourdi, nauséeux, et profondément secoué, dit Noukette - Un coup de poing et une tragédie moderne pour Leiloona - "Tout est dans l'ambiguïté et dans la difficulté  que ressentent les différents témoins à poser des mots justes sur une situation qui se dérobe." pour Cathulu qui l'a lu la gorge serrée.

Je participe au challenge 1% rentrée littéraire qui consiste à lire au moins 6 livres de la rentrée littéraire (clic sur l'image pour plus de détails). Challenge : 4/6.

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06 septembre 2015

Tandis que le temps file...

brigittegiraud

Mon dernier billet sur ce blog remonte au 1er septembre. Entre temps, j'ai pourtant lu, notamment La maladroite, un récit sur lequel je m'interroge beaucoup, et essaye de trouver les mots pour exprimer au mieux dans un prochain billet le malaise que j'ai ressenti. Peut-on aimer un livre qui nous met en colère ? Peut-on aimer ce livre malgré son sujet, et le traitement de son sujet ? Et là je suis dans Nous serons des héros, tellement d'actualité... Bref, je lis et m'interroge, laisse décanter l'actualité, le quotidien, un quotidien extrêmement présent (rentrée oblige) qui laisse peu de place à la rêverie, et puis je tricote, parce que le mouvement des aiguilles est relaxant. Hâte d'être moins occupée en somme, et de vous retrouver. Bon dimanche !

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01 septembre 2015

Dans les yeux des autres, Geneviève Brisac

danslesyeuxdesautres

 "Ecrire lui était déjà interdit avant. Lui avait toujours été interdit. Elle s'était bardée d'une obligation d'interdiction, alourdie d'un devoir de transgression, paralysée par la nécessité de l'empêchement. Mais elle ne s'en était pas rendue compte. C'est ainsi que souvent s'expliquent les courages : le courage des taupes. Elle voulait croire que l'on peut dire sans dire, écrire sans blesser. Les taupes ne savent pas ce qu'elles font."

Anna est écrivain. Elle et sa soeur Molly, à présent médecin, étaient très proches dans les années 70, attirées par le même idéal communiste, amoureuses, pleine d'idées et d'envies de solidarité. Elles ont d'ailleurs à l'époque suivi Boris et Marek, leurs amants, au Mexique, pour poursuivre le combat. Que Marek se soit fait arrêter, que les relations amoureuses aient pris entre eux tous un tour inattendu, que la mère des deux soeurs se soit mêlée à tout ça avec son exubérance sauvage, c'en était sans doute de trop pour Anna qui a décidé de tout déballer dans un livre à son retour en France. Le livre a eu du succès mais lui a fermé des portes, celle de la maison de sa soeur en particulier, mais également celle de sa mère, puis enfin du milieu littéraire parisien, aussi prompt à aimer qu'à détester ce qu'il a pu apprécier quelques années plus tôt. A-t-on le droit de tout écrire ? A-t-on le droit d'écrire sur sa famille ?

Voici un roman que j'avais abandonné au bout de quelques pages à la dernière rentrée et à qui j'ai donné une seconde chance en petit format, et bien m'en a pris. En effet, cette seconde lecture a été agréable, très fluide, sans envie d'abandon. J'ai aimé me laisser bercer par l'histoire de ces deux soeurs que tout oppose et rapproche, leurs velléités politiques, leurs renoncements, le constat de leurs vies bancales. Et puis, il y a le portrait chatoyant et contrasté de leur mère, finalement un être toxique, qui manipule et qui brise par mégarde, par trop de carisme, de présence et d'inconscience. Dans les yeux des autres est un roman au charme doux amer qui n'oublie pas de brosser le portrait d'une époque où le communisme embrasait le coeur des jeunes gens, et qui pose un regard assez ironique sur le désir d'engagement. Un roman intéressant.

Editions Points - 7.30€ - 20 août 2015

lautrerentree

Cathulu parle aussi de mélancolie, du regard sur les petites choses du quotidien, ainsi que de l'écriture ample de Geneviève Brisac... et elle a raison.

Il y a presque dix ans, Points lançait la rentrée littéraire parallèle, celle des poches ! Ils nous permettent de revenir cette année sur la Rentrée Littéraire précédente et sur les livres qui ont marqué l'année 2014 en sortant 7 titres le 20 août. [Toutes les infos ici]

 

 

 

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31 août 2015

Deux frères, Fabio Moon - Gabriel Bà... d'après l'oeuvre de Milton Hatoum

deuxfreres

 "Peut-être eût-ce été le moment opportun pour s'empoigner... s'étriper."

Yaqub a été séparé de sa famille, et surtout de son frère jumeau Omar, alors qu'il n'était encore qu'un enfant. Il n'a jamais compris pourquoi il avait été choisi, lui, pour passer ces cinq ans au Liban dans le village de son père alors que c'est lui qui avait été victime de la violence d'Omar, frappé au visage. Les retrouvailles dans la ville brésilienne de Manaus où ses parents résident sont difficiles, les rancoeurs palpables, la rivalité entre les frères, causée au départ par une querelle sentimentale, toujours présente. Et puis Yaqub réussit tout ce qu'il entreprend, est sérieux, alors qu'Omar se disperse et s'agite...

Voici une très belle BD, au trait épais et noir, à l'ambiance foisonnante, qui reprend dans ses pages le récit imaginé par Milton Hatoum. Une adaptation réussie, pour autant que je puisse en juger, n'ayant pas lu le roman, et en tous les cas un album qui se suffit largement à lui-même, d'une grande force. Je vous conseille chaleureusement de glisser dans ces pages là, vous ne serez pas déçus. Personnellement, c'est la superbe couverture, et ce qui s'en dégage, qui m'a attirée vers cette BD, j'ai retrouvé la même impression de confrontation à l'intérieur. Je conseille vivement.

Editions Urban Comics Graphic - 22.50€ - mars 2015 - Merci ma bibli !!!

La lecture de Jérome : "Pourquoi j'ai adoré ? Parce que c'est riche, dense, ambitieux, foisonnant, incroyablement bien construit en terme de narration."

deuxfreres1

 

29 août 2015

Shades of blue

[Aaron encore - Un nouvel album prévu le 18 septembre "We cut the night"... Cela se voit, n'est-ce pas, que je l'attends avec impatience ?] Sinon, pendant ce temps, je lis La Maladroite d'Alexandre Seurat, LE titre qui a marqué cette rentrée littéraire pour l'instant, avec le dernier Delphine De Vigan (D'après une histoire vraie) si je ne m'abuse. Très prise par le quotidien, j'ai toujours un peu le sentiment de suivre la rentrée de loin cette année et de lire les blogs amis avec des jours de retard. Peu importe. Ce blog suit son petit rythme habituel et c'est très bien. Bon week-end chers lecteurs !

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28 août 2015

Les eaux troubles du Mojito, Philippe Delerm... Rentrée littéraire 2015

leseauxtroublesdumojito

 "[...] ce qu'on veut c'est l'immobilité, le soleil retrouvé, la vie étale. Il y a de l'humilité dans cette façon de prendre son plaisir tout près des autres, et presque avec eux. On est de la même famille, celle des gens qui passent les vacances en famille, générations mêlées. On recule l'heure des repas, un peu d'ombre pour le pique-nique de la mi-journée, et cette délicieuse exaspération de la soirée, bien après l'apéro."

Des moments prélevés à son quotidien, à sa vie, des photographies d'instants... voici ce que Philippe Delerm a jeté sur le papier pour cette rentrée dans ce recueil de textes courts. Comme une envie, sans doute, de réitérer sa Première gorgée de bière, mais avec d'autres plaisirs, pas forcément minuscules, des bonheurs d'adulte. Un adulte qui voyage, qui profite autant de la mer que de la capitale, qui profite de son confort, mais qui a été contraint de mettre ses parents âgés en maison de retraite. Le constat est doux amer, le regard distancié, mais la vie semble par ailleurs privilégiée, joyeuse, pleine d'activités, enveloppante.

