15 janvier 2010

Les Monologues du Vagin, Eve Ensler

lesmonologuesduvagin" Alors, j'ai décidé de faire parler des femmes, de les faire parler de leur vagin, de faire des interviews de vagin."

Parus aux Etats-Unis en 1998, ces monologues ont déclenché un phénomène sans précédent. Rarement une pièce aura été autant jouée. Rarement le tabou de la sexualité féminine aura été autant mis en lumière. Et ce n'est pas si évident de raconter mes émotions face à ce livre...

Je dois vous l'avouer, j'en attendais tant, et je retardais depuis si longtemps sa lecture que, forcément, je suis un peu déçue...mais peu importe car Les Monologues du vagin, ont avant tout le grand mérite d'exister, ils sont importants, ils vont dans le bon sens, dans le sens du féminin et du respect.
J'ai ressenti un étrange sentiment de détachement à parcourir ces témoignages pourtant forts. J'aurais aimé, je pense, assister à une version théâtrale, me sentir bousculée par le style, une certaine emphase, la douleur, la joie...

Et pourtant, posséder cet ouvrage, le voir vivre dans ma bibliothèque me paraît aujourd'hui un acte féminin essentiel, presque militant, et en cela il me plaît cet ouvrage, il me plaît énormément.

Et puis, il y a ces quelques listes, imaginées par Eve Ensler, que j'ai trouvé très fortes dans leur sobriété, très subtiles...

"Si votre vagin était habillé, que porterait-il ?"

Un béret.
Un blouson de cuir.
Des bas de soie.
Un vison.
Un boa rose.
Un smoking d'homme.
Un jean.
Un truc moulant.
Des émeraudes.
Une robe du soir.
Des sequins.
Que de l'Armani.
Un tutu.
De la lingerie transparente.
Une robe de bal en taffetas.
Un truc lavable en machine.
Un loup.
Un pyjama en velours violet.
De l'angora.
Un noeud papillon rouge.
De l'hermine et des perles.
Un grand chapeau à fleurs.
Un chapeau en léopard.
Un kimono de soie.
Un pantalon de survêtement.
Que de l'Armani."

Une lecture qui entre de plein fouet dans le cadre de mon Objectif Pal et des Coups de coeur de la blogosphère compilés par Théoma. - On parle "un peu" de la pièce par ici - Je rajoute l'avis de Sandrine que je trouve intéressant et que je rejoins -
Denoël - ISBN 978 2 207 25755 5 - 2005

Le site - http://www.lesmonologuesduvagin.com/

Objectif Pal : 7/50       objectif_pal       coeur_vs3

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11 août 2009

Comment je suis devenu écrivain, VS Naipaul

comment_je_suis_devenu__crivain"J'ai dit que j'étais un écrivain d'intuition. C'était le cas, et il en va encore ainsi aujourd'hui que je suis près de la fin. Je n'ai jamais eu de plan. Je n'ai suivi aucun système. J'ai travaillé intuitivement. Mon but était à chaque fois de faire un livre, de créer quelque chose de facile et d'intéressant à lire. A chaque étape, il me fallait travailler dans les limites de mes connaissances, de ma sensibilité, de mon talent et de ma vision du monde. Tout cela s'est développé livre après livre. Et il me fallait écrire ces livres, parce qu'il n'en existait aucun sur ces sujets qui me donnât ce que je voulais. Je devais défricher mon univers, l'élucider, pour moi-même." (extrait)

ISBN 2 264 035765 - 10/18

VS Naipaul a onze ans lorsque sa vocation naît, l'envie, il sera écrivain. Pourtant, pendant de longues années, il n'écrit pas, rien ne semble étayer ce sentiment que tel sera son destin. Et puis, un jour, c'est l'Inde qui vient à lui et plus précisément Trinidad, là où il a grandit, et l'écriture suit ce chemin là, auquel il ne pensait pas...

