05 juillet 2012

Le Cherche bonheur, Michael Zadoorian

lecherchebonheur"Quand John et moi nous sommes passé la bague au doigt, nous avons fait comme tout le monde à l'époque. Une célébration toute simple dans l'église de ma paroisse, une petite fête chez ma tante Carrie avec nos parents et nos amis, un gâteau confectionné par ma mère, quelques sandwiches et du café. Des réjouissances modestes, contrairement aux représentations à grand spectacle que sont les mariages de nos jours, avec cathédrale, château et limousines. [...] A quoi bon une telle folie je vous le demande ? Les plus belles cérémonies du monde ne préparent pas à ce qui nous attend au final : nous faire conduire dans un  fauteuil roulant au milieu de grottes à touristes criardes par l'homme qui est le père de nos enfants. Mais le temps de l'apprendre, nous y sommes."

John et Ella, l'un frappé d'Alzheimer et l'autre de cancer, ont plus que jamais besoin de vacances. Faisant fi de toutes recommandations médicales, et sans prévenir leurs deux enfants adultes, ils montent dans leur camping car, baptisé Le cherche bonheur et prennent la route 66, destination Disneyland.
Leur étrange équipée arrive cahin caha à avancer, trainant dans son sillage quelques inquiétudes, des diapos du passé et une volonté de fer...

J'ai aimé lire ce roman en forme de road movie, que je pensais pourtant plus léger qu'il ne l'est à la lecture. On ne peut en effet oublier les maladies dont souffrent les deux personnages principaux, la douleur est présente quotidiennement - même si elle est masquée sous le terme pudique de "gêne". Heureusement, les paysages décrits, les moments de complicité et les rencontres permettent de conserver au livre sa saveur dépaysante. Et puis, on ne peut que saluer le caractère bien trempé d'Ella.
Une lecture qui interpelle et permet le voyage.

Editions 10/18 - 7.50€ - Octobre 2011

Un livre très lu sur la blogosphère... Keisha a quitté ces deux-là le coeur un peu serré - Canel l'a trouvé flippant - Aifelle souligne son côté drôle et émouvant - Une magnifique histoire d'amour pour Theoma - Une jolie balade sur la route 66 pour Kathel - Un bonheur pour Anne !!

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03 juillet 2012

Avoir une fille

... et lui apprendre à tricoter, tout simplement parce qu'elle souhaite habiller une poupée dépourvue de pantalon.
Rester étonnée de son plaisir, et de ma propre capacité à transmettre quelque chose que je pensais perdu.
Quelle jeune-fille a donc encore envie d'apprendre cela de nos jours ?

TRICOT 001

Lui faire aussi découvrir Dirty Dancing hier soir, et me rendre compte que les films cultes et kitchs ne vieillissent pas, et puis que je n'ai plus de bébé à la maison. Grande fille rentre en sixième à la rentrée.

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02 juillet 2012

Je Descends Du Singe

Marc Lavoine

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01 juillet 2012

Le sixième crime... en poche !

lesixièmecrimeSébastien Fritsch poursuit son aventure éditoriale et littéraire en nous proposant pour l'été une version poche de son roman policier Le sixième crime.

Lex, un talentueux écrivain francophone, vit en reclus depuis plus de quarante ans dans un hameau perdu de la Drôme provencale. Aucun journaliste n'a jusqu'à ce jour réussi à percer le mystère de son identité et de ses motivations. Mais quel sera son attitude face à un commandant de la police judiciaire ? Car, à présent, il s'agit de crimes, et de crimes atroces, à priori inspirés par d'obscurs polars écrits par un auteur inconnu, disparu aujourd'hui, Etrangement, tous les chemins de l'enquête mènent à Lex, et Jérôme Babalnic compte sur l'auteur pour l'aider à résoudre le mystère des cinq derniers meurtres, et si possible éviter l'exécution du sixième.

Voici ce que j'en avais pensé à l'époque...
"Voici une intrigue "littéraire" à multiples tiroirs, énigmes et jeux de mots, qui m'a promenée comme une débutante, à la manière peut-être de certains Agatha Christie. La force du récit tient dans le huis clos tendu entre les personnages, dans cette impression confuse de labyrinthe générée par les mutiples portes, chambres et pièces décrites, et dans cette chute inattendue qui m'a fait sourire. Et quelle apparente facilité d'écriture ! A découvrir donc !" [mon billet]

Editions fin mars début avril - 5€ - Sortie le 5 juillet 2012

Disponible en librairie - En l'achetant en utilisant [ce lien] on peut même bénéficier d'une dédicace !

