24 janvier 2011

Objectif Pal de Janvier... Luxueuse austérité de Marie Rouanet

luxueuse_aust_rit_"Qu'opposer à ce qui attire l'enfance ? Le silence ? La tranquillité de l'esprit ? L'exquise pénurie qui libérait de tant d'astreintes imposées par le standing des maisons ? Comment défendre ces jours dont il n'y a rien à raconter si ce n'est cette simplification de la vie, non pas choisie mais rendue obligatoire par les circonstances, qui non seulement n'enlevait rien à l'intensité de la joie mais fondait sa naissance ?"

Marie Rouanet raconte une maison - peut-être la sienne - une maison héritée et sommaire, une qui en exige par sa simplicité, son éloignement, son intrinsèque austérité. Peu à peu, à la description des gestes, à l'évocation de l'histoire de cette demeure qu'une ancêtre a patiemment modelée à sa convenance, se mêle un profond bonheur et une réflexion sensible et sage sur notre manière moderne de vivre.

J'ai plongé dans ce petit livre comme on entre dans une maison de vacances pour prendre doucement possession des lieux. J'ai parfois zigzagué au gré de la pensée de l'auteure mais j'ai aimé, énormément, cette apologie du peu, de l'essentiel, du dépouillement, des bonheurs simples.

Cela ressemble à cette mode du Slow Life dont ELLE nous parlait cette semaine. Cela ressemble aussi à ce qu'il devrait nous être permis plus souvent de faire, s'arrêter pour rêver, penser, regarder.
Cela met en valeur l'ordinaire des jours, ou les jours ordinaires, les taiseux, et moi ça me plait bien.

"On ne vit qu'alourdi du bonheur saisi, puis enfui."

bouton3 Le livre de poche - 5€ - Septembre 2008objectif_pal_le_retour

La lecture de Cathulu, elle tout pleine de réserves... (Merci !)

Pour déposer son billet de pal de janvier, c'est toujours par ici !
                                                                                                    Objectif Pal : 6/12

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05 janvier 2011

Dis quand reviendras-tu

Parfois, au détour d'une allée de supermarché, des mots nous cueillent...un son, une musique, une voix, et c'est comment vous dire... à la fois bouleversant, et parfaitement incongru.

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02 janvier 2011

La Ballade de Lila K, Blandine Le Callet

laballadedelilak"Dans la vie, il y a toujours un avant, un après, vous avez remarqué ? [...] Pour moi, la rupture s'est produite le jour où des hommes casqués, tout en noir, ont défoncé la porte pour se ruer dans la chambre. Lorsqu'ils ont tiré ma mère du lit, elle s'est débattue en hurlant.[...] Ils l'ont plaqué au sol, et l'ont emprisonnée dans une camisole. Puis, ils l'ont bâillonnée. J'ai tout vu, ses larmes, ses yeux fous, les bleus sur son visage. Elle n'essayait plus de résister. Elle me regardait fixement. J'ai compris ce qu'elle voulait me dire. Au revoir mon bébé."

C'est l'histoire de cette petite fille, Lila, enlevée de force à sa mère, et placée dans un centre qui nous est contée ici. Nous suivons avec minutie ses progrès, son difficile apprentissage, entourée de la présence constante de surveillants alliés à la cause de la Commission. La petite Lila est pleine d'une obsession tenue secrète par prudence, retrouver sa mère. Nous sommes dans un futur hyper contrôlé où tout est sous couvert de caméras et sous autorisation de spécialistes compétents. Au-delà de cet univers lisse règne la Zone, c'est là que Lila découvrira peut-être une autre manière de vivre et des bribes de son passé... Dans cet enfer de normalité, l'affection d'un maître érudit, un brin provocateur, et d'un directeur de bibliothèque sont des bouées de sauvetage sur lesquelles la jeune-fille surdouée et fragile pourra heureusement compter.

