02 novembre 2013

Vents dominants ~ Wauters et Chapron (BD)

ventsdominants

" [...] si tu n'arrives pas à être plus tolérant, sois plus hypocrite !
Tu verras c'est moins fatigant !

Prends plus de bon temps et accepte qu'on t'aide un peu...
S'il te plaît."

François, sa femme et ses deux enfants, arrivent comme chaque année dans la maison de ses parents pour des vacances au bord de la mer. Son frère est là également, avec sa femme et leur fils. Il est celui qui a réussi, vers qui semble se concentrer toute l'admiration parentale. François est nerveux, irritable et désagréable. L'ambiance tourne souvent à l'orage et la tension est palpable. Tous ne se voient qu'une fois par an et c'est l'occasion de passer de bons moments en famille et de se remémorer des souvenirs d'enfance, mais ce n'est pas si simple...

J'avais noté depuis très longtemps cette BD que j'ai déniché en bibliothèque tout à l'heure et tout de suite dévorée. Elle parle très bien de ces retrouvailles familiales, qui quand elles sont rares et occasionnelles peuvent se passer ainsi, dans l'urgence de profiter des uns et des autres et éventuellement dans la rancoeur. Le malaise est là, les non-dits, et chacun semble ignorer la vie de l'autre, ou s'en faire une fausse idée... 
Un album au ton juste, et aux dessins en noir et blanc, simples et expressifs, très réussis. J'ai beaucoup aimé.


Editions Sarbacane - 16.50€ - 2009 - Merci ma bibli !!

Posté par Antigone1 à 16:22 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : ,


13 octobre 2013

La pluie, avant qu'elle tombe ~ Jonathan Coe

lapluieavantquelletombe"Ca peut sembler insignifiant, ce que ta grand-mère a pu subir dans son enfance. Et certes, partout dans le monde, il y a des enfants auxquels leurs parents infligent des choses bien pires, j'en suis consciente. Mais malgré tout, il me paraît important, il me paraît essentiel de ne pas sous-estimer ce qu'on doit ressentir quand on se sait mal-aimé par sa mère. Par sa mère, celle qui vous a donné le jour ! C'est un sentiment qui ronge toute estime de soi et détruit les fondements même d'un être. Après ça, il est très difficile de devenir une personne à part entière."

Rosamond vient de mourir. Et la vieille femme a été retrouvée inanimée, dans son fauteuil, un micro à la main. Gill, sa nièce, chargée de la succession, tombe sur des cassettes enregistrées, adressées à une certaine Imogen. Les recherches pour remettre en main propre les cassettes à l'intéressée se révèlent infructueuses, et Gill, découragée et curieuse, décide d'écouter les enregistrements en compagnie de ses filles. 
Il s'avère que ce sont vingt photos, qui balisent toute une existence, que Rosamond avait décidé de décrire à une Imogen non voyante, dans ces cassettes. Et petit à petit, c'est le récit d'une histoire douloureuse qui émerge, celle d'une génération de femmes mal aimées qui avancent dans la vie cahin-caha, semant le désordre autour d'elles, et parfois aussi le malheur...

Le ton qui règne dans La pluie, avant qu'elle tombe déconcerte un peu lorsque l'on a lu peu de temps auparavant Testament à l'anglaise [clic] (du même auteur), dont j'avais personnellement beaucoup goûté l'humour et la vivacité. Je dois avouer que les premières pages de ce roman-ci, plus sensible, ne m'ont pas emportées. J'ai eu le sentiment de ne rien lire de très nouveau, ni de très original. La description systématique des photos que Rosamond entreprend avec méthode m'a même un peu lassée. Et puis, je me suis laissée cueillir peu à peu par le thème, troublée par sa résonnance manifeste. Le désamour maternel est-il donc une émotion que l'on reçoit en héritage ? Y-a-t'il un moyen d'en arrêter le processus héréditaire ? Jonathan Coe tente des réponses et surprend encore une fois par sa propension à dénouer en fin de roman les fils d'une trame construite habilement au fil des chapitres précédents. Ses personnages - pour la plupart féminins - sont attachants, vrais, poignants. Les lieux, les demeures et les paysages, toujours grandioses (comme dans Testament à l'anglaise), jouent un rôle certain sur des destinés, sur lesquelles il apparaît très vite que personne n'a prise. Etonnante, par ailleurs, cette fin en mode pirouette !
Un très bon moment de lecture.

Editions Folio - 7.20€ - Avril 2010 - Grand merci à mes prêteurs !

