14 juillet 2017

Un été à quatre mains, Gaëlle Josse

uneteaquatremains

Le dernier gardien d'Ellis Island a eu un franc succès dans ton réseau de bibliothèques l'an passé... si bien que Gaëlle Josse a été invitée à venir rencontrer ses lecteurs au mois d'octobre cette année en Vendée ! Et toi aussi tu avais beaucoup aimé cette lecture [clic ici], si bien que tu es ravie aussi de cette opportunité et que tu as décidé de lire ses autres titres avant... Un été à quatre mains vient tout juste de sortir en librairie, et imagine un épisode de la vie de Frantz Schubert, l'été qu'il a passé en compagnie de la famille Esterhazy, membre de la Haute aristocratie viennoise, en résidence estivale en Hongrie. Le compositeur, qui connaît de grandes difficultés financières, a été recruté pour donner des leçons de musique aux deux filles du couple, et distraire également les invités de passage. Mais l'amour s'en mêle. Effectivement, Marie et Caroline ont bien grandi depuis que le jeune homme les a vues la dernière fois, et c'est Caroline, discrète, sensible et plutôt douée, la cadette, qui accroche surtout le regard du musicien. Il se passe quelque chose entre eux cet été de 1824, qui changera la vie des deux protagonistes. De retour à Vienne, toute l'oeuvre de Frantz Schubert ne parlera désormais que de la jeune fille, et de cet amour impossible. Il lui dédiera au final un morceau à quatre mains, souvenir d'un moment ainsi partagé, et d'une main brièvement abandonnée... Et toi, tu as aimé plonger ainsi dans un épisode de l'Histoire, être confrontée à des amours désuètes et codifiées d'une autre époque, sensibilisée à la musique de Frantz Schubert que tu connais peu, et se rendre compte de toute la douleur de ce que l'interdit engendre, surtout lorsqu'il est vécu dans le huis clos d'une maison. Tu as eu le sentiment de rentrer dans une nouvelle à la Stefan Zweig, sans doute parce qu'ici aussi la violence des émotions se heurte à la carapace des apparences, comme souvent chez lui, et qu'elles en profitent pour fendiller douloureusement les armures...

Editions HD - mars 2017


18 juin 2017

L'heure anglaise, Julie Wolkenstein ~ objectif PAL de juin

lheureanglaise

Tu as cherché dans ta PAL (vielle Pile A Lire) un roman qui pourrait coller au thème du mois anglais... et tu es tombé sur ce livre, qui n'a d'anglais en définitive que le titre, puisque l'auteure est française. Mais peu importe, tu as décidé que tu avais envie de plonger dans cette heure anglaise malgré tout, c'est donc ta petite contribution au challenge... Nous sommes en juillet 1911, dans la campagne anglaise, et Edward Sanders s'apprête à prendre le train pour Londres, comme tous les matins, pour se rendre à l'étude où il travaille. Sur le quai, il reçoit un télégramme lui annonçant qu'un désagrément oblige l'étude à le prier de rester chez lui aujourd'hui. Edward est désappointé, et part se promener le long de la rivière, puis rentre dans son foyer en catimini, s'allonge sur le lit conjugal, tout cela sans prévenir sa femme, ni sa famille, occupée à organiser une réception de fiancailles le soir. Edward occupe ce moment hors du temps à revoir le fil de sa vie et se laisse bercer par la poésie et les lumières du jour. Pendant ce temps, Susan, son épouse, se rend elle à Londres par le train suivant, pensant surprendre son époux à son bureau, l'inviter à déjeuner et en profiter pour lui révéler une future naissance. Tous les deux se manquent donc, et se retrouvent le soir sans rien raconter de ce qu'ils ont fait, laissant en suspend cette journée particulière qui a réveillé les fêlures et les joies du passé... Et comme il était doux pour toi lectrice de te promener aux bras de ces deux êtres ancrés dans leur époque mais perméables aux bruissements de ce qui les entoure. L'écriture de ce roman est précieuse et délicate, et se déguste comme un roman proustien. La force des sentiments, des passions, affleure seulement à la surface. Et tu as aimé ce contraste entre le calme apparent des protagonistes, leur réserve, et la forte émotion que la chute d'un simple bout de papier par exemple, une photographie, la vue d'un foulard, peut provoquer au plus profond d'eux. Une belle sortie de PAL !

