12 mai 2012

Je bulle !

BULLE

.... Pas de lectures à vous proposer pour le moment, mais des bulles dans le jardin et des enfants (et des grands) heureux du retour du soleil !
Bon week-end à tous !

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09 mai 2012

Anne Morrow Lindbergh

annemorrowlindbergh-large"Une île, des rochers sauvages ne vous isolent pas de ceux que vous aimez. C'est dans les régions sauvages de l'esprit et dans les déserts du coeur que l'on se sent perdu, étranger. Quand on est étranger à soi-même, on l'est également à autrui. Si l'on n'est plus capable de se trouver soi-même, on ne peut espérer rejoindre les autres. Que de fois, à la ville, entre amis, j'ai senti qu'un désert s'étendait entre moi et l'autre ! [...] On ne peut communiquer avec ses semblables qu'à la condition d'être soi-même relié à son propre centre vital. Et, pour moi, c'est dans la solitude que je retrouve le mieux cette source intérieure."

Extrait de Solitude face à la mer (édité chez Pocket en 2003 et épuisé depuis... dommage !). Ce texte a été publié pour la première fois en 1955.

Sur une île sur laquelle elle s'est retirée pour quelques temps, Anne Morrow Lindbergh, épouse du célèbre aviateur, goûte à la solitude et s'adonne à la contemplation des coquillages. Mère de cinq enfants, elle a par ailleurs une vie bien remplie.

Malgré ses quelques traits un peu datés, Solitude face à la mer est un très beau texte d'introspection et de méditation. L'écrivain pose un regard sur la femme américaine d'alors et forte des préceptes de Virginia Woolf (Une chambre à soi) lui souhaite du temps pour elle, pour la solitude et pour l'échange, une vie simple pour garder conscience de sa vie, de l'espace pour restituer aux choses leurs valeur et leur beauté.

"Les vagues font écho derrière moi. Patience, foi, ouverture du coeur et de l'esprit, simplicité, solitude, intermittence, voilà ce que la mer enseigne. Mais il y a d'autres plages à explorer, d'autres coquillages à trouver. Ceci n'est qu'un commencement."

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08 mai 2012

Stoner, John Williams

stoner"Cet amour de la littérature, de la langue, du verbe, tous ces grands mystères de l'esprit et du coeur qui jaillissaient soudain au détour d'une page, ces combinaisons mystérieuses et toujours surprenantes de lettres et de mots enchâssés là, dans la plus froide et la plus noire des encres, et pourtant si vivants, cette passion dont il s'était toujours défendu comme si elle était illicite et dangereuse, il commença à l'afficher, prudemment d'abord, ensuite avec un peu plus d'audace et enfin... fièrement."

William Stoner est né pauvre, dans une modeste ferme du Missouri, à la fin du XIXème siècle. Il suit alors ses études avec application mais ne doute pas que son destin soit de continuer à aider plus tard ses parents à tirer de cette terre ingrate de maigres fruits. Contre toutes attentes, et suivant ainsi les conseils du conseiller rural du village, ces derniers l'incitent à s'inscrire à l'université afin d'obtenir un diplôme en agronomie. Mais c'est vers la littérature que Stoner se dirigera finalement, et d'amitié en soutiens, se retrouvera finalement professeur dans cette université qui lui semblera très vite être son havre, son refuge, le centre de tout. Car Stoner ne trouvera par ailleurs guère de plaisir dans son mariage avec Edith, une jeune femme éthérée, hystérique et fragile, ni avec sa fille Grace, que sa mère n'aura de cesse de malmener...

Il faut dire avant tout - et puis vite oublier - que ce roman est paru pour la première fois en 1965 puis traduit dernièrement par Anna Gavalda. Car, en premier lieu, il est évident que ce roman est très moderne et, en deuxième lieu, bien éloigné de l'univers habituel de la traductrice, quoique magnifiquement traduit (dans la limite de ce que je suis capable de juger, bien entendu). On pense aussi à l'univers de David Lodge en lisant les premiers chapitres, mais John Williams évite heureusement toute caricature alors on fait fie de toutes références et on apprécie.
J'ai beaucoup aimé ce roman, suivre William Stoner de son enfance à sa mort. Voici un personnage très en retrait, anti-héros par excellence, qui observe le monde avec recul, les deux guerres qui ont embrasé le siècle dernier, et se plonge avec fougue et enthousiasme dans la littérature et l'enseignement. Il connaîtra aussi quelques désillusions, rancoeurs et outrages, mais également l'amour avec un grand A. Un personnage complet qui m'a rappelé quelques vieux professeurs rencontrés autrefois à la Fac.
Une lecture en forme de bain de jouvence donc, mais aussi un hymne à la littérature qui ne m'a pas laissée indifférente, un coup de coeur ! (et oui encore !)

 heart  Editions Le Dilettante - 25€ - 27 Août 2011 - Merci ma Bibli !!!

