03 mars 2013

Lorsque les rayons du soleil d'hiver pointent leur nez chaleureux

... la famille Antigone file voir la mer. Et ça fait un bien fou !
J'espère que chez vous aussi, le soleil était là, redonnant tout à coup à tout des couleurs joyeuses. Profitez bien !

janvier2013 006b

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01 mars 2013

Room, Emma Donoghue

room

"L'âme choisit sa compagnie. Puis ferme la porte..." Emily Dickinson

Jack vient de fêter ses cinq ans. Il aurait aimé un vrai gâteau pour son anniversaire avec de vrais bougies dessus mais Maman a fait ce qu'elle a pu et lui a offert un joli dessin pour ce jour important. A hauteur d'enfant, tout semble normal dans cette Chambre, entre Monsieur Lit et Madame Table. Le monde du Dehors est dans Madame Télé et l'univers se résume aux quelques pas qu'ils font dans cette pièce dans laquelle Jack et sa mère vivent depuis sa naissance. Tous les soirs, le petit garçon s'endort dans le dressing, entend souvent le bip-bip de Madame Porte qui signale la visite du Grand Méchant Nick. Sa mère fait tout pour que ce dernier ne porte pas ses yeux sur l'enfant. Un jour, Maman évoque la possibilité d'une Grande Evasion mais Jack n'a pas envie d'être le Prince Jacker-Jack qui sauverait sa Maman, il se sentira certainement plus fort quand il aura six ans...

J'ai tout aimé dans ce roman haletant qui est un vrai coup de coeur ! Mais je le savais d'avance, qu'il me troublerait beaucoup. Voici sans doute pourquoi j'ai attendu sa sortie en poche. J'ai aimé sa structure narrative impeccable en pyramide dont le pic est la fuite enfin réussie, son écriture terriblement poétique (certainement très bien traduite du canadien) et ce regard tendre et tendu porté sur une relation mère-enfant bien particulière. L'abnégation de cette maman est remarquable ! Et nous sommes loin du récit d'un simple Fait-divers. L'attention du lecteur est concentré sur le huis-clos formé, sur la représentation verbale et imagée que s'en fait l'enfant, et sur la possibilité de s'en sortir qui se fait jour brusquement... mais je ne vous en dirai pas plus.
Une lecture sur le pouvoir inébranlable de l'amour maternel et sur le courage immense des enfants.

J'ai été très touchée par l'écho que ce livre a eu en moi, je me suis souvenue du séjour de petit-dernier en néonat, de mon attention constante pour qu'il aille bien, et je me suis dit qu'il y avait de nombreuses chambres finalement desquelles on souhaite un jour s'échapper avec son enfant. Ce qui montre combien ce livre ouvre aussi à une plus large réflexion, sur l'enfermement, mais également sur la valeur normative de nos apprentissages.

Editions du Livre de Poche - 7.60€ - Février 2013

Quelques lectures... Un roman-choc pour Stephie - Il a cloué Mango - Une intensité rare pour Clara - Un impitoyable miroir pour les parents que nous sommes pour Theoma - In Cold Blog rassemble de nombreux billets - Et je partage complètement l'analyse d'Aifelle sur ce roman qui elle nous le rappelle justement n'est ici heureusement qu'une fiction !

 

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28 février 2013

Tiens... Rose est de retour (chouette) !

 

 Sinon, en ce moment, je suis en train de lire Room qui vient de sortir au Livre de Poche et (comment dire ?) c'est une lecture difficile et en même temps du grand art, chaque mot est à sa juste place. Mon billet bientôt ! 

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27 février 2013

Chroniques birmanes, Guy Delisle

chroniquesbirmanes"Ce que j'apprécie beaucoup avec la poussette, c'est que je passe pratiquement inaperçu.
Grâce à Louis qui fait converger vers lui tous les regards.
Il faut dire qu'il est particulièrement mignon.
Je sais , je sais, tous les parents disent ça.
Mais là, force est de constater que c'est la vérité.
Regardez-moi cette bouille !
Pour lui la vie est tranquille, de jolies birmanes sortent de chez elles pour lui distribuer sourires et bisous."

Guy Delisle suit sa compagne en Birmanie, elle y collabore là-bas avec Médecins sans Frontières. Lui, s'occupe de leur fils Louis et tente de se remettre à son métier, la bande-dessinnée. Il raconte son expérience, comment il apprivoise les difficultés de son environnement, et la réalité politique, sanitaire et sociale de ce pays dominé par une junte militaire, et soutenue elle-même par de puissants groupes industriels, comme Total. Les expatriés ont tendance à rester entre eux, dans un cocon moderne qui n'a rien à voir avec ce qui les entoure. Guy Delisle et sa famille profitent de temps en temps de ce confort mais s'ouvrent aussi à ce qui est caché, cherchent à explorer les zones sécurisées, interdites...