Je n'ai pas été très réceptive, je dois bien l'avouer, aux émois que Philippe Delerm expose dans ses petits textes. Il est pour moi difficile de ressentir de l'empathie pour des instants méconnus qui ont tous lieu dans un quotidien tellement différent du mien. Alors que le principe de ces petits moments suspendus dépendent beaucoup de ça, qu'ils réussissent à rejoindre en écho le lecteur, que ce dernier réussisse à ressentir dans l'émotion de l'incident croqué par le talent de l'écrivain le souvenir de sa propre émotion. Mais les petits bonheurs d'un auteur au présent privilégié ne me parlent pas beaucoup et j'ai le sentiment qu'ils manquent aujourd'hui de cette dose d'universel qui a fait le succès de La première gorgée... Cependant, je dois avouer aussi, que malgré ces bémols, j'ai été cueillie en milieu d'ouvrage, par ce passage : une femme âgée rentre en scène, atteinte d'Alzheimer, elle apprend avec bonheur qu'elle est mariée à un homme charmant, qu'elle aura oublié le lendemain. Quand il touche au coeur, Philippe Delerm sait donc nous atteindre.

Editions du Seuil - 14.50€ - Août 2015

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Je participe au challenge 1% rentrée littéraire qui consiste à lire au moins 6 livres de la rentrée littéraire (clic sur l'image pour plus de détails). Challenge : 3/6.

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26 août 2015

Apprendre à finir, Laurent Mauvignier

apprendreafinir

 "Mais c'était drôle, quand même, la persistance de ça.
Comme si j'avais oublié quelque chose et qu'à le ressentir comme ça, même vaguement, même très légèrement, ça pouvait dire que ça n'avait jamais disparu, que c'était juste caché, un peu enfoui mais pas disparu, non, pas totalement - on ne sait pas ce que ça a de force, tout ce qui fait mal. Et on croit avoir vaincu tout ça parce que juste on n'entend plus le vacarme que ça faisait avant."

C'est comme un seconde chance cet accident, l'opportunité pour elle de rattraper, de donner tout à l'homme qu'elle aime, des fleurs, sa présence, une multitude d'attentions. Il finira bien par s'apercevoir qu'elle s'occupe bien de lui, par ne plus pouvoir se passer d'elle, elle sera patiente. Il a voulu la quitter, elle et ses deux enfants, à cause de cette femme qu'il a rencontré, et puis de l'étouffement. Elle, elle croit à la magie du quotidien, des gestes sans cesse répétés, elle croit à la douceur du cocon qu'elle reforme autour de lui, sur lui, pour qu'il aille mieux. A la maison pour sa convalescence, il se laisse dorloter. Au début, à l'hôpital, il détournait des yeux pleins de colère. Maintenant, il accepte, il progresse pas à pas, sort faire un tour puis revient chez lui, mais pour combien de temps encore ?

Apprendre à finir est la longue plainte amoureuse et douloureuse d'une femme qui lutte comme elle peut pour préserver ce auquel elle tient par dessus tout, sa famille. Elle a décidé de ne pas se laisser faire et de saisir l'opportunité du destin, cet accident, la dépendance de son mari, pour tenter de réparer et de recommencer une relation qui était sur le point de se terminer. Avec une écriture magnifique, toujours sur le qui vive, Laurent Mauvignier décortique l'humiliation, la peine et l'obstination, le courage de cette femme. C'est un récit que l'on ne lit pas avec facilité tant la langue heurte à chaque paragraphe contre quelque chose, une pâleur, un lit défait, une chaise mal rangée. Mais c'est un roman très beau. Quoique éprouvant. Quoique désespéré.

Editions Minuit Poche - 6.50€ - Décembre 2003 - Merci Sophie !! ;)

Bouleversant de justesse et superbe pour Clara LA lectrice de Laurent Mauvignier ! - Le site de l'auteur [clic]

J'ai lu aussi Autour du monde (un coup de coeur !)

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