15 août 2013

Une adolescence américaine, Joyce Maynard

uneadolescenceamericaine"L'enfance, je crois, était autrefois un handicap et l'adolescence une période excitante, un horizon élargi, pantalons longs et liberté. Aujourd'hui, la jeunesse - pour ce qu'elle dure - est un temps auquel nous nous accrochons âprement, un temps exalté, surestimé, et si nous ne sommes pas vraiment dans le vent, du moins nous le fait-on croire, en nous affirmant que ce sont les meilleures années de notre vie - et qu'ensuite ce n'est qu'une longue descente."

Au début des années 70 et à tout juste dix-huit ans, Joyce Maynard publie un article dans le New York Times dans lequel elle porte un regard intelligent sur sa génération. Le public est conquis, et le célèbre JD Salinger, de trente-cinq ans son aîné, remarque sa plume et lui envoie une lettre. Ils vivront quelques temps ensemble, et c'est lors de cette relation que la jeune-fille rédigera cette Adolescence américaine, développant ainsi l'article paru dans le Times, sous l'oeil désapprobateur de l'écrivain.

Joyce Maynard utilise dans ce texte principalement le nous qui lui permet de parler pour tous ses camarades, et de tout, même de ce qu'elle n'a pas expérimenté elle-même. Des 12 ans de la jeune-fille à ses 20 ans, via un regard lucide et naïf, c'est un peu l'enfance de chacun qui y est tracé, celui d'une époque, et d'une certaine Amérique. L'attention est portée sur les détails, les attitudes, et ces changements de comportement qu'amène inévitablement une décennie en pleine métamorphose. Il y est question de coiffure, de vêtements, de flirts, de musique et de tout ce qui peut intéresser des adolescents, mais également de la guerre et des engagements politiques.
J'ai été happée par cette jeune écriture qui passe sans transition du plus futile au plus grave. Une adolescence américaine est en effet un texte remarquable, très intéressant, universel, qui a su brosser le portrait d'une société, tout en donnant l'impression du futile et du personnel. 
Un coup de coeur de lecture qui a le charme de l'inattendu !!

Editions Philippe Rey - 17€ - Avril 2013

La lecture de Sylire, qui a également envie de tout lire de Joyce Maynard dorénavant Celle de Clara qui ne se lasse pas de lire l'auteure - Je suis dans le même état d'esprit... et je suis d'accord avec Clara, la sincérité de cette femme écrivain est véritablement attachante.

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07 juin 2013

En Vieillissant les hommes pleurent, Jean-Luc Seigle

envieillissantleshommespleurent"Aimer. C'était le seul mot qui le faisait encore respirer. Albert n'avait plus d'autre désir que de vouloir sauver son fils Henri, comme s'il avait gardé en lui ce sentiment en attendant le jour idéal pour le reconnaître lui-même bien plus que pour l'exprimer. Ce jour était arrivé. Ce fut une découverte, en même temps qu'un soulagement."

Nous sommes en 1961. Albert partage son temps entre l'usine Michelin où il travaille et ses terres. Marié à Suzanne, il a eu deux fils. L'aîné a été envoyé en Algérie, le second est passionné par la lecture, notamment par ce roman de Balzac, Eugénie Grandet, qu'il vient de commencer.
Ce jour de grosse chaleur où la télévision fait son entrée dans la maison est le théâtre de grands changements. Gilles est présenté à Monsieur Antoine, ancien maître d'école, avec qui il va pouvoir échanger sur les livres. Henri apparaît dans un reportage à la télévision, maladroit, bien éloigné de l'être sûr de lui qu'il était avant son départ. Suzanne succombe au désir. La grand mère Madeleine serre plusieurs doigts perdus dans ses mains frippées ; et même Albert, derrière le masque de sa carrure imposante, se transforme...

Vous vous en doutiez déjà je pense... ce titre s'avère un énorme coup de coeur ! Malgré une fin qui est ce qu'elle est, mais je ne vous en dis pas plus...
Dans ce petit roman, il y a effectivement une poésie de l'instant, et des petites choses, si rare en littérature et si précieuse que En vieillissant les hommes pleurent est de ces livres dont on fait durer sciemment le plaisir de lecture. On y parle du toucher, de la peau, des sentiments, de ce qui remue à l'intérieur, tout profond, de ce qu'on est capable de transformer en nous, ou pas, et de l'amour des livres. Il a reçu le Prix RTL-LIRE en 2012.
Une lecture qui réconcilie avec le genre humain (et parfois on en a bien besoin).
Petit bonus, l'Antigone de Sophocle est citée p 24 !

Editions J'ai lu - 6.40€ - 15 mai 2013

Gambadou n'a pas aimé du tout l'écriture - Jack a adoré   

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01 mars 2013

Room, Emma Donoghue

room

"L'âme choisit sa compagnie. Puis ferme la porte..." Emily Dickinson

Jack vient de fêter ses cinq ans. Il aurait aimé un vrai gâteau pour son anniversaire avec de vrais bougies dessus mais Maman a fait ce qu'elle a pu et lui a offert un joli dessin pour ce jour important. A hauteur d'enfant, tout semble normal dans cette Chambre, entre Monsieur Lit et Madame Table. Le monde du Dehors est dans Madame Télé et l'univers se résume aux quelques pas qu'ils font dans cette pièce dans laquelle Jack et sa mère vivent depuis sa naissance. Tous les soirs, le petit garçon s'endort dans le dressing, entend souvent le bip-bip de Madame Porte qui signale la visite du Grand Méchant Nick. Sa mère fait tout pour que ce dernier ne porte pas ses yeux sur l'enfant. Un jour, Maman évoque la possibilité d'une Grande Evasion mais Jack n'a pas envie d'être le Prince Jacker-Jack qui sauverait sa Maman, il se sentira certainement plus fort quand il aura six ans...

J'ai tout aimé dans ce roman haletant qui est un vrai coup de coeur ! Mais je le savais d'avance, qu'il me troublerait beaucoup. Voici sans doute pourquoi j'ai attendu sa sortie en poche. J'ai aimé sa structure narrative impeccable en pyramide dont le pic est la fuite enfin réussie, son écriture terriblement poétique (certainement très bien traduite du canadien) et ce regard tendre et tendu porté sur une relation mère-enfant bien particulière. L'abnégation de cette maman est remarquable ! Et nous sommes loin du récit d'un simple Fait-divers. L'attention du lecteur est concentré sur le huis-clos formé, sur la représentation verbale et imagée que s'en fait l'enfant, et sur la possibilité de s'en sortir qui se fait jour brusquement... mais je ne vous en dirai pas plus.
Une lecture sur le pouvoir inébranlable de l'amour maternel et sur le courage immense des enfants.

J'ai été très touchée par l'écho que ce livre a eu en moi, je me suis souvenue du séjour de petit-dernier en néonat, de mon attention constante pour qu'il aille bien, et je me suis dit qu'il y avait de nombreuses chambres finalement desquelles on souhaite un jour s'échapper avec son enfant. Ce qui montre combien ce livre ouvre aussi à une plus large réflexion, sur l'enfermement, mais également sur la valeur normative de nos apprentissages.

Editions du Livre de Poche - 7.60€ - Février 2013

Quelques lectures... Un roman-choc pour Stephie - Il a cloué Mango - Une intensité rare pour Clara - Un impitoyable miroir pour les parents que nous sommes pour Theoma - In Cold Blog rassemble de nombreux billets - Et je partage complètement l'analyse d'Aifelle sur ce roman qui elle nous le rappelle justement n'est ici heureusement qu'une fiction !

 

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17 février 2013

Saison de lumière, Francesca Kay

saison de lumiere

"Les oeuvres d'art ont quelque chose d'infiniment solitaire, a dit Rilke, et la tonalité prépondérante des tableaux londonniens de Jennet Mallow est celle de la solitude. Ils sont dotés de limites étroitement définies : contours, boîtes, cadres. Et pourtant ces peintures ne sont en rien entravées, au contraire, leurs limites sont paradoxalement libératrices. Chaque boîte ou cage distincte abrite une image sublime, suggestive, isolée, qui bat des ailes d'autant plus fort qu'elle est enfermée, car la privation de liberté est la preuve même de l'existence de la liberté."

Nous sommes dans le Londres des années 50 lorsque Jennet Mallow, jeune femme naïve, découvre l'école d'art de Kensington. Elle y rencontre le sulfureux et brillant David Heaton dont elle tombe rapidement enceinte. Ils se marient et décident de partir au soleil de l'Espagne. Là, le couple commence à battre de l'aile. Et le talent torturé de David, dont il noie le soir dans l'alcool les questionnements, sera bientôt en concurrence avec la peinture de sa femme qui rencontre un succès inattendu.

"Un mariage qui bat de l'aile renforce l'isolement partout. Les convenances, le respect de soi et l'orgueil entravent les épouses malheureuses, et Jennet n'aurait jamais eu envie d'être l'objet de la pitié de ses amis."

Le retour à Londres est donc décidé. Dorénavant, c'est à bout de bras que Jennet devra faire vivre sa famille et son art...

J'ai ressenti tout un panel d'émotions littéraires à lire ce roman qui est un profond coup de coeur !! Déjà, la narration est dense, descriptive et fournie, et ouf ce que ça fait du bien de pouvoir ainsi prendre sa place et s'installer confortablement dans un récit. Puis, le thème de la peinture étant vraiment un thème riche de matières, j'ai aimé que l'on me raconte l'élaboration de tableaux dont je pouvais presque deviner la texture.

"Quelle tristesse avait été éprouvée entre l'inspiration provoquée par le rythme tranquille de la mer et l'expression finale que Jennet lui conféra ? [...] Le besoin, l'incertitude et la peur jouent leur rôle ; une méconnaissance de soi. Non l'ignorance délibérée de soi mais une vision obscurcie, vague, jusqu'à ce que le temps, la mort ou la sagesse l'éclaircissent."

Enfin, comment ne pas ressentir une empathie énorme avec le personnage courageux et lucide de Jennet qui lutte pour sa famille contre les revers du quotidien et les frasques de son mari ? Grouille autour de ce couple une galerie de portraits, des enfants, tout un monde minutieusement décrit et intéressant qui nous brosse également en parallèle une époque.
Une lecture qui donne toute sa place à l'acte créatif et à la volonté des femmes.

Editions J'ai lu - 7.10€ - Janvier 2013

Une auteure à suivre de près pour Théoma - Un premier roman époustouflant de maîtrise pour Cathulu ! - Un magnifique portrait de femme pour Clara !

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16 décembre 2012

Plus que les autres

DECORATION NOEL

... ils ont marqué mon année ! J'avais envie de vous présenter dès aujourd'hui mon top 3 de 2012.

Et pourquoi pas vous donner encore quelques idées de cadeaux à mettre sous le sapin !!

 

l'hommeinquietJ'ai découvert Henning Mankell via Les chaussures italiennes (catégorie roman) qui avait été également un gros coup de coeur en 2011 ! Début 2012, j'ai récidivé avec L'homme inquiet et je suis tombée naturellement sous le charme de cette version plus policière de l'auteur, celle que les habitués de polars connaissent principalement. Alors bien entendu, j'ai commencé par la fin de la série, car Kurt Wallander sévit depuis quelques temps déjà - mais peu importe - car la compréhension a toujours été au rendez-vous. J'ai pu situer sans soucis chaque personnage, et je me suis laissée bercée par l'intrigue sans heurts ni tracas. Dans ce livre-ci, on prend son temps, les fils sont dénoués avec finesse et minutie, la vie quotidienne tient toute sa place et il est permis de réfléchir sur le sens de sa vie, ou du monde. Bref, j'adore !
(L'article complet - Wallander m'avait séduite aussi sous les traits de Kenneth Brannagh )

 

icicava"Difficile de savoir exactement à quel moment les choses commencent à renaître. Peu importe, l'essentiel étant qu'elles renaissent. D'une façon ou d'une autre. Dans la boue. La nouvelle lumière du soleil. Les protéines. Les cendres. Les larmes."
Ce petit roman de Thomas Vinau est beau, dans sa douce et naïve simplicité apparente. Il explore des thèmes qui me sont chers comme la lenteur, la vie d'une rivière, le regard que l'on porte sur l'autre, la renaissance, la reconstruction. J'y ai croisé encore une fois chez cet auteur cette lumière particulière qui éclaire parfois les romans que l'on aime. Un joli coup de coeur de rentrée !
(L'article complet - Tout Thomas Vinau sur ce blog)

 

leslisieres

J'avais été moyennement touchée par Le coeur régulier, le dernier roman d'Olivier Adam. Cependant, forte de mon souvenir Des vents contraires, j'avais envie de lire celui-ci. Et j'ai eu raison de faire confiance car j'ai eu avec ce livre un très intense moment de lecture. Pourtant, le personnage de Paul Steiner est loin d'être pleinement sympathique, ses prises de position sont évidentes et sans appel, trop tranchées, son attitude souvent égoïste et détachée. Ce qui m'a plu ici est la sincérité des phrases, ce style qui semble s'être véritablement lâché, plus ample, moins facile, moins commercial. Et comme le fait Annie Ernaux dans Les Années, il est agréable de lire l'actualité dernière le regard d'un auteur, ici la montée du FN avant les élections, le drame du tsunami au Japon, etc... Il est évident qu'Olivier Adam se cache à peine derrière son double de papier, auteur à succès comme lui. De nombreuses réflexions m'ont touchée en plein coeur. La relation que cet homme de quarante ans entretient avec les siens fait écho. Une lecture dont la grande qualité est de ne pas être lumineuse et simple, mais dérangeante, obscure, désagréable, et au final assez grandiose. Ah, et j'aime ça aussi. Encore un coup de coeur de rentrée !!
(L'article complet - Tout Olivier Adam sur ce blog)

etoilesnoel

(Source)

Chaque année qui commence, je me demande si l'exaltation littéraire sera au rendez-vous, et chaque année qui commence m'ouvre de nouvelles portes, des découvertes inattendues... En suivant [ce lien] vous trouverez mes autres coups de coeur de 2012 en photos, et en suivant [ce lien] tous les coups de coeur de ce blog !!

Et vous, c'est quoi votre top 3 ?

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27 octobre 2012

Les oubliés de la lande, Fabienne Juhel

lesoubliesdelalande"Ce village est une enclave un peu spéciale, vois-tu. Il s'agit d'un No Death's land. Une expression calquée sur celle du no man's land. No pour "pas", Death pour "mort" et land pour "terre". La lande. Cette lande que tu as traversée pour te carapater ici. Voilà. Personne ne meurt, tu m'entends ? La Mort nous a oubliés. Nous sommes les oubliés de la lande..."

Un vieil homme termine ses jours à deux pas d'un village un peu spécial où personne ne vieillit et surtout ne meurt plus. Mais ce frôlement de la mort à quelques mètres d'eux met la communauté en émoi. Ils sont une trentaine à vivre là, dans les confins de la Bretagne, oubliés de la grande Faucheuse. Tom, le seul enfant du groupe, va mettre à jour de sombres agissements en menant une enquête discrète, porté par l'amour protecteur de ses deux parents adoptifs, Basil et Emma...

Je voulais lire Fabienne Juhel depuis notre rencontre en 2009 lors d'un petit salon du livre de mon coin de Vendée. J'ai beaucoup trop attendu, car Les oubliés de la lande, sorti en cette rentrée littéraire, est un vrai coup de coeur !! 
J'ai été plongée dès les premières pages dans un univers fantastique déroutant, un ouvrage minutieusement élaboré par l'auteure, comme une délicate toile d'arraignée de laquelle on ne peut s'échapper. Les évènements s'enchainent et construisent peu à peu une galerie de personnages extravagants. Et j'ai aimé être ainsi portée dans une réalité parallèle qui ouvre la porte à toutes les réflexions possibles sur la vie, la mort et le temps qui passe.
De plus, voici une lecture idéale en cette période de pré-fête d'Halloween, il y a largement de quoi frissonner dans ces lignes !!

heart Coup de coeur ! - Editions du Rouergue - 21 € - Août 2012

Lucie en a aimé la poésie - Clara la tentatrice !! 

challenge2012

 

 

 

Challenge 1% rentrée littéraire 2012 : 7/7
(clic sur le logo pour plus de détails) Et je termine mon challenge du 1% avec ce dernier titre !!

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19 octobre 2012

Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, Jonas Jonasson

levieuxquinevoulaitpas"Il avait maintenant compris qu'il n'obtiendrait rien d'un centenaire qui prétendait avoir rencontré Franco, Truman, Mao Tsé-toung et Churchill."

Une maison de retraite sans histoires d'une petite ville de Suède s'apprête à fêter le centième anniversaire d'un de ses pensionnaires. Mais au dernier moment, Allan se fait la belle par la fenêtre, plantant là l'infirmière Alice, et semant dans son sillage un sacré remue ménage.
Derrière le frêle vieillard se cache un éternel optimiste qui depuis toujours a pris la vie comme elle vient, voilà pourquoi il embarque sans complexe dans sa fuite la valise d'un jeune homme un peu louche, et part en cavale à travers la Suède accompagné d'une ribambelle d'amis improbables.

