19 juillet 2011

Mange, prie, aime... en DVD

Ou comment choisir sa vie, version grand format.

J'étais dubitative, je n'ai pas lu le roman d'Elizabeth Gilbert qui a inspiré ce scénario, je n'étais pas certaine d'y être sensible. Contre toutes attentes, j'ai vraiment aimé ce film fleuve, initiatique, j'y ai puisé un tas de petites choses personnelles. Julia Roberts est toujours délicieuse, celle que l'on voudrait être... enfin celle que JE voudrais être.

L'histoire ?
Après un divorce douloureux, et une relation amoureuse décevante avec un jeune comédien, Liz décide de prendre une année sabbatique pour partir enfin à la recherche de l'ailleurs, et d'elle-même. La rencontre s'avèrera intense et surtout intérieure.

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05 juillet 2011

Le Cheval soleil, Steinunn Sigurdardottir

Tu n'as vraiment rien d'un cheval soleil, ma petite.

le_cheval_soleil"Je n'ai [...] jamais été telle que je suis, sauf un temps après mon émergence de la gousse moisie de l'enfance. Avant que la vie elle-même ne s'abatte sur moi avec les gardes de nuit au service des mourants et la maison avec mes filles et tout. Ce temps-là, où je fus moi, fut le temps avec toi et ce fut toi qui me fis à mon image. Cette image de moi au bord de la mer est toujours dans mon portefeuille. Afin que je puisse la sortir en vitesse pour voir qui j'étais telle que je suis, qui je pourrais être."

Les parents de Li ne prennent pas soin d'elle, ni de son petit frère. Ils sont trop occupés à soigner et sauver les enfants des autres. Li découvre un beau jour, grâce à un amoureux combien il est bon et doux que quelqu'un soit là, pour elle, totalement. L'amoureux est prévenant mais la jeune fille le congédie bien avant que cela ne devienne trop sérieux entre eux. Il faut dire que rien n'est simple. Qui pourrait comprendre cette vie entre des Époux indifférents et un quotidien à sans cesse tenter de sauver du désastre ?

Le Cheval soleil est un roman surprenant, navigant toujours au bord du précipice. On frôle la folie, la maltraitance, l'absurde, sans pourtant y tomber réellement. L'Islande y paraît un pays bien dur, et peu coloré, un lieu où il est bon de saisir au vol le bonheur fugace qui vient vous éveiller de peur qu'il ne se représente jamais. Cependant, j'ai aimé me laisser bercer par son ambiance mélancolique. L'écriture de l'auteur accroche. Le dénouement laisse perplexe, vous le constaterez sans doute, mais peu importe, car on a suffisamment été troublé et captivé pour ne pas s'en offusquer. Un petit livre au charme particulier qui n'oublie pas de nous laisser réfléchir aux conséquences des blessures d'enfance.

bouton3 Editions 10/18 - 7.40€ - Mars 2011

 Une tentation contractée chez Cathulu - Lu aussi par Liloubi

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11 juin 2011

Comme une mère, Karine Reysset

COMMEUNEMERE"Elle n'est plus là. Le drap du berceau a gardé l'empreinte de son corps en boule. Notre rencontre aura été de courte durée. Je n'ai même pas eu le temps de lui parler. Je vais me préparer et partir, je n'ai plus que ça à faire maintenant. Sur ma main, il y a encore son odeur de bébé. Une odeur de lait et de cassis, ou de mûre."

Emilie est trop jeune, trop seule, trop peu capable d'élever cet enfant qu'elle va mettre au monde dans quelques minutes. Il naîtra sous X, sera élevé par une famille d'accueil aimante, loin d'elle, et voilà tout. Mais rien ne se passe comme prévu, ni l'attachement subtil qui attache la jeune femme à sa petite fille dès qu'elle l'aperçoit, la sent, l'entend, ni la présence de cette autre femme dans la maternité qui profite d'un moment d'inattention pour enlever le nourisson, tellement pleine de désir d'enfant et de cette douleur absolue d'avoir encore une fois perdu le sien...

