09 septembre 2015

Nous serons des héros, Brigitte Giraud... Rentrée littéraire 2015

nouseronsdesheros

 "La première nuit dans la maison fut particulière. J'étais isolé sous le toit, je voyais le ciel par le velux ouvert, la petite chambre était une fournaise. A ce moment là de l'année, il y avait beaucoup d'étoiles, je les observais depuis mon lit, j'avais l'impression que le ciel bougeait, que mon matelas tanguait. Ma tête tournait, se vidait, se remplissait d'images trop vives, celles du Portugal sous le soleil. Je voyais mon père sur un cargo, qui flottait sur l'océan, toujours cette même image. Je me surprenais encore à demander quand il allait rentrer. Puis j'entendis ma mère et Max qui parlaient en bas. J'avais envie de faire un sac et de partir dans la forêt, vivre avec Oceano, j'étais fatigué."

Olivio et sa mère fuient la dictature portugaise, redoutant des représailles. Le père d'Olivio a été arrêté et est mort en prison. Mais le jeune garçon l'ignore, alors que le train l'emmène du Portugal vers La France. Il s'imagine le revoir, il ne sait pas ce qui l'attend dans ce pays inconnu vers lequel il roule, et il sert contre lui son petit chat Oceano. En France, aidés par des compatriotes, ils sont confrontés à une nouvelle langue, doivent refaire leur vie modestement. La mère d'Olivio trouve enfin du travail, rencontre Max, s'installe avec lui dans un pavillon de banlieue. Le quotidien devient morne, souvent tendu et inconfortable pour le jeune Olivio qui se réfugie le plus souvent possible auprès de son ami Ahmed. En effet, Max préfère visiblement son fils Bruno qu'il reçoit en garde alternée. La mère d'Olivio est partagée, passe son énergie à apaiser et composer, à se faire sa place dans cette nouvelle vie. Un jour pourtant, la révolution des oeillets a lieu, et revoir Le Portugal redevient une possibilité.

J'ai retrouvé dans ce roman la voix tranquille et posée de Brigitte Giraud qui sait ici très bien se mettre dans la peau d'un petit garçon confronté à l'exil, au déracinement, puis à l'enracinement. Les petits garçons sont capables de supporter beaucoup de chamboulements du moment que l'amour est là, l'affection. Dans cette histoire, la solidité des adultes n'est pas acquise. Heureusement, Olivio peut compter sur l'attention de son chat et de son meilleur ami Ahmed, mais cela semble tellement peu. Nous sommes des héros ne fait pas dans le tapage et la grandiloquence mais met réellement en lumière l'actualité de cette rentrée par le prisme d'anciennes migrations. C'est certainement un hasard, mais cette coïncidence m'a émue et touchée.

Editions Stock - 17.50€ - Août 2015

Un grand merci aux Ediitons Stock chez qui j'ai gagné ce titre qui me tentait en cette rentrée !!

 

logo2015 (1)

Cathulu a été très émue par le portrait d'une mère "à la fois volontaire et discrète, blessée mais digne, qui se forge discrètement une place dans la société française du début des années 70 et laisse sous le boisseau ses chagrins et sa détresse" - Laure a beaucoup aimé, et aime de toutes façons l'écriture simple mais pourtant si juste de l'auteur

Je participe au challenge 1% rentrée littéraire qui consiste à lire au moins 6 livres de la rentrée littéraire (clic sur l'image pour plus de détails). Challenge : 5/6.


06 septembre 2015

Tandis que le temps file...

brigittegiraud

Mon dernier billet sur ce blog remonte au 1er septembre. Entre temps, j'ai pourtant lu, notamment La maladroite, un récit sur lequel je m'interroge beaucoup, et essaye de trouver les mots pour exprimer au mieux dans un prochain billet le malaise que j'ai ressenti. Peut-on aimer un livre qui nous met en colère ? Peut-on aimer ce livre malgré son sujet, et le traitement de son sujet ? Et là je suis dans Nous serons des héros, tellement d'actualité... Bref, je lis et m'interroge, laisse décanter l'actualité, le quotidien, un quotidien extrêmement présent (rentrée oblige) qui laisse peu de place à la rêverie, et puis je tricote, parce que le mouvement des aiguilles est relaxant. Hâte d'être moins occupée en somme, et de vous retrouver. Bon dimanche !