Le blog de l'auteur - Ses autres romans ... Derrière toute chose exquise et Invitation pour la petite fille qui parle au vent

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30 juin 2012

Hôtel des adieux, Brad Kessler

hôteldesadieux"Ana voulait sentir l'eau sur son visage. Elle se dirigea vers l'endroit où les rochers, plus lisses, retenaient des flaques d'eau de mer, d'un vert de liquide de refroidissement. Des membres de la police montée étaient postés tous les dix mètres pour empêcher les gens de rejoindre le bord des rochers. Un ruban jaune avait été tendu le long de la mer elle-même. Tout l'Atlantique, songea Ana, était devenu le lieu d'un crime."

Alors que la fin de l'été s'annonce sur l'île de Trachis Island, un avion sombre près de ses côtes. Kevin et Douglas, gérants d'un hôtel, sont aux premières loges. Ils participent aux secours et accueillent les familles des victimes en lieu et place des touristes partis quelques jours plus tôt. L'évènement bouleverse profondément la vie de l'île. Et les proches des disparus trouvent dans cet havre de paix bien plus qu'un lieu de mémoire, le courage d'un nouveau départ. Ana, spécialiste de la migration des oiseaux, attend que l'on retrouve le corps de Russell son mari, tandis que les autres restent tétanisés de cette perte si absurde et brutale qu'est celle d'une fille, d'une nièce, d'un père et d'une mère, d'un amour de toujours.

Hôtel des adieux nous conte l'histoire d'un crash aérien, mais pas seulement. Il met également en scène notre capacité à survivre à la perte, au deuil, à la mémoire. La métaphore filée tout au long du récit est celle de la migration des oiseaux, via le personnage d'Ana -personnage auquel on s'attache essentiellement - et cela donne au texte une poésie subtile, tout en remettant l'être humain à sa place, un être vivant parmi d'autres.
Une lecture, à la fois profonde et légère, qui m'a pourtant laissée comme un goût de pas assez.

Editions 10/18 - 8.10€ - Juillet 2011 

 

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29 juin 2012

Guy Goffette

"Réveil en musique : il pleut. Rester couché surtout : écrire n'est plus de mise quand la pluie sur le toit chante sans effort, et son vers est impair et passe en sautillant. [...] Ce qu'il dit importe peu : c'est l'âme des choses qu'on croyait en allée pour toujours et qui revient, remplit les creux. On s'en rend compte dès que la pluie a tourné au coin de la rue, pas besoin d'ouvrir les yeux. Le silence n'est plus l'absence de bruits, mais la voix soudain en nous, accordée, complice, de la vie et de l'être. Le temps ne passe plus. Et la terre est enfin bleue comme une orange. Les poètes ont toujours raison."

orange bleu chaise

"Au fond, les vrais voyages sont immobiles. Immobiles et infinis. Solitaires. Silencieux. Souvent, ils commencent dans une chambre où l'on est enfermé parce qu'il pleut ou parce qu'on est malade, obligé de garder le lit. On a huit ou neuf ans, le goût des images qui partent toutes seules dans tous les sens et qu'on lit de même, en sautant par dessus les fuseaux horaires, uniquement préoccupé du cours qu'elles ouvrent en nous et attentif au fleuve qui va venir, qui doit venir, gonflé qu'il est de toute l'eau du regard, de la pluie qui tombe peut-être dans ce monde tout près où l'on n'est plus ; gonflé, oui, et irisé par la fièvre douce (encore et peut-être) qui nous saoule un peu et nous fait dériver entre les motifs du papier peint décoloré."

"Demain, le jardin du monde va refleurir, qui rend ses couleurs aux plus vieilles images, toute sa lumière à celui qui, regardant, voit plus loin que ses yeux et met la mer en bouteille en marchant dans un livre."

... quelques extrait de Les derniers planteurs de fumée (Folio2€). Merci Cathulu !!
Et un auteur qui a pris tout de suite à mon oreille ce ton familier qui fait les belles découvertes. A suivre.

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24 juin 2012

Nous deux

 

jouvence

En pleine conscience j'effleure
Ta présence fugitive
A quand un prochain départ ?
A quand à nouveau ton absence ?

D'un rien tu t'envoles
A peine je me retourne
Et c'est l'évasion

Même là accoudé à ma table
Tu manques
Même ta tête au creux de mon cou
Tu manques

Soulagée d'un sourire retrouvé
Et puis brouilllée embrouillée
Du souvenir des contrariétés
Qui me blessent et te blessent

Nous deux c'est un peu
L'oiseau des mers
Qui aurait épousé un Edelweiss

© Les écrits d'Antigone - 2012

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23 juin 2012

En piste, les dés !

enpistelesdesAlors qu'approchent petit à petit les grandes vacances, la famille Antigone sait déjà qu'elle apportera dans ses valises pour sa semaine de voyage quelques boîtes de jeux. Et oui, malgré les apparences, nos soirées d'été ne sont pas seulement consacrées à la lecture... L'année dernière, nous avions découvert avec bonheur le Pictureka, et joué avec passion à l'indétronable Uno. Cette année, ce sera sans conteste En piste, les dés ! qui aura notre préférence !!

Avec ce livre, un seul coffret et quelques dés, nous pouvons jouer à pas moins de douze jeux. Le petit plus étant sans doute ce petit creux central qui est une piste de lancer intégrée très pratique à utiliser. Le tout est, comme toujours chez Tourbillon, très beau et très bien pensé.

En cette veille de vacances scolaires, et alors que l'on commence déjà à voir fleurir un peu partout des cahiers de vacances ludiques et/ou rébarbatifs, ce coffret est une bonne solution alternative, car il sollicite, sans y toucher, les facultés de l'enfant à calculer mentalement ou à créer des combinaisons de mots. Et voilà qui m'a bien plu. Il est recommandé dès 6 ans, mais il me semble nécessaire de savoir lire et compter un minimum pour mieux l'apprécier. C'est avec ma grande fille de 10 ans que j'ai essentiellement joué pour l'instant, déclenchant à chaque fois entre nous deux une bonne partie de rigolade.

Une idée originale !!
Un grand merci aux éditions Tourbillon !

Editions Tourbillon - 13.95€ - Juin 2012

juin2012bis 028

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21 juin 2012

Pourtant

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20 juin 2012

Les Soeurs Andreas, Eleanor Brown

lessoeursandreas"Tirant leurs ouvrages, Cordy et Bean disparurent derrière les pages ouvertes. Rose demeura un long moment à fixer le vide devant elle, puis finit elle aussi par ouvrir son livre. Voilà, c'était tout, apparemment. Nous n'allions parler de rien, ni partager nos sentiments, ni discuter de quelconques dispositions, ni nous rapprocher affectivement [...]. Au lieu de cela, nous adoptions la seule conduite que nous ayons toujours eue, nous faisions la seule chose où nous ayons jamais brillé avec constance : lire."

Trois soeurs, trentenaires, se retrouvent de nouveau ensemble à Barnwell, dans la maison de leur enfance. Elle sont réunies officiellement pour accompagner leur mère dans l'épreuve de la maladie, un cancer du sein et son lot de chimio, de chirurgie, et d'effets secondaires épuisants. Mais il y a d'autres raisons, celles qu'elles tentent de dissimuler aux yeux de leurs proches, Rose, Bean et Cordy sont toutes les trois à un tournant de leurs vies. Et si l'aînée hésite à prendre son envol pour rejoindre son fiancé en Angleterre, les deux plus jeunes sont venues malgré elles chercher refuge dans un lieu qu'elles n'ont eu jusque là de cesse de fuir, l'une en vivant à New York et l'autre en zonant sur les routes.
Passionné par Shakespeare, leur père ne s'exprime qu'à coup de citations du célèbre dramaturge. Les trois soeurs sont elles-mêmes baptisées de prénoms d'héroïnes.
Trouveront-elles des réponses à leurs questions dans cette maison nichée au creux d'une ville universitaire, où il y a toujours un livre à lire, à prendre, à commencer ou à terminer ?

Et bien, voici un roman d'été, sans prise de tête, qui s'est avéré bien plaisant à la lecture !! 
J'en ai aimé l'ambiance familiale, affectueuse et taquine, et son environnement baigné de littérature. J'ai apprécié aussi cette manie étrange, paternelle et contagieuse, de citer Shakespeare...
Et puis, il y a cette attitude, qu'ont naturellement les personnages - assez semblable à ce qui se passe chez moi - de prendre un livre dès qu'un espace/temps le permet, même une attente de cinq minutes.
Bien entendu, les rouages vont vous paraître un peu trop bien huilés et le tout manquer de vraisemblance, on se demande aussi parfois qui peut bien être le narrateur (les trois soeurs ?), mais peu importe. Malgré un style très simple (trop simple ?), je vous recommande cette lecture "qui fait du bien".

"Comment expliquer la signification des livres et de la lecture dans notre famille, le bonheur des pages, des bibliothèques ?"

Editions Marabout - 19.90€ - juin 2012

Le billet de Mango

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