26 janvier 2013

C'est autant d'amour que je t'envoie

cestautantdamour"Tu te souviens de l'odeur des pins sur le chemin de la plage l'été dernier ?
Les aiguilles qui tombent d'un seul arbre
Les tapis d'aiguilles sur le chemin
Imagine toutes les aiguilles de pin sur les chemins de toutes les forêts...

C'est autant d'amour que je t'envoie"

...par Coline Irwin

Chaque semaine, ils se parlent au téléphone. Il s'agit d'un père et de sa fille, et de tous les messages et les questions qu'il lui envoie, comme autant de souvenirs et de preuves d'amour.

J'ai pioché ce petit livre en bibliothèque ce matin, dans le coin des enfants. Je l'ai ouvert chez moi tranquillement.
Et c'est une tonne d'amour et de tendresse que j'ai prise sur les genoux. Quel joli petit album ! De belles photographies, des mots tout simples, de tendres moments qui pourraient aussi bien être les réminisciences d'un amour entre adultes.
Une poésie universelle de la tendresse, scandée, qui touche au coeur.

Editions MeMo - 15.20€ - Août 2010 - Merci ma bibli !!

"Tu te souviens des livres qu'on lisait ensemble ?
Le bruit des pages quand on les tourne
Et les phrases dans ces pages
Imagine toutes les lettres de tous les mots des livres qu'on lisait ensemble...

C'est autant d'amour que je t'envoie"


17 décembre 2012

En cours de lecture...

book tasse"Elle ne sait pas où ça la mène. Ca, la vie, grandir. Elle ne sait pas ce qu'il y a devant, dans ce temps qu'on appelle avenir et qui est aussi demain. Que peut-elle faire de tout ce temps ? Il lui arrive de regarder comment les autres vivent.
Le savoir remplit peut-être les heures."

Extrait de L'amour est une île de Claudie Gallay, J'ai lu, septembre 2012

Et pendant ce temps... Sylire nous informe [ici] qu'un film est en préparation sur Les Déferlantes, chouette !!

 

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01 décembre 2012

Tenir... debout

tenir

Tenir de source sûre et cer-
taine que mille choses invi-
sibles se tiennent autour en
cohérence cheveux tirés au
beau hasard pour tracer
route passé présent jusqu'à
tous les matins debout.

In Si je suis de ce monde par Albane Gellé - 16€ - Juin 2012 - Cheyne éditeur

Comme précisé en fin d'ouvrage, Albane Gellé a répondu à une invitation, celle de rejoindre une exposition qui avait pour thème Tenir, debout au Musée des Beaux-Arts de Valenciennes en 2011/2012. Si je suis de ce monde est sans doute le résultat de cette rencontre, il est composé de petits poèmes qui commencent tous par Tenir et finissent par debout.
Avec son économie de mots habituelle, elle sait faire écho et créer des images en nous. L'objet livre est beau et de qualité, il donne envie de se pelotonner dans ses pages. J'aime.

L'avis de Cathulu la tentatrice

J'avais assisté à une lecture publique en 2009

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25 septembre 2012

Père d'Antigone

bauchauantigone... lui aussi, via entre autres le superbe roman qu'il lui avait dédié en 1997, Henry Bauchau est décédé il y a quelques jours à l'âge de 99 ans.
Je lui devais un mot sur ce blog, pour tout l'amour que nous partagions pour ce personnage mythique qu'est Antigone, pour la lumière qu'il a su donner à sa personnalité, sans la dénaturer, pour la force que son écriture a donné aux pas de cette jeune-fille qui prend la route à la suite de son père Oedipe, pour la personne passionnée qu'il semblait être.

"Oui, moi Antigone, la mendiante du roi aveugle, je me découvre rebelle à ma patrie, définitivement rebelle à Thèbes, à sa loi virile, à ses guerres imbéciles et à son culte orgueilleux de la mort.
Par un soudain désillement des yeux je vois que c'est le sens profond de toute ma vie. Si j'ai suivi Oedipe c'était pour lui apprendre - ce que j'ignorais, ce que je n'aurais jamais osé penser sans ce dernier crime de Créon - pour lui apprendre, oui moi, sa pauvre Antigone, à devenir ce qu'il était."
Extrait de Antigone, Henry Bauchau, Editions Actes Sud, 1997

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12 septembre 2012

En cours de lecture...

bookrouge"[...] c'est avec ce professeur qu'il avait commencé à lire Shakespeare, dans son rêve il lui demandait si les oeuvres sauvent, il se rappelait en même temps dans le rêve qu'il avait réellement posé cette question, et le professeur lui répondait. Elles ne sauvent pas mais elles consolent, nous sommes les fils de nos oeuvres, nos oeuvres nous enseignent, nous protègent, nous consolent comme des parents, et dans le rêve Millefeuille intrigué, se disait, je suis intrigué, et demandait, quelles oeuvres, toutes les oeuvres ? Et le professeur répondait, les oeuvres qui durent [...]."

Extrait de Millefeuille, Leslie Kaplan - éditions POL - Août 2012

 

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25 août 2012

"Et je revois les voisins plus riches

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des collègues à maman qui vivaient
dans les petits pavillons plus chics
la lutte des classes c'est un jardin
une table de ping-pong
une chambre pour chacun
une cheminée dans le grand salon
un mari qui fume la pipe
une voiture neuve un frigo plein
des vacances été hiver
des chouettes habits c'est propre et ça sent l'air."