Je voyais ce roman en tête de liste des meilleures ventes depuis de nombreux mois. Moyennement attirée par la couverture saugrenue, j'ai un peu trainé à l'ouvrir, mais la curiosité a été la plus forte. Au final, je n'ai pas regretté ma rencontre avec Allan. Ce livre est un vrai coup de coeur !!
En effet, outre de nous emmener avec lui en promenade à travers la Suède, Allan nous raconte aussi l'histoire du XXème siècle, et en devient peu à peu aux yeux du lecteur ébahi un acteur essentiel, héros malgré lui. Ce qui est franchement absurde, drôle et vraiment bien fait.
Si vous aimez Les racontars de Jorn Riel ou Les chaussures italiennes de Henning Mankell, cette lecture est peut-être faite pour vous !

heart - Coup de coeur !  - Editions Pocket - 8.10€ - Mars 2012 - Merci ma bibli !!

Gambadou ne s'est pas ennuyée une seconde - Un excellent roman pour Dasola - Sharon a eu une petite indigestion historique  - Un roman très drôle pour A propos de livres qui préfère la couverture originale !

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11 août 2012

Holmes t1 et 2 de Cécil et Brunschwig

holmes1   holmes2

"Personne n'est venu chez vous aujourd'hui et vous n'avez jamais ouvert le dossier portant le nom du professeur Moriarty."

Sherlock Holmes laisse une lettre à Watson, expliquant sa disparition prochaine, son sacrifice. Il chutera, entraînant avec lui dans la mort son plus grand ennemi, le professeur Moriarty. Quelques jours plus tard, l’appartement du détective à Baker Street est violemment fouillé. Ce sont des hommes, diligentés par le propre frère de Sherlock qui ont fait le coup. Mycroft explique avoir ainsi tenté d'effacer les preuves de la folie de son frère, adepte de la cocaïne depuis quelques années. Pour lui, Holmes s'est suicidé. Le docteur Watson veut croire en son ami et en l'existence de Moriarty. Aidé de Wiggins, l'apprenti posthume de Sherlock Holmes, il mène son enquête...

J'aime beaucoup la série télévisée qui était passée sur France4 présentant un Sherlock Holmes moderne, et depuis Jude law on sait que Watson peut aussi devenir un personnage potentiellement très sexy. Cette BD là est un peu dans la même veine, on oublie le Sherlock Holmes des dessins animés en partant tout de suite dans un registre très réaliste. Et c'est vers Watson que la lumière est cette fois-ci dirigée, qui mène l'enquête, cherchant à réhabiliter son ami de toujours. Le noir et blanc, ou le jaune pour les flash-back, sait jouer avec les ombres pour distiller avec talent opression et mystères. J'ai adoré, c'est un coup de coeur !!

Le tome 3 (l'ombre d'un doute) est sorti en juin 2012... je sais ce qu'il me reste à faire !!

Editions Futuropolis - 11.20€ - Novembre 2008 - Merci ma bibli !!

Pour le plaisir, un extrait de la série... ;)

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08 mai 2012

Stoner, John Williams

stoner"Cet amour de la littérature, de la langue, du verbe, tous ces grands mystères de l'esprit et du coeur qui jaillissaient soudain au détour d'une page, ces combinaisons mystérieuses et toujours surprenantes de lettres et de mots enchâssés là, dans la plus froide et la plus noire des encres, et pourtant si vivants, cette passion dont il s'était toujours défendu comme si elle était illicite et dangereuse, il commença à l'afficher, prudemment d'abord, ensuite avec un peu plus d'audace et enfin... fièrement."

William Stoner est né pauvre, dans une modeste ferme du Missouri, à la fin du XIXème siècle. Il suit alors ses études avec application mais ne doute pas que son destin soit de continuer à aider plus tard ses parents à tirer de cette terre ingrate de maigres fruits. Contre toutes attentes, et suivant ainsi les conseils du conseiller rural du village, ces derniers l'incitent à s'inscrire à l'université afin d'obtenir un diplôme en agronomie. Mais c'est vers la littérature que Stoner se dirigera finalement, et d'amitié en soutiens, se retrouvera finalement professeur dans cette université qui lui semblera très vite être son havre, son refuge, le centre de tout. Car Stoner ne trouvera par ailleurs guère de plaisir dans son mariage avec Edith, une jeune femme éthérée, hystérique et fragile, ni avec sa fille Grace, que sa mère n'aura de cesse de malmener...

Il faut dire avant tout - et puis vite oublier - que ce roman est paru pour la première fois en 1965 puis traduit dernièrement par Anna Gavalda. Car, en premier lieu, il est évident que ce roman est très moderne et, en deuxième lieu, bien éloigné de l'univers habituel de la traductrice, quoique magnifiquement traduit (dans la limite de ce que je suis capable de juger, bien entendu). On pense aussi à l'univers de David Lodge en lisant les premiers chapitres, mais John Williams évite heureusement toute caricature alors on fait fie de toutes références et on apprécie.
J'ai beaucoup aimé ce roman, suivre William Stoner de son enfance à sa mort. Voici un personnage très en retrait, anti-héros par excellence, qui observe le monde avec recul, les deux guerres qui ont embrasé le siècle dernier, et se plonge avec fougue et enthousiasme dans la littérature et l'enseignement. Il connaîtra aussi quelques désillusions, rancoeurs et outrages, mais également l'amour avec un grand A. Un personnage complet qui m'a rappelé quelques vieux professeurs rencontrés autrefois à la Fac.
Une lecture en forme de bain de jouvence donc, mais aussi un hymne à la littérature qui ne m'a pas laissée indifférente, un coup de coeur ! (et oui encore !)

 heart  Editions Le Dilettante - 25€ - 27 Août 2011 - Merci ma Bibli !!!

D'autres lectures aussi enthousiastes... Laure et Théoma (même extrait cité d'ailleurs)
Je l'avais noté en tout premier chez Cuné !!

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06 mai 2012

La Liste de mes envies, Grégoire Delacourt

lalistedemesenvies"C'est le besoin d'un tapis de bain antidérapant qui nous maintient en vie. Ou d'un couscoussier. D'un économe. Alors on étale ses achats. On programme les lieux où l'on va se rendre. On compare parfois. Un fer Calor contre un Rowenta. On remplit les armoires lentement, les tiroirs un à un. On passe une vie à remplir une maison ; et quand elle est pleine, on casse les choses pour pouvoir les remplacer, pour avoir quelque chose à faire le lendemain. On va même jusqu'à casser son couple pour se projeter dans une autre histoire, un autre futur, une autre maison.
Une autre vie à remplir."

Jocelyne Guerbette est mercière à Arras. Elle aime son mari Jo, malgré les périodes de doutes et de douleurs traversées ensemble, ses deux enfants à présent grands, elle aime sa vie. Un jour, poussée par deux de ses amies, elle joue au Loto et gagne. Se pose alors la question essentielle - quand tout à coup on peut tout s'offrir - que souhaite-t-elle vraiment pour elle, et pour ceux qu'elle aime ? Jocelyne établit la liste de ses envies, ne dépose pas son chèque à la banque, attend, et trouve des réponses...

Et bien, mais que voici un merveilleux livre ! Il aurait été dommage que je passe à côté.
J'ai lu ici et là qu'on lui reprochait beaucoup trop de douce naïveté en début de roman, à ce titre, mais cela ne m'a pas gêné personnellement. J'ai aimé le personnage de Jocelyne Guerbette, ses réflexions, son intelligence humaine, la luminosité particulièrement forte de ce livre dans son ensemble. Rien ne m'a déçu ou gêné.
Bien entendu, nous qui connaissons l'envers du décor, le succès de son blog de couture semble bien extraordinaire. Bien entendu, il s'agit ici d'une fable et le réalisme n'est pas vraiment le propos. Mais quel talent a cet auteur de connaître si bien le coeur des femmes, et combien sont-elles encore aujourd'hui à taire en elles sous des dehors communs, une âme riche et avide de vie ?
Une lecture coup de coeur pour moi !

heart Editions JCLattès - 16€ - 1er février 2012

D'autres lectures, plus mitigées que la mienne... Gambadou et Aifelle
La Pyrénéenne, Bauchette, Leiloona, Cathulu et Clara ont aimé !! 

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