23 février 2015

Ma colère (atelier d'écriture)

atelier155

Ma colère a cessé. Je la cherchais tout à l'heure. Elle m'aurait été bien utile pourtant, je voulais crier sur toi, te faire entendre raison. Parfois, tu m'agaces avec tes certitudes, tes bêtises. Mais non, elle avait disparu. Je me suis retrouvée toute bête devant toi, les bras ballants, tout sèche, avec ma colère apaisée, et cette drôle de sensation dans le corps, ce désir de tempérance que je ne me connaissais pas. Toi même tu a été surpris, tu étais prêt à batailler un peu, parce que tu aimes ça, me titiller, me faire sortir de mes gonds. C'est un jeu auquel nous jouons souvent. Et puis à la fin, j'ai en général envie de te gifler, ou de pleurer. Je ne sais pas à quoi te servent mes énervements, si tu les attends vraiment, pourquoi tu les provoques. Je n'en suis pas fière. Ils se terminent souvent par ton sourire en coin, et mes plates excuses, comme si tu n'avais aucun tort, et moi la faute de ne pas savoir tenir mes transports, et garder mon sang froid. Un jour, ça finira mal notre histoire. Mais hier, j'ai rêvé de toi. C'était la première fois. Il y avait de la neige partout, nous étions dehors, et nous nous disputions encore pour des broutilles. Je ne sais pas comment c'est arrivé mais il y a eu un drame, un accident, j'étais blessée, toi peut-être mort, et la police est arrivée. Je me suis réveillée troublée. Je ne voulais pas de ça, de cette sensation que je pouvais te perdre. C'est sans doute ce qui a tué ma colère tout à l'heure, l'a tuée dans l'oeuf. Un rêve, comme de l'eau jetée sur le feu de mon agacement. Et il était si amusant aussi, ton air décontenancé. Nous avons observé tous les deux ta phrase cinglante se perdre dans l'atmosphère. Je crois que j'ai ri un peu, tu as rougis violemment. Il y avait de la neige au dehors, quatre policiers se tenaient dans l'allée qui séparent les immeubles du centre d'affaires où nous déjeunons souvent. J'ai senti la chaleur de l'apaisement envahir mon esprit, et j'ai aimé ça je crois. Je t'ai bousculé un peu pour que tu t'assoies près de moi, mon plateau contre le tien, dans cette cafétéria qui est notre rendez-vous régulier. Un jour je te le dirai mon frère - mais pas aujourd'hui je savoure ma petite victoire -, à quel point je t'adore.

Une photo (de Romaric Cazaux), une inspiration, et au final un texte... tout ça pour l'atelier d'écriture de Leiloona [clic]. Bon, cette fois-ci, je ne suis pas très certaine de mon texte quand même... Je précise qu'il est sorti tout droit de mon imagination, et en plus je n'ai pas de frère.

Posté par Antigone1 à 06:14 - - Commentaires [23] - Permalien [#]
Tags :


21 février 2015

People talk to me

[Parce que j'ai vu Hunger Games 1 hier... et que j'ai étrangement aimé] Sinon, pendant ce temps, je lis Maudits de Joyce Carol Oates, tandis que la présence d'Anne-Véronique Herter (Zou !) [clic ici] m'incite à me rendre au Printemps du livre de Montaigu fin mars, alors que je pensais le bouder cette année... la vie des blogs et des rencontres !! ;) Autrement, je planche sur le prochain atelier d'écriture de Leiloona... Vais-je réussir à écrire un texte satisfaisant ? Verdict lundi matin très tôt. Bon week-end !

Posté par Antigone1 à 16:11 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags :

18 février 2015

La Gaieté, Justine Lévy

lagaiete

 "Ce qui est important c'est de tenter et réussir le coup une deuxième fois. Quel coup ? Toujours le même, mon obsession, ma hantise, le barrage contre le Pacifique de la tristesse héritée, la machine à pomper, siphonner, évacuer les chromosomes de chagrin venus du passé. Je déteste les familles, je déteste les gens qui sont fiers de leur famille, et veulent à tout prix que ça se sache, je déteste les arbres généalogiques, les lignées, les souches, les dynasties et, si je les déteste, si je m'arc-boute contre cette sorte de fierté qui parfois m'aguiche aussi, c'est parce que je sais que c'est par là que tout le mal arrive, le goût de la vinasse, le parfum de la mauvaise tristesse, les règles numéro 2 avec leur fatigue terrible dont je ne veux pas pour mes enfants. Stop.  On arrête tout. On fait un garrot. Un gros pansement. On bloque la propagation du virus. Il y a ceux qui se sentent menacés par les étrangers, les Roms et tout ça, pour moi, ce qui menace Angèle et Paul c'est l'inverse : l'extraction, l'ascendance, l'hérédité, l'atavisme, tous ces trucs dégueulasses dont je veux les libérer et dont j'ai juré une fois pour toutes qu'ils ne passeront pas par moi."