Entre Paris et l'espace Thalasso de Saint-Malo, c'est le destin d'une petite Léa née pour susciter l'amour d'une mère que l'on suit. Et c'est avec une émotion à fleur de peau que l'on rentre dans ce récit de Karine Reysset. Je dois avouer que des larmes ont coulé. Dans ce roman, il est surtout question du lien maternel et de la possessivité qui en découle, mais aussi de cette possibilité courageuse d'une vie recommencée loin des orages du passé, et puis de folie.
Voici le troisième roman que je lis de l'auteure, en peu de temps. Après avoir lu A ta place et Les yeux au ciel, je pense cerner à présent l'ambiance de ses textes, son univers littéraire. Il me plait beaucoup. Je vais sans doute attendre, cependant, avant d'en lire un quatrième... Point trop n'en faut pour conserver le plaisir !

bouton3 Editions Points - 6€ - Avril 2009

Merci Clara !! 

La lecture d'Amanda - Celle de Laure - Valérie l'a lu... - Cathulu aussi !! 

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23 mai 2011

Objectif Pal de Mai ... A ta place de Karine Reysset

Le soir, sur la plage les pieds dans l'eau, je demandais aux mouettes aux vagues à la lune s'ils ne t'avaient pas vue.

__ta_place

"Si je ne l'avais pas connue, je serais entrée dans les ordres, engagée au service de Dieu, j'aurais porté le voile, posé mes genoux cagneux sur le sol froid et humide d'une pièce sans lumière. J'ai abandonné Dieu, seuls les idiots ne changent pas d'avis. J'ai préféré la vie-vitesse, la chaleur de sa peau, de l'alcool et des flammes, le tourbillon des danses sur la lande, les virées en mobylette, et puis et puis."

Chloé est revenue dans la vie de Cécile de manière fracassante. Un appel d'un centre psychiatrique et c'est tout un passé qui ressurgit dans le quotidien terne et sans joie de la jeune-femme.
Elle n'était autrefois qu'une adolescente pataude et cette amitié d'alors, inespérée, l'a révélée à elle-même, tout semblait possible. A présent, Chloé est prostrée, méconnaissable, incapable de parler de ce qui l'a amenée là, elle a besoin d'aide. Cécile donnera tout pour ramener son amie à la surface, lui insuffler la vie, en mémoire de ce qui les uni, puis séparé douloureusement dans le passé.

Je découvre Karine Reysset. Ce livre était pourtant dans ma PAL depuis bien plus longtemps que Les yeux au ciel, roman plus récent que j'ai beaucoup aimé (coup de coeur de ce printemps même !). Ici, l'intrigue est moins lumineuse, plus douloureuse, plus âpre, mais le contenu est toujours efficace, la palette encore une fois fournie en émotions et réflexions diverses. Karine Reysset excelle dans l'art de camper ses personnages. Ils ressemblent à la vie, je les trouve profondément humains, palpables. Décidément, j'aime cette écriture là. Je deviens adepte, c'est évident.
Me voici conquise par Madame Olivier Adam, je ne m'y attendais pas.

bouton3 Editions Points - 5.50€ - juin 2007objectif_pal_le_retour

Clarabel en parle ici  mais je l'avais noté chez son "2ème chez elle" lors de la sortie poche de ce livre... en 2007, gloups !!  J'ai bien peur qu'il soit aussi dans ma PAL depuis tout ce temps, quelle erreur !

Objectif Pal : 10/12

Pour déposer son billet de mai, c'est par ici.

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02 mai 2011

De chair et de sang, Michael Cunningham

de_chair_et_de_sang"Une jolie épouse, des meubles de pin massif, des pommes de terre et des côtelettes de porc qui vous attendent au chaud dans le four. Il voulait être heureux de façon permanente, consistante, heure après heure, pas seulement par petits accès qui s'emparaient de lui à l'improviste, en général quand il se trouvait seul. Il avait travaillé si durement. Il se disait qu'en se comportant comme quelqu'un d'heureux, en s'exprimant comme un homme heureux, il pourrait peut-être retrouver le bonheur. Il pourrait le saisir par ses ailes invisibles et le tenir serré contre sa poitrine."

En ce début des années 50, aux Etats-Unis, Constantin et Mary ont tout à prouver, descendants d'immigrants pauvres, la vie les a unis très jeunes (pour le meilleur espèrent-ils). Et la réussite est effectivement là au détour du chemin, bienvenue après des années de galère. Constantin fait fortune dans l'immobilier.
Mais la violence est très présente aussi. Constantin pique des colères terribles. Et le désir de perfection dans lequel Mary met tout son honneur et toute son énergie pervertit tout, et surtout le lien qui les unit à leurs enfants.
Susan devra s'enfuir pour rompre la relation - à la limite de l'inceste - initiée par son père. Billy se cherchera longtemps avant de se trouver dans un nouveau prénom, une autre vie. Zoé, la petite dernière, adoptée par un travesti de Manhattan, deviendra la mère célibataire d'un enfant noir.
Pour des parents, cherchant à tout prix à maintenir une façade de respectabilité au sein d'une haute société à majorité blanche, la pilule est difficile à avaler et le scandale total. Cependant, le temps qui passe lisse les aspérités de chacun et laisse - contre toutes attentes - entrevoir l'existence d'une famille soudée malgré les divergences...

Ce roman, épais et dense, est à la fois effroyable et magnifique. Effroyable par ce qu'il suppose de violence et de descentes aux enfers personnelles. Magnifique dans l'écriture, et dans cette particularité qu'à l'auteur de faire avancer le temps de scènes en scènes. Elles sont décrites au scalpel, d'une rare perfection. Avec elles, nous allons au creux du Moi et de ses ambivalences constantes.
Michael Cunningham est notamment l'auteur du roman Les heures, dont je n'ai vu que l'adaptation cinématographique, et qui aborde trois destins de femmes dont celui de Virginia Woolf. J'ai retrouvé ici quelques scènes terribles et similaires, comme par exemple celle de la confection du gâteau parfait. On retrouve également la description d'une femme confrontée au silence impersonnel d'une chambre d'hôtel. 
J'ai aimé lire ce roman car sa qualité est indéniable et l'expression de la solitude fort bien décrite. J'ai aimé aussi ce qui anime les personnages, malgré leurs erreurs, et tout ce qui amène en fin d'ouvrage à prôner la tolérance. J'ai moins aimé peut-être l'accumulation de moments qui m'ont parfois semblé un brin sordides, même s'ils servent de manière indéniable la narration. Un roman riche et profond, un presque coup de coeur !

bouton3 Les éditions du Livre de Poche - Avril 2011 - 6.95€

Lu dans le cadre d'un partenariat avec BOB ! Merci aux éditions du Livre de Poche !

Je me note dans un coin les deux autres romans de l'auteur Le livre des jours et La maison du bout du monde

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03 avril 2011

L'autre fille, Annie Ernaux

annie_ernauxQuand tout a été dit sans qu'il soit possible de tourner la page, écrire à l'autre devient la seule issue. Mais passer à l'acte est risqué. Ainsi, après avoir rédigé sa Lettre au père, Kafka avait préféré la ranger dans un tiroir.
Ecrire une lettre, une seule, c'est s'offrir la point final, s'affranchir d'une vieille histoire.
La collection "Les Affranchis" fait donc cette demande à ses auteurs : "Ecrivez la lettre que vous n'avez jamais écrite."

Annie Ernaux a choisi d'écrire à cette soeur dont on lui a toujours tu l'existence.
Un dimanche de 1950, alors qu'elle joue dehors - elle a dix ans - elle surprend une conversation entre sa mère et une cliente. "Elle raconte qu'ils ont eu une autre fille que moi et qu'elle est morte de la diphtérie à six ans, avant la guerre, à Lillebonne. Elle décrit les peaux dans la gorge, l'étouffement. Elle dit : elle est morte comme une petite sainte. [...] elle dit de moi elle ne sait rien, on n'a pas voulu l'attrister. A la fin, elle dit de toi elle était plus gentille que celle-là. Celle-là, c'est moi." Plus jamais Annie Ernaux n'entendra ses parents parler de cette soeur inconnue, jamais elle n'osera poser de questions, ce secret restera entre eux, comme une ombre... Pourtant, ses parents, à présent décédés, reposent juste à côté de la petite tombe blanche de leur fille première née.

Que dire ? J'ai ressenti beaucoup d'émotions à lire ce texte, pour de multiples raisons, dont bon nombre de personnelles. Je sais, depuis La Place et Les Années ce qui me lie à l'auteure Annie Ernaux. A tant de décennies de distance, j'ai eu étrangement la même éducation, mon lot de secrets de famille à porter (pas tous encore élucidés, mais le seront-ils jamais ?) et je pense avoir trouvé le même refuge qu'elle (avec moins de talent bien sûr) dans l'écriture et la lecture... Mais passons sur ces échos en moi, car ce texte est avant tout un exemple dense et flagrant de son talent. Je l'ai lu d'une traite hier au soir.
Et cette collection de chez Nil me semble une belle idée. A suivre...

bouton3 Nil éditions - 7€ - Mars 2011

Deux autres lectures qui m'ont fait craquer... celle de Clara, ébranlée [clic]et celle de Cathulu [clic]

Le billet de Mirontaine

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04 mars 2011

Edlyn, Cécile

edlyn  edlyn1

Sylire en avait déjà parlé ici, et j'ai trouvé ce petit trésor en médiathèque.
Dommage que cet album sorti en 2007 soit épuisé aux éditions du Soleil car malgré quelques petits défauts esthétiques (les bulles mériteraient d'être écrites manuellement et l'intérieur des habitations y est curieusement reproduite) cette BD est un véritable petit bijou !! J'adore particulièrement comment sont dessinés les enfants (la fluidité de leurs petits corps en mouvement) et la mer. 
L'histoire, pfiou aussi, est terriblement émouvante.
N'hésitez donc pas à aller fouiner dans les bacs de vos bibliothèques...je recommande chaudement !

De quoi est-il question ? Edlyn est une petite fille de sept ans qui vit avec sa famille sur l'île d'Yeu. Son père est marin, et très autoritaire, violent. L'enfant avoue facilement préférer les absences de cet homme renfrogné qui fait régner dans la maisonnée un climat tendu, mais elle surveille aussi son bateau du haut des rochers sur la côte dès qu'il part. Un beau jour, elle y rencontre un petit garçon qui deviendra un ami dont elle cherchera ensuite régulièrement la présence ...

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02 mars 2011

Les demeurées, Jeanne Benameur

lesdemeur_es"Elle court.
A la maison, les choses de l'école qui restent encore dans la tête s'en vont vite, chassées par le torchon de la Varienne, comme la buée sur les vitres, la vapeur qui s'échappe du faitout.
Elle est entrée. Elle a poussé la porte. Elle se coule entre les gestes de la mère, ne l'effarouche pas, se glisse, subreptice, dans la maison. Parfois La Varienne l'attend, debout, glacée. Luce va alors jusqu'à elle sans la regarder. Les grandes mains plates descendent sur le petit corps qui ne s'échappe pas. Qui vive ! Luce, à nouveau, reprend sa place à table.
Elle ne sort plus rien de son cartable. Elle le laisse près de la porte. L'école n'existe pas.
Entre la mère et la fille, le pacte. Total."

Une mère que l'on traite d'abrutie, à certains moments tout juste bonne à servir là-bas Madame, dans l'autre maison, et puis une petite fille prénommée Luce en âge d'aller à l'école. Une institutrice, Mademoiselle Solange, douce et têtue, qui veut amener l'enfant à la connaissance. Voilà toute l'histoire des demeurées. Mais rien ne se passe comme prévu. On n'éclate pas comme cela un duo mère-fille dur comme du fer, indestructible...

Je ne vais pas en dire de trop pour celles et ceux qui ne se sont pas encore penchés sur ce petit livre empli de poésie. Pour être honnête, le titre me rebutait, malgré vos avis multiples et enthousiastes. Je ne suis pas spécialement friande des récits mettant en scène des personnes différentes dont l'entourage se plaît à se moquer...  Ici, même si les remarques existent, l'essentiel est ailleurs, dans l'apprentissage des mots, du savoir, dans la place de chacun. J'ai aimé, beaucoup, la façon dont Luce vient à l'écriture. La description de ce moment magique, entre travaux d'aiguille et clarté soudaine, est très fort.

Je n'ai qu'un mot à dire (enfin deux), merci Clara !!

bouton3 Folio - 3€ - Juin 2002

Chez BOB, vous trouverez des liens multiples vers d'autres lectures de ce livre très lu sur la blogosphère.

De l'auteure, j'ai chroniqué également ... Laver les ombres  et Présent ? 
(je croise les doigts maintenant, et tous les orteils ensemble, pour qu'elle vienne réellement bientôt dans ma région comme prévu sur le programme de ma médiathèque - mention "à confirmer" incluse...)

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11 février 2011

Suzy Lee

Elle dessine de petites filles espiègles... D'un coup de crayon, tout est dit. Il n'y a rien à lire, juste à regarder. C'est beau. Il existe, entre autres albums, Miroir (Le Rouergue 2009) et La vague (Les éditions du Kaléïdoscope 2009). J'aime.

suzy_lee   suzy_lee_miroir

Pioché avec plaisir en médiathèque.

Bellesahi en avait déjà parlé par ici et par là.

Plein d'autres titres à découvrir en cliquant sur ce petit lien... http://www.suzyleebooks.com/books/

Bon week-end !!

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03 février 2011

Chienne de vie, Helle Helle

chienne_de_vie"Je ne m'attarde guère au bord de l'eau. J'ai l'impression d'avoir oublié quelque chose. Je tourne les talons et rebrousse chemin. Peut-être est-ce ma valise. Quand j'étais assise sur le banc avant-hier, je l'avais avec moi. Maintenant, elle se trouve dans le salon de Johnny et Cocotte. Ils sont couchés dans leur chambre et dorment tout habillés sous leur couette. Elly somnole devant le poêle. Ma valise à roulettes, avec sa poignée, est mon seul port d'attache, je ne peux aller nulle part sans l'avoir avec moi. Et en plus de ma valise, il y a Johnny et Cocotte maintenant, pourtant ça ne fait même pas quarante-huit heures."

Bente a tout laissé derrière elle, son mari dermatologue et la vie qu'ils menaient ensemble. Elle, l'écrivain devenue depuis quelques temps l'ombre d'elle-même, se retrouve un beau jour assise à un arrêt de bus, au fin fond du Danemark, perdue dans la contemplation de la mer, à la recherche d'un lieu propice pour pleurer tout son saoul. C'est à cet endroit que Johnny la ceuille et l'emmène dans la chaleureuse petite maison qu'il partage avec sa compagne Cocotte. Le couple adopte alors cette inconnue de passage avec une simplicité désarmante. La vie ne devient plus ainsi pour Bente que des gestes à faire, les chiens de l'oncle voisin à rentrer et à sortir, des bûchettes à remiser pour l'hiver et un avenir à imaginer se réinventer...

Ce petit roman n'a l'air de rien mais il sait envelopper sa lecture d'une chaleureuse enveloppe de bonté et de calme assez réconfortante. On entre dans l'intimité d'un couple, on entre dans une maison où le poêle est toujours allumé, la flamme de l'hospitalité vive, on entre dans une petite parenthèse de vie, parfois blessante ou rude, accidentée, mais jamais fracassante. Un bien joli livre et une belle histoire qui ne se prive pas non plus d'être parfois gentiment ironique. Une agréable surprise.

bouton3 Editions Le Serpent à Plumes (dont j'aime toujours terriblement la typo) - 19€ - Sortie le 3 février 2011
Traduit du Danois par Catherine Lise Dubost

Helle Helle sera présente au salon du livre de Paris en mars

http://serpentaplumes.blogspot.com/

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