22 août 2017

Vernon Subutex 1, Virginie Despentes

vernonsubutex

Et voilà, toi aussi tu as succombé à cette couverture beaucoup vue ici et là... et également à cette auteure, cette personne si riche et passionnante qu'est Virginie Despentes. Mais tu ne savais pas encore QUI était réellement Vernon Subutex avant ta lecture. Au début, ce personnage n'est seulement qu'un pauvre type, cinquantenaire, vaguement looser, vaguement rockeur, chômeur, ancien disquaire, ancien homme à femmes, qui peine à payer son loyer... Après avoir vendu toute sa collection de vinyles, les options se font rares pour Vernon. Et depuis qu'Alex, son ex-ami devenu un chanteur à succès est mort, il n'a plus personne pour le tirer d'affaires... C'est donc l'expulsion. Vernon doit trouver des endroits où dormir... Et c'est là que l'histoire démarre vraiment, quand Vernon, tel un spectre, vient hanter un à un les appartements de ses amis, laissant remonter à la surface souvenirs et désirs enfouis. Vernon Subutex endosse malgré lui ce rôle de révélateur, qui ne lui permet pas cependant de rester très longtemps chez chacun. Tout cela est bien précaire, tient sur un fil. Mais son seul bien, des enregistrements/confessions d'Alex qu'il détient sur cassettes, se révèlent intéresser beaucoup plus de personnes qu'il ne pouvait se l'imaginer, et susciter quelques convoitises. On le cherche, tandis que Vernon se perd dans le sexe, la drogue et dans un Paris moderne qui ne fait pas de cadeaux aux distraits... Chaque erreur peut l'amener à la rue. Combien de temps tiendra-t-il dans ce jeu d'équilibriste ? Et toi lectrice, tu es entrée dans ce livre-monde avec beaucoup de plaisir, découvrant à chaque chapitre une nouvelle face de ce kaleidoscope humain créé par Virginie Despentes, des personnages que l'on aime retrouver par hasard au détour d'une rencontre ou d'un accident, tout un panel d'amis que Vernon Subutex ignorait posséder... Les disquaires étaient des êtres populaires, il le découvre petit à petit. Bref, tu as très envie de découvrir le second tome à présent... A suivre.

Le livre de poche - mars 2016

En lecture commune avec Aifelle

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19 août 2017

L'ancre des rêves, Gaëlle Nohant ~ objectif pal d'août

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Tandis que tu tricotais une écharpe aux couleurs de la maison Serpentard pour ta fille (Harry Potter)... tu t'es mise à rechercher dans ta vieille Pile A Lire, une idée de lecture pour ce mois d'août (tu es d'ailleurs bien heureuse de constater que ta PAL commence visiblement à diminuer un peu). Mais que choisir ? Et alors que l'on parle déjà beaucoup du dernier titre à paraître en cette rentrée de Gaëlle Nohant (Légende d'un dormeur éveillé), toi tu as exhumé son premier roman... Tu sais que tu as acheté cette version France Loisirs en compagnie d'une insatiable lectrice dans une bouquinerie sur Nantes [clic ici], sur ses précieux conseils tentateurs... et que tout cela date un peu. Mais il n'est jamais trop tard pour découvrir un récit, et peut-être est-il tombé à point ? Alors que tu reviens de vacances en Bretagne... Alors, te voilà plongée au sein d'une famille de quatre garçons, tous hantés la nuit par des cauchemars terribles, où il est question de noyades, de naufrages, de marins-pêcheurs, de sang, etc... Chacun garde pour soi ses terreurs nocturnes. Et pourtant, ils sont tous si jeunes, ces quatre garçons, et si aimés par leur mère... Samson, le dernier est encore un bébé. Benoît rêve chaque nuit d'une femme et de sa petite fille, plongeant dans la mer pour s'y noyer. Guinoux de chevaux ensanglantés aux yeux fous. Lunaire se retrouve lui dans chaque cauchemar sur le pont d'un bâteau, face au terrifiant capitaine Yvon Cardec, qui n'a de cesse de le houspiller et de lui montrer des horreurs... Comment se débarrasser de ces nuits terribles ? Lunaire entreprend de mener son enquête, il ne prend pas son bus pour le Lycée et part à la rencontre d'un vieux prêtre, d'Erb et d'Ardélia, tous dépositaires d'une certaine mémoire... une mémoire qui va peu à peu éclairer les nuits des enfants Guérindel et expliquer l'acharnement de leur mère à les éloigner de la mer... Et toi lectrice, tu as aimé cette intrusion dans un univers qui a réveillé quelques lectures enfantines (L'île au trésor de Stevenson par exemple...) et ouvert la porte du fantastique (tu as aussi repensé à quelques scènes un peu glauques du Pirate des caraïbes). Ici, dans ce récit, l'onirisme a la part belle, mais aussi le terrifiant et le merveilleux. Les légendes effleurent le présent et y imprègnent leurs marques. Il n'y a aucune frontière entre le monde des morts et celui des vivants, puisque le passage de l'un à l'autre est poreux... C'est une lecture qui remue et secoue, portée par une belle écriture, assez dans la veine de ma dernière lecture de PAL, La vierge en bleu de Tracy Chevalier... [clic ici] Et je conseille, bien évidemment.

Une belle version Livre de Poche vient de sortir en août 2017... 

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04 août 2017

En voiture, Simone !, Aurélie Valognes

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Tu avais besoin de faire une petite pause pendant tes lectures de rentrée... (Et tu peux déjà dire, tandis que tu rédiges ce billet, que six titres attendent déjà bien au chaud le 24 août pour apparaître par ici...) Raisonnablement, tu devais aussi piocher dans ta vieille PAL... Mais nous sommes bien toutes pareilles... Comment résister à ce joli petit poche fleuri qui vient juste d'intégrer ta Pile à Lire ? Surtout que Monsieur Antigone venait tout juste de le dévorer. Et puis mince, c'est l'été !! Ce livre a auparavant été publié chez Michel Lafon, et en grand format, sous le titre Nos adorables belles-filles, et c'est bien d'elles dont il s'agit dans ce roman... des belles-filles. En effet, Martine et Jacques ont trois fils, et donc trois belles filles, aux caractères bien différents. Stéphanie est une mère de famille plutôt râleuse. Laura est végétarienne, ce qui n'est pas très pratique pour les repas. Et Jeanne, une sommelière rousse au caractère féministe assez affirmé, vient tout juste de commencer une relation avec le plus jeune des fils du couple, Nicolas, cuisiner de son état. Lorsque tout ce petit monde se retrouve chez les Le Guennec, dans leur maison en Bretagne, ça chauffe un peu, surtout que Jacques a un don particulier pour braquer son entourage... Même Martine, après bientôt 40 ans de mariage, commence à en avoir assez. Elle n'envisage pas sa retraite sans ses enfants et petits-enfants et sermonne Jacques sur le fait que sa mauvaise humeur éloigne les autres... L'intégration, dans ces conditions, est encore plus difficile pour les belles-filles qui en arrivent à traîner des pieds face à la perspective de vacances en famille... Et toi lectrice, tu étais pleine d'à priori face à ces couvertures qui fleuraient bon le feel good et le happy end mais tu as été séduite malgré toi par cette joyeuse bande qui ne cherche rien tant que de trouver des moyens de bien vivre ensemble... C'est léger, mais pas que, ça donne aussi mine de rien matière à réfléchir à ses propres comportements. Un bien joli livre pour l'été !! A glisser sans crainte dans son sac de plage... Tu l'as dévoré aussi.

Editions du Livre de Poche - avril 2017

01 août 2017

Roland est mort, Nicolas Robin

rolandestmort

Et oui, Roland est mort... et qui peut imaginer que ce soit si absurdement drôle. En effet, Roland est le voisin de notre narrateur, qui se voit attribué, après son décès, son caniche Mireille et l'urne funéraire de cet homme, isolé et sans famille. Le jeune homme était pourtant bien tranquille avant, à subir sans broncher les vocalises de Mireille Mathieu, en provenance de l'appartement voisin, à regarder toute la journée des films pornographiques affalé sur son canapé, à comater dans cette vie de chômeur désabusé, qui est son quotidien depuis que celle qu'il aimait est partie. Bref, Roland est mort, et ce n'est pas si facile de se débarrasser des restes de sa vie, de son chien, de ses cendres... Mais le voisin de Roland a-t-il vraiment envie de s'en débarrasser ? Surtout quand la délicieuse Chantal vient toquer à la porte du disparu pour une de ses séances de massage mensuelle, surtout quand il apparaît peu à peu qu'il a été choisi par le défunt, en toute connaissance de cause, pour recevoir ce qu'il reste de lui... Difficile de décrire le charme de l'écriture de Nicolas Robin dans ce livre, qui allie avec talent humour caustique, tendresse et finesse. Car en effet, malgré la somme de situations rocambolesques contées, malgré les portraits désopilants imaginés par l'auteur, il est surtout question de solitude dans ce roman. Tu l'as lu, ou plutôt dévoré, en une journée. Et tu as aimé la dose d'espoir qu'il distille aussi, sur la possibilité des imprévus, sur les rencontres fortuites, et sur tout ce qui permet de changer sa vie à tout moment... Une très chouette lecture de poche !!

Le livre de poche - mai 2017

Séverine du blog Blablablamia l'a lu aussi

29 juillet 2017

Le camion qui livre ~ Le livre de poche

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Tu as bien fait de partir à la rencontre du camion du Livre de poche pendant tes vacances dans le Finistère... car en postant la photo de tes achats (ci-dessus) sur Instagram avec le hashtag #lecamionquilivre tu as encore gagné dix titres supplémentaires !! Quelle chance, quelle joie (même si tu ne manques pas vraiment de lectures) et surtout quelle surprise !! Tu conseilles donc aux aoûtiens lecteurs d'aller faire un petit tour sur le site www.lecamionquilivre.com/ pour voir si il passe près de leur plage cet été... De nombreuses rencontres d'auteurs et ateliers d'écriture sont organisés autour de cette tournée. Tu l'as rencontré personnellement sur le port de Ploubazlanec ce jour-là (voir la vidéo ci-dessous), juste avant d'aller marcher sur l'île de Bréhat (magnifique) !! Plus bas, vous trouverez les photographies des livres de poche reçus cette semaine... De jolis billets en perspective !! Et merci encore aux éditions du Livre de Poche

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18 juin 2017

L'heure anglaise, Julie Wolkenstein ~ objectif PAL de juin

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Tu as cherché dans ta PAL (vielle Pile A Lire) un roman qui pourrait coller au thème du mois anglais... et tu es tombé sur ce livre, qui n'a d'anglais en définitive que le titre, puisque l'auteure est française. Mais peu importe, tu as décidé que tu avais envie de plonger dans cette heure anglaise malgré tout, c'est donc ta petite contribution au challenge... Nous sommes en juillet 1911, dans la campagne anglaise, et Edward Sanders s'apprête à prendre le train pour Londres, comme tous les matins, pour se rendre à l'étude où il travaille. Sur le quai, il reçoit un télégramme lui annonçant qu'un désagrément oblige l'étude à le prier de rester chez lui aujourd'hui. Edward est désappointé, et part se promener le long de la rivière, puis rentre dans son foyer en catimini, s'allonge sur le lit conjugal, tout cela sans prévenir sa femme, ni sa famille, occupée à organiser une réception de fiancailles le soir. Edward occupe ce moment hors du temps à revoir le fil de sa vie et se laisse bercer par la poésie et les lumières du jour. Pendant ce temps, Susan, son épouse, se rend elle à Londres par le train suivant, pensant surprendre son époux à son bureau, l'inviter à déjeuner et en profiter pour lui révéler une future naissance. Tous les deux se manquent donc, et se retrouvent le soir sans rien raconter de ce qu'ils ont fait, laissant en suspend cette journée particulière qui a réveillé les fêlures et les joies du passé... Et comme il était doux pour toi lectrice de te promener aux bras de ces deux êtres ancrés dans leur époque mais perméables aux bruissements de ce qui les entoure. L'écriture de ce roman est précieuse et délicate, et se déguste comme un roman proustien. La force des sentiments, des passions, affleure seulement à la surface. Et tu as aimé ce contraste entre le calme apparent des protagonistes, leur réserve, et la forte émotion que la chute d'un simple bout de papier par exemple, une photographie, la vue d'un foulard, peut provoquer au plus profond d'eux. Une belle sortie de PAL !

Editions Folio - octobre 2006

lemoisanglais             objectif pal

11 mai 2017

Hier encore, c'était l'été, Julie De Lestrange

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Hier encore, on passait notre temps ensemble, un temps d'enfance à partager les baignades, l'été et l'insouciance... et puis, tout à coup, on se retrouve à la vingtaine, avec des études à terminer, un job à trouver, une vie d'adulte à commencer. Le cadeau de la majorité. C'est ce qui arrive à Alexandre, Guillaume, Marco, Sophie, Anouk et les autres, liés par l'affection ou le lien du sang. Ils se connaissent depuis toujours, depuis que les deux chalets d'été de leurs aïeuls ont été construits côte à côte et que l'amitié est née de cette proximité. Mais la jeunesse n'empêche pas les désagréments et les peines. Entre choix amoureux, expériences décevantes, et orientations à décider, il est surtout question de la vie en général dans ce roman, avec ses petits pas matériels, ses ratages, ses arrangements et ses belles rencontres. Et comme toi lectrice, tu as aimé suivre ainsi dans leurs hésitations et égarements ce petit groupe, le suivre au fil du temps, sur une décennie. Tu as trouvé que leurs expériences ressemblaient à la vie de chacun de nous dans ce qu'elle a de plus variée. Et comme c'était intéressant d'accompagner ces jeunes adultes dans leurs recherches d'appartement, leurs déboires amoureux, leurs disputes et réconciliations. Bien entendu, il y a aussi de la légèreté dans ce titre de Julie de Lestrange, mais beaucoup moins que tu t'y attendais. Souvent les personnages s'amusent, passent des soirées ensemble, boivent un peu, vont au cinéma, vivent une vie citadine ou l'argent n'est pas tout à fait un problème, bien sûr. Cependant, rien ne leur est épargné non plus de la réalité, des maladies des plus âgés, de la mort et de la solitude. Et tu as aimé cela, que rien ne soit acquis, ni facile, parfois très laborieux. Ce roman se lit comme une fresque et avec son style ample donne naissance à toute une galerie de personnages terriblements attachants ! Si vous avez un poche à choisir pour cet été... n'hésitez pas. 

Editions Le Livre de Poche - Mai 2017

Tu remercies Julie de Lestrange pour l'envoi de ce livre, sa dédicace et la rencontre, furtive mais intéressante et souriante, faite sur Paris, un certain jour, à l'Alcazar... ;) [clic] Grande hâte de lire le prochain ! 

Le carnet parisien recommande vivement cette école de la vie... [clic]

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14 avril 2017

Ecoute-moi, Margaret Mazzantini ~ objectif pal d'avril

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Depuis quelques mois, tu essayes de choisir ta lecture de PAL en fonction de ce que te présente le hasard... Ainsi, tu as regardé il y a quelques jours ce film, emprunté à la médiathèque, Venir au monde, tiré d'une oeuvre de Margaret Mazzantini. Tout n'était pas parfait dans ce film, mais il t'a suffisamment marqué, et tu t'es suffisamment renseignée à son sujet pour te rendre compte que tu avais un autre roman de l'auteure dans ta PAL, acheté il y a longtemps en bouquinerie. Le choix était donc évident pour ce mois d'avril !! Margaret Mazzantini est une auteure très célèbre en Italie, elle a déjà remporté le Prix Goncourt italien (le Premio Strega). Comme pour Venir au mondeEcoute-moi a également été porté à l'écran, avec Penelope Cruz dans un des rôles principaux... Dans cet opus, tout commence par la chute de la jeune Angela, son accident de scooter, et son arrivée à l'hôpital. Son père y est chirurgien et comprend très vite que sa fille peut mourir. Alors il décide de lui raconter la passion qu'il a vécu avant sa naissance avec Italia, sa maîtresse, dans une tentative désespérée de pardon et de miséricorde. Qu'on ne s'y trompe pas, pas de feel-good book ici, Margaret Mazzantini décrit les débuts de cette passion telle une scène de viol terrible... Comme dans Venir au monde, l'amour - chez elle - semble se nourrir de détermination et de violence. Timotéo rencontre cette femme lors d'une journée de forte chaleur, alors qu'il est tombé en panne dans un quartier pauvre et qu'il cherche à joindre son épouse, Elsa. Italia lui propose de se servir de son téléphone, et l'accompagne chez elle. Timotéo abuse d'Italia alors que tout chez elle le repousse. Tout cela est d'une violence inouïe et d'une crudité vulgaire que tu n'avais pas croisé dans un roman depuis longtemps... Alors, comment expliquer le fait que tu as été très vite séduite et subjuguée par la qualité du texte de Ecoute-moi ? Malgré ta gêne et parfois ton dégoût. Parce que - sans doute - l'on sait quand on a à faire à un auteur de talent, et que le talent chez Margaret Mazzantini est ici évident. Elle nous emmène dans une Italie à deux vitesses, dans deux mondes que rien ne rapproche d'ordinaire et regarde ses personnages se débattre dans leurs contradictions, leurs émotions brutes et leurs misères. Un coup de coeur perturbant !!

