04 juillet 2016

Brillante, Stéphanie Dupays

brillante "Tu es sûre que ça va ? - Pas super. Je crois que je suis placardisée."

Claire et Antonin forment un couple moderne. Trentenaires performants, ambitieux et rationnels, ils mènent une vie parisienne à leurs yeux parfaite, la même que leur cercle d'amis. Claire aime travailler pour Nutribel, qui le lui rend bien. Sa supérieure, Corinne, vient d'ailleurs de la féliciter de l'avoir si brillamment remplacée au pied levé alors qu'elle était coincée avec ses jumeaux. Cependant, peu à peu, le vent semble tourner pour la jeune femme, qui se voit confier un projet par avance voué à l'échec. La placardisation se fait jour petit à petit, et le burn out n'est pas loin. Pourtant, Claire ne pensait pas se retrouver un jour dans cette situation, elle se retrouve désarmée, ment à tout le monde, en premier lieu à Antonin qui ne comprendrait certainement pas sa déchéance, et comble le vide avec un goût pour la lecture retrouvé.

J'avais, sur le même thème, déjà beaucoup aimé Les heures souterraines de Delphine de Vigan [clic ici]. Brillante sait surprendre par son ton léger, et sa couverture déroutante, faussement glamour. Car le contenu est bien différent du contenant. Il est intéressant dans ce roman de voir lentement le processus se former, de reconnaître des biais déjà rencontrés, de voir l'exploitation de l'humain, l'adhésion au groupe, montré comme une nécessité, le formalisme porté aux nues, et de constater encore une fois que le travail peut être la source d'une grande souffrance. On s'attache au personnage de Claire, on voudrait qu'elle s'éveille, et on porte avec une précaution de lecteur attentif et bienveillant ses premiers pas vers une certaine liberté. Un excellent premier roman, que j'ai lu d'une traite, réellement en apnée, et qui donne envie par contraste de pousser les portes des possibles.

Editions Mercure de France - 17 € - janvier 2016

Un livre lu dans le cadre du challenge Premier roman...

68premieresfois

Un premier roman réussi pour Arthémiss - Démonstration brillante pour Nicole - Beaucoup de réflexions chez Plumes Nacrée - Difficile lecture qui remue les tripes chez le petit carré jaune - Brillantissime pour Joelle - Un portrait impitoyable du monde de l'entreprise pour HCh Dahlem - Le billet de Deslireetdesmots - Une lecture sans plus pour Mon petit chapitre -  De la froideur se dégage de ce roman pour Tout ce qui se lit - Il manque une petite touche d'émotion pour Martine...


22 juin 2016

Comme neige, Colombe Boncenne

commeneige

 "Je frissonnai en refermant le livre puis respirai profondément et me concentrai sur les liens possibles entre cette Poursuite et la mienne, à savoir, pour l'heure, celle de Neige noire."

Constantin découvre par hasard en fouillant dans un carton dans une maison de la presse de Crux-la-ville un roman inédit de son auteur fétiche, Emilien Petit. Le titre ne lui dit rien, il le dévore en une nuit puis de retour à Paris, se dit que ce sera un bon moyen de reprendre contact avec Hélène, sa maîtresse, avec laquelle il a en commun cette admiration pour l'écrivain. Cependant, alors qu'il souhaite partager sa trouvaille, impossible de remettre la main sur l'ouvrage, ni d'en retrouver la moindre trace sur internet, ou dans le catalogue de l'éditeur. Il cherche alors dans les autres titres de l'auteur, des traces de ce livre, puisque tous les romans d'Emilien Petit se font écho les uns aux autres, puis il poursuit son enquête en prenant contact avec l'auteur, ses amis... sans se douter jusqu'où cette quête va bien pouvoir le mener.

Je me suis sentie très à l'aise avec l'écriture et l'univers créé par Colombe Boncenne. Et même si l'aventure de Constatin Caillaud a de quoi déconcerter, j'ai aimé ce livre, et le trouble qu'il génère et conserve jusqu'à la fin. Cette enquête littéraire est en effet très séduisante, elle permet de passer du temps entre les pages des livres, de courir librairies et maisons d'édition et de se poser des questions légitimes sur la notion d'auteur, par exemple. Le personnage de Suzanne, l'épouse de Constantin, navigue en périphérie de tout cela, et de l'égoïsme assez prononcé de son mari, elle donne du réel à son aventure éthérée. J'ai aimé aussi qu'apparaissent de véritables personnes du monde de l'édition, et des médias, dans ce livre, acte audacieux et enrichissant. Voici un premier roman très réussi et très maîtrisé, qui promet pour la suite de l'oeuvre de Colombe Boncenne, un agréable moment de lecture.

