26 septembre 2012

Ce que cache ton nom, Clara Sanchez

cequecachetonnom"Jusqu'à présent, j'avais été dans l'ignorance de tout cela et, si je n'étais pas venu passer quelques jours à la plage, j'y serais encore. Mauthausen, Auschwitz. J'avais entendu très souvent ces noms, mais ils étaient à des années-lumière de moi, aussi loin qu'Orion, perdus dans un passé qui n'était pas le mien. Je les avais maintenant à un mètre de moi, parfois à quelques centimètres de mon visage."

Sandra est enceinte et elle est venue passer la fin de l'été dans la maison de vacances de sa soeur. Une occasion pour elle de faire le point sur sa relation avec le père du futur enfant et sur sa vie en général. Sur la plage, elle fait la connaissance d'un couple de personnes âgées et est invitée à rentrer peu à peu dans leur intimité. Ils se prennent d'amitié pour la jeune-fille qui rêve soudain à un avenir différent...
Mais les apparences peuvent être trompeuses. Et c'est ce que lui apprend Julian, un vieil homme venu à sa rencontre. Malgré son grand âge, il n'a pas renoncé à son rôle de chasseur de nazis. Les Christensen, les nouveaux amis de Sandra, sont dans son oeil de mire...

J'ai beaucoup aimé ce roman, son ambiance assez douce, son sujet intéressant. Il m'a tenu en haleine avec dextérité. Les personnages sont très bien campés par l'auteure, ils nous paraissent facilement vivants et sensibles, attachants. L'évolution psychologique de Sandra qui perd peu à peu sa naïveté est d'ailleurs très réussie, ainsi que l'évocation de la quête de Julian qui transforme avec élégance ce récit en thriller. Dommage que la fin soit un peu molle, mais elle ne gâche en rien le plaisir de lecture ressenti auparavant.
Une bonne lecture de rentrée à la fois profonde (par son thème) et légère (par sa grâce).

Un grand merci aux Editions Marabout ! - (Prix Nadal 2010) - 19.90€ - 26 septembre 2012

Mango a aimé aussi - Un très bon roman pour Pimprenelle !

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25 septembre 2012

Père d'Antigone

bauchauantigone... lui aussi, via entre autres le superbe roman qu'il lui avait dédié en 1997, Henry Bauchau est décédé il y a quelques jours à l'âge de 99 ans.
Je lui devais un mot sur ce blog, pour tout l'amour que nous partagions pour ce personnage mythique qu'est Antigone, pour la lumière qu'il a su donner à sa personnalité, sans la dénaturer, pour la force que son écriture a donné aux pas de cette jeune-fille qui prend la route à la suite de son père Oedipe, pour la personne passionnée qu'il semblait être.

"Oui, moi Antigone, la mendiante du roi aveugle, je me découvre rebelle à ma patrie, définitivement rebelle à Thèbes, à sa loi virile, à ses guerres imbéciles et à son culte orgueilleux de la mort.
Par un soudain désillement des yeux je vois que c'est le sens profond de toute ma vie. Si j'ai suivi Oedipe c'était pour lui apprendre - ce que j'ignorais, ce que je n'aurais jamais osé penser sans ce dernier crime de Créon - pour lui apprendre, oui moi, sa pauvre Antigone, à devenir ce qu'il était."
Extrait de Antigone, Henry Bauchau, Editions Actes Sud, 1997

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19 septembre 2012

Syster, Bengt Ohlsson

syster"Ce n'était pas tant le rire lui-même qui lui manquait, mais autre chose, une sensation juste avant le rire. C'était mieux que le rire, parce que cela durait plus longtemps."

La jeune Miriam a disparu depuis deux semaines. Ses parents s'angoissent et la cherchent désespérément partout. Ils décident finalement assez vite que Marjorie, sa soeur cadette, ira habiter quelques temps chez sa tante Ilse où elle pourra se reposer. Là-bas, il y a la solitude de cette tante que Marjorie ne connaît pas si bien, mais aussi ses histoires, la plage et un chat. La petite fille est partagée entre le soulagement et l'inquiétude pour cette aînée qu'elle n'aimait pas toujours. Bourrée de contradictions, de questions, elle se souvient des moments partagés avec sa soeur, avec cette famille qu'elle considère comme la plus drôle du monde, et goûte avec culpabilité à la nouveauté de sa situation. Ilse l'aidera à trouver le chemin vers plus de sérénité mais aussi l'espace pour laisser libre court à ses pensées...

Ce titre est traduit du suédois. Et c'est un roman effectivement très nordique, qui donne la part belle à l'imaginaire et à la féerie, tout en s'attachant étroitement au réel. Son intérêt premier est de suivre les angoisses d'une petite fille qui voit son quotidien bouleversé par la disparition de sa soeur, son intérêt second en étant certainement le huis clos créé entre deux personnes que rien ne rapprochait vraiment jusque là. J'en ai aimé l'ambiance, la douce tension narrative, le personnage énigmatique d'Ilse. Il est cependant dommage que l'intrigue s'enlise un peu en fin d'histoire, et que la relation entre l'enfant et sa tante soit moins exploitée et aboutie que l'on souhaiterait.
Une lecture à hauteur d'enfance.

