14 avril 2017

Ecoute-moi, Margaret Mazzantini ~ objectif pal d'avril

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Depuis quelques mois, tu essayes de choisir ta lecture de PAL en fonction de ce que te présente le hasard... Ainsi, tu as regardé il y a quelques jours ce film, emprunté à la médiathèque, Venir au monde, tiré d'une oeuvre de Margaret Mazzantini. Tout n'était pas parfait dans ce film, mais il t'a suffisamment marqué, et tu t'es suffisamment renseignée à son sujet pour te rendre compte que tu avais un autre roman de l'auteure dans ta PAL, acheté il y a longtemps en bouquinerie. Le choix était donc évident pour ce mois d'avril !! Margaret Mazzantini est une auteure très célèbre en Italie, elle a déjà remporté le Prix Goncourt italien (le Premio Strega). Comme pour Venir au mondeEcoute-moi a également été porté à l'écran, avec Penelope Cruz dans un des rôles principaux... Dans cet opus, tout commence par la chute de la jeune Angela, son accident de scooter, et son arrivée à l'hôpital. Son père y est chirurgien et comprend très vite que sa fille peut mourir. Alors il décide de lui raconter la passion qu'il a vécu avant sa naissance avec Italia, sa maîtresse, dans une tentative désespérée de pardon et de miséricorde. Qu'on ne s'y trompe pas, pas de feel-good book ici, Margaret Mazzantini décrit les débuts de cette passion telle une scène de viol terrible... Comme dans Venir au monde, l'amour - chez elle - semble se nourrir de détermination et de violence. Timotéo rencontre cette femme lors d'une journée de forte chaleur, alors qu'il est tombé en panne dans un quartier pauvre et qu'il cherche à joindre son épouse, Elsa. Italia lui propose de se servir de son téléphone, et l'accompagne chez elle. Timotéo abuse d'Italia alors que tout chez elle le repousse. Tout cela est d'une violence inouïe et d'une crudité vulgaire que tu n'avais pas croisé dans un roman depuis longtemps... Alors, comment expliquer le fait que tu as été très vite séduite et subjuguée par la qualité du texte de Ecoute-moi ? Malgré ta gêne et parfois ton dégoût. Parce que - sans doute - l'on sait quand on a à faire à un auteur de talent, et que le talent chez Margaret Mazzantini est ici évident. Elle nous emmène dans une Italie à deux vitesses, dans deux mondes que rien ne rapproche d'ordinaire et regarde ses personnages se débattre dans leurs contradictions, leurs émotions brutes et leurs misères. Un coup de coeur perturbant !!

Existe en 10/18 - juin 2005

objectif pal


13 avril 2017

L'avortement, Richard Brautigan

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De Richard Brautigan tu ne connaissais rien... mis à part son nom et sa réputation, ainsi que quelques citations et hommages. Et tu as eu envie de dépasser ça, cette faible connaissance, en découvrant un de ses romans. Ouvrir L'avortement par sa préface, c'est déjà tomber sur le regard de Pierre Reverdy sur ce texte. dans cette constatation que jamais personne à propos de ce livre, ou en général, ne dit le mot. Même Annie Ernaux, à propos de l'acte, préférera évoquer L'Evènement. Quand on parle de ce roman, dit Pierre Reverdy, il n'est question que de la bibliothèque, premier personnage évident de ce livre. Et il est vrai qu'elle est fascinante. On se croirait chez Jorge Luis Borges. Dans les premières pages, le narrateur évoque sa situation, sa vie de cloîtré dans ce lieu qui recueille nuit et jour des manuscrits. Les visiteurs sont invités à inscrire leur titre, jamais publié, dans le grand cahier et de le poser sur les étagères de la bibliothèque. L'accueil est chaleureux, bienveillant et respectueux, peu importe la qualité et le sujet des écrits. Un jour, Vida entre dans l'établissement, avec son texte et son corps sublime qu'elle porte comme un fardeau. Les deux solitudes se rencontrent, s'approchent et prennent soin l'une de l'autre, jusqu'à ce qu'advienne l'avortement, qu'il faudra pratiquer au Mexique. Cela signifie laisser la bibliothèque sous la garde de Foster, prendre l'avion et s'en aller dans des lieux inconnus. Et pour toi lectrice, c'est comme suivre un couple à la Boris Vian (L'Ecume des jours) dans une aventure à la fois triste et froide. Tout se passe bien, mais Vida sera dorénavant la plus adepte des pro-pilules, elle le jure. Et tu t'étonnes de la douceur de cette voix d'écrivain masculin sur ce parcours, du féerique qui ne cesse d'entourer cette histoire là du début à la fin, et de ce roman, posé (encore une fois par un homme) comme un acte militant. La première édition date de 1970. Tu ne t'attendais pas à ça... à toute cette douceur et à cette féerie, seulement à cette ironie qui parfois parcourt le texte. Quelle rencontre !

Editions Points - collection Signatures - 13 Avril 2017

Points réédite également d'autres titres de l'auteur en avril dans la collection Poésie. Le samedi 22 avril aura lieu une rencontre à La Maison de la poésie en l'honneur de Richard Brautigan. Toutes les infos ici [clic].

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01 avril 2017

Et je danse aussi, Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat

etjedanseaussi

Tandis que te reste un lointain souvenir de ces divins macarons ramenés de Paris [clic]... tu parles enfin de ce livre lu dans le train lors de ton voyage, et acheté à Rennes il y a peu (dédicacé par Anne-Laure Bondoux). Les lectrices se déplacent beaucoup en ce moment, écument les salons, et toi tu fais de même... Tu te faisais une fausse idée de ce roman depuis longtemps, tu le pensais destiné à la jeunesse (sans doute la couverture, et le fait que les auteurs sont des auteurs jeunesse ?). Mais en réalité pas du tout ! Ce roman épistolaire (quel est le nom pour la version e-mail ?), est bien un roman pour adultes. En effet, ce sont deux adultes qui commencent dès les premières pages une correspondance maladroite. Adeline Parmelan a envoyé une grosse enveloppe à Pierre-Marie Sotto, auteur. Elle cherche à savoir très vite si il va l'ouvrir. Pierre-Marie, auteur à succès, devenu un loup solitaire, n'est pas très enclin à le faire, ni à répondre à cette lectrice entreprenante. Il tient à l'informer qu'il ne lit jamais les textes qu'on lui envoie. D'excuses pour le dérangement en politesses joviales, une correspondance se noue, intime et amicale, laissant peu à peu entrevoir entre ses lignes quelques secrets et vérités. Peu importe si les deux protagonistes ne se connaissent pas, viennent de deux mondes très différents et accusent une belle différence d'âge. Et toi tu as passé un délicieux moment en compagnie de ce livre, au ton enjoué et alerte. Lire des romans épistolaires est toujours un plaisir. Depuis toujours, tu aimes cette forme d'écriture... Et là il est intéressant de suivre un échange qui distille à la fois le rire et l'émotion. Bref, tu as été conquise, et tu as laissé les personnages de ce livre avec regret !
[Message à Anne-Laure Bondoux : ayé tu fais à ton tour partie de la bande, damned !]

Pocket - Février 2016

Sandrine l'a lu aussi

 

20 mars 2017

Se résoudre aux adieux, Philippe Besson

seresoudreauxadieux

Tu te demandes toujours quel livre choisir pour ta lecture de PAL du mois... et finalement, depuis quelques temps, tu laisses faire le hasard. Là, tu avais croisé sur les réseaux sociaux une citation tirée de ce titre, que tu trouvais émouvante...  Choix tout trouvé alors ! Ce sera donc lui ton livre du mois. Ça fait mal d'apprendre à quitter ceux qui nous quittent, d'apprendre à les aimer en silence, le dos tourné, les yeux baissés. De devoir apprendre à son coeur la force de se vider tout en demeurant habité. Apprendre à pleurer en souriant, à s'en aller en aimant... Louise écrit à Clément des lettres. Elle est partie très loin pour oublier la rupture. Elle lui écrit de là-bas, sur sa souffrance, sur son amour, sur sa peine, sur la difficulté de tourner la page, de se résoudre aux adieux... Il faudra de nombreux mois, de nombreux voyages (La Havane, New-York, Venise), beaucoup de mots, et un retour à bord de l'Orient Express pour retrouver dans Paris le vide, intact. Rien n'a suffit. Il est parti pour une autre. Elle n'a pas été choisie. Elle méritait de l'être. Tout le monde le mérite. Tu es restée suspendue aux mots de Philippe Besson, qui parle si bien dans ce livre d'une voix de femme. Tu es tombée en empathie avec son personnage. Et tu trouves que chaque rupture, chaque convalescence d'amour, devrait pouvoir se vivre comme cela, en partance... si seulement. Se résoudre aux adieux est un magnifique roman épistolaire, rempli d'une sincérité forte et touchante, qui pourrait être une version moderne des Lettres portugaises, pourquoi pas. C'est en tous les cas, avec certitude, un livre qui a fait vibrer ton petit coeur tout mou...

Editions 10/18 - Janvier 2008

objectif pal

04 février 2017

N'oublie pas les oiseaux, Murielle Magellan

noubliepaslesoiseaux

Tu reconnais souvent tes coups de coeur à ce frémissement particulier qui accompagne la fin de ta lecture... ce sentiment profond d'avoir lu un livre essentiel pour toi, dont tu garderas la trace, l'écho, un souvenir marquant. Et voilà que tu viens justement de terminer un récit, avec cette sensation là, et quelques larmes au bord des yeux... Tu avais acheté N'oublie pas les oiseaux l'an dernier, lors de ton passage au Printemps du livre de Montaigu. On parlait alors partout des Indociles, cet autre titre de Murielle Magellan qui rencontrait un grand succès. Sur le stand blanc, on ne pouvait manquer sa couverture rose, et son titre intrigant. Toi tu avais choisi plutôt ce poche bleu, pour essayer la plume de l'auteure... et ne pas revenir à la maison en ayant trop dépensé... Rencontre brève et souriante, dédicace. Et puis tu as pris du retard dans tes lectures, et la semaine dernière tu avais besoin de glisser un format poche dans ton sac, tu devais aussi bientôt participer au comptage des oiseaux de ton jardin (voilà parfois comment on choisit un livre dans sa pile) et tu n'as ainsi ouvert ce titre qu'un an après... la semaine dernière, donc. Dès les premières pages, tu fais la connaissance de Murielle, 17 ans. Elle vient d'intégrer une Ecole artistique, elle est montée sur Paris pour ça, car elle aime écrire et interpréter ses chansons. Elle rencontre alors un de ses professeurs, dit le russe, ou l'homme slave, dont elle tombera petit à petit follement amoureuse, dont elle acceptera tout, qu'elle attendra avec effervescence, patience et impatience, jusqu'à partager enfin sa vie et avoir un enfant de lui. Autobiographique et revendiqué comme tel, lis-tu en quatrième de couverture... et toi tu as effectivement le sentiment de rencontrer quelqu'un, et de lire un récit qui tient de l'Amant de Duras... un récit sincère, troublant, qui ne cache rien de l'infidélité de l'un et de ce que l'autre peut donner par amour et certitude. Il y a pourtant une exigence particulière à lire ce récit qui fouille longuement les sentiments, les crises de manque, entrecoupe sa narration de morceaux de journal intime, parcourt les années, une exigence de proximité dont on ressort essouflée et vaincue... mais aussi profondément séduite.

Editions Pocket - février 2016

Georges l'a lu - Noukette aussi, qui emmène vers d'autres liens...

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04 novembre 2016

Le dernier gardien d'Ellis Island, Gaëlle Josse

lederniergardien

"Avec le temps, avec les années et les nuits sans sommeil, j'ai essayé de reconstituer ce qu'avait pu être son histoire."

Nous sommes à New York, en 1954, sur l'île d'Ellis Island, ce lieu par lequel ont transité pendant des décennies les aspirants immigrants venus d'Europe. Dans ce centre, ils ont été triés, parfois retenus, la plupart du temps libérés vers Manhattan, et très rarement refusés (environ 2%). Mais en 1954, le dernier gardien d'Ellis Island doit quitter cette île qui ne sert plus. Sur son journal, il se souvient de son arrivée, de son épouse Liz trop tôt décédée, et de Nella, cette immigrante pour laquelle il a eu une folle passion et des gestes déplacés. 

Ce roman de Gaëlle Josse est de prime abord fascinant par le sujet qu'il évoque, cette île dont j'ignorais tout et dont je n'avais jusque là que vaguement entendu parler. Et puis, il y a ce personnage, John Mitchell, le dernier directeur de l'établissement, dont Gaëlle Josse imagine les émotions, la ferveur et la rigueur, les silences et les muettes passions. Au delà des premières pages du roman, plus documentées, on suit alors avec grand intérêt sa vie, au fil de son écriture on réalise les difficultés du poste, et la violence de ces débarquements successifs. J'ai frémi à imaginer ce que tous ces pauvres gens ont pu vivre, le déchirement et l'espoir mélangés, et les corps en vrac, une seconde naissance en somme, américaine, dans les cris et parfois le sang.  

J'ai lu - 6€ - Janvier 2016 - Merci ma bibli !!

Quelques autres lectures enthousiastes - Sur le blog de blablablamia - Chez Sabine - Chez Géraldine - Gambadou - Sylire - Clara - Aifelle - ... et j'en oublie certainement car ce titre a beaucoup été lu sur la blogosphère. Bonne nouvelle il est désormais aussi en poche !!

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01 novembre 2016

Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary, Philippe Doumenc ~ Et c'est parti pour l'Objectif Pal de Novembre... !!

contreenquete

"Emma Bovary, née Boualt, vingt-cinq ans environ, épouse de M Charles Bovary, officier de santé à Yonville-L'Abbaye (département de la Seine-Inférieure), décédée à Yonville-L'Abbaye, le 24 mars 1846 à deux heures de l'après-midi, par empoisonnement à l'arsenic."

Qui ne connaît pas l'histoire d'Emma Bovary, célèbre personnage de Gustave Flaubert, rongée par l'ennui, ses phantasmes et ses désillusions, et qui décède par empoisonnement à l'arsenic ? Or, l'arsenic, en une seule prise, n'est presque jamais mortel. Une enquête est donc ouverte. Les médecins décèlent des traces de contusions sur le corps autopsié. Deux policiers de Rouen sont dépêchés sur les lieux, les suspects se multiplient... Et si il s'agissait effectivement d'un meurtre ?

Philippe Doumenc a imaginé une suite au roman de Gustave Flaubert. Et même si le lecteur peut être, dans les premières pages, dubitatif sur le procédé, il se laisse très vite prendre au jeu. Gustave Flaubert n'aurait été dans cette histoire qu'un rapporteur romantique et mal informé ? Voilà qui est d'une grande audace. Cette contre-enquête, elle, se base sur les faits, et seulement sur les faits, bien entendu. Et je dois dire que cette démarche étonnante m'a beaucoup amusée, et elle est par ailleurs très prenante, malgré un style qui reste très classique. On retrouve dans ce polar littéraire les personnages du mari Charles, du pharmacien Homais, et aussi Rodolphe l'amant hautain, etc... Philippe Doumenc m'a indubitablement donné envie d'ouvrir de nouveau le roman de Gustave Flaubert pour y repérer les détails cités avec minutie par l'auteur. On y retrouve avec plaisir tout ce qui fait le charme du précédent récit, et c'est un moyen tout trouvé de prolonger la rencontre avec une Emma Bovary décidément bien malheureuse et tourmentée. Un petit opus original qui, à l'instar de son image de couverture, dormait dans ma PAL depuis bien trop longtemps.

Editions Actes Sud Babel - 6.60€ - Janvier 2009

objectif pal

Lu dans le cadre du challenge....

Pour participer vous aussi, voir les autres contributions et en connaître les règles, il suffit de cliquer ici [clic]

Jusqu'à ce soir il y a un jeu sur le blog Lettres exprès

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13 septembre 2016

Le baiser dans la nuque, Hugo Boris

lebaiserdanslanuque "De ces gens qui ne savent pas faire autrement, ne connaissent pas d'autre chemin pour dire les choses. La gentillesse du pauvre, bonne à prendre, le sentiment compliqué, mieux que rien."

Fanny est sage femme. Louis est ce frère venu remplacer au pied levé le jour d'un accouchement ce père qu'une petite fille ne connaîtra jamais. Drôle d'endroit pour une rencontre. Mais Fanny est aussi une mère qui a perdu à chaque naissance un peu d'audition, et Louis donne des cours de piano. Alors la rencontre se poursuit. Fanny veut jouer, entendre ce qu'elle peut encore entendre, et puis poursuivre quelque chose d'indicible qui la mène au numéro 37 de cette impasse où vit le jeune homme. Elle vient tous les jeudis, apporte à chaque séance un bracelet de naissance récupéré. Ils ont leurs rituels, leurs habitudes, leur intimité, la musique ... 

Je voulais lire un autre titre d'Hugo Boris, après mon coup de coeur pour son Police. J'ai donc ouvert son premier roman, et le moins que je puisse vous dire est que l'écriture d'Hugo Boris irradie dès les premières pages de ce premier opus, très réussi, fortement sensuel et intense. J'aime cette écriture, brève, rythmée, originale et évocatrice, qui arrive directement là où elle le souhaitait, en faisant fi parfois des codes conventionnels de la narration. Mais peu importe, car le résultat est comme je l'aime souvent, à fleur de peau, au plus près de l'émotion. Et puis, outre de nous raconter une approche entre deux êtres que rien ne disposait à se croiser, l'auteur aborde également et crûment ce moment si spécial de l'accouchement, par de multiples récits de naissances très forts et réalistes, et j'ai aimé ça aussi, cet hymne à la vie, et cet hommage si juste au courage des mères. Un roman à découvrir et un auteur à continuer de lire, indubitablement... chic !!

Editions Pocket - 6.95€ - Juillet 2011 - Merci ma bibli !!

Police est dans la sélection #MRL16

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21 juillet 2016

Le secret du mari, Liane Moriarty

lesecretdumari "Je n'ai qu'un seul souvenir de votre fille."

Cécilia et John-Paul sont de ces couples que l'on envie ou déteste. Très organisés, parfaits, beaux et souriants, ils sont de toutes les actions bénévoles, sont impliqués dans l'école de leurs trois filles, dans la vie de la communauté. Cécilia organise des réunions Tuperware, activité où elle excelle. Elle rencontre ainsi Rachel, cette femme âgée et solitaire qui a autrefois perdu sa fille. Et elle croise de temps en temps également à l'école Tess, venue pour quelques mois soutenir sa mère accidentée avec son très jeune fils Liam. Mais sous la surface lisse, se cachent quelques désagréments. Le couple n'a plus de relations intimes depuis six mois, et pendant l'absence pour raisons professionnelles de John-Paul, les trois filles révèlent à leur mère le comportement étrange de l'époux de Cécilia, notamment ses pleurs sous la douche et ses regards tristes. De plus, Cécilia découvre par hasard une lettre à n'ouvrir qu'après la mort de son mari, de quoi éveiller une certaine curiosité, voire quelques soupçons, mais Cécilia est encore loin de l'affreuse vérité et de ses conséquences...

J'ai acheté ce poche lors de ma rencontre avec Le camion qui livre du Livre de poche à Morgat (29). C'est une lecture d'été idéale, un roman choral épais, de ceux qui décortiquent avec doigté les faux semblants des communautés bien pensantes, ici australiennes en l'occurence. Le secret du mari pourrait s'être inspiré de quelques épisodes de Desperate housewives, ce qui n'est pas forcément un défaut, bien au contraire. J'ai aimé ce livre, ses personnages attachants, le secret et la tension qui donnent au récit très vite des allures de thriller. Une lecture captivante.

Edtions du livre de poche - 7.90€ - Avril 2016

 

20 juillet 2016

Le Coeur du Pélican, Cécile Coulon

lecoeurdupelican"Anthime n'irait pas en enfer simplement pour allumer sa cigarette. Il irait pour en rapporter des pierres fumantes et les porter dans ses poings le reste de sa vie."

Anthime a été une star lorsque adolescent il excellait au huit cent mètres, porté par son coach Brice, son entourage, sa famille, et l'admiration muette de sa jeune voisine Joanna. Anthime était alors surnommé Le Pélican. Mais quand la chute survient, la blessure, il faut réinventer sa vie, oublier les idylles que l'on croyait pouvoir commencer avant la défaite, fuir l'inaccessible Béatrice, et se laisser emprisonner par l'affection des petites voisines. Anthime épouse Joanna sans l'aimer, passe des concours administratifs, mène une vie de famille rangée, dans un lotissement banal. Vingt ans après, alors qu'Anthime est devenu un homme bedonnant sans panache, simple habitant d'un pavillon avec terrasse, quelque chose se réveille en lui. Le Pélican n'a alors de cesse de vouloir réouvrir ses ailes...

De Cécile Coulon, j'avais déjà lu Le rire du grand blessé [clic ici] et ce avec une grande admiration pour cette dystopie réussie. Le genre est ici très différent. Le récit se glisse dans l'intérieur d'une maison, dans la vie d'un couple bancal, dans l'histoire d'un jeune homme qui n'a pas su grandir et qui se laisse guider par les désirs des femmes, son épouse, sa soeur. La course est vue comme une libération mais le sport comme un monde cruel tenu en laisse par la compétition et les flatteries. Désillusions, non-dits, obligations et rumeurs, sourires de façade, tout vole en éclats. Un mariage se brise mais le récit nous explique pourquoi, où se situait déjà la faille. J'ai beaucoup aimé l'écriture de Cécile Coulon, son regard incisif et cru, la brutalité parfois tendre de cette histoire qui se lit le souffle court et que l'on dévore littéralement. Une lecture qui n'est pas de tout repos. Du grand art !

Editions Points - 6.90€ - Juin 2016

Puissant et percutant pour Clara Il est tombé des mains d'Alex - Sans doute le plus abouti pour Gwenaelle - Brillant pour Noukette qui l'a lu pour le prix du meilleur roman des lecteurs de Points !

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