Editions Buchet Chastel - 11 € - Janvier 2016

Lu dans le cadre du challenge des premiers romans...

68premieresfois

Un premier roman prenant et étonnant sur le blog Des jardins d'Hélène - Original et plein de malice pour Joelle - Malicieux et plein d'amour pour la littéraire sur le blog Mots pour motsC’est décalé, drôle, foutraque, malicieux, un poil facétieux, amusant... pour le petit carré jaune - Un certain amusement chez Arthémiss - Une très belle lecture, passionnante, intrigante, et amusante aussi pour Martine - Domi aurait peut-être abandonné ce livre sans l'aventure des 68 - Une belle réussite pour ce premier roman pour Ludivine - Bel hommage à la littérature mais Marie-Laure n'a pas accroché à l'intrigue trop tortueuse - Noukette s'est régalée - Un vrai coup de coeur pour Nathalie ! - Excitant pour Virginie - Un joli suspens pour HC Dahlem - Un roman à lire au second degré sur le blog de Tout ce qui se lit - Une belle découverte et un début très prometteur pour Mon petit chapitre - Une impression d'inaboutissement pour Merlieux Lenchanteur - Réjouissant pour Amélie ! - Laborieux pour Natacha - Une déception pour Saxaoul !! - Stephie a été un peu frustrée par la fin...

15 juin 2016

Le Monde entier, François Bugeon

lemondeentier

"La fille mangeait un quignon de pain, finalement."

Lorsque Chevalier rentre ce jour-là de l'usine en Mobylette, il découvre une voiture accidentée au bord de la route. Il fait noir, trois personnes sont à l'intérieur. N'écoutant que son courage, il les sort une à une, deux femmes et un homme, avant que la voiture ne flambe. Dans l'aventure, il se fait très mal à l'épaule et au crâne, mais le célibataire endurci du village a la satisfaction du devoir accompli. Il est seulement un peu chagriné quand on lui raconte qu'il n'y avait qu'une femme sur les lieux de l'accident, et que sa Mobylette, sa veste et ses papiers ont disparu. Chevalier a bonne réputation dans le village, on le sait amoureux secrètement de l'infirmière Claudie, des rituels se sont instaurés entre lui et quelques amis, le voisinage. La découverte d'une jeune fille, noire et mutique, à l'endroit où a été retrouvée finalement sa Mobylette deux jours plus tard, son installation provisoire dans sa maison, vont pour autant fondamentalement changer sa vie... et attirer la curiosité du village.

Voici un petit roman sans grands effets que j'ai beaucoup aimé. J'ai hésité à l'ajouter à ma liste des coups de coeur mais il s'en est fallu de peu, sans doute un peu trop de langueur ressentie avant le bouquet final. Cependant, Le monde entier est un très bon roman, délicatement écrit, qui aime ses personnages, une véritable bonne surprise de ce printemps. J'ai apprécié sa galerie de personnages, le fait que chacun sache avouer ses failles autour d'une bottes de haricots à équeuter, dans le silence d'une chambre d'hôpital, ou l'habitacle d'une voiture la nuit, que personne ne soit parfait dans cette histoire, mais un peu lâche, un peu fautif, un peu à côté. En fin d'ouvrage, le coeur est bouleversé, et l'esprit comprend qu'il faut sans cesse se méfier des apparences. Où avions nous donc la tête ? Un livre dont je conseille vivement la lecture, à tous les amoureux des taiseux, des âmes solitaires et des secondes chances.

Editions Le Rouergue - 17.80€ - Mars 2016

Un roman lu dans le cadre du challenge des premiers romans...