Editions J'ai lu - 7.60€ - 3 septembre 2012 - Merci ma bibli !!

Pas une lecture inoubliable pour Chiffonnette

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16 septembre 2012

Ours

En ce moment j'ai son album Mi dans les oreilles... et en dessous c'est Orange. à déguster demain matin au réveil, pour prendre un peu de courage et de la couleur.

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14 septembre 2012

Millefeuille, Leslie Kaplan

millefeuille"Je me perds, se répétait Millefeuille, et je ne vais pas faire un jeu de mots stupide, il s'esclaffa, je me perds, je suis père, je suis perdu, il le redit plusieurs fois, je me perds, je suis père, je suis perdu, en riant de plus en plus fort.
En même temps, c'était étrange, il était ragaillardi, et après s'être bagarré avec Richard II, l'histoire, la traduction et le commentaire, il se fit une grande liste d'achats pour le Monoprix et le marché, tout en se félicitant. Toujours bien terminer la journée avec un projet."

Jean-Pierre Millefeuille est un professeur à la retraite, toujours actif, collaborant à des articles de revue et recevant régulièrement dans son appartement près de Montmartre. Cependant, malgré ses bonnes intentions, il apparaît par trop lunatique pour les amis et connaissances qu'il côtoie quotidiennement, car ce vieil homme qui a perdu sa femme il y a une dizaine d'années suit bien souvent le fil de ses envies ou de ses pensées, oubliant des rendez-vous importants ou que l'on compte simplement sur lui. Sa bonne éducation et son sourire attirent les confidences mais Jean-Pierre Millefeuille sent que la vie lui échappe, l'âge venant, alors il cherche à se protéger, maladroitement... derrière les oeuvres de Shakespeare ou la sécurité factice du Monoprix du coin.

Je ne sais pas si vous serez vous aussi séduit(e)s par le personnage de Jean-Pierre Millefeuille mais moi j'ai été très attachée par ce petit livre au charme certain. Il n'y a pas vraiment d'histoire dans ce récit, d'intrigue à proprement parler. Un changement de narrateur dans les premières pages a même tout pour déconcerter. Non, c'est autre chose, comme une occasion de connaître quelqu'un, de près, de faire un tour dans le subconscient d'un être que l'âge commence à étreindre et qui cherche à conserver le contact avec lui-même, tout en s'inquiétant pour les autres, beaucoup et un peu en vain. Nous avançons en fait et surtout de rencontres en rencontres. Et j'ai finalement quitté Jean-Pierre Millefeuille avec regret au terme de ces pages.

Une lecture intime et shakespearienne.

Editions Pol - 16 € - Août 2012

Un grand coup de coeur pour un autre titre Les Amants de Marie qui a l'époque avait voyagé !

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12 septembre 2012

En cours de lecture...

bookrouge"[...] c'est avec ce professeur qu'il avait commencé à lire Shakespeare, dans son rêve il lui demandait si les oeuvres sauvent, il se rappelait en même temps dans le rêve qu'il avait réellement posé cette question, et le professeur lui répondait. Elles ne sauvent pas mais elles consolent, nous sommes les fils de nos oeuvres, nos oeuvres nous enseignent, nous protègent, nous consolent comme des parents, et dans le rêve Millefeuille intrigué, se disait, je suis intrigué, et demandait, quelles oeuvres, toutes les oeuvres ? Et le professeur répondait, les oeuvres qui durent [...]."

Extrait de Millefeuille, Leslie Kaplan - éditions POL - Août 2012

 

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10 septembre 2012

Les bébés animaux, de Sophie Bordet-Petillon et Amandine Laprun

lesbebesanimaux"Pourquoi le kangourou porte-il son petit dans sa poche ?
Combien la panthère noire peut-elle avoir de petits en même temps ?
Que mange le petit flamand rose ?"

Autant de questions et autant de réponses dans cet album illustré qui a la particularité, comme tous les ouvrages de la collection, de posséder des petits volets à souveler, derrière lesquels se cachent des photos plus réalistes qui déplacent le point de vue dans le réel.

Petit dernier adore tout ce qui tourne autour des animaux, mais plus encore ce format là qui lui parle énormément. Mon tour du monde des animaux est son livre préféré, celui qu'il emmènerai très certainement sur une île déserte. Alors sa joie a été totale de découvrir son petit frère avec Les bébés animaux. Il a énuméré les espèces que nous avions eu l'occasion de voir en vrai cet été, ceux qui n'étaient pas abordés dans l'autre livre, une impression toute gratifiante pour lui d'étendre ainsi son savoir... Je reste d'ailleurs de plus en plus étonnée des connaissances que mon fils engrange sur le sujet. ;). Il a également emprunté A la campagne à la bibliothèque, lors de notre dernière visite !

Un succès confirmé pour cet album et cette collection Le derrière des choses qui plait énormément aux enfants.

Editions Tourbillon (merci !) - 10.65€ - Août 2012 - Conseillé dès 4 ans

Testé positivement par Kidissimo - La collection sur le site Tourbillon - ci-dessous, la page préférée de Petit dernier !

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09 septembre 2012

Ce matin

... les animaux de la place se sont sagement laissé photographier. Ou comment l'esprit nantais arrive peu à peu en Vendée.
Vous reconnaissez sans doute le savoir faire des parents du célèbre éléphant.
Bientôt, il y en aura d'autres sur cette étendue jusqu'alors inoccupée, vouée depuis toujours au seul Napoléon (fondateur de la ville). Bientôt, des bassins verront le jour aussi, à l'image de l'île de Versailles sur Nantes.
Ces travaux, leur coût, sont ici très controversé. Moi, je suis juste contente... ;)

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A voir en ce moment Place Napoléon à La Roche sur Yon

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07 septembre 2012

Pomelo est de retour !

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"Il y a toujours un moment où il faut partir, pense Pomelo. Il lui semble avoir entendu autre chose aussi. Quelque chose comme : "Va aussi loin que tu peux" ou "Fais feu de tout bois". Vraiment, il ne sais pas très bien. Et il vogue déjà. Et déjà le gris n'est plus qu'une tache au loin."

Ce midi, le soleil était là, avec son petit ciel bleu associé et son été encore très présent... Et j'avais cette folle envie qui me trottait dans la tête de retrouver le nouveau Pomelo. Ni une ni deux, j'ai troqué la cantine contre un sandwich nomade et me suis fait ce gentil plaisir.

Cette fois-ci, l'éléphant rose nous invite au voyage, avec sa grande philosophie de vie et sa petite musique de mots qui m'émeut toujours autant. Rien moins qu'indispensable.

Editions Albin Michel - 13€ - 29 Août 2012

Sur la même longueur d'onde que Clarabel et Gaëlle !

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05 septembre 2012

Ordalie, Cécile Ladjali

ordalie"[...] rien de la douleur des autres ne me touchait. J'étais absolument incapable de compassion. Je me protégeais de l'agression que je pressentais toujours dans le malheur, la souffrance et la mort, en me construisant une thébaïde d'indifférence. J'étais moi aussi toujours seul et sans doute n'avais-je encore jamais aimé quiconque sincèrement. Mon ingratitude face à la vie ne me pesait en rien. Je cultivais une passion morbide et sale pour ma cousine, je développais mes clichés dans la cave autrichienne d'un ancien nazi, je filmais des visages qui me ramenaient à mon propre bonheur sans qu'aucun de leurs rictus ne m'atteignît. J'évoluais sur l'océan constrasté que créait mon heureuse indifférence, surnageant au-dessus d'un monde à l'agonie. Et je n'en recueillais pas même une éclaboussure."

Orphelin, Zak est receuilli par son oncle et sa tante. Il passe son adolescence en leur compagnie en Autriche, alors que l'allemagne se relève difficilement de l'après-guerre. Il est à ce moment-là amoureux de sa cousine Ilse, une jeune-fille attirée par la philosophie. Mais elle lui présente son amant, un poète d'origine juive, rescapé de l'holocauste, Lenz, un jeune-homme plein d'avenir que Zak n'aura de cesse de détester en silence. La relation amoureuse entre les deux amants, Lenz et Ilse, sera aussi tumultueuse et riche, que destructrice. Zak restera malgré tout fidèle à ses sentiments pour sa talentueuse cousine, se révélera dans l'art photographique, et nous emmènera en quête de ses démons jusque dans les quartiers littéraires de Paris...

Forte de ma lecture récente d'Aral, je me suis mise à fouiller dans ma PAL à la recherche d'un autre titre de l'auteure et j'ai trouvé celui-ci, que j'avais déniché en bouquinerie il y a quelques temps. J'ai cependant été beaucoup moins séduite par cette lecture, sincèrement. Pourtant, l'écriture de Cécile Ladjali y est toujours aussi belle et irrésistible.
J'ai simplement été moins touchée par le thème et les personnages. Dans ce roman, se mêlent romantisme, histoire de la littérature et ambiance gothique. De nombreuses allusions et références m'ont clairement échappées, et voilà ce qui m'a sans doute déplu aussi, en plus de l'antipathie profonde que j'ai ressenti tout du long pour le narrateur. Dans ses sources, Cécile Ladjali évoque une allusion forte et des extraits empruntés à l'oeuvre d'Ingeborg Bachmann et de Paul Celan, et comme je ne les connais pas du tout...

Une lecture qui a, malgré mes réserves, encore une fois la qualité de brosser l'histoire avec un grand H en même temps que les petites histoires de ses protagonistes de papier.

Editions Actes Sud - 18.30€ - Août 2009 

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Mango a trop détesté Zak et est restée en retrait du couple - Lilly recommandait chaudement lors de la rentrée littéraire 2009 - une impression en demi-teinte pour Stephie qui souligne malgré tout la qualité de l'écriture - ...

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