10 octobre 2011

La Vie conjugale, Sergio Pitol

lavieconjugale"Comme à d'autres moments de sa vie, ses actes et les faits mêmes lui parurent avoir lieu dans un décor onirique où elle était à la fois protagoniste et témoin qui enregistrait et pesait ce qui arrivait."

Jacqueline se veut esthète et se trouve être plus simplement la femme d'un homme aux manières rustres, de plus infidèle notoire. Mais Nicolas est un riche propriétaire. Plutôt que de divorcer, la jeune femme échaffaude donc des plans machiavéliques, aidée de ses amants successifs afin de le faire disparaître. Le but avoué étant d'hériter et de se libérer ainsi d'un lien qui visiblement lui pèse. Mallheureusement, aucun homme ne semble être à la hauteur de ses ambitions, et les évènements se jouent d'elle, la plongeant au final pour quelques années dans la déchéance...

Dans un cadre mexicain assez édulcoré, européen, Sergio Pitol dresse le portrait haut en couleur et féroce d'une jeune femme qui maîtrise difficilement ses pulsions et ses émotions. Hantée par le désir de se débarrasser de son mari, mais ambivalente, Jacqueline frise constamment la folie. Donc, bien plus que d'égratigner les couples et leurs frustrations, leurs fantasmes, c'est des méandres de la pensée dont il est pour moi ici question... et des capacités humaines à déformer sans cesse la réalité pour la conformer à ses désirs individuels. Il y a beaucoup des errances romantiques d'Emma Bovary chez Jacqueline.
Une lecture caustique et énergique.

Editons Folio - 5.10€ - Février 2009

Une tentation contractée chez l'encreuse 

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04 octobre 2011

La table des enfants, Isabelle Hausser

latabledesenfants"En soupirant, elle s'assit devant son couvert. Rien ne lui était plus douloureux, certains matins, que la vue de cette table. Agnès l'avait achetée avec Jean-Baptiste voilà trente ans. Ils y avaient pris leurs repas. Elle y avait écrit ses premiers romans tout en surveillant Elisabeth. Ce n'était pas une très jolie table ; elle n'avait pas coûté cher ; ne disposait même pas d'allonges. Un meuble ordinaire. Il les avait suivis dans tous leurs déplacements en Europe depuis vingt ans. Vite reléguée à la cuisine, couverte ou non d'une nappe au gré des humeurs et des lessives, elle avait longtemps servi aux repas des enfants et aux petits déjeuners. Elle était la gardienne de cette époque révolue où les quatre enfants dînaient en se chamaillant. Elle était la table des enfants."

Elisabeth est morte, en Allemagne, en compagnie de son mari. Un accident de voiture tout bête, une plaque de verglas. Agnès est effondrée, elle quitte la Belgique, ses enfants adolescents, son mari pour se rendre aux obsèques de sa fille aînée. Là-bas, elle tente de comprendre pourquoi cette dernière avait depuis plusieurs années coupé les ponts avec elle malgré la tendresse qui les liait si visiblement, et pourquoi aussi elle avait fait de sa mère l'unique tutrice de ses deux enfants, et de ses biens. Faire son deuil, s'occuper de deux orphelins presque inconnus, réconforter la jeune-fille au pair, et mener l'enquête qui s'impose à elle donnera finalement à Agnès beaucoup d'occupation et les clés d'un nouvel avenir.

La Table des enfants croise quelques thèmes intéressants, ceux plus particulièrement de la relation mère-fille et celui de l'écriture (Agnès est auteure à succès de romans policiers). J'ai aimé également suivre les réflexions de cette femme d'âge mûr, sommée par les évènements de choisir son destin, et comprendre ainsi qu'à tout moment de la vie, tout est encore possible, transformable. Les ambiances sont posées tranquillement, chaque détail est minutieusement étudié, l'Allemagne devient présente, palpable, les personnages consistants. Tout m'a plu dans ce roman qui n'oublie pas de distiller aussi, et jusqu'à la dernière page un suspens troublant.
Un bon roman confortable, et un coup de coeur !

  Editions du Livre de Poche - 7.50€ - Avril 2003  heart

La lecture de Keisha - Merci ma bibli !!

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28 septembre 2011

En poche...

uneann_e_trang_re"Il faut que j'aie des antennes, que je sois double en permanence, à l'affût du moindre signe, du moindre indice.
Mais ce qui complique la donne est que la fille au pair n'est pas une fille dans une simple situation de travail. On attend d'elle un service rendu mais aussi une présence particulière, une façon d'être, la construction d'un lien, on attend d'elle qu'elle donne de son temps, de sa patience, de son énergie, comme le ferait une grande soeur éternellement bien disposée. On attend d'elle qu'elle mette en scène la touche d'exotisme qui fait la différence, celle pour quoi on l'a choisie et qui valorise la famille par sa présence "si particulière", par son style français inimitable, qu'elle même ignore évidemment."

Ce titre a été un coup de coeur de lecture pour moi lors de la rentrée littéraire 2009 !! N'hésitez pas à le découvrir en petit format.

Mon billet ici

heart J'ai lu - 5.60€ - Août 2011

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09 septembre 2011

Un extrait...

vous_parler_d_elle"J'attends papa, je garde le toit, il disait toujours que c'était la partie la plus importante d'une maison. Le menteur et moi, on cherchait une maison et toujours j'entendais mon père mentionner le toit. Le menteur opinait, comme à tout ce que disait mon père, il lui racontait beaucoup de salades, comme à moi, une fois il l'a même emmené au restaurant pour lui en faire manger. Mon père m'avait dans le coeur, il a dit que l'honnêteté était une qualité essentielle, et le menteur acquiesait, mon père lui disait qu'il devait être franc, le menteur répondait qu'il voulait qu'on parte vivre à la campagne, dans une maison aux deux bureaux séparés par une vitre. On a tous trouvé étrange le coup de la vitre. Il a dit à mon père qu'il m'avait dans la peau, qu'on était issus de la même eau, sale je dis aujourd'hui, croupie, il a dit à mon père qu'il était nécessaire à ma vie, qu'il saurait s'occuper de moi."

Extrait de Vous parler d'elle de Claire Castillon, Le livre de Poche, 2006

Une jeune femme revient sur sa vie, de manière obsessionnelle et avide, et les souvenirs d'enfance affluent. De l'exubérance des faits évoqués, il est difficile de démêler ce qui est vrai, et ce qui ressort simplement de l'imagination, de la folie. Le lecteur est en plein brouillard.
Malgré une écriture superbe, frôlant parfois le jet lumineux d'une écriture automatique inspirée, il est évident que ce titre ne restera pas ma meilleure lecture de l'auteure.

Acheté sur un coup de tête dans une toute nouvelle boutique vendant des livres d'occasions, découverte par hasard en bord de mer (Aladin "Aux milles et une occasions"/St Gilles Croix de Vie). Je n'ai pas pu résister.

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31 août 2011

L'annonce, Marie-Hélène Lafon

l_annonce"De Nicole et des oncles on devinait tout ; on finissait par savoir, même elle, Annette, l'étrangère, comment ils se tenaient autour de la table sans Paul, avec, à la droite de Nicole, cette chaise vide qui ne serait pas repoussée contre le mur. La place du frère était là, restée là, marquée, comme en attente. On ne changeait rien, on ne changerait rien ; qui savait le fin mot de l'histoire, et si."

Paul a passé l'annonce. Annette y a répondu. Lui est agriculteur dans le Cantal, elle vient du Nord. Ils se sont vus et ont décidé d'associer leurs solitudes. C'est une histoire d'amour, enfin presque, de celles qui se taisent, atténuées par le silence de la campagne et le regard du voisinage... Près d'eux, le fils d'Annette cherche doucement une place, loin du souvenir de son père violent, dans l'attente de ce quelque chose qu'il porte en lui, avide de former à sa manière une nouvelle cellule familiale.

J'ai beaucoup aimé l'écriture de ce court roman, son ambiance, sa trame narrative. On est sans cesse à hauteur des personnages ou au coeur de cette ferme dans laquelle six personnalités se pressent les unes contre les autres... et voilà qui est au départ déconcertant et puis drôlement bien fait et ensuite troublant, et émouvant. Entre l'âpreté du quotidien et une détermination farouche pour le bonheur, contre la fatalité, Annette et Paul ont choisi une voie, très respectable.
Une lecture qui croit à l'amour dans les prés.

heart Coup de coeur ! - folio - 5.10€ - Avril 2011

J'ai envie de dire merci à La Pyrénéenne qui avait réussi à me convaincre grâce à son très beau billet, je ne regrette vraiment pas ma lecture !
Sylire m'a remis en mémoire le fait que j'avais lu aussi Le soir du chien !!
D'autres lectures... Cathulu, Keisha, Clara, etc...

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15 août 2011

Les cris, Claire Castillon

Tout s'éclaire, je me demande si la lumière ne vient pas de mon oeil.

lescris

"Trahison, déception, suite au chant de l'amour, je savais que ça viendrait. C'est là et ça me soulage. Adam décevra, m'étais-je dit ; c'est fait. Pulvérisée, je cherche à me reconstituer. Intégrale, intègre. Moi seulement, je le veux. Repasser toujours derrière le travail de l'homme. Me remettre. Me suffire."

Il y a rupture, entre Adam et "elle", sans panache, sans éclat. Il y a crise. Adam en profite d'ailleurs pour déclarer qu'il ne sait pas si il l'aimait vraiment elle, ou si c'est la mousse autour d'elle qu'il aimait avant.
Elle, elle est cette femme écrivain, de caractère, à la personnalité socialement intéressante dont il pouvait être fier de tenir le bras.
Elle, elle découvre que l'homme est un objet qu'elle avait longtemps espéré, un passage comme un autre, mais que c'est le monstre textuel (celui qui l'amène à l'écriture) qui vit en elle qui a de l'importance à présent, qui la dirige, qui est sans doute son véritable amant, un amant violent et autoritaire.
De cette rupture naîtra un livre, dans la douleur et la jouissance, elle se le promet.

"Vous n'y pouvez plus rien, dit le monstre textuel, alors laissez-vous faire : j'écris profond en vous ma petite, j'écris comme ça, c'est en vous que j'écris, ne luttez pas."

Attention, chez Claire Castillon, point de bluettes, le ton est aux cris, intérieurs on s'en doute, jetés sur le papier, et à l'écrit (jeu de mots avec le titre ?)... Qui aura le dessus ? Cette faible femme qui vit finalement bien plus mal sa rupture qu'elle ne le clame ou bien le monstre qui vit en elle et qui a décidé de diriger sa main. Il attendait son heure. Nous, on attendra le mot fin pour connaître le vainqueur de cette bataille rangée qui nous donne au passage de bien belles phrases, et tout un tas de pages cornées.
Attention aux coeurs sensibles, vocabulaire évocateur et réglements de compte sont aussi au programme ! 

heart Coup de coeur ! - Edition du Livre de Poche - 6€ - Mai 2011

Explication de texte par l'auteure elle-même en cliquant [ici], émission 1 livre un jour du 22/01/2010...

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11 août 2011

Ne t'inquiète pas pour moi, Alice Kuipers

ALICE_KUIPERS"Quand je te regarde
Je vois la femme que je veux être
Forte et courageuse
Belle et libre
PS Je t'aime."

On assiste, dans ce petit roman hautement riche en émotion, à un échange de post-it entre une mère, très occupée par son métier de médecin en hôpital, et sa fille de quinze ans.
Au tout départ, il ne s'agit que de lister les courses à faire, de se plaindre du si peu de temps consacré à se parler, et puis les mots écrits prennent un autre ton, la maladie s'interpose, la tendresse, la peine...

Pfiou... comment vous dire, c'est malin. J'avais les yeux tout rouges sur la plage en lisant ce livre.
(J'avais attendu pourtant le temps qu'il fallait pour le lire, que certaines personnes de mon entourage guérissent, d'être moins inquiète...)
Déjà, la forme est plaisante, elle a le charme de l'originalité... Chaque mot est à sa place. Mais j'ai craqué surtout sur ces traces du quotidien qui parcourent les pages, cette clé par exemple que Claire, l'adolescente, ne cesse de perdre, les victuailles à acheter, l'argent de poche réclamé "s'te plaît s'te plaît s'te plaît", les disputes et les réconciliations. Je me suis absolument mise dans la peau de la mère, preuve que le temps passe même si ma fille n'a pas encore cet âge... C'est un ouvrage que l'on a envie de partager, et de transmettre.

bouton3 Edition Le livre de Poche - 5.50€ - Mars 2011

Quelques lectrices parmi toutes celles qui ont lu ce titre...

Pour Véro l'encreuse "...prend à la gorge tout simplement" - Liliba "a pleuré" elle aussi - "...atrocement émouvant" pour Clarabel - "Un livre touchant" pour Cathulu...

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09 août 2011

En poche...

l_absence_d_oiseau_d_eauC'est un échange de correspondance entre deux écrivains, une oeuvre de fiction dans laquelle ils auraient inventé qu'ils s'aimaient. L'un a quitté l'histoire, a repris ses lettres, brutalement, ne laissant que ses vides, son absence.
La lecture de ce récit à une voix, qui se mêle malgré tout à celle de l'autre en creux, questionne profondément sur la place de l'écriture dans la vie d'une femme, mère de famille, épouse, amoureuse. 
Se loge également la faculté accrue de l'écrivain de parler des corps qui se cherchent, se trouvent et se manquent, et ce avec un naturel désarmant, sans tabou. La métaphore trouvée, utilisée, est celle de la rivière, de l'eau et du lit qui la contient, elle parcourt le récit et en façonne la trame. Et tout cela est beau, car ce texte est définitivement composé de poésie. Il nous remplit, nous émerveille et nous chamboule un peu. Il raconte la vie, la vraie, celle qui nous laisse parfois aussi sur le côté avec nos choix et nos défaites. Une vie faite de matière, de cellules humaines et de sentiments. Et rien ne nous est caché, tu. Le réel peut alors sembler cru, je l'ai trouvé moi magnifique.

"Pourquoi j'écris ? Parce qu'écrire m'est indispensable pour vivre, le bonheur comme le malheur.
En ce moment précis, depuis trois mois, j'écris parce que tu me manques, j'écris pour te séduire, pour te garder, pour que tu sois et restes amoureux de moi. Je ne veux pas que tu me quittes. Alors j'écris. Je sais que mes mots ont un pouvoir sur toi, je l'utilise, peut-être même que j'en abuse.
Je t'embrasse."

heart (L'intégralité de mon billet original ici)

Folio - 5.70€ - Juin 2011

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06 août 2011

L'invitation à la vie conjugale, Angela Huth

invitation_lavieconjugale"La vie de famille lui avait révélé les charmes de la solitude. De petits espaces innocents mais privés sont essentiels à la santé mentale des couples mariés, avait-elle très vite découvert, et elle s'arrangeait  pour que ces parties de sa vie soient tout aussi prioritaires que ses devoirs envers Martin et les enfants."