D'autres lectures ... Magnifique pour George ! - Poignant, doux amer et presque magique pour Chiffonette - Val est restée perplexe - Clara a été captivée - Cathulu est restée un peu sur sa faim - Une belle lecture pour Liliba - Kathel a beaucoup aimé ! - C'est à l'époque le billet de Bellesahi (billet disparu avec son blog) qui m'avait tenté, "Un régal !" disait-elle enthousiaste !

Qui d'autre ? N'hésitez pas à me rajouter vos liens en commentaire. 

Posté par Antigone1 à 13:23 - - Commentaires [25] - Permalien [#]
Tags : ,

09 août 2013

Piochés en bibliothèque

MER 006

Je profite de l'été pour aller vers des lectures qui me tentaient depuis un moment, et je fais ainsi de jolies découvertes... Mais grande paresse oblige, et devant ce qu'il me reste encore à chroniquer, je vous livre aujourd'hui un billet bref et collectif.

Lorsque j'ai ramené ces deux livres chez moi, c'est tout d'abord vers Le bruit des clefs d'Anne Goscinny qu'est allée ma préférence, (sans doute parce que ma fille effectuait au même moment une colo sur le thème de la BD en Belgique ?!). Je connaissais déjà cette collection de chez Nil, surtout depuis la découverte d'un autre titre, L'autre fille d'Annie Ernaux (comment oublier ce livre ?). Pour mémoire, les auteurs sont invités dans cette collection à écrire la lettre qu'ils n'ont jamais écrite. Ici, Anne Goscinny raconte ce moment où elle a appris le décès de son père (le créateur d'Asterix), et comment le bruit d'un seul trousseau de clefs sur un guéridon pouvait tant signifier désormais, après une telle disparition. C'est donc d'une lettre au père qu'il s'agit, pleine d'émotion, de colère et de tendresse... à parcourir avec empathie. [Editions Nil - Sept 2012 - 7.50€]

Blandine Le Callet [La ballade de Lila K] avait parlé avec emphase, lors d'un rendez-vous de La Grande Librairie, de ce projet d'écriture qu'elle menait depuis longtemps autour des inscriptions funéraires, et qui lui avait permis d'arriver finalement à ces Dix rêves de pierre là. Dans ce recueil les épitaphes sont authentiques mais les scènes autour des dernières heures imaginaires. Et même si l'ensemble est plein de charme, et prenant, j'ai eu un sentiment partagé en tournant les dernières pages. Est-ce le procédé qui m'a au final un peu lassé ? Pourtant, j'ai aimé la plupart des destins dressés par l'auteure, souvent romantiques, ancrés dans leur époque, et dont la course folle s'est arrêtée au pied d'une mort soit injuste, violente ou prévisible. A lire avec curiosité. [Editions Stock - Janv 2013 - 18€]

Posté par Antigone1 à 18:32 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : ,

04 août 2013

Les Heures souterraines, Delphine de Vigan

lesheuressouterraines"Parce qu'elle y a passé des nuits entières, parce qu'elle y est revenue des centaines de fois, elle est capable aujourd'hui de nommer ce qui lui arrive. Elle est capable d'en identifier les différentes étapes, le début et l'aboutissement.
Mais c'est trop tard.
Il veut sa peau."

Mathilde subit ce qu'elle ne pensait jamais subir dans le travail, ce harcèlement sournois qui consiste en une mise à l'écart progressive, pour rien. Elle qui était si heureuse de ce poste qui lui avait peu à peu permis de s'en sortir. Devenue veuve si brutalement et en charge depuis de trois garçons, elle a cherché au début à comprendre où était sa faute, le pourquoi du désamour.
Elle sait seulement aujourd'hui qu'elle n'y arrive plus.
Thibault est médecin et il sait aussi qu'il n'y arrive plus. Il s'enlise depuis longtemps dans une relation sans avenir avec une femme si distante, Lila.
Aujourd'hui, nous sommes le 20 mai, et une voyante a promis à Mathilde une rencontre décisive pour cette journée-là précisément. Thibault, lui, a décidé qu'il était temps qu'il quitte Lila.