J'ai lu les précédents romans de Justine Levy à rebours [clic ici]. J'ai découvert ainsi son histoire particulière, principalement ses relations compliquées avec sa mère, belle, camée et négligente. Son père traverse ses écrits également, bien sûr, et puis il y a ses ex, son amoureux, le père de ses enfants, etc... Il est une chose certaine, que Justine Levy soit un personnage public ne m'intéresse pas, qu'elle pratique l'auto-fiction non plus. Je ne lis pas ses livres de cette manière. Je prends simplement plaisir depuis plusieurs titres à grandir avec son personnage miroir, Louise. J'aime la sincérité crue, sans artifices, de l'écriture de cette jeune-femme qui tente avec courage d'atteindre la normalité malgré un désordre intérieur apparent, et toujours à l'affut.
Dans La Gaieté, Justine Levy se complaît dans une maternité à la fois terrifiante, envahissante et réconfortante. Elle a décidé en effet dès la naissance de son aînée d'être gaie, de ne pas laisser la tristesse s'incruster dans cette nouvelle vie, dans cette nouvelle famille qu'elle a construite avec son compagnon Pablo. Ce n'est bien entendu pas si simple, un combat quotidien, elle fait de leur appartement un rempart coloré et joyeux, mais parfois le passé rend des visites impromptues et Louise entend dans sa voix des intonations familières et maternelles. Comment s'en sortir ? En s'appuyant très fort sur les bons moments vécus, sur l'amour qui l'entoure, et sur son compagnon, sur le père qu'il est naturellement, parce que c'est solide, un garçon.
Un intime et sensible moment de lecture.

Editions Stock - 18€ - Janvier 2015

Posté par Antigone1 à 00:03 - - Commentaires [29] - Permalien [#]
Tags :

17 février 2015

En cours de lecture...

femme-avec-des-enfants-flânant-en-parc-37129015

 "[...] j'adore cette nouvelle vie de mère de famille un peu débile mais résignée, les jours cousus les uns aux autres par l'habitude et la routine, je me voue tout entière à mes enfants, je les tiens fort dans mes bras, je les tiens fort par la main, et bien sûr qu'eux aussi me tiennent et qu'ils m'empêchent de tomber, de vriller, bien sûr qu'eux aussi me rassurent, me comblent, me protègent et me procurent cette joie bizarre, assez proche de la tristesse peut-être, parce que je vois bien que ce n'est plus seulement de l'amour ça, au fond, c'est de l'anéantissement."

Extrait de... La Gaieté de Justine Levy

 

Posté par Antigone1 à 20:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

16 février 2015

Ceux qui me restent, Damien MARIE et Laurent BONNEAU

ceuxquimerestent

 "J'ai quitté la terre ferme..."

Florent, à 39 ans, se retrouve seul pour élever sa fille Aurélie. Sa femme vient de mourir, et il se sent désarmé d'être désormais l'unique refuge d'une petite fille de 5 ans. Sur le bateau qui les ramène en France, l'enfant échappe soudain à la surveillance de son père et l'angoisse de perdre également la petite Lilie monte en lui... Mais cette course poursuite dans les allées du ferry n'est sans doute que le cauchemar d'un vieil homme à qui les souvenirs font de plus en plus défaut. Car Aurélie jeune fille vient voir toutes les semaines son père qui ne la reconnaît plus et la cherche dans ses rêves...

Voici une BD qui arrive à propos après ma lecture de Nous ne sommes pas nous-mêmes, hasard des lectures. J'avais par ailleurs déjà lu sur le sujet, la maladie d'Alzheimer, dans On n'est pas là pour disparaître, l'excellent titre d'Olivia Rosenthal. Cette manière, comme il est souvent dit de "mourir aux autres de son vivant", est toujours assez impressionnante et remue. Ici, le dessin en noir et blanc, magnifique, parfois seulement réhaussé d'une couleur, traite avec justesse du thème, sans pathos... avec densité, poésie, mais aussi légèreté. Une réussite.

Editions Bamboo Grand Angle - Août 2014 - 21.90€ - Merci ma bibli !!

Une idée de lecture trouvée chez Stephie !! - Lu aussi par Noukette et Jérome !

Posté par Antigone1 à 18:19 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags :


15 février 2015

Nous ne sommes pas nous-mêmes, Matthew Thomas

nousnesommespasnousmemes

 "Il en allait ainsi de la vie, parfois ; pendant des années, les choses se passaient d'une certaine manière, et puis, en un clin d'oeil, presque sans que personne en ait conscience, ce n'était plus le cas, comme si une valve s'ouvrait, relâchant toute la pression qui soudait les apparences."