68premieresfois

Un roman plein de finesse et de tendresse pour Adèle - Lumineux pour Merlieux Lenchanteur - Un coup de coeur pour Enell Liraconteuse - Un régal pour Geneviève ! - Un livre bon qui fait du bien pour Christiane - Un très bon roman qui pourrait devenir le chouchou des 68 premières fois pour Nathalie !! [son billet ici]

01 juin 2016

Branques, Alexandra Fritz

branques

 "Car la norme est obligatoire pour vivre en société"

Ce roman nous plonge dans l'univers particulier d'un service en hôpital psychiatrique, via les voix de Jeanne, Isis, Tête d'Ail et Frisco, des résidents... Jeanne tient un journal, elle est la voix principale de ce récit, elle essaye d'analyser ce qu'elle voit, de porter un regard objectif sur elle et sur les autres, de savoir pourquoi et comment tout cela est arrivé, sa présence dans ces lieux. Elle est prise au piège, chambre 203, jamais deux sans trois. Les autres tentent de gérer leurs émotions, le mieux qu'ils le peuvent, acceptent ou non les rencontres, les échanges. C'est ce qui est confortable soudain, plus de normalité, plus de conventions, plus de jugements... l'impolitesse est possible.

Branques est un premier roman assez étonnant qui se picore sans précipitation. D'ailleurs, j'ai mis du temps à le lire... Il recèle de très beaux moments d'écriture, de fabuleux moments que l'on aurait envie de noter et de garder pour soi pour plus tard. Le journal de Jeanne est un délice. En effet, se pose très vite la question avec elle de qui est fou ? Malgré cela, ce n'est pas un écrit très facile à appréhender. Il y a du flou dans Branques, du désordonné, qui peut aussi désarçonner. Nous passons d'un personnage à un autre, d'un instant émotionnel à un autre, sans trop comprendre, ou savoir, quel fil narratif suivre réellement. J'ai apprécié l'écriture mais je me suis un peu perdue dans ce petit livre écarlate. A demi conquise et persuadée, donc.

Editions Grasset - 17€ - Mars 2016

Lu dans le cadre du challenge Premiers romans... 

68premieresfois

 Un véritable plaidoyer à vivre follement pour Sabine enthousiaste - Une écriture et une construction littéraires intéressantes pour Cécile - "Parfois le lecteur se sent perdu, égaré dans la logorrhée d'un patient et au moment où il va lâcher prise, une phrase d'une beauté et d'une sensibilité à pleurer le rattrape par le colbac." pour Albertine - "Mais ces trois là, entraînant dans leurs déraison, sont follement lucides"... Anita - Une lecture peu commune et un bon premier roman pour Nathalie - "Choc frontal pour ce premier roman court, intense, serré, parfois trop..." pour Catherine - Nadine s'est ennuyée - Virginie n'a pas du tout accroché - Décousu mais très fort pour Joelle - Geneviève n'est pas prête d'oublier Branques - Un livre pas fait pour Anne ! 

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07 mai 2016

Ahlam, Marc Trevidic

marctrevidic

"Farhat, avec sa chemise à fleurs, droit comme un i sur le pont de son bateau. Farhat toujours là, inchangé, dans un monde qui s'écroule."

Paul débarque un beau jour sur l'archipel de Kerkennah en Tunisie. Il est venu y chercher une paix perdue à Paris. Et le lieu qu'il découvre est un paradis. Cette découverte est un véritable soulagement. Le peintre, très célèbre, a d'ailleurs envie de s'établir quelques temps dans ce lieu qui l'inspire. De plus, il s'est pris d'affection pour un pêcheur, Farhat, et sa famille. A la mort de Nora, l'épouse, très belle femme que Paul aimait en secret, le jeune homme s'occupe de l'éducation des enfants du couple, Issam et Ahlam, doués tous les deux, l'un pour la peinture et l'autre pour la musique. Un rêve émerge, alors que les enfants grandissent, l'idée d'un spectacle qui pourrait leur amener la célébrité et l'aisance financière, la liberté que Nora souhaitait pour les siens. Mais rien ne se passe comme prévu. L'islamisme gagne du terrain en Tunisie. Issam se laisse séduire par le discours radicaliste de Nourdine. Ben Ali est chassé du pouvoir. Ahlam, devenue une belle jeune fille, regarde avec colère et désespoir son frère devenir un fanatique. Elle s'engage avec beaucoup de ferveur pour la démocratie dans la révolution du jasmin. L'affrontement entre l'univers d'Assim et d'Alham sera brutal.

Ahlam commence comme un joli conte, presque un peu candide. Et puis tout à coup tout change, et l'on retrouve ce que le juge Marc Trevidic connaît bien et a déjà beaucoup observé, le terrorisme et ses mécanismes souterrains. Autant j'ai été séduite en début de lecture par l'histoire imaginée par l'auteur, affective et artistique, autant cette deuxième partie, qui coïncide avec la radicalisation d'Issam m'a profondément intéressée, ainsi que tout le contexte de la révolution du jasmin, largement évoquée. Ce premier roman a peut-être quelques défauts, il n'est pas parfait, il pêche parfois par quelques longueurs explicatives et quelques candeurs sentimentales, mais c'est un roman fort, généreux, original, qui donne et promet beaucoup. J'ai aimé la place de l'art dans ce récit, et que la violence n'y soit pas édulcorée mais abordée de manière réaliste. Une lecture très utile, pour savoir et comprendre.

Editions JC Lattès - 19€ - Janvier 2016

Lu dans le cadre du challenge des 68 premières fois... qui met en avant des premiers romans sortis en ce début d'année 2016

68premieresfois

Les autres lectures de la fine équipe... Nicole à moitié convaincue - Instructif et nécessaire pour Joelle - Un coup de coeur pour Céline ! - Instructif et poétique pour Dominique - Agréable à lire pour Anita - Une belle histoire pour Gloria (pas de blog) - Violaine a été surprise - Saisissant pour Nathalie - Plutôt réussi pour Bénédicte !

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20 avril 2016

Les grandes et les petites choses, Rachel Khan

lesgrandesetlespetiteschoses

 "J'ai en moi la déportation, la colonisation, l'immigration et, à la vitesse où vont les choses, je me demande ce que pourront inventer les prochains tyrans de l'humanité. Mais je serai plus rapide qu'eux."

En Nina plusieurs origines se mélangent. Et à la maison, c'est tout pareil. D'un côté, il y a Yoram, son grand-père maternel juif polonais, et puis de l'autre, son père, noir et africain, professeur d'anglais. Avec eux, vivent sa mère libraire, et puis le petit frère, fan de hip-hop. A l'extérieur, Nina tente de se forger un avenir solide en suivant des cours de droit mais le milieu dans lequel elle évolue la regarde d'un oeil plein de préjugés, et puis il y a ce professeur, Monsieur Chauvel, qui la note sévèrement et semble rester bloqué sur sa couleur de peau. Nina se débat, avec l'image qu'elle a d'elle même, celle qu'on lui renvoie, et les cases dans lesquelles on la rangerait bien. La danse classique n'a pas voulu d'elle lorsqu'elle était enfant, car on lui a expliqué qu'un corps de ballet doit rester homogène. Mais comment se décider réellement à présent pour l'athlétisme, où pourtant elle excelle naturellement, trop naturellement à son goût, pour un sport de noire ? Et puis à dix-huit ans tout juste, la vie est là, l'amour, le coeur palpite, s'emballe et s'émeut, voudrait croire à tous les mélanges possibles. Plus Nina est perdue et plus elle se jette dans la course, comme si tout à coup courir pouvait effacer toutes les différences, et enfin rassembler.

J'ai eu un peu de mal, en début de lecture, à dépasser mes trop grandes impressions de légèreté avec ce roman qui est pourtant d'une grande richesse. Le phrasé de Rachel Khan, jeune et faussement désinvolte, y est pour beaucoup. Et pourtant, peu à peu, au fil des pages, j'ai réussi à discerner sous les mots, sous le foisonnement et la répétition, tout l'espoir et le désespoir mêlés, la souffrance, le rire qui recouvre la souffrance, et ce mouchoir que l'on pose sur des plaies ouvertes pour ne pas déranger. En parcourant la biographie de l'auteure, après avoir refermé ce livre, j'ai pu me rendre compte de tout ce qui avait été vécu et mis à l'intérieur. Alors, en fin de lecture, je n'ai plus tellement cru à la légèreté, mais seulement à quel point Les grandes et les petits choses croyait en l'humain.

Editions Anne Carrière - 17€ - Février 2016

 Ma première lecture dans le cadre du challenge...

68premieresfois

 

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16 avril 2016

Samedi... petit récapitulatif des projets en cours

bleu

Tandis que mon tricot bleu avance tout doucement...

- jusqu'à fin mai, il y aura sans doute encore sur ce blog quelques lectures pour le prix Cezam [clic]. J'ai lu 5 romans de la sélection (nombre suffisant pour voter), et 4 BD (dont Un océan d'amour qui n'est pas encore chroniqué). Je lis tout cela grâce à ma bibliothèque !! 