D'autres lectures aussi enthousiastes... Laure et Théoma (même extrait cité d'ailleurs)
Je l'avais noté en tout premier chez Cuné !!

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07 mai 2012

Etre juste un numéro, un tag, un clou...

brétignolles 005-1

... et un jour espérer prendre le large. ;)


Sinon, blague à part, je suis en ce moment en plein dans Stoner de John Williams - traduit par Anna Gavalda - et pour l'instant j'aime bien.
Je crois que je suis dans une phase de gloutonnerie côté lectures, c'est grave ?

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06 mai 2012

La Liste de mes envies, Grégoire Delacourt

lalistedemesenvies"C'est le besoin d'un tapis de bain antidérapant qui nous maintient en vie. Ou d'un couscoussier. D'un économe. Alors on étale ses achats. On programme les lieux où l'on va se rendre. On compare parfois. Un fer Calor contre un Rowenta. On remplit les armoires lentement, les tiroirs un à un. On passe une vie à remplir une maison ; et quand elle est pleine, on casse les choses pour pouvoir les remplacer, pour avoir quelque chose à faire le lendemain. On va même jusqu'à casser son couple pour se projeter dans une autre histoire, un autre futur, une autre maison.
Une autre vie à remplir."

Jocelyne Guerbette est mercière à Arras. Elle aime son mari Jo, malgré les périodes de doutes et de douleurs traversées ensemble, ses deux enfants à présent grands, elle aime sa vie. Un jour, poussée par deux de ses amies, elle joue au Loto et gagne. Se pose alors la question essentielle - quand tout à coup on peut tout s'offrir - que souhaite-t-elle vraiment pour elle, et pour ceux qu'elle aime ? Jocelyne établit la liste de ses envies, ne dépose pas son chèque à la banque, attend, et trouve des réponses...

Et bien, mais que voici un merveilleux livre ! Il aurait été dommage que je passe à côté.
J'ai lu ici et là qu'on lui reprochait beaucoup trop de douce naïveté en début de roman, à ce titre, mais cela ne m'a pas gêné personnellement. J'ai aimé le personnage de Jocelyne Guerbette, ses réflexions, son intelligence humaine, la luminosité particulièrement forte de ce livre dans son ensemble. Rien ne m'a déçu ou gêné.
Bien entendu, nous qui connaissons l'envers du décor, le succès de son blog de couture semble bien extraordinaire. Bien entendu, il s'agit ici d'une fable et le réalisme n'est pas vraiment le propos. Mais quel talent a cet auteur de connaître si bien le coeur des femmes, et combien sont-elles encore aujourd'hui à taire en elles sous des dehors communs, une âme riche et avide de vie ?
Une lecture coup de coeur pour moi !

heart Editions JCLattès - 16€ - 1er février 2012

D'autres lectures, plus mitigées que la mienne... Gambadou et Aifelle
La Pyrénéenne, Bauchette, Leiloona, Cathulu et Clara ont aimé !! 

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05 mai 2012

"Il n'y a que dans les livres...

pour tout direque l'on peut changer de vie. Que l'on peut tout effacer d'un mot. Faire disparaître le poids des choses. Gommer les vilenies et au bout d'une phrase, se retrouver au bout du monde."

Extrait de La Liste de mes envies de Grégoire Delacourt, à son tour en cours de lecture...

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03 mai 2012

En ce moment, je lis...

... Je voulais te dire de Louisa Young. C'est un livre, édité chez BakerStreet, qui sortira en librairie le 16 mai. Malgré son style assez commun, je passe un très bon moment en compagnie de ce roman. Comme quoi, j'aime toujours autant que l'on me raconte des histoires. Mon billet bientôt !

Dernièrement, j'ai commandé deux petites merveilles chez Zü, mais chut c'est pour un cadeau, pour quelqu'un que j'aime... j'espère qu'elle sera contente !

Et puis, ma fille (10 ans) découvre enfin le plaisir de la lecture... Elle vous présente ci-dessous les deux titres qui ont su trouver un chemin vers elle ses derniers temps : La machine à noeuds de mots d'Arthur Ténor et Le Drôle de Noël de Scrooge d'après l'oeuvre de Charles Dickens. Elle a pouffé, elle avait hâte de les terminer et en même temps aurait voulu qu'ils soient plus épais, je confirme ils lui ont plu.

mai2012

Parfois, la vie peut s'avérer bien douce.

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01 mai 2012

L'art poétique

À Charles Moricemuguet

De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

Il faut aussi que tu n'ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l'Indécis au Précis se joint.

C'est des beaux yeux derrière des voiles
C'est le grand jour tremblant de midi,
C'est par un ciel d'automne attiédi
Le bleu fouillis des claires étoiles!

Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance!
Oh! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !

Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L'Esprit cruel et le Rire impur,
Qui font pleurer les yeux de l'Azur
Et tout cet ail de basse cuisine !

Prends l'éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d'énergie,
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où ?

Ô qui dira les torts de la Rime ?
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d'un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?

De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée
Vers d'autres cieux à d'autres amours.

Que ton vers soit la bonne aventure
Eparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym...
Et tout le reste est littérature.

 Paul Verlaine

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30 avril 2012

Forêt noire, Valérie Mréjen

foretnoire"Un soir en revenant chez lui après une brève absence, il avait remarqué une flaque de sang par terre et découvert au fur et à mesure qu'il parcourait les pièces que son colocataire avait décidé d'en finir de la façon la plus atrocement douloureuse qu'il avait pu trouver, en avalant du produit déboucheur pour canalisations."

Quel étrange livre ! Mais quelle fascination aussi, bizarrement douce, à l'évocation de toutes ces disparitions qui jalonnent la vie de la narratrice, comme autant de passages... Pourtant, ils sont souvent d'une violence insoutenable, ces décès, quand on y réfléchit un tant soit peu, terriblement injustes.

Apparemment, Valérie Mréjen a écrit ce texte, cet inventaire partiel qui passe sans transition d'une histoire à une autre, en se référant notamment aux débuts d'épisodes de la série "Six Feet Under", et aussi à une phrase de Mirelle Havet dans son journal de 1918, "...et je suis pleine de morts comme une crypte, pleine de souvenirs et de rêves".

Histoire de revenants donc, comme cette femme qui - à un moment - se promène aux côtés de celle qui raconte. Histoire d'esprits nous cotoyant. Histoire du temps qui passe. Histoire de ce qui n'est plus. Forêt noire est tout cela.
Une lecture spéciale qui ne demande rien au lecteur, sauf de se laisser envoûter.

"Cela vous fait penser à quoi ?
Aux fantômes.
Mais encore ?
A des cerises sur un gâteau.
Oui.
Un gâteau d'anniversaire, qui porterait le nom d'une forêt épaisse et peuplée de fantômes.
Et puis ?
A des couleurs, comme dans un conte : noir comme l'ébène, rouge comme le sang, blanc comme la neige."

Editons Minuit - 10€ - Mars 2012

http://valeriemrejen.com/folio/

Cathulu l'a lu et nous propose une vidéo que je vous rajoute ici

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28 avril 2012

Les Leçons du Mal, Thomas H.Cook

lesleconsdumal"Bien entendu, la nature de ce que j'avais fait était tout à fait claire. Je ne pouvais me méprendre sur le sens de la surexcitation que j'avais perçue dans la voix du shérif Drummond lorsque je lui avais parlé d'Eddie Miller, de Sheila Longstreet, de la fourgonette marron, ni sur la promptitude avec laquelle il avait dû se croire obligé d'agir, et contre qui. Par mon appel téléphonique, j'avais fait d'Eddie le principal suspect dans la disparition de Sheila."

Professeur, Jack Branch tente avec emphase d'attirer l'attention des élèves de sa classe. Tous originaire Des Ponts, le quartier ouvrier de la ville, parfois en difficulté, ces jeunes gens ont en général peu d'intérêt pour ce qu'on leur enseigne. Il a choisi comme thème Le Mal et en profite pour brasser ainsi des pans entiers de l'histoire et de la littérature. Sa technique d'enseignement fonctionne visiblement et le professeur s'attache peu à peu à Eddie Miller, un de ses élèves prometteurs, qui se trouve être aussi le fils du "tueur de l'étudiante". Jack lui suggère pour son devoir de fin d'année d'enquêter sur son père, persuadé que cela aidera le jeune homme taiseux et solitaire à franchir une étape.

L'écriture de ce roman noir a su me séduire, et j'ai trouvé ses personnages plutôt attachants et largement brossés par l'auteur. Thomas H.Cook est agréable à lire.
Cependant, il faut bien dire que l'intrigue, à force d'être ponctuée de funestes prémices annonciateurs en devient lourde, le dénouement arrivant ensuite inévitablement en conclusion comme une déception jamais à la hauteur du terrible malheur attendu. Cette technique stylistique m'a assez agacée, ainsi que l'idée que des cours relativement glauques sur Le Mal puissent sortir des élèves en difficulté de leur voie tout traçée.
Une lecture en demi-teinte donc.

Editions Points - 7.50€ - Janvier 2012

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