Pascal Bouaziz, Mendelson, Barbara 1983

...et en incipit du roman d'Olivier Adam, Les Lisières

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29 juin 2012

Guy Goffette

"Réveil en musique : il pleut. Rester couché surtout : écrire n'est plus de mise quand la pluie sur le toit chante sans effort, et son vers est impair et passe en sautillant. [...] Ce qu'il dit importe peu : c'est l'âme des choses qu'on croyait en allée pour toujours et qui revient, remplit les creux. On s'en rend compte dès que la pluie a tourné au coin de la rue, pas besoin d'ouvrir les yeux. Le silence n'est plus l'absence de bruits, mais la voix soudain en nous, accordée, complice, de la vie et de l'être. Le temps ne passe plus. Et la terre est enfin bleue comme une orange. Les poètes ont toujours raison."

orange bleu chaise

"Au fond, les vrais voyages sont immobiles. Immobiles et infinis. Solitaires. Silencieux. Souvent, ils commencent dans une chambre où l'on est enfermé parce qu'il pleut ou parce qu'on est malade, obligé de garder le lit. On a huit ou neuf ans, le goût des images qui partent toutes seules dans tous les sens et qu'on lit de même, en sautant par dessus les fuseaux horaires, uniquement préoccupé du cours qu'elles ouvrent en nous et attentif au fleuve qui va venir, qui doit venir, gonflé qu'il est de toute l'eau du regard, de la pluie qui tombe peut-être dans ce monde tout près où l'on n'est plus ; gonflé, oui, et irisé par la fièvre douce (encore et peut-être) qui nous saoule un peu et nous fait dériver entre les motifs du papier peint décoloré."

"Demain, le jardin du monde va refleurir, qui rend ses couleurs aux plus vieilles images, toute sa lumière à celui qui, regardant, voit plus loin que ses yeux et met la mer en bouteille en marchant dans un livre."

... quelques extrait de Les derniers planteurs de fumée (Folio2€). Merci Cathulu !!
Et un auteur qui a pris tout de suite à mon oreille ce ton familier qui fait les belles découvertes. A suivre.

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11 juin 2012

VROUZ

Je me souviens d'avoir été en parapluie
En parapluie au fond du ventre de baleine
Baleine de corset serré plus que café
Café noir expresso ça fait battre le coeur
Le coeur un peu plus vite alors tachycardie
Hardie la vie qui palpite en mon être
Mon être de chair aux amours de papier
A pied par quel chemin rendu sous les nuages
Les nuages font tomber de l'eau jamais vintage
Jamais vintage non plus l'étoile du berger
A la bergère parce que je ne voudrais pas perdre
Perdre dans cette histoire mon très précieux pépin
Cieux pépins tiens le monde est somme toute bien fait
Battre le coeur tomber l'averse et quoi encore.

Extrait de Vrouz par Valérie Rouzeau - Editons La Table Ronde - Mars 2012

Merci Cathulu !

juin2012 013

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28 mai 2012

En cours de lecture...

livre forêt"J'aime les interférences [...], les intrus, les curiosités, j'aime quand un monde étranger s'invite dans le nôtre, comme ces talons au bord de la falaise, ou encore des paillettes de petite fille découvertes collées dans les pages d'un livre difficile emprunté à la biblio. Quand je tourne des pages c'est toujours pour découvrir de touchantes ingérences, des interactions, des inattendus. Parfois il n'est pas nécessaire de tourner des pages, il suffit d'être à l'écoute."

Extrait de Un renard à mains nues (Nouvelles) - Emmanuelle Pagano - Avril 2012

Quel plaisir que de la lire de nouveau !

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09 mai 2012

Anne Morrow Lindbergh

annemorrowlindbergh-large"Une île, des rochers sauvages ne vous isolent pas de ceux que vous aimez. C'est dans les régions sauvages de l'esprit et dans les déserts du coeur que l'on se sent perdu, étranger. Quand on est étranger à soi-même, on l'est également à autrui. Si l'on n'est plus capable de se trouver soi-même, on ne peut espérer rejoindre les autres. Que de fois, à la ville, entre amis, j'ai senti qu'un désert s'étendait entre moi et l'autre ! [...] On ne peut communiquer avec ses semblables qu'à la condition d'être soi-même relié à son propre centre vital. Et, pour moi, c'est dans la solitude que je retrouve le mieux cette source intérieure."

Extrait de Solitude face à la mer (édité chez Pocket en 2003 et épuisé depuis... dommage !). Ce texte a été publié pour la première fois en 1955.

Sur une île sur laquelle elle s'est retirée pour quelques temps, Anne Morrow Lindbergh, épouse du célèbre aviateur, goûte à la solitude et s'adonne à la contemplation des coquillages. Mère de cinq enfants, elle a par ailleurs une vie bien remplie.

Malgré ses quelques traits un peu datés, Solitude face à la mer est un très beau texte d'introspection et de méditation. L'écrivain pose un regard sur la femme américaine d'alors et forte des préceptes de Virginia Woolf (Une chambre à soi) lui souhaite du temps pour elle, pour la solitude et pour l'échange, une vie simple pour garder conscience de sa vie, de l'espace pour restituer aux choses leurs valeur et leur beauté.

"Les vagues font écho derrière moi. Patience, foi, ouverture du coeur et de l'esprit, simplicité, solitude, intermittence, voilà ce que la mer enseigne. Mais il y a d'autres plages à explorer, d'autres coquillages à trouver. Ceci n'est qu'un commencement."

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