Comme Frances ne sait trop quoi faire de ses journées, et que son mari est occupé à élaborer des programmes informatiques élaborés, quand il ne passe pas ses nuits à observer les blaireaux de son jardin, le couple a décidé de donner à nouveau une soirée dans leurs propriété. Les invitations sont lancées depuis plusieurs mois. L'organisation minutieuse que cela implique distrait par ailleurs cette femme énergique et désoeuvrée du fait qu'elle ne pourra jamais reconquérir, Ralph, son premier amour. Car ce dernier est obsédé par Ursula, mère de famille et épouse heureuse en ménage.
Rachel, elle, se réfugie des heures dans son lit, pour oublier l'extérieur. Thomas, son mari, infidèle et maladroit n'en devine rien, tout pris qu'il est par son nouvel élan envers une peintre au talent intimidant.
Bill et Mary, eux, savourent la paix de la nature, tout en taisant au fond de leur coeur, les craintes que procure l'âge.
Ce petit monde hétéroclite va se retrouver, le temps d'un bal, une occasion toute trouvée pour redistribuer quelques cartes émotionnelles...

Si vous avez aimé le récit des femmes au foyer désespérées de Rachel Cusk, vous aimerez à coup sûr Angela Huth. Il y a encore ici une description fine des pensées et des gestes du quotidien, ainsi que de nos petites défaites intimes. J'ai particulièrement été touchée par Rachel, cette épouse effacée qui trouve un refuge inattendu dans le cocon de son lit et ce à l'insu de tous, et qui se complait dans ces moments volés... Sinon, on aimerait vieillir, comme vieillissent Mary et Rosie, mais enfin vous verrez, si vous ouvrez ce livre... qui reste au final assez optimiste, ouf tant mieux.
Une lecture agréable et lucide.

bouton3 Je voulais absolument partager avec vous la couverture si délicieusement kitch de mon exemplaire mais vous pouvez trouver ce roman en format poche chez...
Folio - 8.40€ - Mars 2000

Pour Annie, c'est "caustique et très british"Mes_images40

Extrait de ma PAL

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17 juillet 2011

La Passerelle, Lorrie Moore

Il fallait bien vivre, ne serait-ce que par politesse.

lapasserelle

"Comme une petite fille, je croyais que le vieillissement ne me concernerait jamais. La mort, oui - ça, je le savais grâce à la poésie anglaise. Mais se rider, se voûter, boiter, blanchir, faiblir, grossir, maigrir, ralentir ? Je ne permettrais jamais que ça m'arrive, à moi."

Tassie a vingt ans. Etudiante, elle vient d'être engagée par un couple pour devenir la baby-sitter du bébé qu'ils s'apprêtent à adopter. Emma-Mary est afro-américaine et s'avère être déjà grande, elle a presque deux ans. Elle est joyeuse, affectueuse et apporte beaucoup à la jeune-fille, par ailleurs amoureuse du beau Reynaldo, rencontré en cours.
Tassie pense innocemment que la vie peut ainsi continuer de couler ses jours heureux. Mais c'est compter sans les secrets, faiblesses et mensonges, de ceux qui l'entourent, et sans sa propre négligence envers un frère cadet tant aimé...

La passerelle évoque avec beaucoup de justesse ce passage particulier et délicat, parfois chaotique, qui mène de l'enfance et l'âge adulte, ainsi que la prise de responsabilité de ses actes et les envies de s'assumer qui vont de pair. Il parle aussi de racisme, via la présence d'Emma-Mary regardée comme différente car vivant au sein d'une famille blanche. Mais ce roman n'est pas que cela, un roman initiatique ou un plaidoyer. Il est également pourvu de multiples ramifications narratives - nous partons quelques temps dans la famille rurale de Tassie - qui permettent au final de dresser le portrait d'un personnage, une toute jeune femme intelligente et sensible, que l'on aurait aimer connaître.
Un très bon moment de lecture.

bouton3 Editions Points - 7.50€ - Avril 2011

 Un billet très complet chez Amanda - Cathulu et moi avons noté la même citation en exergue - Aifelle est une adepte - ...

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