Je tournais autour des romans de Delphine de Vigan - sans m'y atteler - depuis un moment. Et je suis heureuse d'avoir ouvert celui-ci suite au billet de Sylire. Je m'en faisais une idée fausse, et sa découverte a été finalement une belle surprise. J'ai été très touchée par le quotidien de Mathilde, par son courage et son désespoir, sa volonté de s'accrocher. La description du monde de l'entreprise y est juste et malheureusement assez fidèle à certaines réalités. Les incursions, plus brèves, dans l'univers de Thibault qui intervient en tant que médecin à domicile, sont elles aussi très riches, montrent sans détour la misère humaine et la solitude de nos vies modernes.
La vie que Delphine de Vigan brosse ici sans ménagements est réaliste, non misérabiliste, et portée avant tout par l'humain. 
C'est une lecture qui dresse des constats alarmants mais sait également laisser allumer dans les esprits une petite lumière d'espoir, la possibilité d'une rencontre qui pourrait tout changer.
Allez, me voici définitivement conquise par cette auteure que je vais continuer de lire.

Editions du Livre de Poche - 6.60€ - Mars 2011 - Merci ma bibli !!

Saxaoul l'a lu dernièrement et a été touchée - Gambadou a également beaucoup apprécié cette lecture ! - D'autres avis sur Babélio... ;)

Posté par Antigone1 à 09:18 - - Commentaires [34] - Permalien [#]
Tags : ,

17 février 2013

Saison de lumière, Francesca Kay

saison de lumiere

"Les oeuvres d'art ont quelque chose d'infiniment solitaire, a dit Rilke, et la tonalité prépondérante des tableaux londonniens de Jennet Mallow est celle de la solitude. Ils sont dotés de limites étroitement définies : contours, boîtes, cadres. Et pourtant ces peintures ne sont en rien entravées, au contraire, leurs limites sont paradoxalement libératrices. Chaque boîte ou cage distincte abrite une image sublime, suggestive, isolée, qui bat des ailes d'autant plus fort qu'elle est enfermée, car la privation de liberté est la preuve même de l'existence de la liberté."

Nous sommes dans le Londres des années 50 lorsque Jennet Mallow, jeune femme naïve, découvre l'école d'art de Kensington. Elle y rencontre le sulfureux et brillant David Heaton dont elle tombe rapidement enceinte. Ils se marient et décident de partir au soleil de l'Espagne. Là, le couple commence à battre de l'aile. Et le talent torturé de David, dont il noie le soir dans l'alcool les questionnements, sera bientôt en concurrence avec la peinture de sa femme qui rencontre un succès inattendu.

"Un mariage qui bat de l'aile renforce l'isolement partout. Les convenances, le respect de soi et l'orgueil entravent les épouses malheureuses, et Jennet n'aurait jamais eu envie d'être l'objet de la pitié de ses amis."

Le retour à Londres est donc décidé. Dorénavant, c'est à bout de bras que Jennet devra faire vivre sa famille et son art...

J'ai ressenti tout un panel d'émotions littéraires à lire ce roman qui est un profond coup de coeur !! Déjà, la narration est dense, descriptive et fournie, et ouf ce que ça fait du bien de pouvoir ainsi prendre sa place et s'installer confortablement dans un récit. Puis, le thème de la peinture étant vraiment un thème riche de matières, j'ai aimé que l'on me raconte l'élaboration de tableaux dont je pouvais presque deviner la texture.

"Quelle tristesse avait été éprouvée entre l'inspiration provoquée par le rythme tranquille de la mer et l'expression finale que Jennet lui conféra ? [...] Le besoin, l'incertitude et la peur jouent leur rôle ; une méconnaissance de soi. Non l'ignorance délibérée de soi mais une vision obscurcie, vague, jusqu'à ce que le temps, la mort ou la sagesse l'éclaircissent."

Enfin, comment ne pas ressentir une empathie énorme avec le personnage courageux et lucide de Jennet qui lutte pour sa famille contre les revers du quotidien et les frasques de son mari ? Grouille autour de ce couple une galerie de portraits, des enfants, tout un monde minutieusement décrit et intéressant qui nous brosse également en parallèle une époque.
Une lecture qui donne toute sa place à l'acte créatif et à la volonté des femmes.

Editions J'ai lu - 7.10€ - Janvier 2013

Une auteure à suivre de près pour Théoma - Un premier roman époustouflant de maîtrise pour Cathulu ! - Un magnifique portrait de femme pour Clara !

Posté par Antigone1 à 08:47 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags : , ,


31 octobre 2012

Ferme les yeux, Amanda Eyre Ward

fermelesyeux"J'ai le sentiment bizarre d'avoir laissé quelque chose, ou quelqu'un, sur le divan de Jane Stafford. Une petite fille. Une poupée. Une part de moi-même, ou quelque chose d'aussi impalpable."

