Un jour, je serai grande !

Des textes courts, de la lecture, des mots...en pagaille !

09 novembre 2008

Ta place

p_reSi toi aussi,
comme les autres,
de ce que je suppose,
tu m'avais parfois, prise contre toi,
serrée, embrassée.
Aurais-je été différente ?

Si tu m'avais
seulement
regardée.
Si tes yeux s'étaient levés sur moi,
rien qu'une fois,
bienveillants, protecteurs.
Serais-je ce que suis aujourd'hui ?

Cette femme bancale, écorchée,
pelée jusqu'à la trame,
qui s'accroche,
et se retient
aux doigts de toute sollicitude.

(Ressasser est une fausse piste,
je le sais
un écueil.
A force de tirer sur les fils
de son être,
on s'emmêle, on se prend les pieds dedans,
on tombe,
tête en avant.

Ouste les émotions !
Dehors ! Partez !
On vous a assez vues !)

Si tu avais été là,
hors de cette présence fantomatique,
inconsistante
que j'ai simplement connue.
M'aurait-elle tuée ?

En aurait-elle eu la force ?

Posté par LESECRITS à 06:56 - Ecrits - Parfums d'enfance - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

21 septembre 2008

Serpentin

serpentinCa commence par la fin.
Et ça ne s'arrête plus, de remonter le temps, de tout embrouiller, de me montrer ce qui ne se vit pas, ce qui n'a même jamais eu la chance d'exister, encore.

Ca commence par demain, par des mots qui se taisent, des gestes empesés, maladroits, des regards qui savent.

Ca commence par des bruits de pas, précipités, dans les escaliers, par ta fuite.
Par des journées, lourdes de soleil et d'absence.

Ca commence par rien.
Et c'est reparti, ça reprend le flambeau, de l'espoir, ce sale espoir, qui guérit les attentes, et fatigue le présent.

Ca n'a pas de saveur.
Pas plus que ce plat, refroidi, laissé là sur le bord de l'évier, et que ce téléphone qui sonne, sans fin, dans une pièce vide.

Ca commence par la fin.

Ca n'a jamais commencé.

Posté par LESECRITS à 10:11 - Ecrits - Eclats - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

02 septembre 2008

Catherine Soullard

lire_livre"ne pas être comme sa mère qui n'a même plus de formes, qui est toute rabougrie avec un ventre mou et des seins flasques qui pendent, ne pas être comme elle, éviter le destin, faire tout autrement, ne pas être trahie par son corps et sa tête, empêcher le naufrage, ne pas être écroulée comme un tas somnolent, la tête en avant, le menton dans le cou, quelques rares cheveux teints sur un crâne trop visible, les yeux verts extatiques et lavés qui s'éloignent, et des mains qui se creusent et se bombent et se nouent autour du poignet, vers le pouce, qui partent dans tous les sens parce que les doigts se tordent, ne pas être comme sa mère qui n'y voit plus grand chose, qui entend ce qu'elle veut, qui se lave mais qui sent, Vienna ne peut pas s'empêcher de lui dire, elle prend un grand plaisir à humilier sa mère, et dans ces moments-là, elle la hait d'être vieille, faible et moche, et puis d'obtempérer devant sa cruauté au lieu de se fâcher et de se rebeller, elle refuse de la voir en coupable baisser le nez, elle ne peut pas, elle voudrait qu'elle s'énerve, qu'elle l'engueule, qu'elle soit dure ou bien morte, mais non, cela est faux, cela n'est même pas vrai, non oh non surtout pas, qu'elle soit dure suffirait"

Extrait de Johnny

Posté par LESECRITS à 06:17 - Paroles - poésies et citations - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,
« Accueil  1