01 octobre 2016

Juste la fin du monde

Et parfois je vais au cinéma... voir des films qui me touchent, filmés par un Xavier Dolan qui ferait une belle figure masculine d'Antigone, des films où la caméra est au plus près des visages, des émotions et de la sueur. Et parfois aussi, dans ces films, la musique est tellement forte quand elle s'invite par surprise, tellement là au bon moment, qu'elle emporte avec elle un morceau de coeur... Bon week-end !

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27 septembre 2016

Petit pays, Gael Faye ~ Rentrée littéraire 2016

petitpays

"J'avais beau espérer, le réel s'obstinait à entraver mes rêves."

Nous sommes au Burundi, au début des années 90, Gaby vit avec sa petite soeur Ana, et ses parents, dans un quartier préservé réservé aux expatriés. Le père de Gaby est français, sa mère est rwandaise. Les journées passent doucement, tout est paisible et doux. Gaby passe son temps libre avec une bande de copains, tous habitants de la même impasse. Mais peu à peu, le quotidien change. Les parents de Gaby se séparent, la famille rwandaise de sa mère commence à craindre pour sa vie, et le vent de démocratie qui a engendré les dernières élections au Burundi s'avère être un feu de paille.

Gaël Faye explore dans ce premier roman un monde disparu, fait de moments simples, avant que l'Histoire ramène chacun à son identité ethnique, détruise et sépare. La violence (et quelle violence !) s'insinue dans un univers d'enfant espiègle et innocent, et c'est cette intrusion qui serre le coeur du lecteur, alternativement balancé entre le sourire et les larmes. Mais la tragédie est là, et elle ne laisse pas le choix. Il faudra bien protéger sa vie, fuir en France, se rendre compte que le passé ne reviendra plus. J'ai beaucoup aimé le ton léger de ce livre, qui n'empêche jamais de comprendre ce qui se passe en arrière plan via les conversations des adultes, et la multitude de personnages qui l'habite. Je décerne une mention spéciale à la bibliothèque de Madame Economopoulos et aux instants de tendresse disséminés ici et là... Une lecture de rentrée indubitablement marquante.

Éditions Grasset - 18€ - 24 août 2016

Ce roman a reçu le Prix Fnac 2016 - Lu dans le cadre du challenge Premiers romans... et du challenge 1% rentrée littéraire...

68premieresfois            

 

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25 septembre 2016

Dimanche

En ce moment, je passe mes dimanches en compagnie de Wallander, à regarder le replay sur Arte de la quatrième et dernière saison, et ça ressemble un peu au bonheur. Bon dimanche !

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24 septembre 2016

Le Sanglier, Myriam Chirousse ~ Rentrée littéraire 2016

lesanglier

 "C'est l'amour, se dit-elle. Tout ce qui nous arrive, c'est l'amour. Cette absurdité, c'est l'amour."

Christian et Carole doivent aller déjeuner chez Mamivette, la grand-mère de Carole. Nous sommes samedi, le jour où ils quittent le Plateau, ce coin reculé où ils logent, dans une vieille bicoque, pour faire leurs courses dans le grand centre commercial de la ville la plus proche, quand même à deux heures de route. Le réveil a été difficile, la nuit mauvaise, et dès le début tout part de travers. Carole a envie de faire pipi un quart d'heure après leur départ, Christian a peur d'un rien, s'énerve. En revenant sur le parking du centre commercial, Carole constate qu'elle avait mal fermé sa portière de voiture. Cet incident va déclencher chez Christian des réactions incontrôlables. A quel moment Carole a-t-elle donc perdu le fil de cette journée ?

De Myriam Chirousse, j'avais lu avec passion Miel et vin, en son temps un gros coup de coeur de lecture. Il me tardait donc de lire son nouvel opus de rentrée. Et je ne suis pas déçue car encore une fois c'est un gros coup de coeur ! Pourtant, ce titre est très différent de la fresque qu'elle nous avait précédemment donnée à lire. Ici, l'action se déroule sur une journée, nous sommes la plupart du temps dans le huis clos d'une voiture, où se joue un dialogue entre deux personnages. L'espace temps, les lieux, l'atmosphère, tout est très resserré, et je dirais même oppressant. Et c'est là que Myriam Chirousse est talentueuse. Elle nous tient du début à la fin sur la même note aiguë de tension, qui tranche avec la banalité terne d'un samedi ordinaire à courir les magasins. Ne passez pas à côté, ce livre est génial !

Editions Buchet Chastel - 14€ - 25 août 2016

Coup de coeur aussi chez A Bride abattue - A consommer sans modération pour Clara ! - La lecture de Sandrion qui rencontre bientôt l'auteure.

22 septembre 2016

Rester en vie, Matt Haig ~ Rentrée littéraire 2016

resterenvie

 "La dépression est peut-être un prix sacrément élevé pour s'éveiller à la vie, et tant qu'elle a le dessus sur vous, rien ne semble valoir la peine de le payer."

Alors qu'il est dans un des lieux les plus propices à la fête et à la joie, à Ibiza avec son amie Andréa, Matt a une crise d'anxiété et de dépression phénoménale. Il n'a que 24 ans et c'est le début d'une grande lutte avec ce "chien noir" qu'il faut à présent apprendre à apprivoiser.

Rester en vie est le récit de la dépression qui a terrassé autrefois Matt Haig, mais aussi du combat quotidien de l'écrivain qu'il est devenu pour mener avec ce compagnon indésirable une vie normale. Dans ce livre, l'auteur explique très bien à quel point ce mal peut atteindre tout le monde, et n'importe qui, que personne n'est à l'abri. Outre sa propre histoire, il nous raconte celle de personnages célèbres qui ont su chacun à leur tour, transformer cet handicap en art, talent ou qualité. Le tout est plein d'un optimisme joyeux étonnant, de courage et de générosité, il n'est absolument pas larmoyant et défaitiste. Il donne goût à la vie, justement, en donnant quelques clés pour mieux vivre, voir, savoir ce qui compte réellement, faire de ce fardeau qu'est la dépression un atout et avoir envie de rester en vie

J'ai aimé ce titre, de nombreuses phrases ont fait écho en moi, et puis il y a ces très belles pages sur le pouvoir de la lecture, si réconfortantes. Matt Haig sait dire combien fuir dans les livres n'est pas se perdre mais au contraire se donner une chance de se trouver enfin. Matt Haig reste dans ce récit un écrivain, il ne livre pas un guide de survie mais bel et bien une magnifique réflexion sur notre façon d'être au monde. Ce livre a fait battre mon coeur à plusieurs reprises, par sa sincérité, et ses réflexions pertinentes. Je l'ai lu avec une grande émotion cet été et il est pour moi un gros coup de coeur de cette rentrée !

Editions Philippe Rey - 18€ - 22 septembre 2016

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17 septembre 2016

Pause

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Après une rentrée en fanfare, pleine de coups de coeur, j'enchaîne les lectures qui me tombent des mains... En parler, ne pas en parler, j'hésite. J'ai décidé de ne pas me forcer... et de retrouver sereinement le chemin de la lecture avec une petite pause. Pas de texte pour l'atelier d'écriture de Leiloona lundi, donc, mais je tenais à vous remercier pour vos si chaleureux encouragements et commentaires sur mon dernier texte... mon petit coeur a fait boum (vous ne pouvez pas imaginer). Le micro challenge Hugo Boris suit son cours, vous pouvez déposer vos lectures récentes et anciennes... car il s'agit seulement de mettre une petite lumière sur cet auteur méconnu. Merci à vous. Je reviens dans quelques jours. Bon week-end ! 

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15 septembre 2016

Otages intimes, Jeanne Benameur

otagesintimes "Faut-il accepter qu'il n'y ait aucun refuge ?"

Etienne vient d'être libéré, il avait été pris en otage au cours d'un reportage, il est photographe de guerre. Mais le retour dans le village de son enfance, auprès de sa mère, la reconstruction, ne sont pas si simples. Il ressent le besoin de réunir autour de lui ses amis de toujours, Enzo et Jofranka. Et puis il y a la musique, qui fait le lien et le ramène à la vie. Sa mère joue tous les jours, pour lui. Comprendra-t-il enfin pourquoi il n'a de cesse de partir ? Tout comme son père. Une image l'obsède, la dernière, celle qu'il n'a pas pu prendre avant d'être kidnappé, cette femme qui tentait de sauver sa famille, leur voiture pleine, prête à partir. Et puis il y a Emma, qui ne voulait plus l'attendre et l'a quitté juste avant son dernier départ, et sa lettre aujourd'hui qui ne demande plus rien, qui constate seulement la fin.

