18 janvier 2017

Chicagoland, Fabrice Colin & Sacha Goerg

... d'après le texte de RJ Ellroy

chicagoland

Le nom de Fabrice Colin sur cette couverture a arrêté ton regard... et puis ce dessin, ces yeux vifs et hallucinés. Tu aimes parfois ces ambiances, ce Chicago des années 50 sublimé par des auteurs de romans policiers tels que RJ Ellory. Dans cet album, une jeune institutrice est retrouvée morte étranglée dans son appartement. Le meurtrier se présente de lui même au commissariat du 14ème, peu de temps après les faits. Il avoue tout, le meurtre accidentel, le fait qu'il croyait pouvoir passer la nuit avec cette femme après leur soirée, son refus à elle, sa colère à lui... Je n'avais pas l'intention de la tuer, mais je l'ai fait... Le flic qui a mené l'enquête est un peu dubitatif devant cet aveu si facile et si spontané, qui ne se contredit jamais. La soeur de la victime est emplie de vengeance et n'écoute que son désarroi. Le meurtrier sera exécuté... Et toi tu te promènes dans ces belles pages, tentant d'écouter la voix de chacun, de comprendre où est le noeud de l'intrigue... et puis soudain, une case te fait remonter la pente de l'histoire, te permet de comprendre une bulle que tu n'avais pas vraiment comprise dans les premières pages... (page 11), au moment de l'exécution. Trop fort ! Te voici donc conquise, et un peu éberluée... Comme quoi il est bon de toujours se méfier des apparences. 

Editions Delcourt - Septembre 2015

Ceci est ta BD du mercredi, tous les autres liens sont chez Stephie aujourd'hui !

chicagoland1

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04 janvier 2017

La poupée de Kafka, Fabrice Colin

lapoupeedekafka

Tu as failli ne pas aimer ce livre... (et cela aurait été dommage). Il faut dire, qu'au tout début, il t'a bien embrouillé dans sa chronologie, et qu'au sortir d'une belle panne de lecture tu n'avais pas forcément envie de poursuivre ta reconquête du plaisir de lire avec un roman compliqué. Pour autant, tu as été intriguée, dès les premières pages, par cette coïncidence étrange, ces similitudes entre le film vu il y a peu (La voleuse de livres) et cette nouvelle lecture. Vous avez remarqué vous aussi ces enchaînements parfois très curieux, ces hasards ? Et puis, tu avais promis à quelqu'un de le lire, et surtout de le finir... Le décor est planté. Nous sommes à Berlin, en 1923, auprès d'un Franz Kafka souffrant de tuberculose, incapable d'écrire... Sa compagne lui parle d'une petite fille ayant perdu sa poupée. L'écrivain écrit alors pour elle des lettres, pour la consoler il imagine une correspondance, une poupée partie en voyage racontant ses aventures. Et tout à coup nous sommes en 1980, à Paris, auprès d'un homme érudit, obnubilé par l'écrivain, et par l'existence effective ou non de ces lettres inédites... Puis, Fabrice Colin nous propulse sans ménagement dans un wagon avec l'urine, la peur, les haltes sans fin, le froid, le froid, la soif, le froid. Quoi ? Là, tu dois avouer que l'auteur a failli te perdre. Et pourtant, tu avais bien compris de quel train il s'agissait, et de quel voyage monstrueux... Et tandis que tu lisais une scène d'embrasement de livres jetés au feu dans un Berlin d'autrefois ravagé par la haine, répondant à une même scène vue il y a peu dans ce fameux film, un camion s'élançait dans la vraie vie sur un marché de Noël à Berlin, avec l'impression très forte que l'Histoire percutait le présent et cherchait à nous dire quelque chose, quelque chose de bouleversant et de fort. Alors tu as poursuivi ta lecture, rencontré une jeune fille déterminée (la fille de l'érudit), Julie, qui permet de lier les différentes époques, les différents personnages, et de comprendre que l'humain est fait de ça, de bonnes intentions maladroites, de mauvaises intentions réfléchies, de mensonges, d'amour, de peur, de haine et de trahisons. Et il te reste, à la fin de cette lecture, comme une sorte d'état de sidération, un pré, la mort, le beuglement de quelques vaches, l'image d'un chalet de montagne trônant dans le silence d'une vallée, le Mont Blanc au loin, imposant et froid, observateur immobile et implacable... et sur la route ce fantôme de Kafka.

Edtions Actes Sud - Janvier 2016

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