26 décembre 2012

La Patiente, Jean-Philippe Mégnin

lapatiente"Nous nous sommes rencontrés par hasard.
Je n'ai pas compris tout de suite.
Je n'ai pas compris tout de suite la nature de l'attirance que j'ai éprouvée pour ce garçon."

Le narrateur voit un jour entrer dans son cabinet une femme énigmatique, Camille D. Il est gynécologue et elle pense être enceinte, rien que de très banal. Seulement, son attitude trouble beaucoup notre docteur car la jeune femme lui parle abruptement de son homosexualité et semble étrangement bien connaître son compagnon, David. Contre son mutisme en ce qui concerne le père de l'enfant, le médecin n'aura de cesse de se heurter et de vouloir mettre en lumière la vérité, quitte à risquer le drame...

Ayant plutôt aimé ma lecture de La Voie Marion et ayant vu l'auteur en interview chez La Grande Librairie, je voulais découvrir ce titre que je me suis offert en librairie (en pensant à Bauchette) !
J'aime beaucoup et encore ici l'écriture de Jean-Philippe Mégnin, et sa manière d'amener ses personnages à la rencontre. Mais le noeud de l'intrigue m'a semblé dans cet opus un peu moins fort que dans son précédent roman et le suspens moins réussi. Dommage.
Je ne regrette pourtant pas cette lecture en demi-teinte que j'ai paradoxalement dévorée.

Editions Le Dilettante - 15€ - Sept 2012

Sandrine a été emballée - Une autre bonne critique sur Libfly 

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12 juillet 2012

Le Corail de Darwin, Brigitte Allègre

lecoraildedarwin"Les voilà donc, ces deux femmes qui ne se connaissent pas, ce samedi matin, surfant sur internet, déroulant des menus par-ci, cliquant par-là. Vigdis et Livia cherchent chacune de leur côté un moyen de se dépayser. Une chose simple voire triviale comme partir en vacances ne suffit pas. Elles aspirent à davantage, encore à leur insu sans doute, mais un changement radical renflouerait tous les désirs enlisés dans la vase des jours, j'en mettrais ma main au feu. Chacune ignorant encore l'existence de l'autre, elles découvrent ce site d'échange de logements. Voilà l'aubaine. Partir autant de temps qu'on veut contre le seul prix d'un billet de train ou d'avion : quelqu'un s'occupe des chiens, des chats, des plantes vertes et de la maison pour vous, on peut échanger jusqu'à sa voiture - auncun souci à se faire, aucun."

Vigdis en Islande et Livia à Rome décident d'échanger leurs habitations pour quelques temps. Elles s'écrivent longuement, organisant le tout avec minutie, entrant même dans des confidences que la distance favorise, persuadées l'une comme l'autre qu'elles ne se rencontreront jamais. Alors que Vigdis arrive à Rome accompagnée de son mari une tempête s'annonce, suivie d'une inondation, et la ville prend soudain une allure de fin du monde propice aux grandes décisions. Livia, Gabrielle et leur fille Chiara débarquent eux à Reykjavik à la veille du fameux réveil de ce volcan qui clouera au sol de nombreux touristes.

J'ai eu avec ce roman un début de lecture assez laborieux. Je pense que sa forme fragmentée m'a un peu déstabilisée dans les premiers chapitres. Mon esprit préoccupé par ailleurs n'était peut-être pas assez disponible non plus pour cerner au mieux les caractères de chacun. Et puis, je me suis laissée emportée par le charme de l'histoire et la grâce des personnages. Voici une bien jolie fable que ce roman qui distille avec fantaisie quelques mystères et joue avec le destin de ses protagonistes. J'ai préféré sans conteste la deuxième partie plus évocatrice pour moi, islandaise, en compagnie de Livia et de son enfant. Et puis, comment ne pas comprendre, en tant que blogueuse, les rencontres qu'apportent les clics et les voyages via internet ?
Une lecture, à la belle écriture, à découvrir !

Editions Actes Sud - 23.50€ - Mai 2012

Le billet de Cathulu la tentatrice ! - Du pur plaisir de la première à la dernière ligne pour Clara !

Le blog de l'auteure

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01 juillet 2012

Le sixième crime... en poche !

lesixièmecrimeSébastien Fritsch poursuit son aventure éditoriale et littéraire en nous proposant pour l'été une version poche de son roman policier Le sixième crime.

Lex, un talentueux écrivain francophone, vit en reclus depuis plus de quarante ans dans un hameau perdu de la Drôme provencale. Aucun journaliste n'a jusqu'à ce jour réussi à percer le mystère de son identité et de ses motivations. Mais quel sera son attitude face à un commandant de la police judiciaire ? Car, à présent, il s'agit de crimes, et de crimes atroces, à priori inspirés par d'obscurs polars écrits par un auteur inconnu, disparu aujourd'hui, Etrangement, tous les chemins de l'enquête mènent à Lex, et Jérôme Babalnic compte sur l'auteur pour l'aider à résoudre le mystère des cinq derniers meurtres, et si possible éviter l'exécution du sixième.

Voici ce que j'en avais pensé à l'époque...
"Voici une intrigue "littéraire" à multiples tiroirs, énigmes et jeux de mots, qui m'a promenée comme une débutante, à la manière peut-être de certains Agatha Christie. La force du récit tient dans le huis clos tendu entre les personnages, dans cette impression confuse de labyrinthe générée par les mutiples portes, chambres et pièces décrites, et dans cette chute inattendue qui m'a fait sourire. Et quelle apparente facilité d'écriture ! A découvrir donc !" [mon billet]

Editions fin mars début avril - 5€ - Sortie le 5 juillet 2012

Disponible en librairie - En l'achetant en utilisant [ce lien] on peut même bénéficier d'une dédicace !

Le blog de l'auteur - Ses autres romans ... Derrière toute chose exquise et Invitation pour la petite fille qui parle au vent

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20 juin 2012

Les Soeurs Andreas, Eleanor Brown

lessoeursandreas"Tirant leurs ouvrages, Cordy et Bean disparurent derrière les pages ouvertes. Rose demeura un long moment à fixer le vide devant elle, puis finit elle aussi par ouvrir son livre. Voilà, c'était tout, apparemment. Nous n'allions parler de rien, ni partager nos sentiments, ni discuter de quelconques dispositions, ni nous rapprocher affectivement [...]. Au lieu de cela, nous adoptions la seule conduite que nous ayons toujours eue, nous faisions la seule chose où nous ayons jamais brillé avec constance : lire."

Trois soeurs, trentenaires, se retrouvent de nouveau ensemble à Barnwell, dans la maison de leur enfance. Elle sont réunies officiellement pour accompagner leur mère dans l'épreuve de la maladie, un cancer du sein et son lot de chimio, de chirurgie, et d'effets secondaires épuisants. Mais il y a d'autres raisons, celles qu'elles tentent de dissimuler aux yeux de leurs proches, Rose, Bean et Cordy sont toutes les trois à un tournant de leurs vies. Et si l'aînée hésite à prendre son envol pour rejoindre son fiancé en Angleterre, les deux plus jeunes sont venues malgré elles chercher refuge dans un lieu qu'elles n'ont eu jusque là de cesse de fuir, l'une en vivant à New York et l'autre en zonant sur les routes.
Passionné par Shakespeare, leur père ne s'exprime qu'à coup de citations du célèbre dramaturge. Les trois soeurs sont elles-mêmes baptisées de prénoms d'héroïnes.
Trouveront-elles des réponses à leurs questions dans cette maison nichée au creux d'une ville universitaire, où il y a toujours un livre à lire, à prendre, à commencer ou à terminer ?

Et bien, voici un roman d'été, sans prise de tête, qui s'est avéré bien plaisant à la lecture !! 
J'en ai aimé l'ambiance familiale, affectueuse et taquine, et son environnement baigné de littérature. J'ai apprécié aussi cette manie étrange, paternelle et contagieuse, de citer Shakespeare...
Et puis, il y a cette attitude, qu'ont naturellement les personnages - assez semblable à ce qui se passe chez moi - de prendre un livre dès qu'un espace/temps le permet, même une attente de cinq minutes.
Bien entendu, les rouages vont vous paraître un peu trop bien huilés et le tout manquer de vraisemblance, on se demande aussi parfois qui peut bien être le narrateur (les trois soeurs ?), mais peu importe. Malgré un style très simple (trop simple ?), je vous recommande cette lecture "qui fait du bien".

"Comment expliquer la signification des livres et de la lecture dans notre famille, le bonheur des pages, des bibliothèques ?"

Editions Marabout - 19.90€ - juin 2012

Le billet de Mango

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16 juin 2012

Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? Jeanette Winterson

pourquoietreheureux"Et les livres n'avaient pas fini de me sauver. Si la poésie était une bouée de sauvetage, alors les livres étaient des radeaux. Dans mes moments les plus fragiles, je tenais en équilibre sur un livre, et ces livres m'ont portée sur des marées d'émotions qui refluaient en me laissant trempée et anéantie."

Ce titre de Jeanette Winterson est une autobiographie. L'histoire "vraie" de l'auteure, celle-là même qu'elle avait déjà parée de fiction dans Les oranges ne sont pas les seuls fruits (Ed Olivier 2012) [roman que je n'ai pas encore lu].
Elevée par une mère adoptive rigide et mystique, Jeannette trouve malgré tout le chemin étroit qui la mènera plus tard vers l'écriture. Dans la bibliothèque qu'elle fréquente en cachette, dans sa petite ville ouvrière d'Accrington au nord de l'angleterre, elle a décidé très jeune de lire l'intégralité des auteurs de A à Z. Remarquant déjà l'absence manifeste de femmes - quoique l'alphabet tienne par chance dans sa lettre A Jane Austen - elle devient très tôt sensible à leur condition. La lutte est depuis lors un mode d'expression, féministe, le fruit d'un instinct de survie fort qui n'empêchera pourtant ni la souffrance, ni les doutes, ni la dépression, et ne remplacera jamais le manque.
Née sous X, Jeannette Winterson cherchera plus tard,  à l'âge adulte, à construire le puzzle de ses premiers instants en partant en quête de ses origines, de son dossier d'adoption et de sa mère biologique.

Voici un titre qui m'a touchée pour de multiples raisons, l'histoire assez terrible qu'elle raconte en premier lieu, et puis ces magnifiques passages sur la place de l'écriture et de la lecture dans une vie qui ne demande par ailleurs qu'à sombrer. Ah, ces enfances meurtries me révoltent toujours autant ! L'écriture est ici bourrée d'émotion à fleur de mots, et elle est pourtant si pudique et si littéraire. Elle avance par touches sensibles comme dans un tableau impressionniste. De plus, le tout est baigné d'amour, malgré les blessures. Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? est véritablement un très beau texte.
Une lecture qui lutte pour le bonheur.

Editions de l'olivier - 21€ - Mai 2012

Le billet de Cathulu la tentatrice ! - L'avis de Clara tout aussi positif

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15 juin 2012

En cours de lecture...

manque"La sensation de manque ne vous laisse pas un instant de répit, jamais - elle ne peut pas, ne devrait pas nous lâcher, cette sensation, puisqu'il manque effectivement quelque chose.
Cela n'est pas négatif en soi. Cette part manquante, ce passé manquant, peuvent constituer une ouverture plutôt qu'un vide. Ils peuvent devenir une entrée autant qu'une sortie. Ils sont une preuve fossilisée, la marque d'une autre vie, et même si cette vie vous sera à jamais inacessible, vous pouvez suivre sa trace du bout des doigts, à l'endroit qu'elle aurait pu occuper, et du bout des doigts, apprendre une nouvelle forme de braille.
Les marques sont là, des zébrures saillantes. Lisez-les. Lisez ces blessures. Récrivez-les. Récrivez ces blessures.
C'est pour cette raison que je suis écrivain - je ne dis pas que j'ai "décidé" de l'être ou que je le suis "devenue". Ce n'était pas un acte volontaire ni même un choix conscient. Pour éviter la trame serrée du récit de Mrs Winterson, je devais être capable de faire mon propre récit. Mi-réalité mi-fiction, voilà les ingrédients qui composent une vie. Et comme dans l'espionnage, il s'agit d'une légende, d'une couverture. J'ai rédigé mon issue de secours."

Extrait de Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? de Jeannette Winterson - Mai 2012

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14 juin 2012

City Hall t1 de Rémi Guérin et Guillaume Lapeyre

city hall"La main et l'esprit... en deux écrivains sont réunis mon seul et unique ennemi !"

Attention, grand bain de jouvence avec ce manga ébouriffant, et littéraire, dont le sujet m'a plu dès le départ !
Je ne sais pas vous mais moi j'aime beaucoup l'esprit de la série Sherlock Holmes qui passait il y a quelques temps sur France4, et cette étrangeté qu'est celle d'un personnage du passé apparaissant dans un présent très réaliste. Ici, nous sommes dans un Londres futuriste, où le papier a disparu depuis deux cents ans suite à une guerre destructrice. Depuis, les autorités ont oeuvré pour faire disparaître ces faits des mémoires. Imaginez un monde dans lequel tout ce que vous écrivez/imaginez prend vie. A une époque révolue, quiconque savait écrire pouvait se créer des créatures serviles capables d'assurer n'importe quelle tâche simple. Ces créatures s'appelaient des Papercut, mais le système s'est emballé...
Aujourd'hui, tout cela a disparu, enfin c'est ce que l'on croit... Le ministre des Finances ayant trouvé la mort dans des conditions mystérieuses et violentes, le chef de la police et le maire de Londres sont sur le pied de guerre. Seuls Jules Verne et Arthur Conan Doyle semblent capables d'affronter sur son terrain un ennemi utilisant une arme aussi terrible que le papier !

Surfant sur le succès des personnages de l'Angleterre victorienne, Rémi Guérin et Guillaume Lapeyre ont le bon goût de nous transporter dans une époque différente. J'ai été un peu désarçonnée de rencontrer des auteurs connus et fringants de jeunesse bataillant contre des monstres terrifiants, faisant fi de tout anachronisme, mais mon étonnement est simplement dû à ma méconnaissance manifeste du genre. Car chaque personnage a au cours du récit sa fiche d'état civil et cela est semble-t-il une manière de procéder tout à fait normale. Vous allez alors apercevoir au fil des pages Malcom X ou bien Amélia Earhart, aviatrice et première femme à traverser l'océan atlantique en avion, et avouons-le voilà qui assez amusant et distrayant.
Le rythme de l'ensemble est relativement décapant, presque too much pour mon goût personnel, mais les dessins sont magnifiques et les références historiques disséminées ici et là m'ont amenées à divers moments un grand sourire aux lèvres.
Comme tout ce que fait l'éditeur, l'objet est très beau, un petit bijou de graphisme. A offrir sans complexes à son ado !
Un grand merci à Ankama pour cette expérience décoiffante !! 

Editions Ankama - 14 juin 2012 - 7.95€

Le blog de la série : http://cityhall-ankama.blogspot.fr/

Suite de la mission en librairie à l'automne 2012 !!

 cityhall

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19 mai 2012

La croisière d'ultime espérance, Alain Keralenn

alainkeralenn"Dissuader Kenji et Samir d'agir en prouvant que leur entreprise n'avait pas de sens : voilà ce à quoi elle allait s'attacher."

Marie se rend au Japon, juste après le séisme qui a dévasté une grande partie du pays. Consultante française en matière de déchets nucléaires, en charge de la certification d'une cargaison qui ira bientôt rejoindre l'Europe pour retraitement, elle est accueillie à son arrivée par un jeune japonais attachant, Kenji, pour lequel elle éprouve tout de suite beaucoup de sympathie. Ils resteront en contact.
Ce dernier est ami avec Samir, un chrétien d'Iraq. Tous les deux vont entraîner la jeune femme dans un complot qui mènera le trio jusqu'à Valparaiso...

Voici un premier roman très prometteur. En effet, malgré quelques défauts de rythme et de fluidité, de vraisemblance également parfois, il est doté d'une belle écriture et d'une intrigue assez prenante. J'ai été très agréablement surprise par ce titre moi qui n'accepte aujourd'hui de recevoir des livres qu'avec une grande circonspection. Je ne regrette pas d'avoir dit oui cette fois-ci et je remercie l'auteur pour sa confiance.
Ce qui m'avait intéressé ici est la modernité et l'originalité du sujet, très réactif face à l'actualité, et puis l'albatros de la couverture avait terminé de me convaincre.

Le contenu de ce livre aux allures de roman d'espionnage est documenté et son style sûr. Quelques scènes sont même très visuelles et fortes. J'espère lire encore Alain Keralenn !

Editions France-Empire - 19€ - Février 2012

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16 mai 2012

Je voulais te dire, Louisa Young

jevoulaistedire"Et mes motivations à moi ? Ah, oui, échapper à la grande honte d'avoir reçu une éducation particulière de la part d'un garçon. Permettre à Mr et Mrs Waveney de refuser à leur fille l'homme qu'elle aime. Prouver que j'étais un homme, alors que ce n'était clairement pas le cas. Bon Dieu, quelles raisons de se vautrer dans le sang et la souffrance ! Et quelle est ma motivation maintenant ? Faire mon possible pour aider les gars à ne pas devenir fous et gagner la guerre..."

Riley a eu la chance de bénéficier très jeune d'une éducation assez éloignée de son milieu d'origine. Un artiste l'a pris sous son aile et en a fait son aide. Mais ce qui l'instruit d'un côté va le détruire d'un autre. Jamais il ne pourra épouser celle dont il est l'ami depuis sa plus tendre enfance, l'autre élève de Sir Alfred, Nadine. C'est alors qu'éclate la première guerre mondiale. Riley s'engage, pensant oublier là-bas ce qui les éloigne. Il y trouvera bien plus, en passant trois ans dans les tranchées de Flandres, et y perdra une partie de son visage. A son retour en Angleterre, voulant épargner Nadine, il fera tout pour la repousser, sans qu'elle puisse connaître la vérité. Elle partira alors vers la France en tant qu'infirmière, en colère et bouleversée, ignorant tout de la gravité des blessures de celui qu'elle aime.

Voici un roman qui m'a largement tenue en haleine. Les personnages sont attachants et l'histoire originale. Je voulais te dire est de ces opus qui savent nous raconter des histoires, sans grandes figures de style. Ce livre ferait certainement un très bon film.
C'est à la fin d'un monde auquel on assiste dans ces pages. Et les désillusions sont grandes, les remises en question nécessaires. La vie est soudain reconnue comme fragile et précieuse, et à vivre plus intensément, en vérité. J'ai aimé les diverses réflexions qui parcourent le livre, elles donnent un sel évident à l'intrigue, renforcant également la matière des protagonistes.
Il est assez rare par ailleurs que soit évoqué de manière romanesque ces gueules cassées de 14-18 dont l'image est toujours si terrible à imaginer. Les chirurgiens plastiques de l'époque accomplissaient leurs premiers pas, des miracles techniques et humains sur lesquels Louisa Young revient longuement et avec justesse.

Une lecture sur la guerre et ses absurdités, qui a par ailleurs la grande force de donner foi en l'amour et en l'humanité. N'hésitez pas à l'ouvrir ! Il s'en est fallu de peu que je le rajoute à mes coups de coeur !

Editions Baker Street - 21.50€ - mai 2012 

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06 mai 2012

La Liste de mes envies, Grégoire Delacourt

lalistedemesenvies"C'est le besoin d'un tapis de bain antidérapant qui nous maintient en vie. Ou d'un couscoussier. D'un économe. Alors on étale ses achats. On programme les lieux où l'on va se rendre. On compare parfois. Un fer Calor contre un Rowenta. On remplit les armoires lentement, les tiroirs un à un. On passe une vie à remplir une maison ; et quand elle est pleine, on casse les choses pour pouvoir les remplacer, pour avoir quelque chose à faire le lendemain. On va même jusqu'à casser son couple pour se projeter dans une autre histoire, un autre futur, une autre maison.
Une autre vie à remplir."

Jocelyne Guerbette est mercière à Arras. Elle aime son mari Jo, malgré les périodes de doutes et de douleurs traversées ensemble, ses deux enfants à présent grands, elle aime sa vie. Un jour, poussée par deux de ses amies, elle joue au Loto et gagne. Se pose alors la question essentielle - quand tout à coup on peut tout s'offrir - que souhaite-t-elle vraiment pour elle, et pour ceux qu'elle aime ? Jocelyne établit la liste de ses envies, ne dépose pas son chèque à la banque, attend, et trouve des réponses...

Et bien, mais que voici un merveilleux livre ! Il aurait été dommage que je passe à côté.
J'ai lu ici et là qu'on lui reprochait beaucoup trop de douce naïveté en début de roman, à ce titre, mais cela ne m'a pas gêné personnellement. J'ai aimé le personnage de Jocelyne Guerbette, ses réflexions, son intelligence humaine, la luminosité particulièrement forte de ce livre dans son ensemble. Rien ne m'a déçu ou gêné.
Bien entendu, nous qui connaissons l'envers du décor, le succès de son blog de couture semble bien extraordinaire. Bien entendu, il s'agit ici d'une fable et le réalisme n'est pas vraiment le propos. Mais quel talent a cet auteur de connaître si bien le coeur des femmes, et combien sont-elles encore aujourd'hui à taire en elles sous des dehors communs, une âme riche et avide de vie ?
Une lecture coup de coeur pour moi !

heart Editions JCLattès - 16€ - 1er février 2012

D'autres lectures, plus mitigées que la mienne... Gambadou et Aifelle
La Pyrénéenne, Bauchette, Leiloona, Cathulu et Clara ont aimé !! 

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