27 septembre 2009
Offrande.........catégorie "Mes écrits"
Je t’offre mes rides.
En voudras-tu ?
Celle surtout, verticale et épaisse, qui barre mon front, et qui me donne l’air sérieuse et sévère. Je sais sa raison d’être. Je l’aime.
Elle est une frontière irréelle entre moi et hier, indélébile.
Je t’offre mon crépuscule à venir, des promesses, et mes pulls en cachemire.
Deux bras, autour de ton cou, tous les jours, pour mieux t’embrasser.
Ou te tenir chaud.
Jamais te contraindre.
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Je t’offre tendresse et doutes, emmêlés, noués.
Ces ombres qui voilent trop souvent le ciel de mes instants.
Ils te serviront de parapluie, de paratonnerre, d’arme ou de bouclier. C’est selon.
A toi l’usage. Pas la peur.
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Je t’offre ce que je n’ai pas, ou plus, ou jamais eu.
Mes vides.
Tout ce que tu pourras combler de tes rêves, de tes envies, de tes projets.
Pas certaine d’être tout à fait terminée. Complète. Entière. Heureuse.
Pas certaine d’être - toujours - tout court.
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Je t’offre mes joies, et les rires inutiles qui naissent dans ma gorge.
Le soleil dans ma maison, son désordre chaud.
Mes couleurs.
Le rouge de mes joues.
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Et tous ces creux où nous pourrons nous abriter ensemble,
Longtemps.
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© Les écrits d'Antigone - 2009
Une petite réflexion sur le temps qui passe...;o), inspirée par une lecture de Florinette.
De plus, je commence à être très très fâchée par ces photos retouchées, vues sur les publicités de ELLE ou autres, qui ne ressemblent plus à rien. On nous fait croire que les actrices n'ont plus de rides (pfff on les a pourtant vues ailleurs) et les visages sont tellement lissés et transformés qu'ils finissent par faire presque peur en plus d'être franchement laids, vous ne trouvez pas ?
De grâce, montrez-nous de belles rides !
Un petit ajout, comme ça, une publicité lissée qui m'exaspère...pour l'exemple.
Uma Thurman - Ange ou Démon - Le secret de Givenchy
envoyé par Angelmugler. - Regardez plus de courts métrages.
05 septembre 2009
Envie ...... catégorie "Mes écrits"
Envie de simplicité,
De caresses d'enfants,
De beauté
Et de temps.
De poursuivre la course du soleil,
Sur n'importe quel carré d'herbe,
Parce qu'il est là, parce qu'il m'attend,
Violement éphémère.
Ignorer exigences et priorités,
Prendre un livre et caler ma tête,
Juste avant de plonger
Vers l'ailleurs.
Fuir les soubresauts du monde.
En lisant, faire l'autruche.
Le savoir et l'assumer,
Tous complexes au placard.
Ne désirer finalement que ta présence,
Tes pages contre les miennes,
Ta lecture.
Envie de t'aimer mieux.
© Les écrits d'Antigone - 2009
31 mai 2009
Pense
Pense au bleu, au vent, à l'air
A tout ce qui n'est pas lui
Pense aux livres, à la poussière
Au vent dans tes cheveux
Au souffle chaud que promène
Le soleil sur ton visage, là
Pense à l'herbe
A tes doigts
A la rugosité des arbres
A ce qui te rapproche de l'enfance
A ce qui t'appartient
A ce qui est à toi, aujourd'hui
Cesse de croire à la transparence
Reprend le goût des sensations
Qui t'aidaient à te construire
Avant
Avant que tu ne penses à lui
Tous les jours
Avant que tu ne te détruises
De l'aimer tant
Pense à la mer
Aux ricochets des vagues
A la lumière
A Dieu même, si il le faut
Mais ne t'enferme plus dans son souvenir
Laisse le rêver de toi, un peu
A son tour
Maintenant
© Les écrits d'Antigone - 2009
06 septembre 2008
Léo Ferré
Madame,
Le bonheur ça n'est pas grand-chose
Madame,
C'est du chagrin qui se repose
Alors
Il ne faut pas le réveiller.
(Paroles extraites de Le bonheur , et inscrites également en incipit du roman Fausse Veuve de Florence Ben Sadoun, mais de manière inversée, ce qui est étrange...c.a.d. le mot bonheur est mis à la place de chagrin et vice versa, ce qui change diamétralement le sens du propos, isn't it ?)
11 juillet 2008
Simplement
Il y avait l’été, je m’en souviens,
Et le soleil sur mes jambes nues.
Tout était éphémère et rude,
Les fleurs, les grains de verdure, nos rires.
Il y avait la solitude dans les chemins déserts,
Et la sueur dans nos dos nus.
Nous étions tendus, vigilants, fragiles.
Des enfants.
