31 octobre 2013

En route pour un bon long week-end... en musique

Je sais, je suis en pleine De Palmas mania... c'est grave ? J'emprunte tour à tour en bibli chacun de ses CD. Et n'empêche qu'en furetant par ci par là, j'ai découvert que sort prochainement un sixième et nouvel album, le 11 novembre très exactement, et ça c'est une info. 

Sinon, côté lecture, pas facile d'enchainer après L'envol du héron... En fouinant dans ma petite PAL urgente, j'ai sorti deux titres envoyés par Books édtions. Je ne lirai pas La centrale en chaleur de Genichiro Takahashi (impossible, erreur de casting de ma part) mais je tente La mariée était en rouge de Anilda Ibrahimi... à suivre.

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30 octobre 2013

L'envol du héron ~ Katharina Hagena

lenvolduheron

"Peut-être que ce que nous appelons vie est un rêve et ce que nous appelons rêve est la vie, et qu'en réalité la caverne de Platon est une station de métro."

Ellen a fait son métier du manque de sommeil, ses patients lui confient leurs insomnies. Mais aujourd'hui, à presque quarante ans, c'est elle qui a perdu soudainement la faculté de s'assoupir. La nuit, elle tourne dans son appartement, observe sa grande fille de quinze ans qui dort paisiblement et réfléchit au sens de tout ce qui lui arrive. Sa mère est hospitalisée, dans un coma profond. Son père tente de monter une chorale. Orla, sa fille, a pour petit ami un taggeur talentueux qui sévit sous les ponts de la ville. Andreas, son ami d'enfance, obnubilé par les vieux papiers, semble de plus en plus privé de paroles. Et il y a Marthe aussi, cette femme plus âgée, qui s'est prise d'affection pour Orla, et qui pleure en silence son fils disparu il y a dix-sept ans... Mais Ellen ignore ce secret là, car la perte de sommeil et le désir de Benno, son amant, noient la réalité dans un flou onirique que seul l'envol des hérons zébrant le ciel pourrait peut-être dissiper...

Ah, ce titre là m'a donné du fil à retordre. Et puis, il faut croire que ma dernière tentative pour le lire a été la bonne. L'envol du héron attendait son moment. Et c'est au final un "presque" coup de coeur que je vous présente aujourd'hui. Car ce roman est pourvu de très beaux passages devant lesquels je me suis arrêtée, émerveillée. Quelle écriture ! (ou quelle traduction ?!) J'aurais été capable de vous en recopier ici des morceaux entiers tant j'ai été bluffée par les trouvailles de l'auteure. Les images qu'elle convoque sont intelligentes et originales, et la beauté des phrases de certains débuts de chapitre est vraiment remarquable. L'histoire qui nous est contée semble alors en comparaison manquer presque un peu de force, mais il ne faut pas chipoter non plus. Allez, ce roman particulier ne plaira pas à tout le monde, c'est certain, mais il est véritablement un voyage à tenter.
J'ai beaucoup pensé au cours de ma lecture à cet autre roman allemand que j'avais beaucoup aimé [clic ici], une similitude d'ambiance évidente,... et puis bien sûr j'ai lu Le goût des pépins de pomme [clic ici], excellent souvenir !

 

Editions Anne Carrière - 22€ - Août 2013

L'avis de Clara la tentatrice - Aifelle a été plus mitigée

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29 octobre 2013

En cours de lecture...

"Le froufroutement de la couverture est assourdissant. Elle pèse sur mon corps comme une personne inconsciente. Le motif rose imprimé rend l'étoffe dure. Le drap est taillé dans une matière qui s'appelle coton gratté, cela signifie sans doute qu'on s'écorche la peau quand on se retourne. Et puis il y a des miettes dans le lit, elles sont d'avant-hier, sèches et pointues comme des gravillons, elles s'enfoncent dans mes cuisses. Je me noie dans l'oreiller moelleux, il se glisse sous mon nez, ma bouche, se place dans la trajectoire de ma respiration et me souffle en retour dans la figure. Le matelas menace de m'engloutir. Il faut que je me lève, tout de suite. D'un mouvement énergique, je m'assieds au bord du lit et vois danser des points argentés devant mes yeux. Le sang gronde dans mes oreilles et j'entends un bourdonnement aigu. Une tension basse est parfois comme un voyage en vaisseau spatial."

dormir

 

Extrait de L'Envol du Héron de Katharina Hagena...