Fière de sa culture irlandaise, mais marquée par une jeunesse difficile dans un appartement du Queens où sa mère noyait son mal-être dans l'alcool, et son père ses regrets dans une notoriété de bistrot, Eileen veut s'en sortir, et décide d'avoir pour ses parents, pour sa famille, de l'ambition. Après la seconde guerre mondiale, les filles ont peu d'opportunités de réussite. Alors, elle entame des études d'infirmière, grimpe vite les échelons, épouse Ed, un scientifique à l'intelligence rare et décide de monter une à une avec lui les marches de la réussite, quitte à le pousser un peu. Mais Ed résiste, malgré la naissance d'un garçon, et les désirs de son épouse de déménager vers un quartier plus prestigieux. Son seul souhait est d'être un professeur respecté, de pouvoir écouter le soir des morceaux de musique classique sous son casque, et d'apprécier un quotidien sans chaos. La vérité sur l'état d'Ed n'apparaîtra que tardivement, obligeant Eileen à revoir ses priorités, à s'armer de courage, et à découvrir la douceur.

Voici un très beau roman, un pavé de presque 800 pages dans lequel je me suis complètement fondue. Je n'avais pas lu depuis longtemps une si belle histoire d'amour, dans laquelle la maladie d'Alzheimer (puisqu'il faut la nommer) s'invite malheureusement, mais donne au récit une belle dimension, pleine d'humanité. Il est intéressant de suivre dans ce récit l'évolution d'Eileen, presque au jour le jour, de sa vie de petite fille, dure et décourageante, à sa vie de grand-mère, apaisée, en passant par une vie de femme, complexe et remplie de souhaits. La densité du livre, qui peut sembler un défaut, est aussi sa force, car nous assistons à chaque petite victoire du quotidien, à chaque désir parfois couvé dans l'oeuf ou réalisé, et à chaque déception. L'auteur, qui a semble-t-il écrit ce livre dans un petit deux-pièces alors qu'avec sa compagne ils élevaient des jumeaux a su brosser le portrait méticuleux, précis et bouleversant d'une vie, celle d'une femme américaine dans la deuxième moitié du vingtième siècle. D'écriture et d'apparence classique, Nous ne sommes pas nous-mêmes s'avère en fait passionnant à lire, prenant. Il m'a par de multiples petites phrases laissée songeuse... Il est sans conteste une aventure à tenter.

Un grand merci à Babélio pour la découverte ! - Editions Belfond - 23€ - 8 janvier 2015

Posté par Antigone1 à 18:39 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags : ,

12 février 2015

En ce moment...

... mes envies de bricolage m'éloignent un peu de vos blogs. En plus, j'accuse une petite baisse de régime du côté de la forme, et des lectures, pourtant en ce moment dans un très bon pavé dont je vous parlerai plus tard !! Je ne suis pas vraiment en pause, mais presque, en mode escargot. Je réclame donc toute votre indulgence pour mes silences. A bientôt !

DSCF1803[1]

Posté par Antigone1 à 15:39 - - Commentaires [20] - Permalien [#]

09 février 2015

Ton amitié (atelier d'écriture)

atelier154romariccazaux

 Si j'avais choisi l'amitié, tu serais resté. Si la neige n'avait pas recouvert tout ce matin, brisé net toute effervescence par son silence, quelque chose aurait pu être sauvé. Collée à ma fenêtre, j'ai peur que tu ne reviennes pas. Les deux mains sur le verre froid, je laisse ma crainte embuer l'image de ton départ. Levée après toi, je t'ai vu disparaître au coin de la rue, là en bas de mon immeuble. J'ai vu ton dos pressé, tes pas sombres, encore visibles, créer une guirlande de traces de toi sur le trottoir. Où es-tu allé ? Entre nous deux, cela a toujours été un peu fou, évident, des rires sous cape partagés. Tu étais enfant mon double masculin, ma moitié fraternelle, mon moi plus affûté. Je me souviens comme nous aimions ensemble plonger nos deux mains dans la rivière, chercher des bestioles, nous taire, et puis marcher entre les arbres, essayer le cloche-pied. Hier, tu as toqué à ma porte, parce que tu étais loin de chez toi, que je pouvais être le bon plan d'une nuit canapé pour dormir, et parce qu'il y avait eu autrefois l'amitié. Comme d'habitude, j'ai sauté dans tes bras, et tu m'as rattrapé, même taille, même bouclettes sombres, et presque le même visage. Je n'ai pas compris à quel moment ma main a caressé ta joue, à quel moment exactement nous nous sommes embrassés, à quel moment l'évidence a encore fait sa loi. Je n'avais pas défait le canapé. Je crois qu'au bout de la nuit nous étions simplement un peu plus heureux et saouls, plus désinvoltes. Et puis la lumière crue du jour n'était pas encore là. Tout à l'heure, elle a j'imagine tout aplati, tu as vu nos verres sales, mon chez moi de fille, notre amitié par terre. Je ne suis pas forcément celle dont tu as envie de croiser le regard brouillé au petit déjeuner, après l'effervescence. Si c'était cela, je pourrais comprendre, je crois, le silence tout autour, et puis le blanc et le froid.
Je n'ai pas entendu la porte de mon appartement s'ouvrir, mais soudain j'entends tes pas, je sens tes bras entourer ma taille, et aussi ton haleine se perdre dans mon cou. Tu es revenu, tu es là. Pourquoi avoir douté de nous ? Je sens l'évidence coller ton corps contre le mien, mêler tes boucles aux miennes, je pourrais même deviner ton sourire et ton étonnement de me surprendre le nez contre la vitre, auréolée de buée. Je me retourne, et je crois mon chéri que pour la première fois de notre vie je suis en train d'éclater de rire dans ta bouche.