Editions Folio - octobre 2006

lemoisanglais             objectif pal

11 juin 2017

Plage Sainte-Anne, Joëlle Sancéau

plagestanne

Tes envies d'été et de légèreté commencent à véritablement poindre leur nez... et quoi de mieux alors que de se plonger dans un roman qui t'emmène directement à la mer ? Les petites cabines sur la couverture de ce livre sont une invitation manifeste à fouler le sable de la Plage Sainte-Anne. Et justement, Simon vend des chichis sur cette plage. Le jeune homme est bien loin de ses études d'ingénieur et de son milieu aristocratique. Mais cela lui convient, bien au contraire. Il ne voudrait certainement pas être ailleurs pour l'instant. Affublé d'un T-Shirt à message, méconnaissable, c'est un plaisir pour le jeune étudiant d'observer les habitués, et les us et coutumes de chacun. Il a notamment repéré très vite la famille Le Doyen, et la jeune Louise, plongée dans ses livres, qu'il finit par aborder. Accepter d'être courtisée n'est pas évident pour Louise, qui a vécu il y a peu un accident et vit mal ses séquelles. Elle a du mal à marcher, et une de ses jambes porte des cicatrices qu'elle juge affreuses. Pourtant, les deux jeunes gens s'apprécient très vite, dialoguent avec vivacité... et devront apprendre à lâcher prise pour donner une chance à leur idylle. Autour d'eux gravitent des adultes plus âgés, affublés de leurs enfants et petits enfants, qui eux aussi profiteront de l'été pour affirmer leurs intentions et leurs choix. Et toi tu as passé un délicieux moment en compagnie de tous ces gens qui t'ont semblé vivants, comme si tu venais tout juste de les croiser au marché... Tu as eu plaisir à les retrouver plusieurs soirs de suite. Un bien joli rendez-vous. Et un roman à la fois léger et profond, émouvant, bruissant de bienveillance et d'été, qu'il ne faut pas hésiter à glisser dans son sac de plage... Tu recommandes chaudement.

plagestanne1

Editions du 38 - juin 2017

Saxaoul l'a lu aussi

Et bravo à Albertine/Joëlle qui fréquente régulièrement l'atelier d'écriture de Leiloona !

06 juin 2017

Le passé aux trousses, Rebecca Scherm

lepasseauxtrousses

Tu as choisi ce roman par hasard au milieu des titres proposés par le dernier Masse critique de Babelio, sur la foi de son résumé alléchant, et tu ne le regrettes pas... Tu apprends dès les premières pages de ce livre que Alls et Riley vont sortir de prison, à Garland, et que Grace, réparatrice clandestine d'objets d'arts à Paris, redoute cet évènement. Ils sont tous les deux ses anciens amis, sont encore très jeunes, et ont été condamnés pour un cambriolage qui a mal tourné. Peu à peu, tu comprends pourquoi la jeune fille s'est décidée à quitter son Tenessee natal, sa communauté, et ce qui la reliait à chacun. Grace détient un lourd secret, et le poids de la culpabilité d'avoir été à la fois amoureuse, manipulatrice, menteuse et elle-même aussi voleuse. La construction de ce roman est assez originale et fine pour un premier roman car c'est la première fois que tu remarques cette manière de procéder, quand le présent explique peu à peu les silences du flash back... Cela donne un effet de suspens assez efficace.  Et tu as beaucoup aimé t'installer parmi cette bande de jeunes confrontés, dans une petite ville sclérosée des Etats-Unis, à la fin de l'adolescence, comprendre très vite que leurs illusions étudiantes, leurs espoirs d'un avenir brillant et surtout leurs fantasmes allaient les faucher en plein rêve. Si vous aimez les histoires d'amitiés, mais aussi celles à la Bonnie and Clyde et que l'art soit présent à foison dans les pages d'un livre... ce roman a toutes les chances de vous plaire ! A glisser sans hésiter dans son sac de plage...