J'ai aimé dans l'ensemble ce roman. Nous sommes bien loin de Pièce montée, le recueil de nouvelles de l'auteure que j'avais beaucoup apprécié, mélange de douceur et d'acidité très réussi autour du thème du mariage. Nous sommes ici dans le futur, dans le domaine de l'anticipation et il m'a manqué dans les premiers chapitres de l'histoire quelques clés pour ne pas trouver les premiers apprentissages de Lila un peu répétitifs. Cela dit, vos avis étant tellement enthousiastes, j'ai persévéré, et j'ai bien fait. En effet, les personnages secondaires se sont mis peu à peu à s'étoffer, l'intrigue à s'intensifier, la personnalité de Lila à doucement émerger, les contours de la ville à se préciser. Je me suis surprise à dévorer ce livre et à attendre avec effervescence le résultat des aventures et des enquêtes de Lila K au terme d'une ballade moins légère que son titre ne le laisse supposer. Au final, j'ai terminé ce roman emplie d'émotions diverses, entre attachement et douleur.
Allez, il est à espérer que notre vie dans un siècle tout juste ressemble à autre chose.

bouton3 Editions Stock - 21.50€ - Septembre 2010

Un grand merci à Clara pour ce livre voyageur ! J'hésitais tellement sur ce titre. Et merci à Estelle pour l'envoi.

D'autres lectures ... C'est un coup de coeur pour Kathel - Véro la pyrénéenne a adoré - ...

Ci-dessus, Blandine Le Callet explique les prémices de ce roman... et c'est intéressant.

Balade, subst. f. : promenade sans but, sans hâte.
Ballade, subst. f. : poème à couplets et refrain. - Pièce de musique inspirée par ce type de poème.

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28 décembre 2010

Objectif Pal de Décembre ... Arlington Park, Rachel Cusk

arlington_park"Tous les hommes sont des assassins, pensa Juliet. Tous. Ils assassinent des femmes. Ils prennent une femme et, petit à petit, ils l'assassinent."

Etre une femme à Arlington Park signifie beaucoup de petites choses imprécises et enfermantes, et surtout être là pour les autres, son mari, ses enfants, tenir sa maison. Chacun sait ici que l'on ne montera plus bien haut dans l'échelle sociale, qu'on ne tombera pas plus bas non plus. Dans le confort douillet et coquet d'intérieurs briqués, les femmes d'Arlington Park se détruisent peu à peu de leur présent pesant de solitude, et de leur avenir à jamais entravé. Alors, pour jeter un sort au temps qui passe, elles se coupent les cheveux, jettent leur colère sur les murs de leurs cuisines, essayent des vêtements provocants dans des galeries commerciales ou tout simplement se saoulent en rêvant de changements. Pour Amanda, Juliet, Maisie, Solly et Christine, la vie a comme un goût de déconvenue.

heart

Autant j'avais été désenchantée de ma lecture précédente de l'auteure,  Bienvenue à Egypt Farm, autant les femmes d'Arlington Park m'ont enchantées. Et quelle écriture ! Précise, nette, porteuse de réflexions diverses et de vérités si bien observées. Nous sommes dans l'univers fermé d'une banlieue résidentielle d'Angleterre, en présence d'un petit groupe de Desperate Housewives désabusées, toutes jeunes-mères de famille, toutes impregnées de ce même sentiment d'avoir à un moment donné râté ce chemin si fragile vers elles-mêmes.
Arlington Park battu par la pluie, en péripéphérie des écoles et des squares, c'est l'après conte de fées, c'est Cendrillon chanté par Téléphone, ou presque. C'est de la rage impuissante et féministe qui tente de s'exprimer et se garde au fond de soi. J'ai tout aimé malgré le peu d'espoir qui émerge des pages car on peut y trouver chacune un peu de nous et se sentir sortie d'affaire aussi, selon le miroir que l'on choisit de tendre face à soi. Chaque portrait de femme tisse une personnalité différente, humaine et contradictoire.
Voilà qui me donne très envie de continuer à lire cette auteure, car ces destins croisés sont réellement menés de main de maître. A suivre, donc...

bouton3 Coup de coeur ! - 7€ - Editions Points - Août 2008      
Objectif Pal 5/12
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Sylvie l'a lu il y a peu et m'avait donné envie de sortir ce livre de ma PAL... c'est fait.

Les billets de décembre des autres blogueuses sont disponibles en lien par ici ...

Vous pouvez retrouver tous mes coups de coeur de 2010 en un seul clic ici.

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18 décembre 2010

Longue sécheresse, Cynan Jones

longue_s_cheresse"Ils devraient oublier un instant la vache et les enfants, enlever leurs chaussures et entrer dans l'herbe tiède du jardin."

Gareth cherche une de ses vaches, partie se promener un peu trop loin, un veau sur le point de naître tapi au creux du ventre. Il est très tôt ce matin là, et la journée ne fait que commencer, une journée pendant laquelle les souvenirs ne cesseront d'affluer. Tandis que le fermier erre sur sa propriété, Kate sa femme est terrassée par une migraine, une de plus. Entre eux, il y a le secret que l'on suppose de la naissance de leur fille Emmy, ces trop nombreuses fausse-couches, et le deuil à faire d'une vie rêvée.

Nous rentrons dans l'univers composé par Cynan Jones à pas mesurés. Ici, tout est brossé avec rudesse et âpreté, mais avec élégance aussi. Chaque paragraphe recèle sa part d'émotion, sa part de mystère, de choix de vie ou de terre. Gareth, lui, veut sa part de bonheur, quitte à partir si sa femme ne cesse de le fuir comme elle le fait depuis si longtemps. Au terme de cette journée pendant laquelle le chien Curly va mourir, la jeune Emmy assumer plus qu'elle ne doit, chacun être renvoyé à sa solitude et à ses désirs profonds, nous refermons un livre, et la porte d'une maison.

"Elle entend ses pas dans l'escalier et elle sait qu'il vient à elle avec amour ; qu'il n'y a pas de méchanceté maintenant. Elle penche la tête par la fenêtre et lorsqu'elle se retourne vers l'intérieur de la chambre, la pluie recouvre son visage et ses cheveux, coule le long de son cou jusqu'au tissu doux de la chemise. Elle se met à pleurer. C'est un homme fort, et fier, et bon.
"Il pleut", dit-il, et c'est à peine si elle l'entend."

Longue sécheresse est une découverte à faire, une belle lecture qui jongle avec justesse entre réalisme dur et soif d'idéal. C'est un livre où l'amour a le dernier mot, et qui s'avère être un presque coup de coeur pour moi.

bouton3 Editions Joelle Losfeld - 15.90€ - Octobre 2010

Ce titre est un livre voyageur de Keisha, merci beaucoup !! - Cathulu m'avait tentée - Clara a aimé aussi - Aifelle souligne l'aspect faussement serein du récit - Pascale l'a lu aussi - Toutes les autres lectures sont chez BOB !

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15 décembre 2010

Thought of You de Ryan Woodward

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01 décembre 2010

Le bleu est une couleur chaude, Julie Maroh

lebleuestunecouleur_chaude"Quand j'ai compris que j'étais attirée par les filles. J'ai enfoui ce secret au plus profond de moi-même. [...] On ne choisit pas de qui on va tomber amoureux et notre conception du bonheur s'impose à nous-même selon notre vécu."

Clémentine est troublée, depuis qu'elle a croisé cette étudiante aux cheveux bleus dans la rue, depuis qu'elle a reçu son sourire en plein visage, ses rêves sont devenux gênants. "Je suis une fille et une fille ça sort avec des garçons." Mais le désir est là, plus fort que tout, lui fait quitter Thomas, sursauter à chaque tâche de bleu et permet de renouveler la rencontre. L'étudiante s'appelle Emma, mais les obstacles pour s'aimer sont grands, douloureux, blessants...le_bleu_couleur_chaude_planche

Voici une bande-dessinée au thème sensible qui traite avec maestria du désir amoureux, de l'adolescence et de l'homosexualité. La qualité graphique - ce jeu des couleurs (jamais le bleu ne m'avait semblé si chaud, effectivement, auparavant) - apporte beaucoup à une histoire qui n'est rien moins qu'universelle. Car voilà ce qui m'a frappé ici en effet, au-delà de l'homosexualité, c'est de la force du sentiment amoureux dont il est question et des choix de vie que parfois ils nous imposent. Petit bémol personnel, j'aurais aimé que la fin soit plus positive, voilà qui aurait été plus réconfortant, porteur d'un message plus clair, et pourtant je ne suis pas pour les happy-end, en général !

Editions Glénat - 14.99€ - Mars 2010

http://www.juliemaroh.com/

Cet album figure dans la sélection du Festival d'Angoulème 2011

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30 novembre 2010

Objectif Pal de Novembre... Rien de grave, Justine Levy

rien_de_grave"Est-ce qu'il est temps, encore, de se blinder ? Est-ce que je pourrai aller jamais sans béquille, sans Xanax, les yeux grands ouverts, la vie en face ? [...] C'est difficile, le monde dans la gueule. C'est difficile, de bien voir, de bien entendre, de tout sentir, sans filtre. Est-ce que je pourrais vivre sans mes lentilles ? Est-ce que c'est pas elles qui me protègent ? Est-ce que je reverrai jamais le temps d'avant, le temps où je n'avais pas peur, où rien n'était si grave, où personne ne mourait, où le cancer n'arrivait que chez les écrivains, où Adrien était l'homme de ma vie, où papa arrangeait toujours tout ?"

Louise et Adrien étaient de jeunes mariés à l'amour lumineux, unique. Ils sont à présent un couple divorcé. Entre-temps, Paula est arrivée armée de son regard de tueuse, la dépendance aux médicaments a pris Louise pour cible, les désirs de carrière d'Adrien sont venus tout gâcher et puis l'incompréhension a occupé toute la place. C'est la vie, c'est celle de Louise, c'est un peu beaucoup celle de Justine Levy aussi, on le sait, ce livre a fait assez de bruit lorsque Paula est devenue première dame. Mais peu importe, malgré le décès de sa grand-mère, le cancer découvert bien trop tard de sa mère, Louise avance, rencontre Pablo, décide que peut-être elle souhaite aujourd'hui, pourquoi pas oui, avec lui ...faire un bébé.

La suite est contenue dans le roman suivant de Justine Levy, Mauvaise fille, que j'ai lu à sa sortie et beaucoup aimé. C'est donc ici à rebours que je reprends l'histoire... Les thèmes de cet opus là m'ont moins intéressée mais je suis toujours émerveillée par le talent de cette jeune-femme qui, mine de rien, mène sa barque de bout en bout sans faillir, d'une plume fluide et ferme, que je trouve très belle. Elle parle, elle nous raconte, elle est fragile, elle vomit entre deux chapitres, ne se lave pas toujours, ne se lève pas tous les jours, voit le monde à travers un brouillard dense, s'éparpille, tangue et se relève. Autofiction, ou pas, elle nous intéresse à sa vie. Avec ce deuxième roman, elle confirme tout l'intérêt que j'avais déjà eu avec ma précédente lecture pour elle. A suivre, donc...

bouton3  Note de lecture : 4/5 - Stock - Fev 2004

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Objectif pal 2ème : 4/12

Comme je suis très très en retard pour tout, le bilan des lectures de PAL de Novembre ne sera en ligne que demain. Merci à vous !!

 

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28 novembre 2010

Edouard Bear lit Stefan Zweig

stefan_zweig...et c'est un enchantement.

Je ne sais pas vous mais déjà j'aime Edouard Baer, sa voix de dandy mielleuse, son humour caustique. J'aime les romans de Zweig aussi, dans un tout autre genre. Comment les deux allaient-ils se marier et se confondrent en une 1h et 53 minutes de temps ? Comment Edouard Baer allait-il tenir Le Joueur d' échecs à bonne distance sans lasser ? Et bien, plutôt bien, très bien même.

Constat de l'écoute ? Je connaissais l'histoire, grand avantage, mais j'en avais oublié les détails. A la lecture papier, je n'avais pas senti aussi bien la montée en puissance de l'action, grand plus de la version audio. A regarder parfois Edouard Baer s'exprimer, je n'avais pas saisi son pouvoir relaxant. J'ai d'ailleurs regretté par la suite ne pas m'être installée plus confortablement.

Pourtant, le texte est dur, il relate une confrontation inattendue entre deux joueurs de haut niveau, un rustre devenu champion du monde et un rescapé de la guerre ayant à l'époque survécu grâce à l'apprentissage de ce jeu.

Allez, cette écoute a balayé toutes mes idées reçues, un peu vieillottes, sur le format audio. Tel était le défi. Je pense cependant que le choix minutieux de la voix et du texte sont essentiels. Une voix moins intéressante, ou un texte plus long m'auraient sans doute lassée et aurait été difficile à caser dans mon emploi du temps... A suivre, donc, j'ai bien aimé l'expérience.

Voici donc un excellent moment de lecture et j'en remercie à l'occasion Audiolib !!

Durée : 1h53 - Sortie Octobre 2010

(On peut écouter un très court extrait par ici.)

Clara vient de lire le roman pour son Objectif Pal de Novembre

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26 novembre 2010

Pluie, Kirsty Gunn

PLUIE"Ni ma mère ni mon père ne sortaient plus pêcher désormais. La pluie venait frapper la tasse en émail avec un infime bruit musical ; la pluie heurtait la tasse, la pluie la remplissait. Goutte après goutte, la pluie. S'il pleuvait suffisamment longtemps la tasse se remplissait à ras bord d'une eau renouvelée. Par delà la rivière la pluie tombait, arrivant de derrière les collines, la pluie. De la pluie dans l'eau, de la pluie sur les feuilles. De la pluie dégouttant des fleurs blanches des arbres à thé, de la pluie dévalant les rigoles boueuses qui sillonnaient la berge, de la pluie sur nos corps. Nous la laissions faire, nous la laissions nous recouvrir, le ciel pouvait pleurer. Mon petit frère renversa la tête en arrière pour offrir son visage aux derniers rayons de lumière et ferma les yeux. Sous l'eau il était transparent."

heart

Pluie, c'est une histoire d'enfants, d'eau, d'été, de lac, et de parents négligents. Quand on a dit cela, on a presque tout dit sur ce roman, on oublie seulement de souligner à quel point le texte - magnifique - est fait de poésie, de matière, de sensations et de vie. Voici le genre d'ouvrage qui a tout d'une révélation inattendue, une de ces pépites que l'on garde quelques temps contre son coeur après lecture, étonnée.
Ensuite, qu'il y soit aussi question d'un petit garçon blond de cinq ans (comme le mien) et d'une grande soeur attentive (comme peut l'être ma grande fille parfois) a sans doute renforcé un certain degré personnel d'attachement, oui sans doute. Mais, en toute objectivité, Pluie, c'est beau, c'est violent (dans tout ce qui est supposé en creux, ce qui n'est qu'effleuré), et c'est écrit avec une plume délicate et forte qui m'a complètement séduite. Voilà tout.

bouton3Note de lecture : coup de coeur ! - Editions Points - 5.50€ - Nov 2005

Ce livre a été lu dans le cadre de l'Atelier Livres en Poche organisé par ma ville... Et ce roman est le choix de Brigitte Giraud, actuellement en résidence. Elle était à l'occasion une lectrice nous présentant un de ses ouvrages fétiches. La première fois qu'elle a découvert ce texte, grâce à une amie (et c'est important, nous a-t-elle dit, la manière dont les livres nous parviennent), elle l'a trouvé essentiellement lumineux, puis de plus en plus terrible à chaque nouvelle lecture. Le groupe de lecteurs rassemblé mercredi soir a été d'ailleurs plutôt enthousiaste, fasciné par la présence constante de l'eau, par la poésie de l'écriture, l'angoisse ressentie (Pluie se dénoue au fil des pages au rythme d'une tragédie) et cette perversion prégnante des adultes de l'histoire.

Il existe un film, Rain, réalisé par Christine Jeffes (2001) qui me semble assez différent du roman (Le lien vers la bande-annonce).
Du même auteur, j'ai lu Le garçon et la mer, qui m'avait bien moins plu.

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