Une photo (de Romaric Cazaux), une inspiration, et au final un texte... tout ça pour l'atelier d'écriture de Leiloona [clic]. J'avais envie d'être très Saint Valentin cette fois-ci. ;)

Posté par Antigone1 à 06:19 - - Commentaires [36] - Permalien [#]
Tags :

08 février 2015

Stubborn love

[J'écoutais ça hier en écrivant mon texte pour l'atelier de Leiloona] Sinon, pendant ce temps, je lis Nous ne sommes pas nous-mêmes de Matthew Thomas, un roman qui promet, mais un pavé. C'est une lecture pour Babélio, j'espère ne pas être aussi en retard que je le suppose... D'ailleurs, je n'avance plus tellement dans mes lectures, pourvu que mes prochains jours de repos enrayent le phénomène, c'est agaçant. Il est bien trop tard pour vous souhaiter un bon week-end mais je vous embrasse !

Posté par Antigone1 à 14:45 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags :

05 février 2015

Ligne & Fils, Emmanuelle Pagano

ligne et fils

  "A mon fils, je chantais que pour comprendre le ruisseau, il faut mettre les pieds dans l'eau, comme le petit Indien des Andes. Lors de petits séjours chez mes parents destinés à nous aérer, à prendre l'air, à fuir la ville l'été, en laissant mon mari travailler, je commençais enfin à m'immerger, moi aussi. Nous nous encouragions, mon petit garçon et moi, à faire plouf. Nous prenions autant l'eau que l'air."

Ligne & Fils est la première partie d'une trilogie consacrée plus largement à l'eau et aux rivages. Dans ce premier volet, il est question de rivière et de moulinage mais aussi de toute cette région ardéchoise où coule La Beaume. La narratrice, descendante des anciens patrons d'une fabrique évoque leur passé, le dur travail des petites mains, l'amour du fil et du tissage. On l'a appelée pour qu'elle récupère son fils en pédiatrie, grand garçon ramassé saoul en coma éthylique. Elle le voit rarement, il a été confié tout petit à son père, après leur séparation, suite à cet épisode où elle l'a laissé se déshydrater, presque mourir, sans s'en apercevoir. C'est une occasion pour elle de comparer leur relation tumultueuse et pourtant franche à son plaisir de contempler la rivière et les autres souvenirs qu'elle charrie...

Ce n'est plus un secret que j'aime particulièrement l'écriture d'Emmanuelle Pagano, mais aussi les thèmes qu'elle aborde et sait explorer en tous sens, farfouiller de ses mots. Est-ce parce que j'ai passé tant de temps moi même auprès d'une rivière, ou tellement de temps à regarder l'herbe pousser un livre dans les mains auprès d'elle, qu'il m'a plu encore une fois de plonger dans les pages de ce livre-ci ? Sans doute, ou peut-être pas. Peut-être est-ce simplement parce qu'Emmanuelle Pagano y déploie cette langue qu'elle seule sait si habilement manier, et dont je rapprocherais ici le goût de mes souvenirs de son Tiroir à cheveux [clic]. En effet, pour ceux qui l'aurait lu, on y retrouve cette même impression de maternité incomplète, dure et partagée, entre une mère et son garçon, et puis le paysage alentour, à la fois familier et rude, gorgé d'histoires. J'ai été touchée par tous les épisodes consacrés à la relation mère et fils, mais pas seulement. Il est également très beau d'assister au résultat si fluide et intéressant des recherches de l'auteure sur le moulinage et le travail du fil, et de réaliser combien tout cela est habilement décrit, poétiquement tenu, la technique sublimée, le tout dans une démarche narrative qui ne perd jamais son nord ni sa voie et qui raconte au final une famille. Un coup de coeur rempli d'admiration !

Editions POL - 15€ - 5 février 2015 

Posté par Antigone1 à 06:18 - - Commentaires [21] - Permalien [#]
Tags : ,