19 septembre 2012

Syster, Bengt Ohlsson

syster"Ce n'était pas tant le rire lui-même qui lui manquait, mais autre chose, une sensation juste avant le rire. C'était mieux que le rire, parce que cela durait plus longtemps."

La jeune Miriam a disparu depuis deux semaines. Ses parents s'angoissent et la cherchent désespérément partout. Ils décident finalement assez vite que Marjorie, sa soeur cadette, ira habiter quelques temps chez sa tante Ilse où elle pourra se reposer. Là-bas, il y a la solitude de cette tante que Marjorie ne connaît pas si bien, mais aussi ses histoires, la plage et un chat. La petite fille est partagée entre le soulagement et l'inquiétude pour cette aînée qu'elle n'aimait pas toujours. Bourrée de contradictions, de questions, elle se souvient des moments partagés avec sa soeur, avec cette famille qu'elle considère comme la plus drôle du monde, et goûte avec culpabilité à la nouveauté de sa situation. Ilse l'aidera à trouver le chemin vers plus de sérénité mais aussi l'espace pour laisser libre court à ses pensées...

Ce titre est traduit du suédois. Et c'est un roman effectivement très nordique, qui donne la part belle à l'imaginaire et à la féerie, tout en s'attachant étroitement au réel. Son intérêt premier est de suivre les angoisses d'une petite fille qui voit son quotidien bouleversé par la disparition de sa soeur, son intérêt second en étant certainement le huis clos créé entre deux personnes que rien ne rapprochait vraiment jusque là. J'en ai aimé l'ambiance, la douce tension narrative, le personnage énigmatique d'Ilse. Il est cependant dommage que l'intrigue s'enlise un peu en fin d'histoire, et que la relation entre l'enfant et sa tante soit moins exploitée et aboutie que l'on souhaiterait.
Une lecture à hauteur d'enfance.

Editions J'ai lu - 7.60€ - 3 septembre 2012 - Merci ma bibli !!

Pas une lecture inoubliable pour Chiffonnette

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30 août 2012

A l'abri de rien, Olivier Adam

alabriderien"Combien de temps ça a duré ? Dix, quinze jours ? Je ne me rappelle plus très bien et désormais ça n'a plus la moindre importance. Je me souviens juste de ces matins où je me rendais sous la tente, des après-midi au centre d'aide, des soirées chez Isabelle. Je rentrais au coeur de la nuit, parfois même à l'aube. Une fois tout le monde endormi, une fois les lessives lancées, la cuisine et le salon rangés, assises l'une en face de l'autre avec nos verres remplis et la musique, nous avions tant à nous dire, Isabelle et moi."

Marie a tout d'une Desperate housewife que l'inactivité rend dingue, elle est confinée à la maison pour cause de chômage. Avant, elle était caissière chez Auchan, mais ne cessait de pleurer. Un beau jour, elle donne soudain un sens à sa vie en s'occupant des réfugiés qui abondent en ville, et néglige ainsi peu à peu et terriblement sa famille, ses enfants et son mari. Elle donne tout à ces personnes pour qui elle ressent tout à coup une attraction irrépressible, et s'attache à Isabelle, une bénévole du centre. La perte d'un être cher semble les réunir toutes les deux, malgré leurs silences...

J'ai profité du fait d'avoir lu le dernier roman d'Olivier Adam pour ouvrir enfin celui qui traînait depuis tellement longtemps dans ma PAL. Je savais déjà que ce n'était pas forcément le meilleur de l'auteur. Je confirme. Et pourtant, l'écriture est belle...
Mes réticences sont plutôt liées à l'histoire, à ce que Marie fait subir à sa famille, à ses enfants surtout, à ce qui rend ses gestes inadmissibles. Ainsi, le sujet des réfugiés n'est que le révélateur d'une folie plus grave, et non un sujet en soi. Ce biais m'a semblé dommage. Heureusement, l'auteur s'est depuis rattrapé avec le magnifique Welcome dont vous trouverez la bande-annonce plus bas !

Editions Points - 6.10€ - 2008

Tout un tas de critiques chez Babélio

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09 août 2012

Rose sainte nitouche, Mary Wesley

rosesaintenitouche"Elle m'a obligée à venir à cette partie de tennis, aujourd'hui ; elle pensait que je rencontrerais un beau parti. Cette fois, vous riez.
- Vous m'avez rencontré, moi."

Rose est veuve depuis peu, et ses amis s'interrogent sur la vie apparemment lisse qu'elle a pû avoir. Cette femme d'une soixantaire d'année s'exprime rarement sur ses sentiments. Ce qu'ils ignorent, c'est que bien avant d'épouser Ned, elle avait rencontré Mylo, un précepteur. Alors, elle n'a pû écouter son coeur, obligée par les conventions de se marier plus raisonnablement. 
Naitra ainsi une liaison qui durera une cinquantaine d'année...

Ce roman est charmant. Il commence doucement, un peu à la manière de Sur une plage de Chesil de Ian WcEwan. Puis, Rose prend du caractère, peaufine sa double vie, s'entoure de ses chiens, de son jardin, de sa maison, vit les privations de la seconde guerre et nous devient petit à petit bien sympathique. La promesse faite à Ned de ne pas le quitter, alors que Mylo est un amoureux transi parfait, nour irritera suffisamment pour donner du sel à cette histoire qui se lit agréablement et sans efforts.

Je suis émerveillée du fait que Mary Wesley se soit mise à l'écriture si tardivement, à l'âge de soixante-dix ans ! Encore une auteure à continuer de lire sans tarder.

Editions J'ai lu - 7.20€ - Juin 2010

D'autres avis, plus bavards que moi...

Un roman qui a attaché encore plus Lily à la romancière - Un coup de coeur pour Laure ! - Caustique et adorable pour Clarabel - Je l'avais noté chez Theoma enthousiaste - Insolence chic et dynamisme contagieux pour Cathulu !!

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06 août 2012

Refaire le monde, Julia Glass

Refairelemonde"D'accord, j'étais une idiote, le type même de l'idiote romantique et complètement aveugle, c'est ça ? J'ai bien appris la leçon comme toutes les jeunes mariées, et ne me dites pas que je n'aurais jamais dû épouser cet homme, docteur Glazier. Mais maintenant, c'est comme si la seule perspective que j'avais était celle d'un monde sombre et désespéré, un monde sans compliment, sans soutien - sans soutien émotionnel -, un monde de mais ceci, mais non, pas ça. La perspective de voir tous mes espoirs balayés dans la boue. La perspective d'une fosse dans la terre. Voilà ce que j'éprouve, là, en ce moment."

Greenie est pâtissière à Greenwich Village. Elle vit de sa passion tandis que son mari, Alan, perd peu à peu ses clients, il est psychologue. Ils logent avec leur jeune fils Georges dans un tout petit appartement dont l'étroitesse est de plus en plus le théâtre de disputes et de frustrations vaines.
Un appel du gouverneur du Nouveau-Mexique va peut-être tout changer. Greenie est sollicitée pour un poste de cuisinière, un honneur auquel elle décide de répondre positivement provoquant ainsi la colère de son mari et leur éloignement géographique pour au moins une année.
Autour de ce couple déchiré gravitent des amis, des proches, des inconnus que les évènements vont accidentellement rapprocher ou éloigner.

J'ai hésité à mettre un coup de coeur à ce titre, car son écriture est loin d'être d'une qualité renversante. Cependant, j'avais envie de tirer mon chapeau à cette histoire prenante et longue qui fouille les détails des sentiments et des émotions avec un scalpel sans concessions assez bluffant. Ce roman choral plutôt épais - encore un pavé - m'a littéralement captivée. Il dresse le portrait d'une génération de quadragénaires en quête de sens et d'amour qui s'épuisent à se perdre. Tout à coup, New-York semble n'être devenu pour le lecteur qu'un village, et Julia Glass permet à ses personnages de se tromper de chemin et de recommencer mieux.
Une lecture bienveillante... et un exemplaire, garni de grains de sable, qui a voyagé et connu plusieurs sacs.
Une bonne pioche de bouquinerie. Presque un coup de coeur !!
Je relirai très certainement Julia Glass.

Editions J'ai Lu - 9.50€ - Février 2011

Réconfortant pour Cathulu  !! 

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04 août 2012

Les Vieilles, Pascale Gautier

lesvieilles"On n'est vraiment pas sérieux quand on a quatre-vingt-dix-sept ans et qu'un astéroïde qui bombe à fond la caisse direction la terre est attendu pour là presque tout de suite. "

Elles sont nombreuses, dans cette petite ville du sud connue pour son bel ensoleillement, à vivre leur retraite. Elles sont presque toutes veuves, un peu perdues, persuadées que ce n'est pas maintenant qu'elles vont faire ce qu'elles n'ont jamais fait auparavant, trop tard. 
L'une prie, l'autre boit un peu, et il y a cette femme seule aussi qui s'enferme et a peur des voleurs. Madame Daspet, elle, cherche encore à séduire et est tombée sous le charme d'un jeune-homme un peu étrange.
Les enfants sont loin, où vivent à quelques kilomètres, mais c'est tout comme, le lien s'est rompu.
Alors que Nicole, la soixantaine naïve et toute fraîche, débarque dans ce lieu pour le soleil et son calme, la ville est en douce ébullition. Un astéroïde approche de la terre, la fin du monde est proche.

Voici un petit roman savoureux. Le théme en semblait pourtant morose - retraite et fin du monde - mais j'ai beaucoup ri de l'absurdité des scènes et de l'humour ravageur, et un peu sénile il faut bien le dire aussi, de cette bande de petites vieilles.
Une lecture qui donne envie de vivre sa vie en pleine conscience.

Editions Folio - 5.95€ - Octobre 2011

Cathulu la tentarice ! - A lire absolument pour Clara - La retraite... bof ! pour Moustafette

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05 juillet 2012

Le Cherche bonheur, Michael Zadoorian

lecherchebonheur"Quand John et moi nous sommes passé la bague au doigt, nous avons fait comme tout le monde à l'époque. Une célébration toute simple dans l'église de ma paroisse, une petite fête chez ma tante Carrie avec nos parents et nos amis, un gâteau confectionné par ma mère, quelques sandwiches et du café. Des réjouissances modestes, contrairement aux représentations à grand spectacle que sont les mariages de nos jours, avec cathédrale, château et limousines. [...] A quoi bon une telle folie je vous le demande ? Les plus belles cérémonies du monde ne préparent pas à ce qui nous attend au final : nous faire conduire dans un  fauteuil roulant au milieu de grottes à touristes criardes par l'homme qui est le père de nos enfants. Mais le temps de l'apprendre, nous y sommes."

John et Ella, l'un frappé d'Alzheimer et l'autre de cancer, ont plus que jamais besoin de vacances. Faisant fi de toutes recommandations médicales, et sans prévenir leurs deux enfants adultes, ils montent dans leur camping car, baptisé Le cherche bonheur et prennent la route 66, destination Disneyland.
Leur étrange équipée arrive cahin caha à avancer, trainant dans son sillage quelques inquiétudes, des diapos du passé et une volonté de fer...

J'ai aimé lire ce roman en forme de road movie, que je pensais pourtant plus léger qu'il ne l'est à la lecture. On ne peut en effet oublier les maladies dont souffrent les deux personnages principaux, la douleur est présente quotidiennement - même si elle est masquée sous le terme pudique de "gêne". Heureusement, les paysages décrits, les moments de complicité et les rencontres permettent de conserver au livre sa saveur dépaysante. Et puis, on ne peut que saluer le caractère bien trempé d'Ella.
Une lecture qui interpelle et permet le voyage.

Editions 10/18 - 7.50€ - Octobre 2011

Un livre très lu sur la blogosphère... Keisha a quitté ces deux-là le coeur un peu serré - Canel l'a trouvé flippant - Aifelle souligne son côté drôle et émouvant - Une magnifique histoire d'amour pour Theoma - Une jolie balade sur la route 66 pour Kathel - Un bonheur pour Anne !!

