Un jour, je serai grande !

Des textes courts, de la lecture, des mots...en pagaille !

23 juin 2009

Ecrire...

je_pr_f_re__crire"J'ai toujours eu un peu de mal à parler et à dire le fond de ma pensée. Je préfère écrire. Il me semble alors que les mots deviennent très dociles, à venir me manger dans la main comme des petits oiseaux, et j'en fais presque ce que j'en veux, tandis que lorsque j'essaie de les assembler dans l'air, ils se dérobent."

Phrase extraite de Le rapport de Brodeck de Philippe Claudel, qui est curieusement pour moi un abandon de lecture...je n'ai pas réussi à dépasser les 50 premières pages, à m'intéresser à l'histoire, je n'ai pas insisté, étrange, dommage.

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22 décembre 2008

De l'écriture... et de la disparition

_criture"[...] y a-t-il un prix à payer pour écrire, pour avoir le droit de franchir cet "au-delà", cette face obscure du miroir ? L'écriture se mérite-t-elle par des sacrifices comme une déesse païenne et impie réclamant son dû, sa part de malheur et de sang ?"
Alain POZZUOLI

"Quand nous écrivons, plus rien n'existe. En somme, nous nous supprimons du monde sans avoir besoin de nous détruire. C'est un privilège qui classe la littérature."
André BLANCHARD

(Source : édito de Joseph VEBRET, Le Magazine des livres, déc08 et janv09)

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17 novembre 2008

Le poème

phare

Détruire les mots
Presser le silence
Au carrefour chaque visage et chaque phare
Menaceront la ville

Mais tu progresses
Invincible présence du poème

La nuit dans ma pensée tu entraînes la mer
L'ombre roule en labours paisibles
Se déploient les prairies les eaux

Que le ciel se descelle
La langue se délie
Le poème bat comme un coeur et je respire dans son souffle

Sur les chutes de neige ou de fruits riches
Sur les buissons de bourgeons et d'oiseaux
Qu'il étende l'éclair d'une cinquième saison.

Jeanine Mitaud (Départs, 1953)

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11 novembre 2008

Sur l'inspiration

inspiration"La poésie est une union avec tous ou quelques-uns, et c'est aussi hélas ! une solitude sans frontière. Dès qu'on a souffert on est là dans sa patrie. L'important demeure, aussi court que soit son clavier, de chanter sa propre chanson, de rester fidèle au rythme intérieur...
La solitude de la poésie me cerne toujours plus et peuple la solitude qu'elle crée."

Aliette AUDRA (1897-1962)

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18 septembre 2008

A imprimer...

Je me suis rendue compte que je n'avais pas inséré quelques fichiers, présents dans mon ancien blog, dans ce blog-ci. Voici donc, un petit fascicule à imprimer - cadeau du site Un endroit - de quelques textes écrits il y a quelques temps... 047_Coll_Bandoneon_On_vous_ment_C_Antigone_1_ (cliquer sur le titre ci-contre).

BOOKPENCIL

Si ça vous chante !

Pour découvrir les autres bandonéons à télécharger, il s'agit de jeter un oeil par ici.

Bonne journée et bonne lecture !!

09 septembre 2008

La marche du cavalier, Geneviève Brisac

lamarcheducavalier

"A partir d'une remarque de Vladimir Nabokov ("J'ai des préjugés contre toutes les femmes écrivains. Elles appartiennent à une autre catégorie", Ndlr) Geneviève Brisac interroge les formes que revêt l'écriture des femmes, les figures de leur style, et en décrypte le sens caché. De Karen Blixen à Virginia Woolf en passant par Jean Rhys, elle explore onze manières d'écrire - c'est-à-dire onze manières de penser et de sentir le monde." (extrait de la quatrième de couverture)

Il a été amusant pour moi de commencer ce livre, et je comprends Geneviève Brisac, sa colère: "J'écris ce livre sous le coup de la colère ou sous le coup du chagrin.". J'ai moi-même essayé, autrefois, sans doute mal conseillée, de bâtir un mémoire de maîtrise sur les écrits américains de Vladimir Nabokov. Après avoir lu tous ses livres, parcouru plusieures de ses interviews, j'ai fini par détester le personnage, malgré la qualité évidente de certains de ses romans, un auteur imbu de lui-même et macho à souhait. J'ai renoncé à mon mémoire, pour d'autres raisons, mais celle-ci ne fut pas la moindre, je n'avais plus d'attrait pour mon sujet...