Existe en 10/18 - juin 2005

objectif pal

13 avril 2017

L'avortement, Richard Brautigan

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De Richard Brautigan tu ne connaissais rien... mis à part son nom et sa réputation, ainsi que quelques citations et hommages. Et tu as eu envie de dépasser ça, cette faible connaissance, en découvrant un de ses romans. Ouvrir L'avortement par sa préface, c'est déjà tomber sur le regard de Pierre Reverdy sur ce texte. dans cette constatation que jamais personne à propos de ce livre, ou en général, ne dit le mot. Même Annie Ernaux, à propos de l'acte, préférera évoquer L'Evènement. Quand on parle de ce roman, dit Pierre Reverdy, il n'est question que de la bibliothèque, premier personnage évident de ce livre. Et il est vrai qu'elle est fascinante. On se croirait chez Jorge Luis Borges. Dans les premières pages, le narrateur évoque sa situation, sa vie de cloîtré dans ce lieu qui recueille nuit et jour des manuscrits. Les visiteurs sont invités à inscrire leur titre, jamais publié, dans le grand cahier et de le poser sur les étagères de la bibliothèque. L'accueil est chaleureux, bienveillant et respectueux, peu importe la qualité et le sujet des écrits. Un jour, Vida entre dans l'établissement, avec son texte et son corps sublime qu'elle porte comme un fardeau. Les deux solitudes se rencontrent, s'approchent et prennent soin l'une de l'autre, jusqu'à ce qu'advienne l'avortement, qu'il faudra pratiquer au Mexique. Cela signifie laisser la bibliothèque sous la garde de Foster, prendre l'avion et s'en aller dans des lieux inconnus. Et pour toi lectrice, c'est comme suivre un couple à la Boris Vian (L'Ecume des jours) dans une aventure à la fois triste et froide. Tout se passe bien, mais Vida sera dorénavant la plus adepte des pro-pilules, elle le jure. Et tu t'étonnes de la douceur de cette voix d'écrivain masculin sur ce parcours, du féerique qui ne cesse d'entourer cette histoire là du début à la fin, et de ce roman, posé (encore une fois par un homme) comme un acte militant. La première édition date de 1970. Tu ne t'attendais pas à ça... à toute cette douceur et à cette féerie, seulement à cette ironie qui parfois parcourt le texte. Quelle rencontre !

Editions Points - collection Signatures - 13 Avril 2017

Points réédite également d'autres titres de l'auteur en avril dans la collection Poésie. Le samedi 22 avril aura lieu une rencontre à La Maison de la poésie en l'honneur de Richard Brautigan. Toutes les infos ici [clic].

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01 avril 2017

Et je danse aussi, Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat

etjedanseaussi

Tandis que te reste un lointain souvenir de ces divins macarons ramenés de Paris [clic]... tu parles enfin de ce livre lu dans le train lors de ton voyage, et acheté à Rennes il y a peu (dédicacé par Anne-Laure Bondoux). Les lectrices se déplacent beaucoup en ce moment, écument les salons, et toi tu fais de même... Tu te faisais une fausse idée de ce roman depuis longtemps, tu le pensais destiné à la jeunesse (sans doute la couverture, et le fait que les auteurs sont des auteurs jeunesse ?). Mais en réalité pas du tout ! Ce roman épistolaire (quel est le nom pour la version e-mail ?), est bien un roman pour adultes. En effet, ce sont deux adultes qui commencent dès les premières pages une correspondance maladroite. Adeline Parmelan a envoyé une grosse enveloppe à Pierre-Marie Sotto, auteur. Elle cherche à savoir très vite si il va l'ouvrir. Pierre-Marie, auteur à succès, devenu un loup solitaire, n'est pas très enclin à le faire, ni à répondre à cette lectrice entreprenante. Il tient à l'informer qu'il ne lit jamais les textes qu'on lui envoie. D'excuses pour le dérangement en politesses joviales, une correspondance se noue, intime et amicale, laissant peu à peu entrevoir entre ses lignes quelques secrets et vérités. Peu importe si les deux protagonistes ne se connaissent pas, viennent de deux mondes très différents et accusent une belle différence d'âge. Et toi tu as passé un délicieux moment en compagnie de ce livre, au ton enjoué et alerte. Lire des romans épistolaires est toujours un plaisir. Depuis toujours, tu aimes cette forme d'écriture... Et là il est intéressant de suivre un échange qui distille à la fois le rire et l'émotion. Bref, tu as été conquise, et tu as laissé les personnages de ce livre avec regret !
[Message à Anne-Laure Bondoux : ayé tu fais à ton tour partie de la bande, damned !]

Pocket - Février 2016

Sandrine l'a lu aussi