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01 juillet 2012

Le sixième crime... en poche !

lesixièmecrimeSébastien Fritsch poursuit son aventure éditoriale et littéraire en nous proposant pour l'été une version poche de son roman policier Le sixième crime.

Lex, un talentueux écrivain francophone, vit en reclus depuis plus de quarante ans dans un hameau perdu de la Drôme provencale. Aucun journaliste n'a jusqu'à ce jour réussi à percer le mystère de son identité et de ses motivations. Mais quel sera son attitude face à un commandant de la police judiciaire ? Car, à présent, il s'agit de crimes, et de crimes atroces, à priori inspirés par d'obscurs polars écrits par un auteur inconnu, disparu aujourd'hui, Etrangement, tous les chemins de l'enquête mènent à Lex, et Jérôme Babalnic compte sur l'auteur pour l'aider à résoudre le mystère des cinq derniers meurtres, et si possible éviter l'exécution du sixième.

Voici ce que j'en avais pensé à l'époque...
"Voici une intrigue "littéraire" à multiples tiroirs, énigmes et jeux de mots, qui m'a promenée comme une débutante, à la manière peut-être de certains Agatha Christie. La force du récit tient dans le huis clos tendu entre les personnages, dans cette impression confuse de labyrinthe générée par les mutiples portes, chambres et pièces décrites, et dans cette chute inattendue qui m'a fait sourire. Et quelle apparente facilité d'écriture ! A découvrir donc !" [mon billet]

Editions fin mars début avril - 5€ - Sortie le 5 juillet 2012

Disponible en librairie - En l'achetant en utilisant [ce lien] on peut même bénéficier d'une dédicace !

Le blog de l'auteur - Ses autres romans ... Derrière toute chose exquise et Invitation pour la petite fille qui parle au vent

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30 juin 2012

Hôtel des adieux, Brad Kessler

hôteldesadieux"Ana voulait sentir l'eau sur son visage. Elle se dirigea vers l'endroit où les rochers, plus lisses, retenaient des flaques d'eau de mer, d'un vert de liquide de refroidissement. Des membres de la police montée étaient postés tous les dix mètres pour empêcher les gens de rejoindre le bord des rochers. Un ruban jaune avait été tendu le long de la mer elle-même. Tout l'Atlantique, songea Ana, était devenu le lieu d'un crime."

Alors que la fin de l'été s'annonce sur l'île de Trachis Island, un avion sombre près de ses côtes. Kevin et Douglas, gérants d'un hôtel, sont aux premières loges. Ils participent aux secours et accueillent les familles des victimes en lieu et place des touristes partis quelques jours plus tôt. L'évènement bouleverse profondément la vie de l'île. Et les proches des disparus trouvent dans cet havre de paix bien plus qu'un lieu de mémoire, le courage d'un nouveau départ. Ana, spécialiste de la migration des oiseaux, attend que l'on retrouve le corps de Russell son mari, tandis que les autres restent tétanisés de cette perte si absurde et brutale qu'est celle d'une fille, d'une nièce, d'un père et d'une mère, d'un amour de toujours.

Hôtel des adieux nous conte l'histoire d'un crash aérien, mais pas seulement. Il met également en scène notre capacité à survivre à la perte, au deuil, à la mémoire. La métaphore filée tout au long du récit est celle de la migration des oiseaux, via le personnage d'Ana -personnage auquel on s'attache essentiellement - et cela donne au texte une poésie subtile, tout en remettant l'être humain à sa place, un être vivant parmi d'autres.
Une lecture, à la fois profonde et légère, qui m'a pourtant laissée comme un goût de pas assez.

Editions 10/18 - 8.10€ - Juillet 2011 

 

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03 juin 2012

La reine des lectrices, Alan Bennett

lareinedeslectrices"La lecture avait suscité en elle une passion telle qu'elle n'en avait jamais connue auparavant et elle dévorait les livres à une vitesse ahurissante - même si, en dehors de Norman, nul ne s'en apercevait vraiment.
Elle ne parlait d'ailleurs de ses lectures à personne, encore moins en public, sachant qu'une passion aussi tardive - si sincère soit-elle - risquait de l'exposer au ridicule. [...] A son âge, à quoi bon ? auraient pensé les gens. Pour elle, cependant, rien n'était plus sérieux et elle éprouvait à l'égard de la lecture le même sentiment que certains écrivains envers l'écriture : il lui était impossible de s'y dérober."

La Reine des lectrices est une oeuvre de fiction, toute ressemblance etc... Mais n'est-ce pas le meilleur jour qui soit pour ouvrir ce livre que celui de son jubilé dont j'écoute à l'instant la retransmission en fond sonore à la télévision ?

Voici un livre assez charmant qui imagine la reine des anglais se prenant à plus de quatre-vingt ans d'une passion aussi subite que surprenante pour la lecture. Tout commence alors qu'elle tombe un mercredi sur le bibliobus de Westminster, elle emprunte un livre puis un autre et s'enclenche un mécanisme et un plaisir qu'elle n'imaginait pas. Elle réalise alors tout le temps perdu, ces auteurs rencontrés auparavant sans les avoir lus, et que cet engouement est sans fin. La vie de la reine change, ses préoccupations également, et l'entourage commence à s'inquiéter, à intriguer pour retrouver une normalité plus rassurante. C'est compter sans la persévérance et l'inflexibilité de cette petite femme volontaire qui mène son monde avec fermeté.

Une lecture, bien agréable, qui partage notre goût immodéré pour la lecture.

Editions Folio - 4.20€ - Mai 2010

Un livre beaucoup lu sur la blogosphère qui compte 333 avis sur Babélio

Un grand merci à Véro l'encreuse pour ce cadeau !!

Pour rester dans l'ambiance, je pense enchaîner ce soir avec Le Discours d'un roi... qui nous conte l'histoire de son père.

Le Discours d'un Roi : bande annonce VOST

 

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28 avril 2012

Les Leçons du Mal, Thomas H.Cook

lesleconsdumal"Bien entendu, la nature de ce que j'avais fait était tout à fait claire. Je ne pouvais me méprendre sur le sens de la surexcitation que j'avais perçue dans la voix du shérif Drummond lorsque je lui avais parlé d'Eddie Miller, de Sheila Longstreet, de la fourgonette marron, ni sur la promptitude avec laquelle il avait dû se croire obligé d'agir, et contre qui. Par mon appel téléphonique, j'avais fait d'Eddie le principal suspect dans la disparition de Sheila."

Professeur, Jack Branch tente avec emphase d'attirer l'attention des élèves de sa classe. Tous originaire Des Ponts, le quartier ouvrier de la ville, parfois en difficulté, ces jeunes gens ont en général peu d'intérêt pour ce qu'on leur enseigne. Il a choisi comme thème Le Mal et en profite pour brasser ainsi des pans entiers de l'histoire et de la littérature. Sa technique d'enseignement fonctionne visiblement et le professeur s'attache peu à peu à Eddie Miller, un de ses élèves prometteurs, qui se trouve être aussi le fils du "tueur de l'étudiante". Jack lui suggère pour son devoir de fin d'année d'enquêter sur son père, persuadé que cela aidera le jeune homme taiseux et solitaire à franchir une étape.

L'écriture de ce roman noir a su me séduire, et j'ai trouvé ses personnages plutôt attachants et largement brossés par l'auteur. Thomas H.Cook est agréable à lire.
Cependant, il faut bien dire que l'intrigue, à force d'être ponctuée de funestes prémices annonciateurs en devient lourde, le dénouement arrivant ensuite inévitablement en conclusion comme une déception jamais à la hauteur du terrible malheur attendu. Cette technique stylistique m'a assez agacée, ainsi que l'idée que des cours relativement glauques sur Le Mal puissent sortir des élèves en difficulté de leur voie tout traçée.
Une lecture en demi-teinte donc.

Editions Points - 7.50€ - Janvier 2012

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