Pour revenir à La marche du Cavalier, Geneviève Brisac semble s'inspirer ici du pamphlet célèbre de Virginia Woolf, Une chambre à soi (ce qui n'est guère étonnant), et nous parle de l'écriture au féminin, de ses auteurs fétiches (Jane Austen, Grace Paley, Flannery O'Connor, Rosetta Loy, Ludmila Oulistkaïa, Karen Blixen, Alice Munro, Sylvia Townsend Warner, Jean Rhys, Christa Wolf, etc), de la difficulté d'être femme et écrivain, et de ces phrases que la littérature porte depuis toujours en elle, ces phrases si masculines, des thèmes peu abordés en littérature, de l'enfant qui prend tant de place aux quotidien et si peu de place dans les pages de nos livres, etc...

Mais qu'est-ce donc que cette "marche du cavalier" ?
"L'oeuvre de Grace Paley est un commentaire constant de la phrase de Virginia Woolf : "Il faut inventer une phrase nouvelle, naturelle, et qui convienne aux manières d'être et de penser des femmes."
Une phrase assez souple et assez heurtée pour s'adapter aux mouvements lyriques de l'âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience - comme disait Baudelaire -, qui prenne la forme naturelle de la pensée sans l'écraser ni la déformer. Un jour, il y a bien longtemps, on a renoncé aux corsets, aux jupes à paniers, aux chapeaux hauts de forme, aux cannes à pommeau doré, aux ombrelles, et aux cochets.
Marguerite Duras ou Nathalie Sarraute, par exemple, ont réfléchi à cela, et illustré cette phrase respirée autrement, cette oralité construite, cette nervosité sophistiquée, la "marche du cavalier", l'humour invisible qui donne envie de dire à leurs lectrices :"J'aurais pu écrire cela, c'est exactement les mots qui me manquaient."

Une lecture difficile à noter, hors cadre, que je recommande chaudement aux écrivains en herbe, au féminin, en parallèle avec Une chambre à soi !

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29 août 2008

Ecrire

_crire"Une amie qui écrit un roman depuis huit ans craint de le terminer. De version en version, de révision en révision, elle repousse le moment de le remettre à l'éditeur, sachant bien entendu que sitôt qu'il sera imprimé, tout espoir qu'il ressemble au roman qu'elle a en tête s'éteindra et ne lui restera que la réalité d'une création, indépendante de sa volonté et de son désir."

(Extrait de Journal d'un lecteur, Alberto Manguel)

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17 juin 2008

Un texte à la gomme

gommeOublier tout. Effacer tout.

Reprendre là où je m'étais arrêtée.
Attraper le cahier, le crayon.
Retrouver cette place sur le canapé,
Celle qui détend mon dos,
Celle qui permet les mots.

Je n'écris pas pareil, là.

Je n'écris plus que pour une seule oreille. Moi.

Atteindre la saveur du moment,
En prendre la juste mesure,
L'enrober.

Ne pas chercher à heurter un présent,

Qui tout à coup se défile.

De quoi sera fait demain ?
Je n'en sais fichtre rien.

L'avenir a tout à coup un goût de Barbapapa.

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26 décembre 2007

La vie, mutine

La vie brouille les pistes de mon écriture.

Elle la bouscule, la chahute,

Irrémédiablement…

crayon

La vie s'insinue dans le blanc de mes phrases,

Vient me prendre par la main,

M'emprunte mon crayon.

La vie a un joli rire, bruyant,

Elle a le regard fragile

Et les doigts blagueurs.

La vie fait soleil, ou bien pluie.

Elle fait ce qui lui chante.

Elle n'a plus de saisons.

La vie ne comprend pas toujours

Le besoin de silence, la bulle

Epaisse, et dense, construite patiemment.

La vie sait m'attirer, m'amuser, m'éloigner…

Mais elle ne sait pas

Que je ne parle que d'elle

A longueur de mots,

Qu'elle est toute ma raison.

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18 décembre 2007

Ecrire

ECRIRE   Ecrire…

…afin de tenter, vainement, de maîtriser ce flux qui émane de moi, bouillonnement d’émotions et de désirs, emmêlés.

Ecrire…

… pour déposer un mot, puis un autre, et les regarder s’aimer, tendrement, leur demander tant, toujours trop.

De ne plus me laisser seule, sur ce chemin.

Ecrire…

…tout ce que je ne peux te dire, surtout les frémissements.

Et puis les peurs.

Le reste est anodin et vit sans mes phrases.

Ecrire…

…des lettres pansements, apposées sur les pages froissées de ma vie,

Et poser le stylo,

Et ne plus avoir mal.

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