...peut-être pas un coup de coeur à ce stade de ma lecture, mais je me régale avec de très beaux passages. Mon billet bientôt.

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27 octobre 2013

L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet

C'est tout chaud. Nous sommes allés voir tout à l'heure en famille ce délicieux film de Jean-Pierre Jeunet, tiré du livre éponyme de Reif Larsen.

T.S. Spivet est un petit garçon de dix ans, surdoué. Il vit dans le Montana auprès de son père (pure cow-boy), de sa mère (qui étudie les insectes), et de sa soeur (qui rêve de devenir comédienne). Son frère, son faux-jumeau, a été tué alors qu'ils jouaient tous les deux avec un fusil de chasse. T.S regrette que l'on ne parle jamais à la maison de la disparition de Layton, et de ce qui a pu se passer ce jour-là. Mais un coup de téléphone va envoyer le petit garçon sur les routes. On doit lui remettre un prestigieux prix scientifique, pour une de ses inventions. Pour se faire, il doit se rendre à Washington DC et traverser seul une grande partie des Etats-Unis.

Petit dernier (8 ans) et Grande fille (12 ans) ont beaucoup aimé ce film. "Il y avait de l'émotion dedans" nous a dit mon fils, et plusieurs scènes les ont fait rire, ont marqué leur esprit. La salle était petite mais pleine à craquer... Espérons que ce soit bon signe.

En fait, je ne savais pas si ce road-movie pouvait plaire à mes enfants, était pour eux... Heureusement, Stéphie avait fait les premiers pas avec son fils [clic]. Courrez-y donc sans soucis ! (Vu en 2D)

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25 octobre 2013

Il pleuvait des oiseaux, Jocelyne Saucier

ilpleuvaitdesoiseaux

"- Penses-tu mourir aujourd'hui, mon Charlie ?
- Si j'ai une autre nuit comme ça, peut-être demain. Mais s'il faut que ce soit demain, je voudrais que ce soit au coucher du soleil. J'ai toujours voulu mourir devant un coucher de soleil.
- Demain à la brunante donc.
- C'est ça, à la brunante. Mais si ça tardait trop, je remettrais ça à plus tard. Je veux pas mourir dans le noir."

Une photographe, un brin curieuse, débarque au fin fond d'une forêt, attirée là par l'histoire ancienne des Grands Feux qui ont ravagé autrefois le nord de l'Ontario au début du XXème siècle. Elle cherche à capter quelque chose, via les portraits des survivants, leurs récits, et ne s'attend pas à tomber sur trois êtres épris de liberté, caché là pour choisir leur vie, et surtout leur mort...

Je me suis tout d'abord perdue dans les premières pages de Il pleuvait des oiseaux et puis, j'ai été peu à peu touchée par la grâce presque iréelle de ce roman, beau, finalement lumineux malgré sa couverture sombre, et plein d'espoir. La galerie de personnages que Jocelyne Saucier convoque est réellement touchante, atypique, mais c'est celui, aérien et fragile de Marie-Desneige, qui apporte véritablement un souffle évident à l'histoire, créant un lien entre les protagonistes, la montée de sentiments - amoureux ou amicaux -, et apporte par son regard particulier beaucoup à la photographe, narratrice malgré elle d'évènements qui la dépasse.
Une lecture sensible et originale en cette rentrée littéraire.

Editions Denoël - 16€ - Août 2013

De nombreuses lectures enthousiastes pour ce livre... Aifelle (un mélange savoureux) - Cathulu (découverte difficilement oubliable et un vrai coup de cœur !) - Clara (touchée et coulée) - Karine (une réussite !) - Trop confus pour Alice ! ...

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24 octobre 2013

Le coeur d'une mère est un vase profond

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Entre deux lectures plus sérieuses - et après un passage revigorant en bibliothèque (des siècles que je n'y avais pas mis les pieds) -, j'ai lu cette BD de Margaux Motin dont la planche ci-dessus est extraite, J'aurais adoré être ethnologue (pour info son dernier opus s'appelle La tectonique des plaques). J'aime beaucoup ses dessins. Et même si sa vie de trentenaire parisienne est bien éloignée de la mienne, son exubérance me fait rire. Je connaissais déjà son blog : http://margauxmotin.typepad.fr/

Ceci dit, au presque terme d'une semaine consacrée aux enfants, et à la visite de leurs petits amis (déguisements d'Halloween compris), je commence un peu à ressembler à la dégaine de cette pauvre maman.

J'aime bien aussi la planche qui dit que... l'amour, c'est pas comme au cinéma... c'est vachement mieux (et ça a des problèmes de vue). "T'es belle mon coeur".

Allez, pour la route, jetez un oeil sur ce billet qui me fait doucement rire [clic], parce que mon surnom à la maison c'est Monk maman. 

Editions Marabout - 13.50 € - 2009 - Merci ma bibli !!

(On m'a signalé quelques soucis pour poster des commentaires sur ce blog. Canalblog tente des transformations en basckstage, ceci explique sans doute cela. N'hésitez pas à utiliser la fonction "contactez l'auteur" en haut à droite pour me joindre.)

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22 octobre 2013

Gilgamesh, la quête de l'immortalité ~ traductions de Stephen Mitchell et Aurélien Clause

gilgamesh"Gilgamesh est prodigieux ! Je le considère comme l'une des meilleures choses pouvant arriver à quelqu'un.
Je m'y suis immergé et, à travers ces fragments colossaux, j'ai connu des formes et des mesures qui appartiennent aux plus suprêmes travaux que le Verbe ait jamais produits."
Rainer Maria Rilke

Ce n'est qu'en 1850 que les premiers fragments, de ce qui s'avèrera très vite la première grande oeuvre littéraire de l'humanité, ont été découverts parmi les ruines de Ninive. Les tablettes d'argile cuite sur lesquelles elle a été inscrite en caractères cunéiformes demeurèrent enfouies sous les décombres de cités du Proche-Orient antique pendant deux mille ans. Rainer Maria Rilke fut un des premiers à en reconnaître la véritable valeur littéraire. Le texte n'avait pu être déchiffré et traduit qu'après plusieurs décennies. 

Gilgamesh est l'histoire du roi d'Uruk, tyrannique et indomptable, et de sa rencontre avec son double envoyé par les dieux pour le contrer, Enkidu. Tout d'abord rivaux, il s'éprennent très vite d'amitié. Lancés tous deux à la poursuite d'un dangereux monstre, Humbaba, ils découvrent les plaisirs de la fraternité et les abîmes de la mortalité...

Ce récit mythique dont la nouvelle traduction de Stephen Mitchell a eu à coeur de restituer le souffle épique est véritablement prenant et moderne, accessible, et sensuel. La mythologie étant mon petit pêché mignon, j'ai goûté les péripéties d'une histoire qui rappelle sans peine les voyages d'Ulysse ou même quelques scènes de la Bible. Je ne me souvenais pas avoir déjà parcouru ce texte, j'en connaissais seulement vaguement le sujet. Pendant ma lecture, j'ai beaucoup pensé à ce travail créatif et courageux qu'est la traduction, dont la préface explique d'ailleurs très bien les choix, parfois très audacieux. 
Une lecture riche.

Synchronique éditions (merci !) - 19€ - Sept 2013


"[...] Endiku, tu es beau,
Tu es beau comme un dieu. Pourquoi vagabonder
A travers le désert ? Pourquoi donc vivre en bête ?
Laisse-moi te guider jusqu'aux grands murs d'Uruk,
Jusqu'au temple d'Ishtar, jusqu'au roi Gilgamesh
Qui opresse son peuple avec son arrogance
Et foule aux pieds les siens comme un buffle enragé."

Il comprend tous ces mots et acquiese en silence,
Car au fond de son coeur un désir vient de naître,
Un désir qu'il n'avait jamais connu avant -
Trouver un véritable ami."

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21 octobre 2013

Prix Wepler-Fondation La Poste 2013 - 16ème édition

Voici la liste des titres en lice pour ce prix dont j'affectionne en général les choix. L'année dernière, c'est Leslie Kaplan, avec Millefeuille qui l'avait emporté [mon billet].
Remise du Prix le 11 novembre à la brasserie Wepler.

Sylvie Aymard, C’est une occupation sans fin que d’être vivant, Grasset
Nicolas Bouyssi, Les rayons du soleil, P.O.L
Marcel Cohen, Sur la scène intérieure. Faits, Gallimard
Brigitte Giraud, Avoir un corps, Stock [ma lecture]
Emmanuelle Heidsieck, À l’aide ou Le rapport W, Inculte
Thierry Laget, Provinces, Atlas des amours fugaces, Arbre vengeur
Loïc Merle, L’esprit de l’ivresse, Actes Sud 
Céline Minard, Faillir être flingué, Rivages 
Philippe Rahmy, Béton armé, La Table ronde 
Tiphaine Samoyault, Bête de cirque, Seuil 
Marina de Van, Stéréoscopie, Allia 
Philippe Vasset, La conjuration, Fayard

Je note tous ces titres pour le plaisir de la découverte... 

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20 octobre 2013

Zita t1 ~ Ben Hatke

zita

Joseph a disparu, apparemment enlevé par cet étrange appareil que lui et Zita ont trouvé dans les bois près d'un énorme cratère. Zita décide de prendre le même chemin pour retrouver son ami et débarque dans un monde différent, peuplé d'êtres extraordinaires. Elle est sur une autre planète, la planète Scriptorius, menacée de destruction. Pour les habitants de ce monde inconnu, Joseph est le sauveur, celui qu'ils attendaient, son sacrifice pourrait permettre d'éviter le pire...

Grande fille a lu d'une traite cette BD pour enfants qui a le format agréable d'un gros manga. Elle a aimé l'espièglerie de cette petite fille perdue dans un monde parallèle, la multiplicité des personnages, l'histoire. "C'est drôlement bien", m'a-t-elle dit. Si bien que j'ai décidé de jeter un oeil moi aussi sur ce premier tome et de faire connaissance avec Zita. Et bien m'en a pris. Car voici effectivement une petite BD bien réussie, j'en ai aimé les dessins, le rythme et l'inventivité romanesque. Les caractères des protagonistes ne sont pas brossés à grands traits, mais complexes, les mimiques et émotions joliment inscrites sur les visages, et Zita une petite fille attachante. Un véritable succès en somme !

Longue vie donc à Zita, qui déclinera ses aventures sur plusieurs tomes !! Le 2 et le 3 sont d'ores et déjà prévus pour 2014. Recommandé à partir de 8 ans.

Un grand merci aux éditions rue de sèvres ! - 11.50 € - 16 octobre 2013

Egalement très réussi pour Leiloona [clic]

Zita-la-fille-de-l-espace-2 Zita-la-fille-de-l-espace-3 Zita-la-fille-de-l-espace-4

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17 octobre 2013

L'âme chevillée au corps, Eve Lerner

lamechevilleeaucorps"Je n'avais aucune affection pour les impondérables car ils ont bien failli me faire devenir femme au foyer ou guichetière de banque. Si je les avais laissé faire, je serais restée rivée à ma ville natale et j'aurais, par leur faute, dépéri à vue d'oeil. Je me serais desséchée sur pied. Oui, c'est bien ce qui serait arrivé sans la vigilance du corps enseignant que je remercie de m'avoir aidée à lutter contre les impondérables, cet ennemi briseur de carrière, mangeur d'avenir, rétrecisseur de vie et saboteur de poésie."

Linguiste de formation, poète, Eve Lerner décortique ici les expressions populaires de son enfance, les met en perspective et en profite pour nous raconter sa vie. Et on se rend compte alors combien les mots, le langage, les images employées, ont eu un impact sur son imaginaire, comme plus généralement sur le comportement humain, la mémoire, les pensées. 

Véritable hommage aux mots et à la verve langagière, ce livre est véritablement passionnant. Le premier texte en prose d'Eve Lerner. Et j'ai aimé retrouver dans ses pages des phrases entendues fréquemment dans ma jeunesse, et m'étonner - comme l'auteure - d'en avoir bien souvent plus compris le sens que véritablement les mots. Et puis, Eve Lerner sait avec justesse toucher, en évoquant tout ce que son parcours a pu parfois avoir de chaotique et de riche.
Une heureuse surprise de lecture.

"Ma pauv' fille, tu ne sauras jamais rien faire de tes dix doigts ! Je n'ai pas échappé à cette malédiction maternelle assez bien partagée. [...] Mon frère m'avait un jour asséné un coup de planche sur l'annulaire droit, ce qui avait entraîné la douleur et la perte de l'ongle, suivi de sa lente repousse. Plus tard, un panaris tenace avait failli m'amputer de l'auriculaire de la même main. Foulure, entorses, bandages, coupures, brûlures vinrent prendre le relais comme pour m'assurer que je ne pourrais rien faire de mes dix doigts."

Un grand merci aux éditions Dialogues !! - 16.90€ - 10 octobre 2013

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