Cette BD est plus ancienne que Chroniques de Jérusalem (2011), lu précédemment. Mais comme dans cette dernière, j'ai aimé comprendre ici un pays, la Birmanie, au travers du quotidien et du regard d'un père en prise directe avec le matériel et le prosaïque. C'est la grande force du travail de Guy Delisle. Les scènes sont courtes, l'humour présent, les informations distillées mais complètes. On apprend beaucoup, et on s'amuse aussi.
Une lecture pertinente.

Editions Delcourt coll. Shampooing - 16.95€ - 2007 - Merci ma bibli !!

Guy Delisle vient de sortir Le guide du mauvais père chez Delcourt et c'est un titre qui me fait aussi très envie !
En attendant, on peut toujours le suivre sur son blog : http://www.guydelisle.com/blog/

Quelques lectures... Theoma - Noukette - Saxaoul plus mitigée !

 

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26 février 2013

06H41, Jean-Philippe Blondel

06h41"En fait, j'aurais été assez content de partager le quotidien de Cécile Duffaut. Nous nous entendions bien. Simplement, à vingt ans, ça ne suffit pas. On rêve de trucs qui font monter au plafond, de passion à crever, de crises de nerfs, de coeur qui bat la chamade. Tant qu'on ne connaît pas ça, on est persuadé qu'on fait mauvaise route, que la relation n'en vaut pas la chandelle. [...] On se comporte comme les héroïnes du XIXe siècle, on soupire, on criaille, on pleure - on ment. Et autour de vous, on appelle ça de l'amour."

Cécile Duffaut prend ce jour-là le train du lundi matin, celui de 06h41, qui est bondé et qui lui a permis d'allonger un peu son week-end chez ses parents. Quelle idée, c'est idiot, alors qu'ils l'épuisent tant et qu'ils ont si peu à se dire tous les trois ! Elle a hâte de retrouver sa vie ordinaire, son travail et sa famille. Au lieu de prendre un billet en première elle a préféré la seconde classe, finalement plus tranquille, heureuse à l'avance de cette parenthèse ouatée que sont souvent les voyages ferroviaires. Pour l'instant, la place voisine est vide. Mais quelqu'un s'y assied juste au moment du départ. Catastrophe, elle reconnaît dans les traits de cet homme le garçon qu'elle a connu il y a vingt-sept ans...

Comme j'adore lire dans le train, et que j'en ai eu l'occasion assez fréquemment dernièrement, j'ai aimé d'emblée l'atmosphère de ce roman, ainsi que le ton sans concessions de l'auteur, raillant à grands traits quelques absurdités de notre époque. Ensuite, le monologue intérieur des deux personnages, qui reviennent en pensée sur leur histoire commune et séparée, sur le temps qui passe, est tellement bien vu que j'ai adhéré complètement à l'intrigue, regrettant peut-être parfois la légèreté du style mais si peu. Ce roman vaut, oui, par son joli parcours au pays des souvenirs, et des désenchantements lucides de la vie. A se regarder aujourd'hui en face, sommes-nous devenus ceux que nous souhaitions ou pensions être à la quarantaine ?
Allez, voici une lecture qui vous accompagnera avec délectation lors d'un prochain voyage, et que vous terminerez je n'en doute pas un léger sourire aux lèvres en regardant tout autour de vous si vous ne reconnaissez personne !!

Editions Buchet Chastel - 15€ - 3 janvier 2013

Ce livre est en compétition pour le prix-relay-logo (clic sur le logo pour plus de détails) et a été le roman "coup de coeur" de Février. Il fera donc partie de la sélection finale de juin. - La page facebook - @PrixRelay 

Je remercie le Prix Relay pour ce partenariat qui va me permettre de lire plein de titres de qualité ! A suivre...

Quelques autres lectures.. George qui ne reste jamais vraiment intacte à la sortie d'un livre de Blondel - Clara a tout aimé dans ce livre et s'y est retrouvée - Une parenthèse réussie pour Laure mais qui n'a pas pour elle la portée de ses autres romans - Un excellent roman pour Lucie !

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25 février 2013

Mamzelle Lily

Hier après-midi, nous sommes allés en famille au ciné, découvrir en avant-première l'adaptation de Boule et Bill [La bande-annonce ici], finalement très drôle et plutôt fine, assez premier degré mais dans le bon sens, parfaite pour les vacances. Marina Foïs y est d'ailleurs divine..., qu'on se le dise ! Avant la séance, nous avions droit à un fond sonore qui a attiré mon attention, et ensuite sur l'écran nous avons su qui chantait. La salle fait la promotion des chanteurs de la région. Et Mamzelle Lily a bien du talent...

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24 février 2013

Le détour, Gerbrand Bakker

ledetour"Elle l'a entendu se lever, l'a vu du coin de l'oeil écarter le chien avec son genou, a senti sur son dos une main, un avant-bras tout entier, a perçu l'odeur de son souffle. Elle a pressé sa tête contre l'abdomen du garçon. "Je suis bien contente que tu sois là", a-t-elle dit. Ses yeux, dirigés vers le sol impeccablement balayé de la cuisine, glissaient le long des jambes de pantalon de Bradwen. Un L sur une chaussette. Un R sur l'autre. Des pieds larges.
"Je suis là."

Qu'est-ce qu'une jeune femme peut bien venir chercher dans une maison isolée du Pays de Galles ? On devine assez vite qu'elle a laissé là-bas dans sa fuite, en Hollande, un mari, un amant étudiant, et un scandale à l'université où elle travaillait. Peu importe, elle recommence ici et dans les traces de présence d'une précédente occupante, une nouvelle vie. Elle jardine, bricole, est troublée par ce troupeau d'oies qui semble peu à peu décroître, va chercher au-delà des murs en pierres d'autres chemins, tombe trois fois sur un blaireau vindicatif...
L'arrivée soudaine du jeune Bradwen, qui s'installe petit à petit dans son intérieur va rompre sa solitude et l'écarter de sa fascination obsédante et courroucée pour la poétesse Emily Dickinson.

Après avoir succombé à son étonnant et profond roman Là haut tout est calme en 2010, il me tardait de découvrir le nouvel opus de Gerbrand Bakker. Encore une fois, le rythme est tranquille et apaisant, mais ici faussement serein et finalement très troublant. Loin de chercher à se reconstruire, l'héroïne du Détour lutte et se débat, prenant chaque rayon de soleil comme une aubaine mais également chaque contrariété avec le détachement des vaincus. J'ai aimé et ai été gênée à la fois par la grande sensualité qui se dégage des pages de ce roman, rythmé par des citations de la poétesse. C'est un livre que j'ai pour autant dévoré avec une avidité rare.

Une lecture qui sort ses griffes dans des mots de velours.

Editions Gallimard - 19.90€ - Février 2013

Un pur bonheur pour Cathulu la tentatrice !!

 

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22 février 2013

Cherche jeunes filles à croquer, Françoise Guérin

cherchejeunefilleacroquer"En fait, le problème est là. S'il y a un crime, ce dont on n'est pas certain, à qui profite-t-il ? Qui pourrait avoir envie de kidnapper des gamines comme ça ? Qu'est-ce que ça rapporte ?"

Nous retrouvons dans ce roman une deuxième enquête de l'inspecteur Lanester. Après avoir perdu la vue dans le premier opus [ici], le voici envoyé sur les lieux de multiples disparitions dans la vallée du Mont-Blanc. Décontenancé par l'absence de corps, déstabilisé par la présence d'un Commandant Pierrefeu un peu trop sûr de lui, lié depuis sa dernière affaire à sa psychanalyste, Eric Lanester patauge. En quelques mois, plusieurs jeunes filles, suivies dans une clinique spécialisée pour anorexie, ont disparu. On s'interroge sur cette étrange coïncidence et sur le passé de chacun. Lanester décide de tout reprendre à zéro et de se concentrer sur les détails oubliés...

J'ai été ravie de retrouver de nouveau dans ce titre ce cher inspecteur Lanester, et ses acolytes. Le sujet est terrible, l'ambiance lourde, et pourtant je suis encore une fois séduite par l'intrigue et son approche psychologique, l'humour présent aussi. Françoise Guérin ne ménage pas sa peine et les fausses pistes, les personnages sont finement décrits et leurs portraits détaillés. L'intérêt du lecteur n'est pas porté ici seulement sur les jeunes filles disparues et leurs pathologies - même si elles sont parfaitement étudiées - mais bien plus sur ce qui lie l'équipe de criminologie analytique et l'inspecteur, et sur les fragilités de ce dernier.
Et ce sont sans doute les creux de l'histoire, ses silences qui ouvrent l'imagination, que j'ai préféré dans ce roman, comme l'absence de corps que constate avec découragement et effroi Lanester.
Une lecture à la fois glaçante et attachante.

Editions Le Masque - 19€ - Octobre 2012

"Le thème du corps et de l'image du corps lui donne une profondeur qui tient le lecteur captif" pour Kathel - "Pas de baisse de rythme dans le récit, mais du suspense et des rebondissements jusqu'à la toute fin où l'on prend conscience de la polysémie du titre" pour Cathulu - Un coup de coeur pour Liliba qui a été passionnée - "Un suspens psychologique réussi" pour La Pyrénéenne - "Un livre qu'on ne quitte pas" pour Clara !

Le blog de Françoise Guérin

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18 février 2013

Anna de Noailles

 

Ai-je imprudemment souhaité
annadenoaillesGuérir de toi? Quelle ignorance
M’irritait contre ma souffrance!
— Ah! Que rien ne me soit ôté

De la détresse qui me cache
Le passé, le lendemain!
Sois La seule chose que je sache
Et qui blesse ! Rien ne déçoit
Dans la sombre et féconde ivresse
D’un désir encore ascendant.
— Lèvres rêveuses sur les dents,
Regard qui se meut ou se pose,
Gardez votre pouvoir ardent,
Vous qui, dans une chambre close,
Par le souvenir obsédant,
M’inondez d’une odeur de roses!

 in Poème de l'amour

Et plein d'autres merveilleux poèmes d'Anna de Noailles (1876-1933) à découvrir [par ici]

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17 février 2013

Saison de lumière, Francesca Kay

saison de lumiere

"Les oeuvres d'art ont quelque chose d'infiniment solitaire, a dit Rilke, et la tonalité prépondérante des tableaux londonniens de Jennet Mallow est celle de la solitude. Ils sont dotés de limites étroitement définies : contours, boîtes, cadres. Et pourtant ces peintures ne sont en rien entravées, au contraire, leurs limites sont paradoxalement libératrices. Chaque boîte ou cage distincte abrite une image sublime, suggestive, isolée, qui bat des ailes d'autant plus fort qu'elle est enfermée, car la privation de liberté est la preuve même de l'existence de la liberté."

Nous sommes dans le Londres des années 50 lorsque Jennet Mallow, jeune femme naïve, découvre l'école d'art de Kensington. Elle y rencontre le sulfureux et brillant David Heaton dont elle tombe rapidement enceinte. Ils se marient et décident de partir au soleil de l'Espagne. Là, le couple commence à battre de l'aile. Et le talent torturé de David, dont il noie le soir dans l'alcool les questionnements, sera bientôt en concurrence avec la peinture de sa femme qui rencontre un succès inattendu.

"Un mariage qui bat de l'aile renforce l'isolement partout. Les convenances, le respect de soi et l'orgueil entravent les épouses malheureuses, et Jennet n'aurait jamais eu envie d'être l'objet de la pitié de ses amis."

Le retour à Londres est donc décidé. Dorénavant, c'est à bout de bras que Jennet devra faire vivre sa famille et son art...

J'ai ressenti tout un panel d'émotions littéraires à lire ce roman qui est un profond coup de coeur !! Déjà, la narration est dense, descriptive et fournie, et ouf ce que ça fait du bien de pouvoir ainsi prendre sa place et s'installer confortablement dans un récit. Puis, le thème de la peinture étant vraiment un thème riche de matières, j'ai aimé que l'on me raconte l'élaboration de tableaux dont je pouvais presque deviner la texture.

"Quelle tristesse avait été éprouvée entre l'inspiration provoquée par le rythme tranquille de la mer et l'expression finale que Jennet lui conféra ? [...] Le besoin, l'incertitude et la peur jouent leur rôle ; une méconnaissance de soi. Non l'ignorance délibérée de soi mais une vision obscurcie, vague, jusqu'à ce que le temps, la mort ou la sagesse l'éclaircissent."

Enfin, comment ne pas ressentir une empathie énorme avec le personnage courageux et lucide de Jennet qui lutte pour sa famille contre les revers du quotidien et les frasques de son mari ? Grouille autour de ce couple une galerie de portraits, des enfants, tout un monde minutieusement décrit et intéressant qui nous brosse également en parallèle une époque.
Une lecture qui donne toute sa place à l'acte créatif et à la volonté des femmes.

Editions J'ai lu - 7.10€ - Janvier 2013

Une auteure à suivre de près pour Théoma - Un premier roman époustouflant de maîtrise pour Cathulu ! - Un magnifique portrait de femme pour Clara !

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