Perdu, toujours otage malgré sa libération, Etienne tente de se ressourcer afin de pouvoir de nouveau vivre au monde. Ses amis l'aident, et il comprend peu à peu à quel point nous sommes tous otages de quelque chose, en nous, de nos émotions, de notre histoire, de nos manques, de nos empêchements. J'ai beaucoup aimé lire cet opus de Jeanne Benameur, ces mots qui permettent d'être au plus près des émotions intimes de chacun des protagonistes, de ressentir le présent si fort. C'était un moment particulier que la lecture de ce livre, un moment assez intense, de ceux qui remuent des choses en soi. Une très belle lecture !

Editions Actes Sud - 18.80€ - Août 2015 - Merci à mes prêteurs !!

Ce titre a été beaucoup lu sur la blogosphère - Sa page sur Babelio [clic ici]

 

 

14 septembre 2016

Challenge lecture Hugo Boris

hugoboris-001

Bonjour chers blogueuses et blogueurs !! Comme nous sommes quelques un(e)s à avoir envie de lire les titres de cet auteur pendant cette rentrée, je vous propose de regrouper ici vos lectures futures (et même anciennes), si le coeur vous en dit. Pas besoin de mettre le logo, c'est juste pour le fun. Je vais personnellement essayer de lire tous ses titres (après mon coup de coeur pour Police). Il suffit de mettre le lien vers vos billets en commentaires ci-dessous. Chers lecteurs, vous accéderez aux billets de lecture en cliquant sur le nom des blogueurs.

police   troisgrandsfauves   jenaipasdansedepuislongtemps 

ladelegationnorvegienne lebaiserdanslanuque 

Police (2016) - Antigone - Alex - Yv - Eimelle - Sandrine - Anne - Zazy - Sébastien - Kathel - Enna - Tilly - Une comète

Trois grands fauves (2013) - Sébastien - Anne - Jostein - Kathel - Sophie - Zazy

Je n'ai pas dansé depuis longtemps (2010) - Sébastien - Sophie - Antigone

La délégation norvégienne (2007) - Sébastien - Alex

Le baiser sur la nuque (2005) - Antigone - Sébastien


Pour aller plus loin (un grand merci à Sophie) :
Cinq questions à Hugo Boris [clic ici] et Pourquoi écrivez-vous Hugo Boris ? [clic ici]

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13 septembre 2016

Le baiser dans la nuque, Hugo Boris

lebaiserdanslanuque "De ces gens qui ne savent pas faire autrement, ne connaissent pas d'autre chemin pour dire les choses. La gentillesse du pauvre, bonne à prendre, le sentiment compliqué, mieux que rien."

Fanny est sage femme. Louis est ce frère venu remplacer au pied levé le jour d'un accouchement ce père qu'une petite fille ne connaîtra jamais. Drôle d'endroit pour une rencontre. Mais Fanny est aussi une mère qui a perdu à chaque naissance un peu d'audition, et Louis donne des cours de piano. Alors la rencontre se poursuit. Fanny veut jouer, entendre ce qu'elle peut encore entendre, et puis poursuivre quelque chose d'indicible qui la mène au numéro 37 de cette impasse où vit le jeune homme. Elle vient tous les jeudis, apporte à chaque séance un bracelet de naissance récupéré. Ils ont leurs rituels, leurs habitudes, leur intimité, la musique ... 

Je voulais lire un autre titre d'Hugo Boris, après mon coup de coeur pour son Police. J'ai donc ouvert son premier roman, et le moins que je puisse vous dire est que l'écriture d'Hugo Boris irradie dès les premières pages de ce premier opus, très réussi, fortement sensuel et intense. J'aime cette écriture, brève, rythmée, originale et évocatrice, qui arrive directement là où elle le souhaitait, en faisant fi parfois des codes conventionnels de la narration. Mais peu importe, car le résultat est comme je l'aime souvent, à fleur de peau, au plus près de l'émotion. Et puis, outre de nous raconter une approche entre deux êtres que rien ne disposait à se croiser, l'auteur aborde également et crûment ce moment si spécial de l'accouchement, par de multiples récits de naissances très forts et réalistes, et j'ai aimé ça aussi, cet hymne à la vie, et cet hommage si juste au courage des mères. Un roman à découvrir et un auteur à continuer de lire, indubitablement... chic !!

Editions Pocket - 6.95€ - Juillet 2011 - Merci ma bibli !!

Police est dans la sélection #MRL16

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12 septembre 2016

Ma rebelle ~ Atelier d'écriture

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Tu avais décidé de prendre de la hauteur, de t'en moquer un peu de la solitude, d'enfreindre les règles non écrites, celles qui ressemblent vite à des habitudes de célibataires. Ces soirées pyjama qui s'éternisaient sur le canapé et qui te laissaient groggy, insatisfaite. Tu avais revêtu ce blouson en cuir que tu ne mets jamais, remisé depuis son achat dans un creux de ta penderie. Il sentait bien un peu mauvais, le bois, le neuf et le renfermé. Mais avec ta jupe fleurie, il te donnait cet air de rebelle dont tu avais besoin ce soir. Accord parfait. Ta liberté tu la trouvais dorénavant dans tous ces gestes anodins, ces petits pas de côté, ces manières d'être différente, de dire non, plus tard, peut-être, ou jamais. De ne jamais être là où l'on t'attendait. Une lutte continuelle. Tu ne cherchais pas la provocation. Non. Plutôt à faire entendre ta voix dans le brouhaha du monde, ta différence, ton identité. A ne jamais te laisser engloutir par cette norme que tout le monde cherche. Ce graal moderne. Être une Antigone. Partout. A la sortie de l'école, en prenant les mains de tes enfants. Au travail, en cherchant au-delà des fenêtres quelque chose, un détail, qui te ferait sourire, et t'extraire. A la maison, en laissant des tâches de côté pour attraper un livre, en pensant à une phrase au milieu du ménage, en laissant refroidir l'eau de la vaisselle pour vérifier une pensée. A donner un sens à tout. De l'air à ton esprit. Surtout depuis que tu savais combien ta vie t'appartenait. Surtout depuis qu'elle t'avait parue si fragile. Tu avais décidé que ce soir était le bon soir pour aller sentir le vent dans tes oreilles Place de la Concorde et peut-être monter sur la grande roue. Apprivoiser Paris la nuit. Même seule. Tes enfants chez leur père. Tu imaginais leur visage bleuté, reflétant la lumière de la télévision. Disney pour un soir. Le sucre et le miel qu'accordent les parents esseulés pour palier l'absence de l'autre. Et là, pour toi ce soir, le cuir sur ta peau nue. Tes cheveux pour une fois attachés en un chignon défait. Le tissu de ta robe frôlant tes cuisses. Et puis ce regard que tu te lances dans le miroir de l'ascenseur, souligné de noir. Le sourire que tu t'adresses. Encore un moment de gagné sur la course du monde, cette sortie. Encore un jour de gagné pour la joie. Oublié le temps des pleurs, de la séparation douloureuse, et du confinement qu'amène cette certitude de ne plus jamais être heureuse. Comme tu te trompais. Comme le temps arrange bien des choses, et surtout l'amour que l'on se porte à soi-même. Le couple, la famille, cet autre enfermement dans lequel tu t'étais laissée piéger. L'autre qui t'étouffe au point de ne plus savoir qui tu es. Alors que l'amour c'est seulement respirer mieux, plus fort, à deux. Et comme Paris allait être magnifique ce soir vu d'en haut. Comme tu te sentais belle, libre, enfin, ma rebelle.

Un texte écrit pour l'atelier d'écriture de Leiloona [clic ici]... une photo, quelques mots. 

Posté par Antigone1 à 06:02 - - Commentaires [30] - Permalien [#]
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