17 avril 2011

En cours de lecture...

_crivain"Contrairement à ce que certains s'imaginent, ce n'est pas si facile d'écrire un roman. Vous vous forcez à vous lever tous les matins, vous avalez des toasts et un café, et vous vous mettez à votre bureau, paré à vous lancer. Mais ce ne sont là que des préliminaires. Il vous faut alors reconstituer ce monde imaginaire et - ce qui est le plus difficile que tout le matin - réveiller vos personnages, qui sont parfois encore plus endormis que vous et aussi butés que des chats. Certains jours, ils refusent de vous rappeler ce qu'ils faisaient la veille ou vont même jusqu'à changer de nom pour vous dérouter. Et j'en passe. Oui, c'est une entreprise qui peut être exaspérante."

Extrait de Une épouse hollandaise de Eric McCormack, un livre sorti tout droit de ma PAL, et que je boudais, abusée que j'étais par une couverture arborant fièrement un trois mats trompeur... point d'histoire maritime ici, non non non, c'est bien mieux que cela, je me régale je me régale je me régale !

Profitez bien sinon de ce qui reste de ce dimanche ensoleillé !! Dire que certains sont en vacances...

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20 mars 2011

Passe le vent, David Knoblauch

passelevent"On disait la poésie passée, dépassée. Jamais elle n'a été aussi présente dans la rue, les soirées, sur la toile..." éditions Le Pré du Plain

 

 

 

 

 

 

La poésie et internet ont cela en commun, une franche modernité, alliant essentiel et brièveté. Mais rien ne vaut aussi le support papier... Ainsi, lorsque un jeune auteur m'a proposé de lire ce qu'il avait produit, j'ai accepté. Je sais d'expérience ce que cette étape signifie...
De plus, comment résister à une petite carte commençant par ces mots, "Chère Madame, je vous adresse mon premier recueil de poésie, j'espère qu'il vous plaira."?

David Knoblauch est né en 1989 mais lorsqu'on lit ce qu'il écrit, il n'a plus d'âge tant ses pensées pourraient être aussi bien celles d'un homme ayant vécu toutes les strates de la vie. Co-existent ici barbelés, souffrances, vent et mélancolie, regret de l'enfance révolue mais aussi espoir fondamental que l'avenir réponde enfin à cette rage de vivre qui anime tout homme debout. J'ai envie de saluer ici deux éléments qui me paraissent important, premièrement cette énergie poétique salvatrice qui anime le recueil et deuxièmement cette maturité prometteuse de l'écriture qui est un gage de continuité.
Merci à l'auteur pour sa confiance !! Vous trouverez en cliquant sur ce [lien] sa fiche auteur.

Collection Pré-Vers - Pour Ados et adultes - 3€ - Sortie le 16 mars 2011 - Préfacé par Alain Feydeau - http://www.lepreduplain.com

Un extrait...

Sentiment

Un signe, un mot
Juste une pensée.
Une ivresse, rien qu'une seule.
Celle de la vie, de l'âme
De ce miroir.
Tout y découle.
Un amour inconditionnel.
De près je n'en veux pas
De loin je la supplie.
Fin et léger comme de la soie
Qu'on ose à peine toucher
Une rencontre
Que l'on n'oubliera jamais,
Car elle vous suit,
C'est votre ombre.

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19 mars 2011

La poésie s'appelle reviens...

Merci Véro pour le lien !

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18 mars 2011

Encore un petit carton pioché...

... en médiathèque à l'occasion du Printemps des Poètes.

"Elle debout entre tablefeuxdans_la_nuit et berceau.
Les aînés envolés vers l'école ; lui au bureau, à l'usine, sur un chantier du monde.
Eparpillement brutal. Vaste désordre. Ses chaussures l'écorchent : elle se met pieds nus.
Bouche nue aussi. Et le coeur ? laisse le coeur. Au dehors, ailleurs, à côté, très loin, des femmes identiques
Attendent. Désirent que quelque chose les remette en marche, en voie.
Est ce qu'à cette heure quelqu'un fait l'amour au nid d'une chambre forte ?
Elle va à la fenêtre, se penche sur la rue, décape façades et visages. Des méfiances, des verrous,
Des vernis. Il n'apparaîtra donc personne ?"

Feux dans la nuit
Colette Nys Mazure
Ed. Renaissance du livre, 2003

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12 mars 2011

Elle t'a demandé...

po_sie_printempsUne jeune fille t'a demandé : Qu'est-ce que la poésie ?
Tu voulais lui dire : C'est ce qui fais que tu existes, ô
     Oui, que tu existes,
et que de crainte et d'émerveillement,
qui sont la preuve du miracle,
je sois si cruellement jaloux de la plénitude de ta beauté,
et que je ne puisse t'embrasser ni dormir avec toi,
et que moi, je n'aie rien, et que celui qui n'a rien à donner
doive chanter...

Mais tu ne lui as rien dit, tu as gardé le silence
et ce chant, elle ne l'a pas entendu...

Une nuit avec Hamlet
Vladimir Holan
Ed. Gallimard, 2000

Petit carton pioché avec gourmandise hier après-midi lors d'un passage en bibliothèque et à l'occasion du Printemps des Poètes...

Tous les programmes : http://www.printempsdespoetes.com/

Bon week-end !!

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16 février 2011

A l'abandon

a_l_abandon"La première chose que j'ai vue lorsque j'ai ouvert les yeux, c'est ton visage au-dessus du mien. Je ne savais pas s'[...] il n'était qu'un mirage. S'il allait peu à peu s'effacer, disparaître. J'aurais voulu te le demander, mais je ne pouvais pas parler. Aucun son ne pouvait sortir de moi. Je te regardais. Tu me regardais. Tout était en suspens, immobile autour de nous. Plus rien ne tournoyait. Plus personne ne me berçait. Mon corps ne roulait plus. J'ai senti la chaleur soudaine de l'été, qui fondait sur moi, pénétrait mon corps. Ca a duré très longtemps. Tu ne bougeais pas. Tu ne t'effaçais pas. Tu me regardais, et il me semblait que tu me donnais à boire. Je n'avais plus soif. Je sentais l'eau revenir dans ma bouche, dans ma gorge, dans mon corps. Mes lèvres sont devenues humides. J'avais la sensation de revenir de très loin, d'un endroit où je ne voulais plus retourner. D'un endroit que je ne te raconterai jamais.
Je me suis redressée. J'ai tendu mon bras vers toi. Mon doigt a effleuré ton visage. Tu n'as pas bougé. J'ai touché ta peau. Elle était chaude. Je l'ai carressée longuement. Tu n'étais pas un rêve. Tu étais là. Je pouvais sentir tes lèvres, tes joues, tes paupières. J'avais envie de pleurer, et de rire aussi. De rire beaucoup, longtemps."

Extrait de A l'abandon de Laurence Tardieu pour le texte et de Aude Samama pour les illustrations, 2009, édition naïve, collection Livre d'heures, 8€

La collection Livre d'heure dirigée par Jean Rouaud se propose de réunir des textes illustrés ne relevant d'aucun genre en particulier.
"C'est de la fantaisie, toujours." Arthur Rimbaud

Un joli moment passé en compagnie de ce tout petit ouvrage qui occupe bien moins qu'une heure les lectrices avides que nous sommes... Comme le sentiment de s'éveiller avec le personnage d'un rêve intense et profond, d'une expérience unique d'abandon total.

Un autre extrait chez Aifelle - La lecture de Sylire - Emprunté en bibliothèque

http://www.audesamama.com

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30 janvier 2011

En cours de lecture...

conteneur"Ils rangent chaque soir leurs outils dans un conteneur en fer dont ils ferment la porte à clé. Pour plus de sûreté une masse de béton est déposée devant. Et c'est leur rituel désormais, chaque matin, la première opération : retirer le bloc qui condamne la porte du conteneur.
Un chantier a besoin de rituels.
Celui-ci commence la journée et il rassure. Le chantier ne se met à vivre qu'à ce moment-là, quand le crochet de la grue soulève la tare et libère la porte à outils.
J'y suis familier désormais. Je m'y accorde chaque matin : radio et café debout devant la baie vitrée, je suis déja douché, rasé et habillé. Il faut que je sois là, vif, présent, vivant. J'ignore s'ils m'ont remarqué. Parce que quand même, tous les matins, à la même heure, par tous les vents sur mon balcon, immobile à les attendre."

Extrait de En chantier de Yves Hughes - Stock La Forêt - Janvier 2011

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22 janvier 2011

Citation papillote

papillote"Les vrais gourmands lisent en remuant les lèvres pour déguster les mots."

Yvan Audouard

(En ce moment, la gourmandise familiale rime avec Sophocle, George Sand, La Fontaine, etc... et le paquet n'est même pas encore terminé. J'aime surtout ce petit silence après chaque lecture...il est tout plein de réflexions diverses et de recherches de sens.)

Bon week-end !!

Image trouvée ici

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27 décembre 2010

En cours de lecture...

_crire_famille"Tiens, maman."
Elsie se tenait devant elle, tendant un bout de papier à carreaux froissé. Maisie le regarda. Un arc-en-ciel parsemé de taches était vaguement dessiné et, à côté en grandes lettres arachnéennes, on pouvait lire : "Je t'aime maman baisers Elsie." Le papier était déchiré et il y avait des numéros de téléphone écrits dessus par un adulte. Elle le prit de la main tremblante d'Elsie. C'était un endroit dangereux où vivre, une famille : aussi tumultueuse que la pleine mer sous un ciel traître, avec ses allégeances passagères, ses rafales de cruauté et de vertu, ses grandes vagues d'humeur et de mortalité, son incessante alternance de tempête et de bonace. Une averse pouvait tomber ou un rayon de lumière être accordé en sursis, et à la fin vous ne voyiez pas la différence, ce que tout cela signifiait, ce que cela apportait, comparé à la necessité de survivre et de poursuivre coûte que coûte."

Extrait de Arlington Park, Rachel Cusk

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10 décembre 2010

Fernando Pessoa

linge

"La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas."

(Sinon, je n'ai pas la pêche en ce moment...alors petite pause. Je reviens très vite !)

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