- la semaine prochaine, j'espère pouvoir me rendre à la rencontre avec les auteurs de BD Kris et Sébastien Vassant [clic], toujours à la bibliothèque.

- je serai plus certainement au Printemps du Livre de Montaigu samedi 23 à la rencontre des blogueuses Sandrine et Miss C, mais aussi de Sophie et de quelques auteurs repérés.

- et puis, et puis, je me suis embarquée dans le projet fou de Charlotte qui avait lors de la dernière rentrée littéraire lu les 68 premiers romans et réitère pour la rentrée de janvier l'opération en faisant tourner parmi les 75 participants inscrits au challenge 20 romans sélectionnés. [clic ici pour plus de détails] De la sélection, j'ai déjà lu En attendant Bojangles, et je suis plongée actuellement dans Les Grandes et les petites choses de Rachel Khan.

J'ai l'intuition que mon printemps sera bien occupé... ;)

68premieresfois

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28 mars 2016

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut

enattendantbojangles

"Heureusement, Maman reprit les choses en main."

C'est l'amour fou, le coup-de-foudre de la fantaisie au premier regard. Tout de suite, entre eux, les mensonges ont été le lien. Depuis, il dansent sur Mr Bojangles de Nina Simone dans leur appartement parisien. Leur fils sait qu'il ne faut pas raconter tout ce qui se passe à la maison à l'école, et inversement. La vie quotidienne est une fête perpétuelle, les amis viennent boire des cocktails, danser, à peine dérangés par le grand oiseau exotique qui se balade parmi eux avec des colliers de perle, Mademoiselle Superfétatoire. Tout serait merveilleux si tout pouvait continuer ainsi, l'amour se vivre, la légèreté se poursuivre. Mais un beau jour la réalité rattrape cette famille qui entasse son courrier sans jamais l'ouvrir. Les impôts réclament beaucoup d'argent. La mère s'inquiète, exagérément, et montre de plus en plus des signes d'un dérangement plus profond, jusqu'à mettre le feu à leurs souvenirs, frôlant ainsi gravement un danger plus grand. Elle est alors internée. Le fils suit son père dans un appartement moins faste. Comment faire pour que la fantaisie, le rire, la joie, continuent malgré tout... ? Il suffit peut-être simplement d'y croire encore, et de continuer à danser.

Ce petit livre était sur ma PAL depuis la rentrée de janvier et attendait bien sagement mon bon vouloir, ou du moins une opportunité. Il aborde depuis fièrement un tas de bandeaux rouges qui démontrent oh combien ce titre a beaucoup séduit. Mais en fait c'est le sourire d'Olivier Bourdeaut, sa grâce discrète face au truculent Luchini dans La Grande Librairie, qui m'ont convaincue d'ouvrir enfin ce livre. J'étais curieuse de connaître cette histoire inventée, presque avec nonchalance, par cet écrivain là. Et je dois dire que j'ai été moi aussi séduite. J'ai beaucoup pensé en lisant ce titre à la folie de Gatsby le Magnifique de Scott Fitzgerald, une folie similaire, qui cherche à montrer son amour, qui cherche à envelopper l'être aimé dans l'illusion et la possibilité d'une fête perpétuelle. J'ai également été émue, touchée. Ce livre est un ovni littéraire d'une grande finesse, d'une grande classe, et il est tellement décalé qu'il interroge et étonne. C'est une très belle surprise.

Editions Finitude - 15.50€ - Janvier 2016

Une histoire d'écriture toute aussi rocambolesque racontée sur l'Express - Addictif, frais, drôle et bien rythmé pour Leiloona - Coup de coeur pour A l'ombre du noyer - Une belle invitation à la fête malgré les obstacles pour blablablamia - Tendre, émouvant, drôle et fou à la fois pour Noukette - Une très belle découverte pour Gwenaelle - Un roman qui fait du bien mais qui sait aussi être grave sans perdre sa légèreté pour George - La lecture de Keisha - C'est beau et triste comme la vie pour Jérome qui y a trouvé du Boris Vian aussi (suis d'accord) - Une très jolie surprise de cette rentrée de janvier pour Aifelle !! - Une petite pépite pour Sylire !