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24 août 2013

Avoir un corps ~ Brigitte Giraud ... Rentrée littéraire 2013

AVOIRUNCORPS"Je m'habitue à l'idée d'être là, d'avoir une place, même si ma place a changé. J'accepte d'avoir à nouveau une présence, une épaisseur, un corps qui n'est pas fait que de lignes brisées, qui évite les pierres sur le chemin, qui transpire en haut du col. [...] Je sens comme cohabitent le petit animal en short de l'enfance qui escalade le toboggan, la gymnaste marchant sur la poutre, l'adolescente qui danse sur Imagine, l'amoureuse qui monte derrière la moto, la libraire en équilibre sur un escabeau, la mère qui maintient Yoto contre sa hanche. Je marche sur le sentier et cette sensation devient concrète, je suis faite de toutes ces pièces, comme si mon corps était une maison où vivent ensemble le vif de l'existence, fait de désirs, de force et de pulsations, mais aussi l'absence. Tous ces corps de fille évoluent sous le même toit et tissent une mémoire serrée. Je suis ici mais aussi là."

Par le prisme de l'évolution d'un corps, Brigitte Giraud nous emmène dans Avoir un corps à la découverte d'une petite fille qui devient grande, puis mère. Et c'est toute l'aventure de la vie qui nous est contée ici, quotidienne, faite d'expériences, de blessures, de douceurs, de pudeur et d'impudeurs. La conscience de soi passe sans transition de l'illusion de la maîtrise du corps, frôlant l'annorexie, à cette infinie confiance/ inconscience qui mène chaque femme à la maternité.

Cette petite fille que Brigitte Giraud regarde grandir, et dont elle s'approprie les rêves et les désirs par le "je" est un peu nous, un peu elle sans doute, et est très ancrée dans une époque. Et c'est là que l'auteure excelle, quand elle raconte l'enfance, la naissance du frère, les jeux, les premiers émois, l'envie d'enfanter contre lequel on lutte d'abord puis se soumet. J'ai aimé que règne dans son roman une réflexion sous-jacente sur le libre arbitre, et qu'elle souligne combien la féminité est une valeur sociale avec ses codes. Etre un corps d'enfant, se transformer, puis être une femme, être une mère, et tout cela sans jamais perdre la conscience de soi, de sa peau, sans se perdre, s'oublier, oublier de se regarder, de se voir... tout cela est parfois si difficile, fragile, sur le fil.
En tournant les pages de ce livre, j'ai pensé constamment à cette autre auteure qui écrit tellement bien aussi sur ce sujet, Emmanuelle Pagano. Malgré la comparaison, Avoir un corps est une lecture coup de coeur en cette rentrée littéraire, il serait étonnant qu'il en soit autrement.

Editions Stock - 18.50€ - 21 Août 2013

challengerentree2013La lecture de Clara

 

Challenge 1% rentrée littéraire : 1/6

(clic sur le logo pour plus de détails)

Les coups de coeur des blogueuses

  

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21 août 2013

Un coup de coeur en format poche ! Brigitte Giraud ~ Pas d'inquiétude

Alors que la présence en librairie du dernier roman de Brigitte Giraud, Avoir un corps, est annoncée pour aujourd'hui (mais je vous en parlerai plus tard), sort simultanément en format poche mon coup de coeur de la rentrée littéraire de 2011... Pas d'inquiétude. Je vous recommande donc chaudement aussi cette histoire intimiste qui nous conte le combat quotidien d'une famille confrontée à la maladie de leur fils. L'intrigue tourne son regard avec finesse non pas vers l'aspect médical mais vers les implications familiales d'un tel cataclysme privé. Et Brigitte Giraud y déploie tout le talent de sa belle plume !

pasdinquietudeUn extrait de mon billet d'alors...

"Pas d'inquiétude raconte l'histoire d'une famille ordinaire, qui vient tout juste de prendre possession d'une maison neuve, dans un lotissement tel qu'il en pousse partout aujourd'hui, après avoir vécu pendant des années dans l'exiguité d'un appartement trop petit pour quatre. Le couple a décidé de garder les finitions pour plus tard, pour eux, par soucis d'économie.
Le rêve est donc là, enfin à portée de main, mais c'est la maladie qui s'invite. Medhi, le plus jeune est atteint d'un cancer. Alors, les travaux attendront, il faut s'organiser, prendre des congés. La mère venant tout juste de commencer un nouveau travail où elle doit faire ses preuves, c'est au père qu'incombe de laisser le sien de côté pour faire face à l'urgence. Le présent prend tout à coup toute la place.

Ce roman est d'un charme discret et profond. Brigitte Giraud excelle encore une fois, après son magnifique Une année étrangère, à se mettre à la place d'autrui. Ici, le narrateur est un homme. D'habitude, en de telles circonstances, c'est la douleur d'une mère qui nous est offerte, placée immédiatement au creux du ventre. Un homme, lui, ne sait pas toujours quoi faire de son inquiétude, il n'a pas les codes, il réagit différemment. Alors il tait sa peur, son infini désarroi et offre ce qu'il peut, sa présence, ses initiatives, et parfois ses maladresses. [...]"

Le billet dans son intégralité par ici [clic] - Tout sur Brigitte Giraud sur ce blog [clic] - L'avis de Clara sur "Avoir un corps"

Editions J'ai Lu - 7.60€ - 21 Août 2013

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28 septembre 2011

En poche...

uneann_e_trang_re"Il faut que j'aie des antennes, que je sois double en permanence, à l'affût du moindre signe, du moindre indice.
Mais ce qui complique la donne est que la fille au pair n'est pas une fille dans une simple situation de travail. On attend d'elle un service rendu mais aussi une présence particulière, une façon d'être, la construction d'un lien, on attend d'elle qu'elle donne de son temps, de sa patience, de son énergie, comme le ferait une grande soeur éternellement bien disposée. On attend d'elle qu'elle mette en scène la touche d'exotisme qui fait la différence, celle pour quoi on l'a choisie et qui valorise la famille par sa présence "si particulière", par son style français inimitable, qu'elle même ignore évidemment."

Ce titre a été un coup de coeur de lecture pour moi lors de la rentrée littéraire 2009 !! N'hésitez pas à le découvrir en petit format.

Mon billet ici

heart J'ai lu - 5.60€ - Août 2011

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14 septembre 2011

Pas d'inquiétude, Brigitte Giraud... Rentrée littéraire 2011

pas_d_inqui_tude"Ce fut [...] un début en douceur, sans la violence des mots, une auscultation tout en retenue, et en rentrant tournait dans ma tête la dernière phrase prononcée par le médecin. Plus je remâchais ce pas d'inquiétude, plus ma gorge se serrait. Pas d'inquiétude n'était pas compatible avec sans tarder, le médecin se contredisait, et en même temps je me rassurais, non, rien de plus normal, il voulait juste qu'un spécialiste prenne le relais, son sérieux était réconfortant, il valait mieux envisager les choses à temps."

Pas d'inquiétude raconte l'histoire d'une famille ordinaire, qui vient tout juste de prendre possession d'une maison neuve, dans un lotissement tel qu'il en pousse partout aujourd'hui, après avoir vécu pendant des années dans l'exiguité d'un appartement trop petit pour quatre. Le couple a décidé de garder les finitions pour plus tard, pour eux, par soucis d'économie.
Le rêve est donc là, enfin à portée de main, mais c'est la maladie qui s'invite. Medhi, le plus jeune est atteint d'un cancer. Alors, les travaux attendront, il faut s'organiser, prendre des congés. La mère venant tout juste de commencer un nouveau travail où elle doit faire ses preuves, c'est au père qu'incombe de laisser le sien de côté pour faire face à l'urgence. Le présent prend tout à coup toute la place.

