15 août 2013

Une adolescence américaine, Joyce Maynard

uneadolescenceamericaine"L'enfance, je crois, était autrefois un handicap et l'adolescence une période excitante, un horizon élargi, pantalons longs et liberté. Aujourd'hui, la jeunesse - pour ce qu'elle dure - est un temps auquel nous nous accrochons âprement, un temps exalté, surestimé, et si nous ne sommes pas vraiment dans le vent, du moins nous le fait-on croire, en nous affirmant que ce sont les meilleures années de notre vie - et qu'ensuite ce n'est qu'une longue descente."

Au début des années 70 et à tout juste dix-huit ans, Joyce Maynard publie un article dans le New York Times dans lequel elle porte un regard intelligent sur sa génération. Le public est conquis, et le célèbre JD Salinger, de trente-cinq ans son aîné, remarque sa plume et lui envoie une lettre. Ils vivront quelques temps ensemble, et c'est lors de cette relation que la jeune-fille rédigera cette Adolescence américaine, développant ainsi l'article paru dans le Times, sous l'oeil désapprobateur de l'écrivain.

Joyce Maynard utilise dans ce texte principalement le nous qui lui permet de parler pour tous ses camarades, et de tout, même de ce qu'elle n'a pas expérimenté elle-même. Des 12 ans de la jeune-fille à ses 20 ans, via un regard lucide et naïf, c'est un peu l'enfance de chacun qui y est tracé, celui d'une époque, et d'une certaine Amérique. L'attention est portée sur les détails, les attitudes, et ces changements de comportement qu'amène inévitablement une décennie en pleine métamorphose. Il y est question de coiffure, de vêtements, de flirts, de musique et de tout ce qui peut intéresser des adolescents, mais également de la guerre et des engagements politiques.
J'ai été happée par cette jeune écriture qui passe sans transition du plus futile au plus grave. Une adolescence américaine est en effet un texte remarquable, très intéressant, universel, qui a su brosser le portrait d'une société, tout en donnant l'impression du futile et du personnel. 
Un coup de coeur de lecture qui a le charme de l'inattendu !!

Editions Philippe Rey - 17€ - Avril 2013

La lecture de Sylire, qui a également envie de tout lire de Joyce Maynard dorénavant Celle de Clara qui ne se lasse pas de lire l'auteure - Je suis dans le même état d'esprit... et je suis d'accord avec Clara, la sincérité de cette femme écrivain est véritablement attachante.

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14 août 2013

Depeche Mode... dans les oreilles

 
Je découvre en ce moment leur album Delta Machine sorti en 2013. Tellement proche et tellement loin aussi du Depeche Mode de ma jeunesse que l'écoute s'en révèle à l'instant affective et troublante. J'aime beaucoup.
 
Côté lectures, je termine tout doucement Une adolescence américaine de Joyce Maynard qui revient elle sur une jeunesse à l'aube des années 70. Ambiance nostalgie, cheveux longs, pantalons larges et crayon noir autour des yeux. Que dire ? Je me délecte.

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10 août 2013

Je participe !

Cette année encore la rentrée littéraire verra arriver sur les étals des libraires de nombreux romans, un peu moins pour l'occasion, seulement 555 parutions sont prévues pour celle de 2013. Pour faire le tri, Hérisson nous propose de lire 6 romans de la rentrée littéraire, soit 1%, et de participer à son challenge.

bandeaublogjeunesse

Je ne manquerai pas ce rendez-vous, le seul que je parviens en général à honorer avec constance sur la blogosphère... En cliquant sur le logo ci-dessous vous trouverez tous les renseignements nécessaires liés à l'organisation de ce challenge. Merci Hérisson !

challengerentree2013

http://delivrer-des-livres.fr/challenge-1-rentree-litteraire-2013-les-participants-et-les-titres/

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09 août 2013

Piochés en bibliothèque

MER 006

Je profite de l'été pour aller vers des lectures qui me tentaient depuis un moment, et je fais ainsi de jolies découvertes... Mais grande paresse oblige, et devant ce qu'il me reste encore à chroniquer, je vous livre aujourd'hui un billet bref et collectif.

Lorsque j'ai ramené ces deux livres chez moi, c'est tout d'abord vers Le bruit des clefs d'Anne Goscinny qu'est allée ma préférence, (sans doute parce que ma fille effectuait au même moment une colo sur le thème de la BD en Belgique ?!). Je connaissais déjà cette collection de chez Nil, surtout depuis la découverte d'un autre titre, L'autre fille d'Annie Ernaux (comment oublier ce livre ?). Pour mémoire, les auteurs sont invités dans cette collection à écrire la lettre qu'ils n'ont jamais écrite. Ici, Anne Goscinny raconte ce moment où elle a appris le décès de son père (le créateur d'Asterix), et comment le bruit d'un seul trousseau de clefs sur un guéridon pouvait tant signifier désormais, après une telle disparition. C'est donc d'une lettre au père qu'il s'agit, pleine d'émotion, de colère et de tendresse... à parcourir avec empathie. [Editions Nil - Sept 2012 - 7.50€]

Blandine Le Callet [La ballade de Lila K] avait parlé avec emphase, lors d'un rendez-vous de La Grande Librairie, de ce projet d'écriture qu'elle menait depuis longtemps autour des inscriptions funéraires, et qui lui avait permis d'arriver finalement à ces Dix rêves de pierre là. Dans ce recueil les épitaphes sont authentiques mais les scènes autour des dernières heures imaginaires. Et même si l'ensemble est plein de charme, et prenant, j'ai eu un sentiment partagé en tournant les dernières pages. Est-ce le procédé qui m'a au final un peu lassé ? Pourtant, j'ai aimé la plupart des destins dressés par l'auteure, souvent romantiques, ancrés dans leur époque, et dont la course folle s'est arrêtée au pied d'une mort soit injuste, violente ou prévisible. A lire avec curiosité. [Editions Stock - Janv 2013 - 18€]

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07 août 2013

Ma boîte à trucs botanique

maboiteatruc"Tout le matériel nécessaire pour faire des expériences avec les plantes et fabriquer un herbier."

Nous avons eu une petite déception à la réception de cette petite boîte là, éditée par la par ailleurs toujours excellente maison d'édition Tourbillon. Une fois n'est pas coutume.
Convaincus par la présentation, mes enfants s'attendaient à trouver au moins quelques petites graines dans cette petite "boîte à trucs" qui ne contient en fait qu'une loupe, une pince et quelques feuilles de papier couleur terre. Les expériences proposées sont cependant intéressantes et se rapprochent par exemple de ce que ma grande fille a pu faire cette année en sixième en cours de Science et Vie de la Terre... Mais bon, ces quelques pages n'ont pas suffit à monopoliser leur attention. Un petit goût de "pas assez" en somme.
Seule la loupe a trouvé un office approchant et petit dernier observe dorénavant les insectes du jardin avec.

Editions Tourbillon - 9.99€ - Mai 2013

http://www.editions-tourbillon.fr/

Heureusement, depuis quelques semaines, ils peuvent contempler des plantes, notre tout nouveau potager qui ne donne pas tout ce que nous espérions de lui mais au moins deux ou trois magnifiques pieds de courgette.

jardin

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04 août 2013

Les Heures souterraines, Delphine de Vigan

lesheuressouterraines"Parce qu'elle y a passé des nuits entières, parce qu'elle y est revenue des centaines de fois, elle est capable aujourd'hui de nommer ce qui lui arrive. Elle est capable d'en identifier les différentes étapes, le début et l'aboutissement.
Mais c'est trop tard.
Il veut sa peau."

Mathilde subit ce qu'elle ne pensait jamais subir dans le travail, ce harcèlement sournois qui consiste en une mise à l'écart progressive, pour rien. Elle qui était si heureuse de ce poste qui lui avait peu à peu permis de s'en sortir. Devenue veuve si brutalement et en charge depuis de trois garçons, elle a cherché au début à comprendre où était sa faute, le pourquoi du désamour.
Elle sait seulement aujourd'hui qu'elle n'y arrive plus.
Thibault est médecin et il sait aussi qu'il n'y arrive plus. Il s'enlise depuis longtemps dans une relation sans avenir avec une femme si distante, Lila.
Aujourd'hui, nous sommes le 20 mai, et une voyante a promis à Mathilde une rencontre décisive pour cette journée-là précisément. Thibault, lui, a décidé qu'il était temps qu'il quitte Lila.

Je tournais autour des romans de Delphine de Vigan - sans m'y atteler - depuis un moment. Et je suis heureuse d'avoir ouvert celui-ci suite au billet de Sylire. Je m'en faisais une idée fausse, et sa découverte a été finalement une belle surprise. J'ai été très touchée par le quotidien de Mathilde, par son courage et son désespoir, sa volonté de s'accrocher. La description du monde de l'entreprise y est juste et malheureusement assez fidèle à certaines réalités. Les incursions, plus brèves, dans l'univers de Thibault qui intervient en tant que médecin à domicile, sont elles aussi très riches, montrent sans détour la misère humaine et la solitude de nos vies modernes.
La vie que Delphine de Vigan brosse ici sans ménagements est réaliste, non misérabiliste, et portée avant tout par l'humain. 
C'est une lecture qui dresse des constats alarmants mais sait également laisser allumer dans les esprits une petite lumière d'espoir, la possibilité d'une rencontre qui pourrait tout changer.
Allez, me voici définitivement conquise par cette auteure que je vais continuer de lire.

Editions du Livre de Poche - 6.60€ - Mars 2011 - Merci ma bibli !!

Saxaoul l'a lu dernièrement et a été touchée - Gambadou a également beaucoup apprécié cette lecture ! - D'autres avis sur Babélio... ;)

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02 août 2013

Le Chinois, Henning Mankell

LECHINOIS"Birgitta Roslin avait trouvé ce qu'elle cherchait dans un coin, tout au fond du restaurant chinois. A la lampe suspendue au-dessus d'une table manquait un ruban rouge."

Dix-neuf personnes ont été assassinées dans le village tranquille de Hesjövallen, qui ne comptait déjà que quelques maisons. Un village entier presque rayé de la carte. Seul un couple et une vieille femme ont été épargnés. Vivi Sundberg est dépêchée sur la scène de cet incompréhensible carnage. Rien n'a été dérobé. Et l'intention de torturer est manifeste. Mais que s'est-il donc passé ?
A quelques lieux de là, la juge Birgitta Roslin est intriguée et touchée par cette affaire. Des vieillards très liés à sa mère font partie des victimes. Profitant d'un congé maladie, elle se rend sur place et mène malgré elle une enquête parallèle qui la mènera à Hong-Kong, en Chine, là d'où d'anciens émigrés ont été enrôlés de force il y a 150 ans pour l'Amérique...

Quel bonheur que de retrouver ainsi la plume d'Henning Mankell et ce dans une nouvelle enquête ! Même si la juge Roslin n'a pas à mon sens l'envergure de l'inspecteur Wallander ( la série culte et indétronable), et que l'intrigue s'enlise parfois dans trop d'histoires de second plan, le plaisir est là et cette lecture indubitablement passionnante.
Je suis à l'aise dans les pages d'un roman d'Henning Mankell, malgré les corps découpés, et le danger qui rôde, rien ne m'y inquiète vraiment. Et puis, l'auteur sait prendre des positions politiques, mouiller sa chemise au travers de ses personnages, regarder l'histoire en face, et voilà qui est fascinant.
Il me tarde d'ouvrir de nouveau un titre de cet auteur...

Editions Points - 8.20€ - Janvier 2013

Un polar haletant pour Dasola - Cathulu l'a lu aussi... et avec aisance également ;) - Un bon cru pour Aifelle !

(Allez, j'essaye... je reviens doucement).

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29 juillet 2013

Petite baisse d'énergie bloguesque

Des nouvelles...

Je suis au terme de ma semaine de pause, je vous l'avoue, peu encore encline à reprendre du clavier. Pourtant, je lis, je regarde des films, je continue à lorgner sur les nouveautés à paraître. Mais voilà, la vie du dehors (la vraie ?) occupe toutes mes pensées.
Alors la pause continue encore quelques jours, le temps de récupérer mes enfants qui reviennent de colo, ce soir tard et demain, de laver des tonnes de vêtements, d'écouter des histoires de poney, de bivouac et de festivités bruxelloises.

Ne vous inquiétez pas, je reprendrai bientôt le chemin des blogs, car malgré mon état d'esprit actuel, j'ai pris le temps quand même de rédiger de temps en temps un ou deux billets. Alors à bientôt !

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19 juillet 2013

Blog en pause

... sans doute pour une petite semaine. ;) Lisez, rêvez, amusez vous bien... et à bientôt ! 

(Je vous laisse en bonne compagnie.)

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15 juillet 2013

L'odeur des planches, Samira Sedira

lodeurdesplanches"Le pire ce sont les w.-c. Et même avec des gants ça reste insupportable. Franchir le territoire privé, l'intérieur méprisable. Dans la cuvette l'eau est glacée à travers le latex. Je tends les bras, je frotte, vite, sans m'attarder, je m'empêche de penser à ce que je suis en train de faire, à la tâche indigne, à ce trou où chaque jour se déversent avec une régularité terrifiante excréments et urine chaude. Je ne sais plus pourquoi ni comment j'ai pu en arriver là. Mais il ne faut pas penser, ne jamais laisser vagabonder son esprit. Si tout à coup je me mettais à réfléchir à ce que je suis en train de faire, la lucidité me boufferait le cerveau."

Elle était comédienne et maintenant elle fait des ménages. Il n'y avait plus que ça pour qu'ils s'en sortent. Elle fait ça pour son compagnon, pour son fils, pour eux, mais y perd peu à peu son âme. Elle voudrait ne pas perdre la mémoire de "l'odeur des planches", pourtant c'est l'image de sa mère qui prend toute la place. Tout en astiquant la saleté des autres, elle convoque les souvenirs, ceux d'une famille d'immigrés algérien débarquant un jour dans le port de Marseille, chargés d'espoir. Comme une revanche sur le passé, la comédienne avait enfin réussi à passer de l'ombre à la lumière, sur la scène. Le présent ouvre de nouveau la porte à la honte, et à l'invisibilité...

Je suis partagée sur cette lecture que j'ai trouvé d'un côté pleine d'émotion et de l'autre légère sur la forme et le fond.
Il est premièrement difficile de ne pas se sentir touchée par cette destruction progressive de soi que la narratrice évoque. L'empathie était pour moi au rendez-vous. Et puis, le style de l'écriture est très bon.
Mais le procédé du parrallèle avec le passé, le fantôme de la mère, la présence évanescente du père, m'a semblé factice. Cela dit, ce récit étant un témoignage, et un premier roman, je pense que l'explication était là, dans la volonté de la démonstration.
Et j'ai pensé également - un peu trop peut-être - à toutes ces femmes dont faire le ménage chez les autres est le métier et le quotidien, et qui le vivent différemment, avec fierté parfois. J'en ai connu. Elles ne méritent pas d'être l'ombre et les comédiennes, elles, la lumière.
Une lecture qui donne à réfléchir cependant sur la condition de ceux qui ressentent leur travail comme un avilissement.

Editions Du Rouergue - 16€ - Mars 2013

A découvrir absolument pour Cathulu la tentatrice ! - Clara était très enthousiaste aussi !! 

 

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