20 décembre 2012

L'amour est une île, Claudie Gallay

lamourestuneile"- Tu te souviens d'autrefois ? Quand le silence de la neige tombait sur la terre, nous allions nous asseoir devant le foyer du château et nous parlions de choses qui n'arriveraient jamais.
Il murmure ça à son oreille.
C'est une phrase de Fernando Pessoa, un texte qu'il avait mis en scène l'année où ils se sont rencontrés.
Des odeurs de mousse. La Jogar reste silencieuse un instant. Ses doigts glissent sur le matelas.
Il y a des grattements d'insectes dans la terre autour d'eux.
- J'aimerais recommencer notre histoire... mais je sais que recommencer est impossible.
Il pose un baiser dans ses cheveux.
- Le possible est ennuyeux, avec l'impossible on a des chances.
Il dit cela."

Tandis que le festival d'Avignon connaît une vague de grève sans précédent, Marie débarque dans la ville. Elle a été attirée là par le nom de son frère. On joue sa pièce, Nuit rouge, dans un théâtre. Paul Selliès est mort avant que son talent soit reconnu alors la jeune-fille est armée de questions, de colère et de doutes... Pourquoi le patron du théâtre a-t-il attendu si longtemps pour manifester son admiration ? 
Par ailleurs, Mathilde, la star, est elle revenue chez elle pour jouer Sur la route de Madison, et sa présence perturbe beaucoup Odon, son ancien amant.
Les protagonistes de cette histoire seront tous impliqués dans un mélodrame tendu que la chaleur de cet été là et les revendications des intermittents exaspèrent.

Complètement à contre-pied de la saison, je me suis un peu perdue dans les premières pages de ce roman de Claudie Gallay dont je ne parvenais tout d'abord pas à situer les personnages. Puis, petit à petit, la fascination a pris le pas sur la confusion. L'émotion s'est glissée près de Marie et de sa quête un peu vaine. J'ai aimé les photographies qu'elle prenait, la personnalité touchante de sa logeuse Isabelle, et la grandiloquence de ses gestes et mots.
Au final, j'ai aimé ce livre, qui aurait mérité de s'appeler Anamorphose. Il m'a beaucoup touché et troublé.
Une lecture en forme d'ode au Théâtre, celui avec un grand T.

Editions J'ai lu - 6.90€ - Septembre 2012

L'avis de Clara qui ressemble assez au mien - Canel a également dû passer une étape pour apprécier enfin ce livre -  Un roman bouleversant pour Choco - Un coup de coeur pour Gambadou !!

 

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17 décembre 2012

En cours de lecture...

book tasse"Elle ne sait pas où ça la mène. Ca, la vie, grandir. Elle ne sait pas ce qu'il y a devant, dans ce temps qu'on appelle avenir et qui est aussi demain. Que peut-elle faire de tout ce temps ? Il lui arrive de regarder comment les autres vivent.
Le savoir remplit peut-être les heures."

Extrait de L'amour est une île de Claudie Gallay, J'ai lu, septembre 2012

Et pendant ce temps... Sylire nous informe [ici] qu'un film est en préparation sur Les Déferlantes, chouette !!

 

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01 décembre 2008

Les déferlantes, Claudie Gallay

les_d_ferlantesQui viendrait se réfugier à La Hague ? Là où les tempêtes arrachent les pensées, emportent les bateaux et les hommes ?
La narratrice de cette histoire est pourtant venue ici, chercher refuge, oublier l'homme qu'elle a tant aimé, et perdu, prendre du recul. Employée par le Centre ornithologique, elle compte les oiseaux, arpente une côte inhospitalière, rude et belle, qui apaise ses souvenirs.
Un jour, un homme vient troubler sa fragile quiétude, un homme qu'une vieille folle, Nan, prend pour un autre, et que Lili, la cafetière semble connaître, Lambert. Entre photos volées, paroles tues, et jouets retrouvés, une intrigue prend forme et se fortifie, jusqu'à briser des silences et raviver des colères...

heart Comment ne pas aimer ce livre ? Alors, oui, bien sûr, on y retrouve des ingrédients déjà lus dans Seule Venise, oui. Et bien, tant pis. Peu importe. C'est l'univers de Claudie Gallay, et on aime ça, c'est dit. Et puis, on les oublie très vite, ces redondances, au profit d'une histoire sauvage et forte, faite de secrets, de rencontres et de vent. Comment ne pas tomber amoureuse de l'engourdissement qui nous prend à la lecture de ce roman ? On marche près de la narratrice, on écoute avec ses oreilles les secrets du passé, on aime, avec elle, ces vieilles personnes qui radotent un peu, ces plus jeunes qui transpirent de rêves... On s'emmitoufle dans de vieux pulls qui sentent la poussière et l'hiver. On se tient chaud dans un café aux vitres embuées. On repeint sa chambre en vert Hopper et on attend, on attend que l'amour vienne à nouveau croiser notre chemin... On aime l'univers des déferlantes, et on en redemanderait bien, une autre bouffée, encore. Voilà, c'est dit...ça aussi.

Un extrait...
"Il s'est jeté dans l'eau comme une bête en colère. Je ne voyais rien de lui mais je l'entendais, sa respiration, son souffle pour lutter contre le froid, et le battement violent de ses bras qui fendaient l'eau. Etait-il nu ? Il s'était retourné, il m'avait dit, Vous ne venez pas ?
Personne ne se baignait jamais là. A part l'été, quelques habitués.
Son corps d'homme s'est mêlé à la nuit. Pris par la mer.
Son corps de vivant.
Il a disparu. J'ai attendu qu'il revienne, les genoux dans les mains. Sous mes doigts, les galets.
J'ai regardé les étoiles.
Il a nagé encore. L'eau était froide ici, bien plus froide qu'ailleurs.
Avait-il rendu visite à Théo ? Il m'avait dit qu'il voulait lui parler, mais l'avait-il fait ? Pourquoi s'attardait-il ainsi ?
Il est remonté vers moi, la chemise roulée à la main. Le pull anthracite à même la peau.
- Vous êtes allé nager loin...
J'ai senti son regard dans la nuit.
Dans la voiture, il a mis le chauffage à fond. Ses cheveux étaient mouillés.
- J'ai eu peur que nous ne reveniez pas.
Il a écarté les doigts. Il les a refermés. Il a fait ce geste plusieurs fois.
- Il fallait que je nage...
Il a allumé les phares et il a regardé la mer. Cette partie de nuit éclairée. Il a laissé rouler sa tête sur le côté.
Et il m'a regardée pour ne plus voir la mer."

bouton3 Note de lecture : 5/5

Un livre lu dans le cadre du grand prix des lectrices de BOOKPAGES 2009
Catégorie Roman

ISBN 978-2-8415-6934-2 - 21.50 € - 03/2008

Clarabel le dit, ce roman est magnifique !
Gawou a été envoûtée.
Une lecture plaisante pour Gambadou
Pour Sylvie, un livre fort, dense et sombre
Pour Cathulu, un livre précieux et nécessaire...et j'aime beaucoup ce qu'elle en dit.
Bellesahi a beaucoup aimé, beaucoup. Liliba et Leiloona aussi.

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06 octobre 2008

Seule Venise, Claudie Gallay

seule_venise"A quarante ans, quittée par son compagnon, elle vide son compte en banque et part à Venise, pour ne pas sombrer. C'est l'hiver, les touristes ont déserté la ville et seuls les locataires de la pension où elle loge l'arrachent à sa solitude. Il y a là un aristocrate russe en fauteuil roulant, une jeune danseuse et son amant. Il y a aussi, dans la ville, un libraire amoureux des mots et de sa cité qui, peu à peu, fera renaître en elle l'attente du désir et de l'autre." (extrait de la quatrième de couverture)

Ce roman, écrit par l'auteur des Déferlantes (qui est toujours dans ma PAL), est "presque" un coup de coeur de lecture pour moi !! Il m'a manqué quelques petites choses ici et là, des émotions plus fortes, des concrétisations peut-être...mais ne vous laissez pas influencer car je parie que vous serez séduits !! J'ai aimé l'ambiance d'une Venise en hiver, et cette pension brinquebalante, en huis clos, qui serre en son sein des personnages hauts en couleur et denses (j'y ai retrouvé quelques éléments de "Ensemble, c'est tout" d'Anna Gavalda...). J'ai aimé ce libraire vers lequel notre héroïne se sent attirée, séduite par son sourire, ses silences et sa voix... Oui, j'ai aimé ce livre... Il m'a laissé une sensation de douceur bien agréable !

Un extrait...
"Toujours, des hommes et des femmes se sont rencontrés à Venise. Toujours, des hommes et des femmes se sont aimés. Ont bravé le vent.
Je vous regarde.
Je ne vous connais pas. Je vous rencontre.
- Vous rougissez.
Je détourne la tête.
Vous souriez.
C'est à cause de ça.
Votre sourire. Et votre voix. J'ai aimé votre voix comme on aime un corps.
On regarde ailleurs. L'eau découvre les marches, le bois pourissant des pieux.
Avec les lumières, on voit à l'intérieur des palais. Les lustres éclairés.
- Les vénitiens sont là. Ils seront là jusqu'à la fin.
Vous aussi vous êtes là, je dis, mais pas suffisamment fort. Vous n'entendez pas."

bouton3  Note de lecture : 4.5/5

ISBN : 2 7427 5573 X - 8.20 € - janvier 2006

Un grand merci "à qui me l'a conseillé" !!
Une lecture enthousiaste chez Gambadou.

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