Ce roman est d'un charme discret et profond. Brigitte Giraud excelle encore une fois, après son magnifique Une année étrangère, à se mettre à la place d'autrui. Ici, le narrateur est un homme. D'habitude, en de telles circonstances, c'est la douleur d'une mère qui nous est offerte, placée immédiatement au creux du ventre. Un homme, lui, ne sait pas toujours quoi faire de son inquiétude, il n'a pas les codes, il réagit différemment. Alors il tait sa peur, son infini désarroi et offre ce qu'il peut, sa présence, ses initiatives, et parfois ses maladresses. L'auteure a vraiment trouvé ici dans son écriture le ton juste pour nous en parler. 
J'ai reconnu également dans ces pages l'attitude qui a été la nôtre lors du séjour de Petit Dernier en service de néonatologie par exemple, cette volonté de minimiser l'inquiétude auprès de l'entourage, cette propension à s'isoler autour du noyau étroit et dur que l'on forme soudain. A ce moment là, comme ce qui se passe dans ce roman-ci et que je tairai pour conserver le mystère de la découverte, tout geste de générosité, de compassion sincère, devient terriblement réconfortant et lourd de sens.

Une lecture de rentrée qui mérite vraiment que l'on s'y intéresse.

heart Coup de coeur ! - Editions Stock - 19€ - Août 2011

Les autres lectures de la rentrée sont toujours chez Hérisson

 Sinon, bonne nouvelle, Brigitte Giraud sera au Grand R à deux pas de chez moi... tout bientôt [lien]

Ce titre est dans la première sélection du Prix Médicis

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13 septembre 2011

En cours de lecture...

_crire_famille"Ma femme avait pris en grippe notre existence, et je sentais monter en elle tous les signes de la frustration. En quelques mois, elle avait semblé ne plus se reconnaître, jusqu'à se renier, tenir un discours parfois blessant et suspecter les personnes avec qui elle partageait cette vie, moi en particulier, comme si j'étais responsable de ce qu'elle commençait à ressentir comme un échec. Alors la possibilité d'une maison que nous ferions construire était l'unique issue, la solution pour échapper à un quotidien qui promettait de nous étrangler. Notre quotidien qui, à y penser aujourd'hui, était simplement heureux parce que nous allions bien tous les quatre, mais nous n'avions pas conscience de cette évidence, non, ne nous sautaient aux yeux que l'inconfort et la promiscuité dans lesquels nous vivions."

"Mais nous imaginions que la vie se déroulait selon une ligne droite et que l'avenir serait forcément meilleur, nous pensions que la vie s'améliorait au fur et à mesure, c'est ce que nous observions autour de nous, chacun attendait ce qui allait le libérer, nous pensions que le bonheur était une conquête, une promesse, qu'il arrivait après une suite d'empêchements, après une série d'obstacles, une succession d'espoirs. Il manquait au départ toujours quelque chose, il manquait une voiture, un diplôme, un amour, un enfant, un appartement, un travail, un jardin, il manquait de l'argent, la vie n'était que manque mais le temps allait tout résoudre, allait tout construire, tout simplifier."

Extrait de Pas d'inquiétude de Brigitte Giraud, Rentrée littéraire 2011

(Je suis pour l'instant sous le charme, je l'ai presque terminé.)

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29 novembre 2010

Brigitte Giraud - en lecture - avec Fabio Viscogliosi

Une autre manière de connaître Brigitte Giraud, de la lire...

"Ca commence comme ça. Les yeux du garçon dans ceux de la fille. Quelque chose est arrivé."

Voici ce que j'ai écouté il y a quelques jours, la nouvelle Baby-foot (dont vous pouvez entendre un extrait ci-dessous) accompagné de musique, musique créée en écho au texte, texte écrit dans le but d'être accompagné de musique. Il s'agit ici d'une performance autour de l'écriture, et d'affinité musicale.

J'ai aimé le récit de Brigitte Giraud qui trouve décidément toujours des mots justes et simples, évidents, pour parler du présent, j'ai été moins sensible au mélange voix et musique. J'ai très envie de découvrir le livre de Fabio Viscolgliosi (Je suis pour tout ce qui aide à traverser la nuit, Stock 2010) dont Brigitte Giraud nous avait touché deux mots en atelier de lecture.

A l'occasion de ces deux rendez-vous j'ai pû constater à quel point l'auteure a une personnalité attachante, souriante et accessible. J'espère beaucoup la sortie d'un nouveau roman pour bientôt.

Baby-foot conte un amour d'été à hauteur d'adolescence, chaleur, regards, et passage de l'enfance à cet autre chose que l'on ne perçoit pas encore, mais qui chavire le corps et le coeur, ce quelque chose que l'on peut appeler aussi grandir.

Extrait du recueil Avec les garçons, J'ai lu, 2010. La version grand-format éditée chez Alphabet contient le CD de cette lecture.

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26 novembre 2010

Pluie, Kirsty Gunn

PLUIE"Ni ma mère ni mon père ne sortaient plus pêcher désormais. La pluie venait frapper la tasse en émail avec un infime bruit musical ; la pluie heurtait la tasse, la pluie la remplissait. Goutte après goutte, la pluie. S'il pleuvait suffisamment longtemps la tasse se remplissait à ras bord d'une eau renouvelée. Par delà la rivière la pluie tombait, arrivant de derrière les collines, la pluie. De la pluie dans l'eau, de la pluie sur les feuilles. De la pluie dégouttant des fleurs blanches des arbres à thé, de la pluie dévalant les rigoles boueuses qui sillonnaient la berge, de la pluie sur nos corps. Nous la laissions faire, nous la laissions nous recouvrir, le ciel pouvait pleurer. Mon petit frère renversa la tête en arrière pour offrir son visage aux derniers rayons de lumière et ferma les yeux. Sous l'eau il était transparent."

heart

Pluie, c'est une histoire d'enfants, d'eau, d'été, de lac, et de parents négligents. Quand on a dit cela, on a presque tout dit sur ce roman, on oublie seulement de souligner à quel point le texte - magnifique - est fait de poésie, de matière, de sensations et de vie. Voici le genre d'ouvrage qui a tout d'une révélation inattendue, une de ces pépites que l'on garde quelques temps contre son coeur après lecture, étonnée.
Ensuite, qu'il y soit aussi question d'un petit garçon blond de cinq ans (comme le mien) et d'une grande soeur attentive (comme peut l'être ma grande fille parfois) a sans doute renforcé un certain degré personnel d'attachement, oui sans doute. Mais, en toute objectivité, Pluie, c'est beau, c'est violent (dans tout ce qui est supposé en creux, ce qui n'est qu'effleuré), et c'est écrit avec une plume délicate et forte qui m'a complètement séduite. Voilà tout.

bouton3Note de lecture : coup de coeur ! - Editions Points - 5.50€ - Nov 2005

Ce livre a été lu dans le cadre de l'Atelier Livres en Poche organisé par ma ville... Et ce roman est le choix de Brigitte Giraud, actuellement en résidence. Elle était à l'occasion une lectrice nous présentant un de ses ouvrages fétiches. La première fois qu'elle a découvert ce texte, grâce à une amie (et c'est important, nous a-t-elle dit, la manière dont les livres nous parviennent), elle l'a trouvé essentiellement lumineux, puis de plus en plus terrible à chaque nouvelle lecture. Le groupe de lecteurs rassemblé mercredi soir a été d'ailleurs plutôt enthousiaste, fasciné par la présence constante de l'eau, par la poésie de l'écriture, l'angoisse ressentie (Pluie se dénoue au fil des pages au rythme d'une tragédie) et cette perversion prégnante des adultes de l'histoire.

Il existe un film, Rain, réalisé par Christine Jeffes (2001) qui me semble assez différent du roman (Le lien vers la bande-annonce).
Du même auteur, j'ai lu Le garçon et la mer, qui m'avait bien moins plu.

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23 novembre 2010

Pause, blabla et compagnie

enfantpauseHier, j'ai eu 38 ans. Bizarrement, l'âge qui avance me rapproche de l'enfance, de ce qui m'a toujours été essentiel, il a ce pouvoir que je ne soupçonnais pas de lisser les aspérités, de ranger les priorités comme des livres dans des rayons de bibliothèque.
Demain soir et jeudi soir, je vais écouter lire Brigitte Giraud, et l'entendre parler de Pluie (Kirsty Gunn)... je savoure ma chance à l'avance.
Je mets donc ce blog en sommeil, pour deux/trois jours, mais ne vous méprenez pas, pendant ce temps je ne dors pas, je profite !!

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