"De la révélation précoce de son désir d'écrire transmis par son père, journaliste autodidacte, à son accomplissement talentueux, V.S. Naipaul, qui a reçu en 2001 le prix Nobel de littérature, retrace pour nous un chemin qui fut long et parfois difficile pour cet homme partagé entre les souvenirs lointains de l'Inde ancestrale, Trinidad, où il fut élevé, et le monde totalement étranger des romans anglais qu'il lisait." (quatrième de couverture)

Ses oeuvres romanesques sont sorties en mars 2009 chez  Bouquins

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09 juillet 2008

Une chambre à soi, Virginia Woolf

UNE_CHAMBRE_A_SOI

Interrogée par des étudiantes de Cambridge sur le sujet suivant, "la femme et le roman", Virginia Woolf tente dans ce pamphlet de répondre à leur attente et laisse s'exprimer son irritation et ses convictions sur le sujet, tout en revenant sur l'histoire féminine de la littérature...

Elle explique ainsi comment les femmes ont été depuis toujours dans l'incapacité d'exprimer un quelconque génie, placées qu'elles étaient sous l'emprise financière et intellectuelle des hommes, et privées de l'essentiel, c'est à dire de quoi vivre, du temps et une "chambre à soi".

Je voulais lire des écrits de Virginia Woolf depuis cette rencontre avec Arnaud Cathrine et Geneviève Brisac durant laquelle avaient été lus des extraits de son journal, et plus particulièrement cet écrit là.
Voilà qui est fait, et je suis heureuse d'avoir partagé pendant quelques pages le fil des pensées de cette auteure.
Toute mesure gardée, sa démonstration rencontre mes propres réflexions du moment. Comment écrire au milieu du salon et des enfants (apparemment Jane Austen y réussissait très bien), sans temps pour le faire et sans une solitude parfois nécessaire pour rêver un peu ?

Un extrait...
" Mais, ce qui me semble déplorable, continuai-je, regardant de nouveau du côté des rayons, c'est qu'on ne sache rien qui concerne les femmes avant le XVIIIè siècle. Rien ne permet de savoir si je dois m'adresser ici ou là. Me voici en train de me demander pourquoi, à l'époque élisabéthaine, les femmes n'écrivaient pas de poésie et je ne suis pas seulement sûre de la façon dont elles étaient élevées. Leur apprenait-on à écrire ? Avaient-elles un salon personnel ? Combien de femmes avaient-elles des enfants avant leur vingt et unième année ? En un mot, que faisaient-elles de huit heures du matin à huit heures du soir ?"

Virginia Woolf est née à Londres le 25 janvier 1882 - Victime de dépression chronique, elle met fin à ses jours le 28 mars 1941. Elle laisse des romans, des nouvelles, des essais et un Journal qui paraît après sa mort.

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29 juin 2008

Matin Brun, Franck Pavloff

MATIN_BRUNMatin brun se situe dans une période trouble, où le régime impose ses lois, strictes. Les scientifiques de l'Etat national ont déclaré qu'il ne fallait plus conserver les chats et les chiens qui n'étaient pas exclusivement de couleur brune, par soucis de rationalisation. Charlie et son ami, notre narrateur, propriétaires d'animaux non réglementaires, s'exécutent et se séparent de leurs compagnons. Puis, ils décident qu'il fait bon vivre, finalement, dans une société qui imposent des règles si rigides, un Etat brun. Au moins, la vie y est légère, et il n'y a plus de questions à se poser...

heart Ce petit livre connaît le succès que l'on sait, mérité. 1 300 000 exemplaires tirés. L'édition 2008 est la vingt-sixième depuis 1998.
Depuis un petit moment indisponible chez l'éditeur, je suis heureuse d'avoir enfin pu me le procurer en librairie.
La fable, imaginée par Franck Pavloff, fait froid dans le dos. Elle nous rappelle, sans y toucher réellement, avec une fausse légèreté, combien il est facile de se laisser bercer par ce qui est insupportable, du moment que cela touche les autres, combien aussi l'être humain peut être  manipulable, lâche et égoiste.
Elle nous rappelle également, bien entendu, d'autres évènements, d'autres "sélections", pas si lointaines.
Une courte nouvelle donc, au prix modique de 1 €, à s'offrir et à offrir tous azimuts, pour réfléchir et se souvenir !!

Un extrait...
"C'est vrai que la surpopulation des chats devenait insupportable, et que d'après ce que les scientifiques de l'Etat national disaient, il valait mieux garder les bruns. Que des bruns. Tous les tests de sélection prouvaient qu'ils s'adaptaient mieux à notre vie citadine, qu'ils avaient des portées peu nombreuses et qu'ils mangaient beaucoup moins. Ma foi, un chat c'est un chat, et comme il fallait bien résoudre le problème d'une façon ou d'une autre, va pour le décret qui instaurait la supression des chats qui n'étaient pas bruns.
Les milices de la ville distribuaient gratuitement des boulettes d'arsenic. Mélangées à la pâtée, elles expédiaient les matous en moins de deux.
Mon coeur s'était serré, puis on oublie vite."

bouton3Note de lecture : 5/5

Le Cheyne éditeur

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23 juin 2008

Lettres à Lou Andreas-Salomé, Rilke

lettres___lou"Au milieu du mois de mai 1897, René Maria Rilke rencontre Lou Andreas-Salomé à Munich. Il a vingt et un ans, elle en a trente-six. Rencontre déterminante : quelque temps plus tard, le poète abandonne son prénom pour celui de Rainer, signant là comme une seconde naissance.Car si Lou est l'amante [..] elle est surtout la mère nourricière et libératrice, intimement convaincue de la vocation de celui qu'elle qualifie d'"élu du destin". [...] Au printemps 1900, lors de leur deuxième voyage en Russie, Lou, éperdument avide de liberté, s'éloigne du poète tout en le conjurant de ne pas succomber au pathologique et de progresser seul vers la maturité de son art.
Désormais, elle ne sera plus la femme à laquelle il s'en remet - bien d'autres femmes l'inspirèrent -, mais elle restera la seule référence dans son existence, l'amie, la confidente. Leur correspondance - commencée dès leur première rencontre - reprend trois ans plus tard et ne cessera qu'à la mort de Rilke, le 29 décembre 1926." (extrait du dossier en fin d'ouvrage intitulé Lou et la naissance du poète)

Toujours à la recherche de Rilke, suite à ma lecture des Lettres à un jeune poète, je me suis penchée sur ces lettres là, très différentes.
Rilke n'a plus ici le rôle du maître qui donne conseils et règles d'écriture. Il n'est qu'un auteur à la recherche de son art, qui demande son avis à une amie, seule capable de le "comprendre" et d'écouter ses souffrances, doutes et hésitations.
Du lyrisme des premières lettres, enflammées, nous passons à des propos plus sombres, plus anxieux, ceux d'un auteur en proie à un état poétique déstabilisant, habité par le poids des années et par des questionnements constants.

Proche de Nietzsche, puis de Freud, Lou est pour Rilke l'interlocutrice idéale, intelligente et sensible, attentive, qui permet au poète d'accoucher de son oeuvre.
Ce recueil m'a moins touché que le précédent mais il permet d'apréhender Rilke de manière plus intime et plus réelle aussi.

Un extrait...
"Tu es mon jour de fête. Et quand je te visite en rêve, j'ai toujours des fleurs dans mes cheveux.
Je voudrais mettre des fleurs dans tes cheveux. Lesquelles ? Aucune n'est d'une simplicité suffisamment touchante. En quel mois de mai les trouver ? - Maintenant, je crois que tu as toujours une guirlande dans tes cheveux - ou une couronne...je ne t'ai jamais vue autrement."

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05 juin 2008

Lettres à un jeune poète

RILKEheart Je me suis penchée sur Rilke...ou peut-être est-ce Rilke qui s'est penché sur moi, je ne sais plus.
Pourquoi avoir tant tardé à lire ces quelques pages ?

J'avais de ce recueil épistolaire une image déformée, fausse (la faute aux extraits choisis le plus souvent en citations ?).

Je pensais étrangement que ces fameuses "lettres à un jeune poète", jamais lues intégralement, n'étaient qu'une leçon d'écrivain reconnu, censé "décourager" les jeunes poètes (justement) de se lancer, de manière inconséquente, dans l'écriture. Alors qu'il n'en est vraiment rien...

Les lettres de Rilke regorgent, en fait, d'humanité, de douceur et d'"encouragement".
Elles résultent de son intérêt pour un autre jeune poète, apprenti, Franz Kappus qui, alors âgé de vingt ans, décide d'envoyer ses tentatives poétiques à Rainer Maria Rilke et de solliciter son jugement. Débute ainsi une correspondance régulière entre les deux hommes qui durera jusqu'en 1908. Ces dix lettres seront publiées en 1929, soit trois ans après le décès de leur auteur.

Rilke, au cours de sa correspondance, renvoie surtout le jeune poète en herbe Kappus, à sa solitude, seule lieu possible, pour lui, de création et de connaissance de soi.

Je vous livre enfin ces quelques lignes, qui termine sa lettre du 12 août 1904 - elles m'ont touchée au cours de ma lecture (résonnances toutes intimes) et elles m'ont véritablement données envie de lire et de connaître cet auteur plus avant...
"Et si j'ai encore une chose à vous dire, j'ajouterai ceci : ne croyez pas que celui qui cherche à vous réconforter vit sans difficulté parmi les mots simples et tranquilles qui, parfois, vous font du bien. Sa vie est pleine de peine et de tristesse, et reste très en deçà de la vôtre. S'il en était autrement, il n'eût jamais su trouver ces mots."

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13 février 2008

La mare au diable, George Sand

lamareaudiableVoici encore un livre lu dans le cadre de l'

Atelier livres en poche

(Maison Gueffier, La Roche sur Yon)

heart

L'histoire : A à peine trente ans, Germain, laboureur, est veuf depuis deux ans d'une femme qu'il pleure toujours et père de trois enfants, l'aîné vient d'avoir sept ans. Son beau-père, soucieux de son avenir, le presse de chercher une nouvelle femme pour s'occuper de ses petits, et oublier son chagrin. Au départ réticent, Germain finit par accepter l'idée d'aller trouver une prétendante à Fourche. Il doit pour cela traverser une forêt au centre de laquelle se niche une mare. Chargé de Marie, une petite voisine de 16 ans qu'il doit laisser en route, et de son dernier fils, il voyage tranquillement vers ce nouvel amour incertain, mais la forêt lui fait curieusement perdre son chemin, et sa raison...

Mon avis : Ce court roman est une redécouverte. Il m'en restait un souvenir confus de sorcellerie et d'envoûtement, je ne saurais dire pourquoi. En fait, George Sand brosse ici le portrait d'une campagne rude mais belle, où les paysans connaissent l'injustice de voir leur travail nourrir des propriétaires terriens blasés, une prise de position habituelle pour elle mais inhabituelle pour l'époque. Cette histoire est belle, celle d'un amour qui prend ses protagonistes au dépourvu, celle d'une forêt qui protège et fait tourner les têtes, celle d'une mare dont on ne parle jamais, qu'à l'improviste, comme par mégarde. Ce roman nous fait dire une fois de plus, comme bien souvent, que ce n'est ici pas le but du voyage qui importe mais bien le chemin. A lire, bien sûr !

Un extrait : "Germain connaissait le chemin jusqu'au Magnier ; mais il pensa qu'il aurait plus court en en prenant pas l'avenue de Chanteloube mais en descendant par Presles et la Sépulture, direction qu'il n'avait pas l'habitude de prendre quand il allait à la foire. Il se trompa et perdit encore un peu de temps avant d'entrer dans le bois ; encore n'y entra-t-il point par le bon côté, et il ne s'en aperçut pas, si bien qu'il tourna le dos à Fourche et gagna beaucoup plus haut du côté d'Ardentes.

Ce qui l'empêchait alors de s'orienter, c'était un brouillard qui s'élevait avec la nuit, un de ces brouillards des soirs d'automne que la blancheur du clair de lune rend plus vagues et plus trompeurs encore. Les grandes flaques d'eau dont les clairières sont semées exhalaient des vapeurs si épaisses que, lorsque la Grise ls traversait, on ne s'en apercevait qu'au clapotement de ses pieds et à la peine qu'elle avait à les tirer de la vase.

Quand on eut enfin trouvé une belle allée bien droite, et qu'arrivé au bout, Germain chercha à savoir où il était, il s'aperçut bien qu'il s'était perdu [..]."

L'avis des autres participants : Ce roman est un conte, naïf, idyllique, peu réaliste, où les personnages parlent comme des aristocrates (convention de l'époque) !

George Sand a voulu montrer la beauté du monde paysan, malgré la grande pauvreté qui régnait dans les campagnes, les conventions sociales, les supersititions.

bouton3 Note de lecture : 5/5

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