Editions Stock - mai 2017

Lu dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babelio

babélio

Posté par Antigone1 à 17:53 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , , ,

13 mai 2017

La Fille sur la photo, Karine Reysset

lafillesurlaphoto

Tu avais envie de revenir un peu à tes fondamentaux en matière de lecture... aux auteurs qui te font vibrer d'habitude. Et Karine Reysset fait partie du lot. D'elle, tu avais déjà beaucoup aimé Les yeux au ciel, Comme une mère et A ta place... tu étais donc très intéressée par son dernier roman. Dans La fille sur la photo, nous suivons Anna, de retour dans cette grande maison de bord de mer qu'elle a quitté il y a un an pour suivre son amant. Dans cette maison elle était alors la compagne d'un réalisateur connu, beaucoup plus âgé quelle, et déjà père de trois enfants. Pendant dix ans, elle avait servi de mère de substitution, jusqu'à ne  plus vraiment savoir qui elle était et où était vraiment sa place. Elle revient pour Garance, quatorze ans, qui est hospitalisée, et qui va très mal depuis son départ, depuis cet abandon. L'occasion pour Anna de se confronter à son passé, aux raisons de son départ (de sa fuite), et à la vacuité affligeante de son présent. Que faut-il donc faire ? Recoller les morceaux ? Fuir encore ? Anna oscille et tente, parmi ceux qui forment autour d'elle un semblant de famille, de savoir qui elle est réellement, ce qu'elle veut, et de retrouver surtout le chemin de l'écriture... son gagne pain et sa planche de salut. Et toi lectrice, tu es rentrée dans ce roman à pas feutrés car il est intime, effectivement vibrant et émouvant. Il parle très bien de la perte de repères que crée le manque de stabilité parentale, de l'amour qui répare, des liens qui n'ont pas besoin du sang pour exister... Tu as aimé la personnalité d'Anna, observatrice, d'apparence si peu actrice de sa vie, d'apparence si fragile, mais en réalité forte d'une volonté farouche de devenir enfin celle qu'elle est réellement, indépendante et vraie. Une lecture que tu posais de temps en temps, comme pour respirer entre chaque chapitre l'air marin de Saint Malo, et puis que tu reprenais comme on ouvre la grille d'une maison que l'on a trop bien connue et dont on perçoit dans tout son corps chaque bruit, chaque odeur. 

Editions Flammarion - janvier 2017

Valérie l'a lu aussi

 


10 mai 2017

La Guerre de Catherine, Julia Billet et Claire Fauvel

laguerredecatherine1

Cet album sort aujourd'hui... et tu dois dire combien tu as été séduite d'emblée (à réception) par le graphisme de Claire Fauvel, par cette douce couverture et le fait de découvrir cette adaptation d'un roman de Julia Billet (que tu n'as pas lu, mais inspiré de faits réels). Dès les premières pages nous plongeons avec Rachel dans un contexte historique fort, la deuxième guerre mondiale. La jeune fille a été confiée par ses parents à La maison de Sèvres pour échapper aux rafles. Là, elle se passionne pour la photographie, et hérite d'un appareil photo qu'elle emportera partout avec elle. Car en effet, Rachel doit très vite fuir, quitter cette maison qu'elle aime tant, prendre la route, avec d'autres enfants, changer de nom, sauver sa vie. Elle sera dorénavant Catherine, et sera prise en charge par un réseau de résistants qui la feront passer de foyers en écoles, jusqu'à la fin de la guerre. C'est pour elle également l'occasion de faire des rencontres enrichissantes, et de prendre de multiples photographies (bien souvent des portraits). Même si Rachel pense à ses parents, a hâte de les revoir, et vit comme un sacrilège le fait de se faire passer pour une catholique (pour sa sécurité). Et tu as aimé les cases agrémentées d'un Clic ! (qui capturent des instants sur la pellicule), la sensibilité des dessins, la bienveillance, qui n'empêchent pas la terreur sous-jacente d'être ainsi traquée, le chagrin d'être séparée des siens. Une délicieuse et touchante BD que tu conseilles vivement, pleine d'espoir en l'être humain, et importante pour ne rien oublier de ce qui devrait ne jamais se reproduire...

laguerredecatherine

BD-de-la-semaine-saumon-e1420582997574

Editions Rue de Sèvres - Mai 2017

Ceci est ta BD de la semaine, tous les autres liens sont chez Noukette aujourd'hui !