Lauren a la trentaine, et alors que son frère Alex part en Irak elle est contrainte de regarder enfin dans les yeux le traumatisme de son enfance. Il y a des années, son père a été condamné à la prison pour le meurtre de leur mère. Les enfants dormaient dans une cabane au fond du jardin et leurs parents étaient seuls à la maison. Son frère est pourtant persuadé de l'innocence de ce dernier et est toujours resté en contact avec lui. Lauren lutte sans cesse contre des crises de panique alarmantes et un épais brouillard qui l'empêche d'accéder aux évènements de cette fameuse nuit. De plus, elle apprend soudain la disparition de son frère dans une explosion, sur le lieu où il exerçait ses activités auprès de Médecins sans Frontières. Gerry, son fiancé, la presse de réagir et de reprendre l'enquête d'Alex.

Il est précisé en quatrième de couverture que ce roman a été courronné par le Grand Prix des Lectrices de ELLE USA, et je dois dire que j'en ai beaucoup aimé la lecture. La personnalité de Lauren, qui se bat contre elle-même et pour se souvenir, est très attachante et m'a beaucoup touchée.
Bien que l'énigme soit assez convenue, les pages se tournent avec frénésie et envie, celle de savoir si l'apaisement est au bout de la route pour chacun...
Une lecture délicate et très prenante.

Editions Buchet Chastel - 20 € - Mars 2012 - Merci ma bibli !!

Clara a adoré !!

Posté par LESECRITS à 11:42 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags : ,

19 septembre 2012

Syster, Bengt Ohlsson

syster"Ce n'était pas tant le rire lui-même qui lui manquait, mais autre chose, une sensation juste avant le rire. C'était mieux que le rire, parce que cela durait plus longtemps."

La jeune Miriam a disparu depuis deux semaines. Ses parents s'angoissent et la cherchent désespérément partout. Ils décident finalement assez vite que Marjorie, sa soeur cadette, ira habiter quelques temps chez sa tante Ilse où elle pourra se reposer. Là-bas, il y a la solitude de cette tante que Marjorie ne connaît pas si bien, mais aussi ses histoires, la plage et un chat. La petite fille est partagée entre le soulagement et l'inquiétude pour cette aînée qu'elle n'aimait pas toujours. Bourrée de contradictions, de questions, elle se souvient des moments partagés avec sa soeur, avec cette famille qu'elle considère comme la plus drôle du monde, et goûte avec culpabilité à la nouveauté de sa situation. Ilse l'aidera à trouver le chemin vers plus de sérénité mais aussi l'espace pour laisser libre court à ses pensées...

Ce titre est traduit du suédois. Et c'est un roman effectivement très nordique, qui donne la part belle à l'imaginaire et à la féerie, tout en s'attachant étroitement au réel. Son intérêt premier est de suivre les angoisses d'une petite fille qui voit son quotidien bouleversé par la disparition de sa soeur, son intérêt second en étant certainement le huis clos créé entre deux personnes que rien ne rapprochait vraiment jusque là. J'en ai aimé l'ambiance, la douce tension narrative, le personnage énigmatique d'Ilse. Il est cependant dommage que l'intrigue s'enlise un peu en fin d'histoire, et que la relation entre l'enfant et sa tante soit moins exploitée et aboutie que l'on souhaiterait.
Une lecture à hauteur d'enfance.

Editions J'ai lu - 7.60€ - 3 septembre 2012 - Merci ma bibli !!

Pas une lecture inoubliable pour Chiffonnette

Posté par LESECRITS à 21:34 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : ,

16 août 2012

Rentrée littéraire 2012

challenge2012

La rentrée littéraire démarre officiellement aujourd'hui. Et contrairement aux années précédentes, j'ai un peu de mal à m'y mettre. L'enthousiasme est très relatif. Je me suis donc inscrite au challenge du 1% de Mimi et Hérisson pour booster un peu mon envie. Il faut dire que je n'ai rien non plus reçu de la part des éditeurs... tant mieux je vais pouvoir laisser voguer ainsi mes désirs vers les vertes vallées qui m'enchanteront. Je n'ai pas non plus fait de liste de prévision, rien.

Bizarrement, c'est vers ma LAL (Liste A Lire) que se porte mon intérêt du moment, vers ces livres que j'ai noté chez vous, à droite et à gauche. J'ai encore l'esprit en vacances. Les années précédentes, quelques déceptions de rentrée m'avaient plongé dans des pannes de lecture titanesques. J'ai envie d'éviter cela cette année, de prendre du plaisir à lire, et puis c'est tout. Et ma LAL regorge de jolies choses, c'est certain.

Pour s'inscrire au 1%, c'est par ici [clic]. 
A suivre sinon... pour savoir si Les écrits d'Antigone vont bouder la rentrée littéraire, ou pas. :) Je ne le sais pas encore moi-même.

Posté par LESECRITS à 21:49 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
Tags :

13 août 2012

Lambeaux, Charles Juliet

lambeaux"Le sentiment de ne rien valoir, de n'être rien, de n'avoir rien à espérer. Et mêlée à ce sentiment, la vague sensation qu'une plainte cherche à se faire entendre. Une plainte, ou un cri, ou bien encore une toute simple parole qui dirait la fatigue, le non-sens d'avoir à subir une vie qui se refuse, la désespérance de celui que ronge la nostalgie du pays natal et qui sait ne pas pouvoir le retrouver.
Après avoir couvert un certain chemin, tu te rends compte que ton besoin d'écrire est subordonné à un besoin de connaissance, que tu veux moins enfanter des livres que partir à la découverte de toi-même.
Plus tard, tu découvres cette autre évidence : puisque tu ne t'aimes pas, il t'appartient de te transformer, te recréer. Une certaine exigence t'habite. Elle te soutiendra, te guidera, te fournira la petite lumière qui te permettra de te frayer un sentier dans la nuit."

Dans ce livre, Charles Juliet a voulu faire revivre ses deux mères, celle qui lui a donné la vie et celle qui l'a élevé. Pour la première, il a les mots de la compréhension, de ce qu'il a perçu de semblable en lui. Cette jeune-femme, paysanne, après une enfance au service de sa famille a connu un drame amoureux puis s'est mariée et a sombré, avec les maternités, dans la solitude et la dépression. Elle est morte en internement, de faim, pendant la seconde guerre mondiale. Le narrateur est le dernier enfant de cette femme, un bébé lors de son départ, il sera élevé par un autre couple, et pour sa deuxième mère il a les mots de l'amour...

On me conseillait depuis longtemps ce titre, qui est effectivement très beau. Charles Juliet n'a pu écrire tout de suite Lambeaux tant il était douloureux pour lui de faire revivre ainsi ses fantômes.

"Si tu parviens un jour à le mener à terme, il sera la preuve que tu as réussi à t'affranchir de ton histoire, à gagner ton autonomie."

J'ai été remuée, révoltée par ce qui arrive à la mère de l'auteure, une vie flouée. J'ai puisé ça et là quelques précieuses phrases.
Une lecture qui confirme encore une fois le pouvoir salvateur de l'écriture.

Editions Folio - 5.95€ - Avril 1997

Quelques autres lectures sur Babélio

 

Posté par LESECRITS à 07:37 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags : ,

09 août 2012

Rose sainte nitouche, Mary Wesley

rosesaintenitouche"Elle m'a obligée à venir à cette partie de tennis, aujourd'hui ; elle pensait que je rencontrerais un beau parti. Cette fois, vous riez.
- Vous m'avez rencontré, moi."

Rose est veuve depuis peu, et ses amis s'interrogent sur la vie apparemment lisse qu'elle a pû avoir. Cette femme d'une soixantaire d'année s'exprime rarement sur ses sentiments. Ce qu'ils ignorent, c'est que bien avant d'épouser Ned, elle avait rencontré Mylo, un précepteur. Alors, elle n'a pû écouter son coeur, obligée par les conventions de se marier plus raisonnablement. 
Naitra ainsi une liaison qui durera une cinquantaine d'année...

Ce roman est charmant. Il commence doucement, un peu à la manière de Sur une plage de Chesil de Ian WcEwan. Puis, Rose prend du caractère, peaufine sa double vie, s'entoure de ses chiens, de son jardin, de sa maison, vit les privations de la seconde guerre et nous devient petit à petit bien sympathique. La promesse faite à Ned de ne pas le quitter, alors que Mylo est un amoureux transi parfait, nour irritera suffisamment pour donner du sel à cette histoire qui se lit agréablement et sans efforts.

Je suis émerveillée du fait que Mary Wesley se soit mise à l'écriture si tardivement, à l'âge de soixante-dix ans ! Encore une auteure à continuer de lire sans tarder.

Editions J'ai lu - 7.20€ - Juin 2010

D'autres avis, plus bavards que moi...

Un roman qui a attaché encore plus Lily à la romancière - Un coup de coeur pour Laure ! - Caustique et adorable pour Clarabel - Je l'avais noté chez Theoma enthousiaste - Insolence chic et dynamisme contagieux pour Cathulu !!

Posté par LESECRITS à 19:07 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : , ,