04 octobre 2014

Le Génie des coïncidences, J.M. Ironmonger

legeniedescoincidences"Un jour, j'ai rencontré un homme qui prétendait être mon père. Il était aveugle."

Azalea Lewis se retrouve un beau jour le corps appuyé contre celui de Thomas Post, après une bousculade violente dans un escalator londonien. Coïncidence, elle voulait justement le rencontrer, et frappe quelques jours plus tard à la porte de son bureau à l'université. Thomas Post est spécialiste en coïncidences, et Azalea le met au défi d'expliquer celles qui semblent régenter sa vie, et prédire sa propre mort le prochain 21 juin. Thomas, subjugué par la jeune fille, accepte non sans mal de revoir ses théories rationnelles, et explore la vie de cette étrange rousse. Azalea a été adoptée après un supposé abandon alors que sa mère était violemment assassinée par un pervers, elle a trois pères potentiels, dont deux aveugles, elle est née sur l'île de Man et des Goëlands ont décidé de son destin. Un passage en afrique avec ses parents adoptifs scellera également à jamais son futur et cette coïncidence qui fait du solstice d'été un mauvais présage. A Thomas de dénouer les fils de la réalité, et du fantasme.

Autant vous l'annoncer d'emblée, je suis très partagée sur ce titre que Cathulu a pourtant piqueté de marques-pages [son billet ici], parce que c'est un titre que j'ai à la fois adoré, mais qui m'a aussi beaucoup agacé par moments par ses bavardages. Je crois que je ne suis pas sensible aux théories de toutes sortes, surtout mathématiques ou scientifiques, là est le problème. Cela dit, en son centre, ce roman prend un virage qui m'a réellement plu, et terriblement émue. Alors, enfin, je me suis sentie bien dans ses pages, et tendue aussi, comme une arbalète. Cathulu a raison de dire que ce roman joue avec nos nerfs et sait décrire, oh combien, une certaine ambiance africaine, ici l'Ouganda. Ce roman est étonnant, il semble jouer sur plusieurs tableaux, et puis à la fin étonne par ses évidences philosophiques toutes simples. Il est à découvrir donc... au moins par curiosité.

Editions Stock - 21.50€ - 4 juin 2014

Keisha a dévoré ce roman [clic] - Une totale réussite pour Clara [clic] - Une bien jolie surprise pour blablablamia qui nous renvoie vers des liens intéressants [clic] - et bien sûr le billet de Cathulu [clic]

 

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03 octobre 2014

The Do

[Un petit côté désuet, sympathique et tonique dans cet opus de The Do] Sinon, pendant ce temps, je lis Esprit d'hiver de Laura Kasischke dont j'aime déjà l'écriture des premières pages, et l'intensité dramatique contenue dans la répétition de cette phrase, Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux ! Dans ce roman, nous sommes le matin de Noël alors qu'en ce 3 octobre il fait bien chaud au dehors, et que je viens de passer quelques heures à la plage, quelle chance ! Ce week-end, ou les jours suivants, sur ce blog, il sera question de ma lecture de Le Génie des coïncidences de JW Ironmonger, du roman graphique surprenant Hyperbole, et peut-être aussi de quelques lectures rapides de BD de chez Rue de Sèvres et d'ailleurs, nous verrons... Demain, toute la famille Antigone ira écarquiller ses yeux devant les écrans du Futuroscope (rien à voir), ce qu'il ne faut pas faire pour un Petit Dernier fan absolu des lapins crétins et autres jeux vidéos !! En attendant, bon week-end !

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01 octobre 2014

Contes choisis, Grimm

contes-choisis-grimm-yann-legendre-couverture

 "Il était une fois [...]" Le Renard et le chat, Cendrillon, La Lune, Les Six Cygnes, La Mort de la petite Poule, La jeune fille sans mains, Chats et souris associés, Le Vaillant petit tailleur,... et tant d'autres contes de Grimm.


Il était une fois un superbe ouvrage reprenant tous ces contes, 20 au total, illustrés magnifiquement par Yann Legendre. Grande Fille s'est abreuvée de cet album, qui lui a fait briller les yeux. Déjà, l'ouvrage en lui-même semble sorti tout droit d'un conte de fées, tant il ressemble à un grimoire. J'ai aimé personnellement que sur sa tranche soit notée cette phrase toujours un brin inquiétante "Miroir, miroir, qui est la plus belle en ce pays ?", c'est une très belle idée. A l'ouverture, les pages ne déçoivent pas, bien au contraire, encore les magnifiques illustrations de Yann Legendre, qui annoncent à chaque fois le conte et préparent l'esprit au mystère. Grande Fille a beaucoup aimé, elle, en plus de l'esthétique de l'ensemble, découvrir des contes inconnus. En effet, dans notre imaginaire collectif, nous en revenons toujours aux mêmes, Le Petit chaperon rouge, Blanche neige (présents ici), alors que visiblement il en existe tant d'autres. Et puis, il n'est pas mauvais, pour une fois, de sortir de l'influence lénifiante des lectures de Disney en découvrant l'origine des contes, leur langue première. Il faut dire également, et pour être honnête, que Grande Fille a aussi mentionné cette série que nous avons regardé il y a peu et avec plaisir ensemble, Once Upon a Time [J'en parlais ici et ici]. A présent, il est presque certain qu'aucune référence obscure ne nous échappera, nous sommes parées, non mais.