26 avril 2017

Verte, Marie Desplechin et Magali Le Huche

verte1

Tu as connu diverses versions de Verte... ce texte si rafraîchissant de Marie Desplechin, édité à l'Ecole des loisirs (et notamment un dessin animé vu plusieurs fois avec tes enfants). Mais qu'il soit finalement illustré par Magali Le Huche, dont tu aimes le travail depuis longtemps, pour une version BD, cela ne pouvait être que réjouissant. Et c'est le cas. L'histoire ne change pas. Il s'agit toujours de suivre Verte dans ses premiers pas récalcitrants de petite sorcière, soutenue par sa grand-mère. Verte ne veut pas devenir comme sa mère, qui l'élève seule depuis que son père est parti, et avec laquelle elle est perpétuellement en conflit. Mais il s'avère que Verte ne peut échapper non plus à son destin, elle a aussi des dons. Il s'agira donc de les maîtriser, tout en continuant à vivre sa vie normale de petite fille... et son amitié avec Soufi. Tout dans cet album est rempli de douceur, de joie, d'amour et d'espièglerie. Et on ressort de cette lecture avec des papillons plein les yeux, et l'envie de serrer ceux que l'on aime dans ses bras. Une belle réussite ! Magali Le Huche croque avec talent les personnages de Marie Desplechin et tu as particulièrement aimé retrouver encore une fois dans cet album là son humour, sa délicatesse et la somme de petits détails dont elle aime parsemer ses illustrations, comme dans les Non-non que tes enfants adoraient plus jeunes [clic ici].

verte2

BD-de-la-semaine-saumon-e1420582997574

Editions Rue de Sèvres - mars 2017

Ceci est ta BD de la semaine, tous les autres liens sont aujourd'hui chez Mo'

Sabine l'a lu aussi

22 avril 2017

Après l'incendie, Robert Goolrick

apreslincendie

Il faut le dire, et la photo ci-dessus l'atteste, tu as passé tes vacances de Pâques à manger du sucré en famille... ce qui ne va certainement pas te préparer au mieux pour la plage cet été. Mais tant pis. Car tu as aussi beaucoup lu, et c'est finalement tout ce qui t'intéresse... Bref, après quelques lectures plutôt douces, et quelques oeufs en chocolat très très bons, c'est ce Robert Goolrick là qui t'a tendu les bras... Tu te souvenais en effet du captivant et terrible La chute des princes, et tu avais envie de retrouver ça, ce New York des années 80, violent et clinquant. Tu t'attendais à une ambiance similaire. Et re-bref, car il s'avère que tu ne lis jamais vraiment les quatrièmes de couverture, ou tu les oublies très vite, et tu t'es retrouvée bien surprise, parachutée ainsi dans les décors de Autant en emporte le vent... Quel dépaysement ! Au début du siècle dernier, Diana vit en effet dans une des plus belles maisons du Sud des Etats-Unis. Mais ce privilège est aussi une malédiction. La famille est criblée de dettes. Diana doit absolument trouver un mari riche pour sauver le domaine, assurer un avenir à Saratoga et perpétuer le souvenir des Cooke. Diana a été élevée pour ça, pour attirer le mari idéal. Elle le croise assez vite en la personne du Capitaine Copperton, amant idéal qui s'avèrera très rapidement un mari odieux. Mais Saratoga est sauvée... au moins pour quelques années, jusqu'à ce que le Capitaine Copperton décède, que leur fils soit enlevé à l'affection de sa mère, qu'elle soit de nouveau sans le sou, et que la décrépitude reprenne ses murs d'assaut. Et comme toi, lectrice, tu as finalement beaucoup aimé accompagner cette jeune femme à la fois pleine de caractère et fragile dans les pages de ce livre. Aimer à ce point une maison, en sacrifier autant pour elle peut sembler absurde. Mais tu as aimé dans ce roman les magnifiques descriptions, les détails des tissus, de l'ameublement, tous ces petits objets qui peuplent une vie. Tu as aimé aussi la sensualité de ce texte, que rien ne soit caché de ce qu'une femme ressent, redoute ou espère. Une lecture à la fois cruelle et très belle qui annonce dès les premières lignes sa dimension tragique. 

Une nouvelle suit le roman, Trois lamentations, qui n'a pas grand chose à voir avec le reste, et qui semble conter la jeunesse de l'auteur... Et même si elle est de bonne facture, et assez passionnante, j'ai trouvé dommage qu'elle soit ajoutée là. Le roman se suffisant largement à lui-même, de mon point de vue !