11 décembre 2007
Bleu
Bleus tes yeux,
Bleu le ciel au dessus de ta tête,
Bleue la mer, au loin, brassée, en son mouvement, fort, régulier.
Tu as choisi cette place, à l'ombre, pour te poser. Tu as raison, ils ne viendront pas te chercher, là, au fond du jardin, au pied de ce mur, près des rosiers. Tu t'es assis sur cette pierre plate, douce, couverte d'une mousse verte, fine et grumeleuse. L'arrière de ton short clair sera sûrement tâché tout à l'heure. Tu te feras gronder.
Tu as six ans, tout juste. Ils ont fêté cet évènement, hier, à grand renfort de musique, de grenadine et de bruits. Tu aurais préféré un baiser.
Bleue la mer,
Bleus les pelles, les râteaux et les seaux.
Tu ne veux pas les suivre, vers la plage, ton corps maigre et pâle, parmi leurs peaux bronzées. Tu les entends remuer placards et valises, à la recherche d'un maillot, d'une crème, d'un jouet, colère et plaisirs étrangement emmêlés.
Bleue la pile de livres, posée à tes pieds.
Tu ne sais pas lire, pas encore, tu apprendras à la rentrée.
Tu aimes à contempler les gravures travaillées de ces vieux livres oubliés.
Bleus tes rêves,
Bleues les fleurs d'hortensia de ta Bretagne aimée,
Bleue la solitude, fragile et précieuse, de ta quiétude, bientôt envolée.
24 novembre 2007
Jeux d'enfants
Tchac ! Tchac !
En garde !
Tchac ! Tchac !
Tremblez, sacripants ! Vous ne pourrez m’échapper !
Tchac ! Tchac !
Je suis corsaire, mais femme, aux seins bandés. Je suis chef de bande. Ma petite troupe me suit, médusée. Mon épée imaginaire, brandie dans les airs, est vraiment impressionnante.
Tchac ! Tchac !
Les deux garçons, plus jeunes que moi, promus, bien malgré eux, ennemis à combattre, se cachent en riant.
Tchac ! Tchac !
Leur rire s’éteint soudain. « Dis, on veut plus jouer. »
Filles et garçons, nous nous regroupons près de la salle des fêtes, désertée. Nous cherchons un coin d’ombre. Je suis la plus âgée. Ils sont sept et lèvent leurs yeux vers moi ; ils attendent. Ils savent que je vais trouver un jeu, une histoire, de quoi les occuper, jusqu’au dîner.
J’aime leurs joues roses, leur moue fatiguée. J’aime qu’ils m’appellent à l’aide pour un caillou dans la chaussure, pour un genou abîmé.
L’été prochain, ils auront grandi. Ils auront oublié ce moment, la boîte à trésors enterrée sous nos pieds. Je ne saurai plus rien de leurs jeux d’enfants. Je serai trop vieille.
« Allons cueillir des mûres ! »
Leur explosion de joie résonne dans la torpeur de l’été.
Demain, c’est la rentrée.
21 novembre 2007
Couleurs
Explosions de douceurs.
Du rouge. Du bleu, dur, éblouissant.
Du vert, de l'ocre.
Et du magenta.
Tu barbouilles. Tu ris. Tu t'interroges. Les cheveux, verts, oranges ou violets ? Tu ne seras pas fâchée, dis maman, si je me fais plus grande que toi ?
Le pinceau tourne dans le godet. Je te regarde dessiner, tête penchée, soudain sérieuse, concentrée.
Des tissus. Des matières. De la couleur, encore, pour plonger dans les coussins, pour le plaisir du toucher, pour s'inventer des histoires.
Couleur profonde de tes cheveux fins, de tes yeux bruns, de tes joues rosies.
Couleurs des bibelots sur les étagères, ordonnés.
Couleurs des tapis, de la table basse, de tes jouets, oubliés.
Couleur de notre intérieur, douillet.
Loin de tout univers glacé,
En noir et gris.
18 octobre 2007
Petit plaisir minuscule
S'allonger dans l'herbe, les yeux dans les nuages.
Le bruit du vent dans les feuilles des bouleaux bercent doucement mon après-midi.
Je cherche du regard le brin d'herbe folle qui aura ma préférence. Lorsque enfin je l'ai trouvé, je le grignote doucement. Son sucre doux a un goût d'été.
Les bras en croix, je sens la terre respirer sous moi. Des yeux, je suis la course des nuages, et je me sens si petite. Une poussière.
Un jour, je saurai peut-être tous les "pourquoi" et les "comment". Je me sentirai utile. J'aurai des personnes à aimer.
J'aurai oublié les plaisirs minuscules et tous les brins d'herbes mâchouillés de mon enfance.





