Pour résumer, la famille Antigone adore, et plébiscite d'une seule voix cet ouvrage qui est de plus véritablement une très belle idée cadeau !

Editions Textuel - 29€ - 1er octobre 2014

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30 septembre 2014

Gautier Battistella parle de son roman

Cette vidéo, simplement pour mettre une seconde couche à mon premier coup de coeur de rentrée littéraire déjà évoqué dans [mon billet par là].

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28 septembre 2014

Pas gagné

genou

Il faudrait écrire sur la peur
Et c'est ton toi de dix ans pédalant frénétiquement sur ton vélo rouge rouillé que tu vois

Il faudrait écrire sur cette fatigue qui prend régulièrement le contrôle de ton corps
Sur cette étrangère
Et c'est serrer des torses vaillants dans tes bras que tu souhaites, l'amitié

Il faudrait écrire, tout simplement
Mais ne s'adresser à personne, laisser tes mots résonner dans une pièce vide
Ecrire pour écrire
Et ce sont des mots valises vides que tu traînes derrière toi

Il faudrait avoir du courage 
Pour une fois ne pas faire de désordre
Etre pragmatique, efficace, concentrée, s'attaquer aux problèmes à résoudre
Mais tu n'en peux plus de la transparence, de l'invisibilité

Alors tu chahutes, tu luttes et tu te blesses
Ta vie, parfois, c'est pas gagné

© Les écrits d'Antigone - 2014

 

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27 septembre 2014

Peine perdue, Olivier Adam ~ Rentrée littéraire 2014

peineperdue

 "Tout est calme et lumineux. D'ici rien ne semble avoir eu lieu. Aucune trace ne subsiste. La baie intacte déploie son croissant parfait, étendue scintillante sous le ciel lessivé."

Une tempête inattendue ravage une station balnéaire de la Côte d'Azur, très calme habituellement en cette période de l'année désertée par les touristes. Et les incidents se multiplient, sans avoir semble-t-il de liens entre eux. Des personnes disparaissent, emportées ou non par les eaux, certaines sont sauvées, Antoine est frappé à la tête et tombe dans le coma, des vols ont lieu dans un entrepôt. Chacun cherche quelqu'un, ou attend quelque chose, s'attache comme il peut à son quotidien, à son travail, à son maigre salaire, aux personnes qu'il aime, tandis que la mer, indifférente aux drames qu'elle a créé, brille de mille feux sous le soleil du sud.

Olivier Adam laisse la parole à chacun de ses personnages, leur consacre un chapitre, et s'immisce dans leur vie, l'intrigue dénouant peu à peu sa trame en arrière plan. Ce livre a une ambiance assez sombre qui laisse peu d'espoir à ses protagonistes. Et pourtant, il possède malgré cela un charme lumineux, distillé via quelques phrases, quelques gestes généreux et des destins préservés. J'ai retrouvé avec plaisir l'écriture d'Olivier Adam, j'ai été touchée, mais je n'ai pas complètement rencontré ce qui m'avait subjugué dans Les Lisièresindubitablement pour moi le roman le plus fort de l'auteur. Peine perdue est pour autant un très bon titre de cette rentrée ! 

Editions Flammarion - 21.50€ - 20 août 2014

challengerl2014

Je participe au challenge 1% rentrée littéraire de Hérisson... qui consiste à lire au moins 6 livres de la rentrée littéraire [clic ici pour plus de détails] - et je suis en partance vers le 2% - n°7/12

Le billet de Cuné [très tentateur] 

 

 

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26 septembre 2014

La vie c'est comme un tractopelle

[Un inédit de la tournée "Love Songs", Vanessa for ever] Sinon, pendant ce temps, je lis enfin Le Génie des coïncidences de JW Ironmonger qui attendait gentiment son tour dans ma PAL urgente. Ce week-end, j'espère parler le mieux possible du dernier Olivier Adam, parce qu'il mérite que l'on déploie un prisme de mots à la hauteur du prisme de ses personnages, et qu'il faisait partie de ma liste d'envies de rentrée. Je vous parlerai également d'un magnifique livre de contes édité chez Textuel (tellement beau qu'il a fait briller les yeux de ma fille), mais ça ce sera ensuite. Bon week-end à toutes et tous !

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24 septembre 2014

T'apprivoiser

pied

Créer des liens. Cette chose trop oubliée. Si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Ce sera le jeu. Bien sûr je te ferai mal. Bien sûr tu me feras mal. Bien sûr nous aurons mal. Mais ça, c’est la condition de l’existence. Si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. De loin, je reconnaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres.

Et puis regarde ! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Mais toi tu as des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Il brillera comme un soleil.

Il faudra cependant être très patient. Tout d'abord, tu t'assoiras un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'oeil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près, puis tout à côté.

Se faire présent, c'est prendre le risque de l'absence. Alors, sans doute, je pleurerai.
Mais peu importe le chagrin. J'y gagne. 
A cause du bruit de tes pas qui m'appelleront bientôt, comme une musique.
A cause de la vie, moins monotone. 
A cause de la couleur du blé.

© Les écrits d'Antigone - 2014

Très librement et largement inspiré par Le petit prince de St Exupéry
Mais attention ici les phrases sont mélangées, infidèles. Une petite envie de poser ces mots là, ces mots qui me touchent depuis longtemps, et de me les approprier. Ne vous offusquez pas du sacrilège. ;)

Vous pouvez retrouver le véritable texte, l'original [juste ici]

Et en ce moment, il y a également à lire chez kathel [ce billet là] pour continuer à cultiver son jardin, et à suivre son petit bonhomme de chemin de blog... en toute sérénité. Et puis, je trouve que tout cela est cohérent avec mon petit texte du jour, rédigé il y a quelques temps pourtant.

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21 septembre 2014

Le Quatrième mur, Sorj Chalandon

lequatriememur

 "Et voilà. Sans la petite Antigone, c'est vrai, ils auraient tous été bien tranquilles."

Le quatrième mur, c'est cette illusion créée par les acteurs sur scène, ce mur invisible, qui permet d'accepter le caractère fictionnel de la pièce et d'oublier la présence des spectateurs. Dans la pièce d'Anouilh, seul le personnage qui représente Le Choeur s'adresse au public, il brise l'illusion, présente les personnages, raconte, anticipe, est en marge, unique messager de la mort.

"Voilà. Ces personnages vont vous jouer l'histoire d'Antigone. Antigone, c'est la petite maigre, qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu'elle va être Antigone tout à l'heure, qu'elle va surgir soudain de la maigre jeune-fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans la famille et se dresser seule en face du monde, seule en face de Créon, son Oncle qui est le roi. Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n'y a rien à faire. Elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout."

Samuel a eu comme projet fou de monter la pièce d'Anouilh à Beyrouth, et de faire de la petite maigre un étendard de paix, juste pour quelques heures. Il croit au pouvoir de ce personnage, qui a déjà fait ses preuves. Il a trouvé son casting, des acteurs prélevés dans chaque camp, parfois ennemis. Mais il est à l'hôpital, très mal, en France, incapable de mener son rêve à terme. Alors, il fait appel à son ami, son presque frère, et l'envoie là-bas en février 1982, juste avant que la guerre et les massacres n'éclatent et bouleversent à jamais le destin de ce père de famille tranquille.

Vous vous doutez sans peine que je me suis sentie à la maison dès la première page de ce roman. Et il est vrai que dans son livre, Sorj Chalandon a fait d'Antigone son fil rouge. Mais attention, il n'y est pas question que de théâtre. Le quatrième mur explore avec brutalité le thème de la guerre et de l'amitié, thèmes chers à l'auteur, et ce sont ces thèmes qui portent véritablement le texte et lui donnent une force à la fois émouvante et terriblement éprouvante. Je n'avais pas été très séduite par Mon traître, mais malgré un style similaire cette fois-ci le charme a pris. Les bombes explosent tout près de notre oreille, nous pleurons de désespoir avec les survivants devant des corps mutilés, la poussière assèche nos pupilles, la vie connue bascule et perd peu à peu de sa substance. Le monde entier semble tourner à la tragédie alors que s'entendre et se parler paraissait hier presque simple, réalisable. Pourtant, en France, la vie continue, docile et pâle. Aurore a peur, attend que le père de Louise revienne et s'installe dans leur quotidien étroit. Qui en serait capable ? Un livre de poche, troublant, qui laisse son lecteur exsangue. A découvrir, indubitablement.

Editions du Livre de Poche - 7.10€ - 20 août 2014

D'autres lectures sur Babélio [clic ici]

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20 septembre 2014

Ta fête

[Stromae dans un clip XXL] Sinon, pendant ce temps je lis le dernier Olivier Adam, tandis que je me remets doucement de ma lecture du Quatrième mur de Sorj Chalandon, et qu'un billet commence à prendre forme dans ma tête (ce serait bien qu'il prenne forme aussi sur ce blog). Bon week-end !

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