Editions Anne Carrière - Janvier 2017

19 avril 2017

Dans l'ombre de Lena, Katarina von Bredow

danslombredelena

Tu aimes décidément beaucoup le choix éditorial des romans jeunesse de chez Magnard... et comme cette couverture est jolie, n'est-ce pas ?! Les tranches de leurs livres font également un bel arc-en-ciel dans ta bibliothèque. Tu prends décidément goût à cette littérature pour adolescents qui se dévore. Et puis, comme il est amusant d'imaginer dans ce titre ta propre fille (en seconde générale option Arts plastiques) à la place de cette jeune Elsa, également au Lycée, passionnée par la peinture et qui souffre de n'être qu'une pâle copie de sa soeur Lena, sa jumelle, plus lumineuse, plus vivante, plus populaire. Car Elsa flashe sur les yeux d'elfe d'Elliot, et pense n'avoir plus aucune chance quand sa soeur déclame en cours de théâtre que le jeune homme a des yeux trop sexy. Son sang ne fait alors qu'un tour, surtout qu'elle avait déjà fait de gros efforts pour passer une soirée entre amis contre ses cuisses, mis trois heures à rédiger un sms pour lui proposer de jouer seulement pour elle de la clarinette. Elsa est réservée, un peu coincée, et malgré les signes favorables envoyés par Elliot, elle est certaine que les garçons préfèrent Lena, plus extravertie. Peut-être est-il temps de briser cette répartition des rôles ? Elsa va choisir en une seule journée, de devenir elle-même, et de renoncer à l'amour naissant qui lui a mis depuis peu des papillons dans le ventre, puisqu'il le faut... C'est en toute conscience qu'Elsa va prendre les rênes de sa vie, surprenant sa famille, ses amis, mais se surprenant aussi elle-même... Le lycée est le moment où éclosent les personnalités des enfants. Elsa est seulement devenue celle qu'elle était depuis toujours... Un récit de naissance que tu as aimé, que tu as trouvé dynamique et vrai, et que tu vas poser ensuite entre les mains de ta fille (dont c'est la fête aujourd'hui), comme une évidence.

Editions Magnard - février 2017

Sandrine l'a lu aussi [clic]

Posté par Antigone1 à 13:44 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , ,

13 avril 2017

L'avortement, Richard Brautigan

lavortement

De Richard Brautigan tu ne connaissais rien... mis à part son nom et sa réputation, ainsi que quelques citations et hommages. Et tu as eu envie de dépasser ça, cette faible connaissance, en découvrant un de ses romans. Ouvrir L'avortement par sa préface, c'est déjà tomber sur le regard de Pierre Reverdy sur ce texte. dans cette constatation que jamais personne à propos de ce livre, ou en général, ne dit le mot. Même Annie Ernaux, à propos de l'acte, préférera évoquer L'Evènement. Quand on parle de ce roman, dit Pierre Reverdy, il n'est question que de la bibliothèque, premier personnage évident de ce livre. Et il est vrai qu'elle est fascinante. On se croirait chez Jorge Luis Borges. Dans les premières pages, le narrateur évoque sa situation, sa vie de cloîtré dans ce lieu qui recueille nuit et jour des manuscrits. Les visiteurs sont invités à inscrire leur titre, jamais publié, dans le grand cahier et de le poser sur les étagères de la bibliothèque. L'accueil est chaleureux, bienveillant et respectueux, peu importe la qualité et le sujet des écrits. Un jour, Vida entre dans l'établissement, avec son texte et son corps sublime qu'elle porte comme un fardeau. Les deux solitudes se rencontrent, s'approchent et prennent soin l'une de l'autre, jusqu'à ce qu'advienne l'avortement, qu'il faudra pratiquer au Mexique. Cela signifie laisser la bibliothèque sous la garde de Foster, prendre l'avion et s'en aller dans des lieux inconnus. Et pour toi lectrice, c'est comme suivre un couple à la Boris Vian (L'Ecume des jours) dans une aventure à la fois triste et froide. Tout se passe bien, mais Vida sera dorénavant la plus adepte des pro-pilules, elle le jure. Et tu t'étonnes de la douceur de cette voix d'écrivain masculin sur ce parcours, du féerique qui ne cesse d'entourer cette histoire là du début à la fin, et de ce roman, posé (encore une fois par un homme) comme un acte militant. La première édition date de 1970. Tu ne t'attendais pas à ça... à toute cette douceur et à cette féerie, seulement à cette ironie qui parfois parcourt le texte. Quelle rencontre !

Editions Points - collection Signatures - 13 Avril 2017

Points réédite également d'autres titres de l'auteur en avril dans la collection Poésie. Le samedi 22 avril aura lieu une rencontre à La Maison de la poésie en l'honneur de Richard Brautigan. Toutes les infos ici [clic].

Posté par Antigone1 à 06:28 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , , ,