03 mai 2013

Chris Garneau

 

... pour vous faire patienter entre deux lectures. Ce petit monsieur ci-dessous, très charmant, est très présent dans mes oreilles dès que je suis sur l'ordi, il me permet de me couper du monde, alors je partage... Bon week-end !
(Allez, demain, côté travaux, nous semons la pelouse !!)

Posté par Antigone1 à 20:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


02 mai 2013

Passager de la fin du jour, Rubens Figueiredo

passagerdelafindujour"Il n'avait pas besoin de rester au Tirol. Il en repartait toujours le dimanche en début de soirée, pour n'y revenir que le vendredi suivant. [...] Le Tirol, pour lui, c'était à horaires fixes. Pedro pouvait très bien ne pas y aller, en vérité, il pouvait tout à fait rester chez sa mère [...].
Sauf que, dans le cas de Pedro, dernièrement, il y avait plus que cela. Le Tirol, se confondant avec Rosane, ou prenant presque sa place, ou même prenant la place des gens qui, comme Rosane et sa famille, habitaient là, le Tirol exerçait une sorte d'attraction, parfois violente, contre laquelle Pedro voulait lutter. Mais montait en lui, sans qu'il comprenne son origine, un désir impulsif de s'agréger à cet endroit, d'y disparaître : la suggestion quelque peu brutale que tout cela était une qualité intrinsèque de sa personne, une inclination naturelle, et que cela faisait partie de lui plus que n'importe quoi d'autre."

Pedro, comme chaque vendredi soir depuis plusieurs mois, se rend en bus dans le quartier du Tirol pour rejoindre Rosane avec laquelle il passe dorénavant tous les week-ends. Il tient par ailleurs une librairie, consacrée principalement aux livres juridiques, dans un autre quartier du centre ville de cette métropole brésilienne aux multiples visages qui ne sera jamais réellement nommée.
Le temps du voyage vers cette banlieue pauvre et violente qui l'hypnotise pourtant, Pedro partage avec nous le fil de ses réflexions, de ses souvenirs et de sa lecture. Dans ses mains, il tient le livre des aventures que Darwin a vécu dans ce même pays, quelques siècles plus tôt, alors que l'esclavage régnait.
Mais des rumeurs d'émeute font dévier le bus de Pedro de son trajet habituel...

Voici un roman qui m'a beaucoup plu, et qui m'a redonné en toute simplicité le goût de la lecture. Comme quoi le talent n'a que faire des fioritures stylistiques ! Rubens Figueiredo a d'ailleurs été par deux fois lauréat du prix Jabuti, l'équivalent brésilien du Goncourt. 
Il est vrai que la narration nous donne bien parfois le sentiment de passer du coq à l'âne mais tel est le cours de la pensée, non ? J'ai été profondément touchée par la vision du Brésil que donne l'auteur ici, par les portraits qu'il nous délivre. J'ai retenu notamment avec émotion un épisode qui se déroule dans un supermarché et qui nous montre combien l'on peut broyer parfois de l'humain avec sauvagerie et froideur.
Une lecture qui ouvre avec finesse une fenêtre vers cette Amérique du Sud si souvent ignorée.

Un grand merci à Books Editions pour l'envoi !! - 20 € - 24 Avril 2013

Posté par Antigone1 à 12:20 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,

01 mai 2013

Un 1er mai sous des gouttes de pluie

... et une occasion de vous présenter ici ma future nouvelle vue (cela remplace aisément pour aujourd'hui le brin de muguet). Lorsque je vous écrirai bientôt, ces arbres là seront devant moi, derrière ma baie vitrée. Espérons que ce bouquet de verdure vous portera chance aussi !!

MAISON 021

Et un grand merci à Herbe Folle, toute jeune blogueuse de 17 ans, de m'avoir décerné un Liebster Award. Bravo pour son joli et élégant blog, que je vais suivre dorénavant avec plaisir !! [clic]

Posté par Antigone1 à 13:43 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags :

30 avril 2013

Je ne résiste pas

aujourd'hui au fait de déposer ici de nouveau un clip de Love Song, la dernière chanson de Vanessa Paradis, tellement je trouve cette jeune femme belle, et tellement elle me réconcilie avec son âge, le mien (ben oui, je l'avoue, j'ai du mal à passer le cap). Ci-dessous, la version définitive je pense... j'avais posté il y a quelques temps, une version Lyrics [ici].

Sinon, ayant abandonné lamentablement hier Crime d'honneur, qui risquait de me plonger dans des abîmes de panne de lecture (ne jamais oublier de ne jamais se forcer !), j'ai ouvert Passager de la fin du jour de Rubens Figueiredo (à la couverture attrayante) qui je l'espère saura me retenir cette fois-ci. Il me semble que je suis tellement dans le concret en ce moment (déménagement et travaux) que j'ai du mal à adhérer au fictionnel, qu'en pensez-vous ?

Posté par Antigone1 à 11:31 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : ,

29 avril 2013

Crime d'honneur, Elif Shafak

crimedhonneur"Aussi loin qu'il se souvienne, il s'est toujours perçu comme le prince de la maison et sa mère comme celle qui, de façon contestable, le mettait en valeur, était sa protectrice inquiète."
JM Coetzee

Cet incipit résume au mieux l'ambiance du roman, en tous les cas la relation qu'entretiennent Iskender (le sultan meutrier) et sa mère Pembe, avant que celui-ci attente à la vie de cette dernière et séjourne ensuite des années dans la prison de Shrewsbury.
Lorsque cette famille kurde a émigré à Londres en 1970, Pembe est l'épouse d'Adem, mais sait qu'elle n'est que son second choix, il aurait préféré épouser sa soeur jumelle Jamila. Alors, le mariage bat de l'aile malgré la naissance de trois enfants et l'infidélité entraîne dans son sillage un "crime d'honneur" perpétré par le fils aîné, dépositaire traditionnel de l'honneur des femmes de la maisonnée en l'absence du père.

Ce titre est un abandon de lecture. Je jette l'éponge à la page 126. D'habitude, lorsque je n'accroche pas, je ne vais pas au-delà de la page 50, mais ce roman étant le livre sélectionné pour le mois d'Avril dans le cadre du Prix Relay des voyageurs, je craignais de passer à côté de quelque chose... et puis le thème de l'exil annoncé en quatrième de couverture me plaisait beaucoup. Cependant, j'ai eu du mal à situer les personnages de cette histoire inter-générationnelle dès les premières pages et je crois que je ne supporte plus que l'on me promène du passé au présent à chaque chapitre sans explications. Mon cerveau n'est plus apte en ce moment à gérer de quelconques changements spatio-temporels en cours de lecture, peut-être même que le principe commence à m'agacer... Bon bref, voici malheureusement une lecture en forme de déception.

Un avis plus enthousiaste chez Saxaoul

Editions Phébus - 23€ - 7 mars 2013

Ce livre est en compétition pour le prix-relay-logo (clic sur le logo pour plus de détails) et a été retenu pour la sélection d'Avril : http://prixrelay.com - La page facebook - @PrixRelay 

Posté par Antigone1 à 16:41 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags :


25 avril 2013

Plus je le regarde

... plus je le trouve bizarre et magnifique, plus je l'aime.

 

Et vous ?

Sinon, en ce moment, les peintures se terminent, les travaux avancent... et la famille Antigone profite du soleil.
Côté lecture, j'ai enfin ouvert un nouveau titre du Prix Relay. Parce que je suis en retard, je suis en retard...

Posté par Antigone1 à 20:42 - - Commentaires [17] - Permalien [#]

23 avril 2013

Les Vaches de Staline, Sofi Oksanen

lesvachesdestaline"Ce n'est qu'en maigrissant que je pouvais m'éloigner, m'enfuir, m'en aller, non, tu ne pourras jamais m'attraper, ni toi ni personne, je ne laisserai jamais personne m'attraper, même si le fait que je reste pétrifiée sur place pouvait signifier en réalité que je voulais rester là pour une fois, devant toi, devant toi qui t'approches, être ici... non ! Si le corps refuse d'obéir autrement, il ne reste qu'une façon de se déplacer ; en rapetissant et en rétrecissant. Mon évasion par kilos est la seule échappatoire, puisque mes jambes refusent de coopérer."

La mère d'Anna a tout fait au quotidien pour faire oublier à son entourage ses origines estonniennes. Ayant épousé un finlandais, elle a eu à coeur dans son pays d'adoption de gommer tout ce qui aurait pû permettre aux inconnus de la confondre avec ces filles de petite vie qu'elle croise dans la rue. Mais cela ne l'empêche pas de rendre visite régulièrement à sa famille restée derrière la frontière, et de tirer dans son sillage sa fille Anna qui est sommée de se conformer à ses ordres de discrétion. L'ère soviétique fait rage. Anna et sa mère, elles, oscillent entre deux mondes.
Devenue grande, puis adulte, Anna souffre de graves troubles alimentaires. Elle est fière de ses 45 kilos, de sa manière unique et tendue de sculpter son corps, et de sa capacité formidable à ne s'attacher à personne...

J'ai eu une lecture laborieuse avec ce roman de Sofi Oksanen, et pourtant je sais que j'en ai aimé l'atmosphère, le contexte, et ce qu'il m'a permis d'apprendre sur l'Estonie. Seulement, il m'a fallu quelques temps, plusieurs pages en fait, pour suivre au mieux les changement d'époques et de personnages que l'auteure opérait dans sa narration. Une fois les jalons compris, mon attachement acquis à Anna, j'ai aimé ce que j'ai lu.
Les Vaches de Staline, premier roman de Sofi Oksanen, raconte au mieux les ravages de la propagande et du communisme amenés à son paroxysme. De plus, il est intéressant de constater à quoi peut ressembler le bonheur aux yeux de ceux qui manquent de liberté, quelques vêtements modernes, des déodorants, du shampooing et des bananes en tas sur des étals.
Les affres de la boulimie d'Anna sont également bien décrites, et amènent aux yeux des larmes de compassion mêlées d'effroi.
Une lecture exigeante et fière.

Editions du Livre de Poche - 7.90€ - 17 avril 2013

Aifelle est restée partagée sur ce titre - Percutant pour Clara - Ptitlapin aime aime ! 

Posté par Antigone1 à 21:45 - - Commentaires [24] - Permalien [#]
Tags : ,

20 avril 2013

Hugo Cabret et bla bla bla

Dans Hugo Cabret, il y a une chouette librairie, Méliès et aussi un Paris de carton-pâte, mais en fait c'est plutôt bien... Les enfants ont beaucoup aimé cet univers là, inventé par l'écrivain Brian Selznick.

Sinon en ce moment, je suis en plein déménagement, non pas virtuel mais réel. La famille Antigone aura bientôt une nouvelle maison. Je quémande donc un peu de patience à ceux qui attendent des billets sur ce blog. J'aimerais éviter de mettre ce lieu en pause pour l'instant.
Excellent week-end à tous, et au soleil, même frileux !!

Posté par Antigone1 à 13:44 - - Commentaires [24] - Permalien [#]
Tags :

15 avril 2013

Efflorescences, Ismaël Billy

efflorescencesVous avez déjà eu un petit aperçu [ici] de la poésie incluse dans le recueil ci-contre. Je dois dire que j'ai passé un excellent moment à lire Ismaël Billy. Je n'ai pas tout aimé d'égale façon dans sa production, mais il ne s'agit là en l'occurence que d'une histoire de goût et de sujet, et non pas de manque de talent.
J'ai aimé surtout sa première partie, celle dédiée à l'amour (D'amour à l'arrachée Livre I), je suis moins sensible aux épopées et aux termes plus savants (inconnus) qui parsèment quelques poèmes (Des corps couchés sous d'autres lunes Livre II). Mais il est évident que nous avons affaire là à un véritable poète, comme le souligne Michel Cazenave dans sa préface.

Comment vous expliquer au mieux ? En lisant les mots de l'auteur sur ma liseuse, j'ai eu l'impression de faire le même voyage que j'avais fait dernièrement en découvrant, en français, la voix d'Emilie Dickinson [ici]. Et puis, j'ai trépigné de joie devant ma découverte, comme lorsque j'avais lu Le Trou de Thomas Vinau, bien avant son succès blogosphérique.

Voici ci-dessous le texte qui a retenu mon attention au préalable sur le site de l'auteur - http://ismael-billy.wix.com/ismaelbilly - inclus dans la troisième partie du recueil (Efflorescences Livre III). J'espère vraiment vous avoir donné envie de découvrir cette écriture à votre tour !!

Rouge

Carmin, dans les sangs d'une jument,
Dans les lèvres entrouvertes
Du pétale baisé par les lèvres.

Et rouge

Créé de double, unie par douleur,
Or comme il n'en est point

D'offrir luxe impie, rouge de voiles.
Encore rouge

Mais cuivré, presque brun, tâches
Éparpillées dans les lisières,
Et souffle mourant de fugace maelström.

Il n'est de rouge si fort que la Terre ne meurt
Encrevassée, déchirée de vengeance,
Ouverte dans la nuit, la boîte à lumières.

Il est un bois dur d'hiver et rouge de corolles
De sels, parfumé de résine.
Rouge maintenant dans son soupir sortant
Des épines, des cimes, des songes maudissant. 

Et le songe appelle à l'idiome, l'être éthéré
Sort de son somme et s'éveille asphyxié,
Détroussé de sa base, réduit à l'enfer,
De toucher de sa cime la profonde Terre.

Louis d'or et sols et ducats,
Bronzes noirs, argent ça et là,
Mais les chairs emmangées de vers,
Cruels, sans eau, l'or, commun comme verre.
Rouge de ne bientôt plus être pâle.
Rouge tant qu'il est encore tant.

Rouge tant que je le puis.

Rouge même mort,

Rouge par delà,

Rouge enfin,

Rouge.

 

Edition Le Menhir - 16.50€ - 26 Février 2013 

Posté par Antigone1 à 17:20 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags :

14 avril 2013

En cours de lecture

Nu et pâle, les bras sous la tête

cerf

 

Elle m'a rêvé un soir et je suis sorti.
J'ai longé les arbres et les bancs allongés,
J'ai suivi les rails et les pistes des bois,
J'ai couru dans le noir, je n'ai rien trouvé.
Elle m'a rêvé le jour suivant. Une heure,
J'ai parlé dans une langue inconnue.
J'ai chanté des rois sans planète, délaissés.
J'ai ouvert ma porte aux êtres de brume.
Et je n'ai rien entendu.
Elle m'a rêvé toute une semaine et j'ai tué
Un cerf. J'ai arraché son cœur fumant,
Je l'ai mangé. J'ai peins ma poitrine de
Ses sirupeuses traînées. Je me suis endormi.
Et je ne l'ai pas senti dans ma chair.
Elle m'a rêvé une minute, à l'orée d'une heure.
J'ai claqué dans mes mains, j'ai perdu la tête.
J'ai puisé dans mes souvenirs, j'ai cherché
Mon nom. J'ai oublié mes vieilles terreurs.
Et je ne me suis pas souvenu d'elle.
Elle m'a rêvé les yeux ouverts, elle a dit mon nom.
Je suis devenu un nuage emmargé, j'ai plu des larmes
D'eau douce, d'aquarelle. Des larmes sans pareilles.
J'ai vu son visage.
Doucement, j'ai épelé ton nom.

In Efflorescences de Ismaël Billy - Editions du Menhir - Février 2013

Je vous parlerai de ce recueil de poésies dans son ensemble plus longuement bientôt, mais je suis d'ores et déjà très heureuse de ma lecture. Je ne suis pas à même de juger de la qualité de la forme d'une oeuvre poétique, j'aime de toutes manières qu'elle soit libre. Cependant, je peux vous dire à ce stade de ma découverte que lire Ismaël Billy est extrêment rassurant, il rassure sur la vivacité de la poésie d'aujourd'hui, héritière du passé mais indubitablement moderne.

Je vous rappelle que le dimanche est jour de poésie chez Littér'auteurs, n'hésitez pas à aller lire chez Martine le poème coup de poing d'Albane Gellé qu'elle a décidé de mettre à l'honneur sur son blog [clic].

Posté par Antigone1 à 15:54 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : ,