27 octobre 2016

Jeudi

jeudi

Alors que l'automne bat son plein de feuilles mortes et de fruits délicieux (quoique de proportions étranges)... Sinon, pendant ce temps, je lis Comme dans un film de Regis de Sa Moreira et aussi Un foyer de Julie Lamiré. Et oui, en même temps, simultanément. Une fois n'est pas coutume. Tout cela parce qu'hier j'ai pris le train, et j'ai alors commencé le deuxième sur ma liseuse... moins lourde à transporter que le premier roman/pièce de théâtre. Rendez-vous hier au CHU de Nantes, pour démarrer un autre suivi concernant ma myopathie. Etape importante, une démarche que j'ai eu pour autant beaucoup de mal à faire. Toujours cette histoire de maladie invisible sans évolution ni remède, qui amène à douter de son bon droit de se plaindre, ou de consulter, alors qu'une cicatrice sur mon bras gauche atteste pour toujours qu'une biopsie a eu lieu, un diagnostic posé (mais tellement tard, si tard que j'ai intégré malgré moi le qualificatif de feignante... ça aussi pour toujours). Rendez-vous important donc, mais seulement une première étape. La confirmation qu'il n'existe aucun remède possible. Et savoir qu'il faut continuer à se débrouiller comme ça, avec ce corps moins capable. Entendre se dire encore une fois combien mon affection est bénigne, je ne serai jamais en fauteuil roulant (tant mieux non ?). Entendre se dire aussi que j'ai bien fait de mettre en place un dossier de prise en charge du handicap (?). Dans le discours du corps médical, avoir l'impression de tenir sur la pointe d'un seul pied sur une poutre. L'équilibre ne tient qu'à moi, à la force de mes bras tendus. Mais qui est là quand je tombe ? Bon, j'ai compris. Bilan génétique à venir, pour poser entre autres l'hérédité, les choses, avoir des traces à montrer, prouver. Je remercie ceux qui ont pensé à moi hier, d'avoir été là... vous étiez une ribambelle de petits coeurs que je traînais dans mon sillage. ;) Même si je dois avouer que j'ai eu du mal à maintenir à chaque minute le bouleversement. Parfois, il faut seulement se dire... aujourd'hui tout va bien.. et demain est demain. Tant que je tiens. Bon jeudi !

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25 octobre 2016

Boys don't cry

Ma soeur d'anniversaire... à quelques années de différence... et quelques détails physiques près... Sinon, tout pareil.

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24 octobre 2016

La Suture, Sophie Daull ~ Rentrée littéraire 2016

lasuture

 "Je vais tisser une étole à réchauffer mes mortes, composer une histoire à me repeupler, pour épaissir mon sang que l'absence du leur a rendu trop liquide, trop rapide - un torrent tout fou où ne battent que ces chiffres, plus jamais les saisons. Je vais inventer leurs hivers et leurs printemps, ranimer leur souffle éteint, repulper leurs lèvres aimantes dont j'aimais tant les baisers."

Sophie Daull nous a conté dans le très lumineux et douloureux Camille, mon envolée, le départ abrupt de sa fille de seize ans. Et cette absence fait face à une autre absence, celle de sa mère Nicole, disparue quand elle même n'avait que dix-neuf ans, emportant avec elle bien des secrets sur son passé. Alors, il est soudain question de partir en quête de cette mère méconnue, à partir de rien, seulement quelques photos, si peu de documents, d'inventer, de tisser, pour peut-être réussir à recoudre cette plaie que creusent ces morts trop précoces dans la vie de Sophie Daull.

Avec ce nouvel opus, dont je redoutais sans doute un peu la lecture, de peur d'être déçue par un récit qui manquerait de force après son premier livre, de décence (à tort), Sophie Daull confirme son talent d'écrivain. Et à l'instar d'Isabelle Monnin dans Les gens dans l'enveloppe ou d'Eloïse Lièvre dans Les gens heureux n'ont pas d'histoire, j'ai aimé la suivre dans sa recherche d'une vérité forcément subjective, dont les blancs sont repeuplés par le pouvoir de l'imagination ou du souvenir tronqué. Et il est tellement intéressant ce parcours, et il est tellement évident que derrière chaque visage se cache une histoire particulière, un roman, et que tout le monde a le sien à raconter. Les gens inintéressants n'existent pas. J'ai aimé lire ici le roman de vie de Nicole, qui existe à présent dans les livres auprès de Camille, sa petite fille. Et j'espère que Sophie Daull continuera d'écrire, car elle a sa voix en littérature, sa manière de construire des phrases luxuriantes et enveloppantes, et je souhaite pouvoir la lire de nouveau à la rentrée prochaine pourquoi pas. Un roman de rentrée sensible.

Editions Philippe Rey - 17€ - 25 Août 2016

23 octobre 2016

Tête de PAL

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Une petite PAL qui monte qui monte qui monte... et là de plus, je vous montre ce que je regarde quand je lis. ;) Un peu de pression ? Vous croyez ? N'oubliez-pas, bientôt, en Novembre, il s'agira chez moi et chez Anne, et pour ceux qui se sont déjà inscrits, de faire baisser cette PAL, justement, en posant chez nous, ou sur le groupe facebook dédié, vos lectures. Des petites surprises à la clé à gagner !! En attendant, n'oubliez pas de vous inscrire ici [clic].

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21 octobre 2016

Je ne pars pas je nage

[Julien Doré dans mes oreilles... et un peu dans mon coeur aussi] Sinon pendant ce temps, je lis pour l'Objectif Pal de Novembre (le billet attendra donc). Quelques jours de vacances commencent, de quoi avancer dans mes lectures, rêvasser, regarder des films, écouter de la musique et peut-être même écrire... Aujourd'hui, je suis allée voir la mer, le soleil était partout. Bonheur.

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20 octobre 2016

Les mains lâchées, Anaïs Llobet ~ Rentrée littéraire 2016

lesmainslachees

 "A la rédaction, on m'a félicitée. D'avoir su être à Tacloban avant Yolanda, d'avoir su flairer le typhon qui se préparait."

Madel est présente lorsque la vague énorme, le typhon meurtrier, prénommé Yolanda, ravage cette côte des Philippines où elle se trouve en compagnie de Jan, l'homme qu'elle aime. Après la violence des flots et l'intensité du chaos, elle se rend compte que Jan a disparu, et elle réalise qu'elle a lâché la main de l'enfant qu'on lui avait confié. Autour d'elle, que des morts. Madel cherche à rejoindre les secours, et de fil en aiguille se laisse reprendre par sa fonction de journaliste, devient l'envoyée spéciale sur place, celle qui doit montrer. Toute la difficulté est de recueillir avec respect la parole des survivants, pour que cela serve, soit réellement utile, et de ne pas sombrer... 

Anaïs LLobet, journaliste à l'AFP Moscou, était correspondante pour plusieurs médias aux Philippines lorsque le typhon Haiyan a ravagé le pays. Les Mains lâchées est son premier roman. Et la force de ce roman tient essentiellement justement dans ce réalisme, à la fois cru et tendre, hors du temps, ces quelques semaines qui ont suivi l'évènement et qui laissent les habitants sidérés et anéantis. Elle n'est pas facile à raconter pourtant cette population tétanisée qui compte ses morts. Anaïs Llobet y parvient avec une grande délicatesse. Elle sait aussi nous présenter des personnages attachants, humains, héroïques ou simplement vivants. Elle donne tour à tour la parole aux anonymes croisés et à Madel, figure iréelle, une étrangère dans ce pays. Un roman édifiant et éprouvant, qui pointe du doigt la réalité du réchauffement climatique.

Editions Plon - 16€ - 18 août 2016

Un des choix de Leiloona pour la sélection de Price Minister 

  68premieresfois

Badge Lecteur professionnel Lu sur ma liseuse grâce à NetGalley

19 octobre 2016

Karma City Tome 1 - Pierre-Yves Gabrion

karmacity

 "Mouais... Finalement, le destin... le karma... où se trouve le libre arbitre dans tout ça ?! Hein ?"

Karma City est une ville futuriste où le concept de Karma règne sur tout. Emma List, une jeune scientifique dont le Karma toujours positif fait la fierté de ses parents, passe un beau jour les portes de contrôle de la capitale avec un karma légèrement négatif. Elle qui est célibataire raconte une vague histoire de dispute familiale au petit déjeuner pour amadouer ses interlocuteurs puis franchit les portes de la cité, en larmes. Quelques minutes plus tard, un AVC la terrasse au volant de son véhicule. Les agents Cooper, Napoli et Asuki mènent l'enquête. Mais d'autres personnes sont également victimes d'un AVC dans les heures qui suivent. L'enquête prend donc tout à coup une autre envergure. Emma était paléontologue et avait trouvé un mandala gravé, témoignage de sociétés pré-karmiques. Le supérieur des agents, la police locale, de nombreuses personnes semblent impliquées... Il est temps alors pour Cooper, Napoli et Asuki de continuer leurs recherches, mais cette fois-ci dans l'ombre...

Je ne serais pas allée naturellement vers cet album si il n'avait pas circulé dans mon groupe de bibliothèque. Je suis plutôt attirée habituellement par les romans graphiques. Cependant, je ne regrette absolument pas cette lecture, car j'ai été indubitablement prise par le suspens de cette enquête policière pleine d'humour. Et j'ai très hâte de lire à présent le tome 2. Il n'y a pourtant rien d'original dans cette histoire, on y retrouve une société utopique, une jeune chef qui débute, un vieux briscard bourru qui la forme au métier, de la corruption en haut lieu, des secrets, etc... mais tout cela fonctionne très très bien et est très distrayant. De plus, chaque page est assez parfaite (disposition des cases, choix des couleurs, dialogues). Bref, j'ai aimé la vivacité de l'ensemble et en redemande. 

Editions Dupuis - 20.50€ - 9 septembre 2016 - Merci ma bibli !!!

karma1              karma2
Je participe cette année à La BD du mercredi !! Tous les autres liens sont cette semaine chez Stephie [clic ici]. 

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18 octobre 2016

Mardi

julien

La voix de Julien Doré, suave et précise, me permet de passer quelques étapes depuis quelques jours, à travers son merveilleux album Love, qui tourne en boucle dans mes oreilles... Il me permet de croire à la sensibilité, à la clairvoyance. Et puis ce soir je reçois son dernier opus en cadeau, "&". Alors il est possible que je me perde un peu dedans. Même si pendant ce temps, je lis quand même... notamment Les mains lâchées de Anais Llobet (récit éprouvant), et puis des BD (rendez-vous demain). 

&
Il n'est rien sans lien
Tout est "et" au départ.
Rien n'existe sans une addition, sans union.
Ce & qui se contemple ou se dit "Esperluette" sera ma ligature
entre l'autre & l'ailleurs, entre vous & moi.

 

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16 octobre 2016

Jean-Luc Lagarce

"Raconter le Monde, ma part misérable et infime du Monde, la part qui me revient, l'écrire et la mettre en scène, en construire à peine, une fois encore, l'éclair, la dureté, en dire avec lucidité l'évidence. Montrer sur le théâtre la force exacte qui nous saisit parfois, cela, exactement cela, les hommes et les femmes tels qu'ils sont, la beauté et l'horreur de leurs échanges et la mélancolie aussitôt qui les prend lorsque cette beauté et cette horreur se perdent, s'enfuient et cherchent à se détruire elles-mêmes, effrayées de leurs propres démons.
Dire aux autres, s'avancer dans la lumière et redire aux autres, une fois encore, la grâce suspendue de la rencontre, l'arrêt entre deux êtres, l'instant exact de l'amour, la douceur infinie de l'apaisement, tenter de dire à voix basse la pureté parfaite de la Mort à l'oeuvre, le refus de la peur, et le hurlement pourtant, soudain, de la haine, le cri, notre panique et notre détresse d'enfant, et se cacher la tête entre les mains, et la lassitude du corps après le désir, la fatigue après la souffrance et l'épuisement après la terreur."

Extrait de De luxe et de l'impuissance, Jean-Luc Lagarce - In Juste La fin du Monde - 7.50€ - Les Solitaires Intempestifs

lagarce

Ci-dessus, le CD, et le texte de la pièce à l'origine du film de Xavier Dolan, par Jean-Luc Lagarce, mort du sida en 1995 avant que sa pièce connaisse le succès. La lire et constater cet intéressant travail de réécriture cinématographique.

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15 octobre 2016

Molécules, François Bégaudeau ~ Rentrée littéraire 2016

molecules

"Ça l'embête qu'ils deviennent ennemis, ce serait indigne de leur belle histoire. Elle a raison, on ne peut pas en vouloir à quelqu'un de ne pas aimer. L'amour n'est pas une créance. Elle ne lui doit rien."

Jeanne Deligny est morte, tailladée sur un des paliers de son immeuble. Il faut retrouver son agresseur, comprendre qui a pu vouloir la mort de cette femme sans histoires qui laisse derrière elle un mari pharmacien et une toute jeune fille. Elle travaillait dans un centre pour handicapés, pensait adopter Didier, malgré ce que Charles en pensait. Il a dit les fous ne sont pas tes enfants. Mais maintenant, tout a changé, depuis le meurtre de Jeanne, et la sidération, il est prêt. Sa fille Léna récupère un frère. Et l'on retrouve le meurtrier de Jeanne, un ancien amoureux transi, Gilles, qui avoue sans sourciller avoir voulu supprimer enfin la cause de tous ses malheurs...

Je lis régulièrement François Bégaudeau depuis que je l'avais écouté en rencontre il y a fort fort longtemps... et je reste souvent assez curieuse de ce qu'il écrit, même si le résultat est parfois désarçonnant, entre sentiment d'agacement et coup de coeur. J'avais par exemple adoré son Au début [clic], aimé Entre les murs, mais moins Fin de l'histoire [clic] ou La blessure, la vraie [clic]. Bref, François Bégaudeau ne me laisse pas indifférente, j'ai donc voulu lire encore en cette rentrée son nouvel opus. Et cette fois-ci, il m'a surprise encore, à s'essayer ainsi à un style qui frôle l'enquête policière et le thriller psychologique. Et en réalité, j'ai aimé ce que j'ai lu cette fois-ci, l'écriture inventive et vivante, et cette ambiance, un peu glauque (mais pas trop), une peu tendue (mais pas trop) et un peu sarcastique. Un texte à découvrir, avec beaucoup de second degré en soi.

Editions Verticales - 19.50€ - 18 août 2016